Raymond Kopa, premier ballon d’or, d’Eric Simard

Un ouvrage d’Eric Simard de la collection J’ai réussi ! des éditions Oskar, consacrée à des personnalités qui sont allées au bout de leurs convictions, malgré les difficultés. Des récits courts très accessibles pour les plus jeunes lecteurs.

 

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Raymond Kopa, une légende……

Raymond Kopa est un footballeur international français des années 50, un joueur vedette de son époque. Il est issu d’une famille de mineurs avec des grands-parents polonais venus en France en 1919 trouver du travail. Passionné de football, il consacre tout son temps à ce sport. Mais il sait que son destin est de travailler à la mine. A 14 ans, il va donc effectuer sa première descente au fond de ce trou noir. La poussière du charbon, les coups de grisou, les accidents voilà ce que va être sa vie ?

Un combat pour réussir à tout prix, pour sortir d’une vie de misère. Pas facile quand on est jeune, quand la guerre est présente et que le destin est déjà tout tracé. Se résigner ou se battre… Raymond Kopa a choisi de se battre et ce n’est pas pour rien qu’il est devenu la légende que l’on connaît.

Le crayon qui voulait voir la lune – Le crayon qui voulait voir la mer, de Eric Simard et Africa Fanla

Le voyage d’un crayon

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Le crayon de Lulu rêve de s’envoler pour aller sur la lune. Mais il a un souci, il n’a pas d’ailes et personne ne veut lui en prêter. Lulu va donc tout mettre en œuvre pour lui offrir le plus beau des voyages.

Une histoire mignonne qui va charmer les tous petits. Elle va attirer l’attention des plus jeunes sur l’utilisation de la lettre «L» qui seule ou en binôme n’aura de cesse de rendre service.

Vogue, vogue petit crayon

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Nous retrouvons Lulu et son crayon qui souhaiterait voir la mer. Un parcours semé d’embûches qui va mettre à mal le projet des deux amis.

Les lettres vont servir de décor à cette petite histoire qu’apprécieront les plus jeunes de nos lecteurs.

Ces deux petits ouvrages démontrent que la lecture et l’écriture sont de bons moyens d’évasion et d’imagination. C’est un beau voyage à travers les mots. A lire dès le CE1 en autonomie.

A noter les très jolies illustrations très colorées qui accompagnent merveilleusement le texte.

Lettre au président du monde, d’Eric Simard

« N’achetez plus le sang des enfants »

Lettre au président du mondeWondone, jeune sans-papier de 10 ans, est révolté par la condition des enfants à travers le monde. Sa propre vie est un exemple des exactions commises : pour quitter son pays très pauvre et suivre son oncle et sa tante en France, il a failli mourir noyer. Et même s’il va à l’école, rien ne garantit un avenir serein puisque légalement lui et sa famille n’ont aucun droit à rester en France. Tout quitter, risquer sa vie, vivre hors la loi en espérant que ce sera néanmoins moins pire que ce qu’ils vivaient dans leur propre pays, voilà le sort des sans-papier. Mais, la misère et l’exploitation des enfants à travers le monde ne s’arrête pas là : enfants-soldats, travailleurs-esclaves vendus par des parents trop pauvres, enfants victimes des conflits des adultes, estropiés, tués pour avoir sautés sur une mine anti-personnelle, enfants mourant de faim faute d’accéder au minimum vital…

Ce texte fort et court se présente sous forme d’une lettre ouverte écrite au « président du monde » par Wondone lui-même, l’enfant sans-papier. Ecrit à la première personne, il est un véritable plaidoyer pour alerter le lecteur sur les injustices dont sont victimes les enfants à travers le monde, malgré les lois censées les protéger. La lettre ne s’adresse pas à un président d’une nation en particulier et c’est ce qui en fait sa force : il s’adresse à un président imaginaire qui dirigerait l’ensemble des peuples, et par là-même, à chacun des lecteurs en particulier qui sort de sa lecture en souhaitant qu’une chose : que chacun d’entre nous s’engage pour un monde plus juste. A travers un cas particulier, des données réelles sont apportées au lecteur et à la fin de l’ouvrage, un petit lexique et un récapitulatif de articles de la Convention internationale des droits de l’enfant complète le texte.

