Le grand départ : sur la piste des Indiens Cherokees, de Isabelle Wlodarczyk et Xavière Broncard

Exode…

Amarok et Chilala sont frère et soeur. Ils sont Indiens Cherokees, vivent au 19e siècle et vont assister, impuissants à des moments bouleversants de l’Histoire de leur tribu. En effet, des Hommes Blancs arrivent et s’installent. Peu à peu, ils occupent des terres, proposent aux Indiens des maisons, leur apprennent l