Ce texte cite Iqbal Masih, jeune pakistanais vendu comme esclave à 4 ans et qui dès 10 ans lutta contre l’esclavage moderne. Il a été assassiné à à peine 12 ans.

A lire dès le CM2.

La chanson interdite 1917 de Eric Simard

Le chant de la révolte…

 11.jpgJean, fils de paysan, a perdu ses parents. Orphelin, il va devoir désormais vivre, à Thiers, chez son oncle, Auguste, un émouleur. Nous sommes en 1908, la coutellerie fait vivre la région, des millions de couteaux sont vendus dans le monde. Donc naturellement, Jean va être formé par Auguste qui va lui transmettre son savoir. Auguste a une fille, Violette, qui va tomber très vite sous le charme du jeune homme. Jean est un poète et met en vers toutes ses révoltes. Il va donc passer son temps entre l’atelier de son oncle et la mise en chanson de ses humeurs. Quand la guerre éclate et qu’il se retrouve sur le front, il déverse sa haine et dénonce le commandement dans des lettres qu’il envoie à Violette. Il va écrire une chanson qui sera censurée par les officiers car trop contestataire. C’est la chanson de Craonne qui exprime la colère et le ras le bol des «Poilus». Il parviendra, malgré tout, à transmettre  les paroles dans une dernière lettre adressée à sa fiancée, d’une manière ingénieuse, sous forme d’acrostiche. Jean paiera de sa vie son esprit rebelle.

Eric Simard signe là un roman superbe sur la première guerre mondiale. J’ai adoré la manière avec laquelle le sujet est traité. La narratrice, Violette, s’adresse du début à la fin à Jean. Le lecteur partage leur intimité, un lien privilégié va alors se créer. La jeune femme nous livre les lettres de Jean, écrites au front. Ce récit est riche en poésie et nous fait découvrir les dessous de l’écriture en vers, notamment les acrostiches. Ce style d’écriture sera utilisé pendant la guerre pour délivrer des messages codés. La chanson interdite est un livre fort, touchant, plein d’émotions.

La femme noire qui montra le chemin de la liberté : Harriet Tubman, de Eric Simard

Une cicatrice comme symbole de la lutte contre l’esclavage

Harriet Tubman, la femme noire qui montra le chemin de la libertéL’histoire de Harriet, esclave, racontée par sa cicatrice.

Harriet est née esclave, en 1822, dans l’Etat du Maryland au nord-est des Etats-Unis. Louée, battue, travaillant dur et sans relâche pour avoir à peine de quoi ne pas mourir de faim, sa vie est misérable. Un jour, alors qu’un esclave prend la fuite, elle reçoit par accident, un poids de balance lancé par le contremaître sur le fuyard. Son crâne fracturée, sa vie ne tient plus qu’à un fil. Pourtant elle survivra et la cicatrice qu’elle gardera sur sa tête sera à la fois ce qui aidera ses poursuivants à l’identifier mais aussi le symbole de son devoir de lutte contre l’esclavage.

Car toute l’originalité de ce récit à la première personne est qu’il est narré à travers la « voix » de cette fameuse cicatrice : « Je suis née d’un choc violent ».

Harriet Tubman a vraiment eu un destin hors du commun : esclave en fuite, elle n’a eu de cesse toutes sa vie de libérer des esclaves en organisant leur évasion par des réseaux clandestins. Elle a intégré le « Comité de vigilance »(groupe de personnes abolitionnistes qui aident les esclaves à s’échapper) et est devenue « conductrice » du « chemin de fer clandestin ». Elle a ainsi sauvé des centaines d’esclaves, puis est devenue infirmière,  éclaireuse, espionne lors de la guerre civile (guerre de Sécession 1861-1865) qui opposait les Etats du sud, partisans de l’esclavage, aux Etats du nord, abolitionnistes. Elle a ensuite fait de sa maison un refuge pour les personnes démunies, a donné des conférences pour revendiquer le droit de vote des citoyennes américaines.

Bref, un destin hors du commun qu’il est intéressant de connaître, de manière très accessible grâce à ce livre.

Un dossier documentaire sur l’esclavage, la guerre de Sécession, Abraham Lincoln, etc. complète très judicieusement l’histoire et apporte un éclairage très intéressant sur le contexte dans lequel elle se situe.

L’enfant de l’écume : une vie de Saint Exupéry, de Eric Simard

Le petit prince et la mer

Juillet 1944, la France est occupée par les Allemands. Jean, pêcheur, a un souci avec le moteur de son bateau .Il est en pleine mer. Soudain il aperçoit au devant de son embarcation, un enfant tout mouillé. Mais comment est-il arrivé là ? Qui est-il ? Autant de questions qui envahissent Jean. Pendant plusieurs jours , le scénario se répète. Chaque jour, l’enfant arrive comme par magie sur le bateau de Jean puis disparaît.. Il parle de son enfance, de sa vie. Mais chose étrange il remonte 28 ans en arrière… Il se dit s’appeler Antoine et charge le pêcheur de retrouver sa mère.Mais qui est-elle ? Où vit-elle ? Jean est à la fois intrigué et perturbé par cette présence qui l’obsède.

On découvre le nom de cet enfant au bout du quatrième jour… SAINT EXUPERY .

Ce récit est en fait la biographie d’Antoine de Saint Exupéry, célèbre aviateur et écrivain. La présentation de la vie de St Exupéry se fait à travers un personnage qui a pris les traits d’Antoine enfant, ce qui rend le récit touchant et presque fantastique.C’est Antoine de St Exupéry vu par Antoine enfant. Dans ce récit, on devine des similitudes avec le personnage du Petit Prince qu’il a créé :

Antoine est resté 8 jours avec Jean comme le Petit Prince est resté 8 jours avec l’aviateur. Antoine dit sans cesse à Jean de retrouver sa mère… le Petit Prince demande sans cesse à l’aviateur de lui dessiner un mouton…

Antoine-enfant est bouclé et blond comme le petit prince…

On pourrait presque comparer ce récit à un conte : Antoine enfant qui arrive de nulle part et qui parle de sa vie jusqu’à sa disparition…Mais son côté touchant nous fait oublier ce côté irréel de la situation. On a envie tout comme Jean de le retrouver et d’écouter ce qu’il a à nous dire.

Cet écrit nous fait ressortir aussi les liens qui unissent un fils à sa mère. Les liens forts du sang qui bouleversent Antoine. On a l’impression qu’il est revenu sur terre chargé d’une mission : retrouver sa mère mais il a choisi le pêcheur qui deviendra son messager.

Quand le Panchen Lama fut kidnappé, de Eric Simard

Prisonnier à 6 ans

Guendun

Guendun,  jeune tibétain de 12 ans, vit en Chine depuis l’âge de six ans. Il est enfermé et il lui est interdit d’avoir des contacts avec l’extérieur. Il ne rencontre que deux femmes de ménage, des gardes et un précepteur. Il voudrait pouvoir découvrir ce qu’il y a dehors mais il redoute également cette sortie car sa vie est menacée…

Ce livre est inspiré d’un fait réel, il nous plonge dans l’univers d’un enfant séquestré qui, à l’âge des jeux et des découvertes, doit étudier et vivre isolé. Li, une des deux femmes de ménage, lui apporte réconfort et soutien ce dont chacun a besoin mais la solitude lui pèse.

Nous voici à la  découverte d’un monde étranger, le Tibet, de ses croyances et de ses souffrances sous le joug du gouvernement chinois. Ce jeune garçon est attachant et très éveillé, il va découvrir peu à peu qui il est et pourquoi il est enfermé.

Le « petit plus » : les indications à la fin du livre sur le Tibet et le Bouddhisme nous apportent des informations supplémentaires.

 Je m’appelle Guendun. Je suis un jeune Tibétain de douze ans. Mon horizon est un mur de trois mètres de haut.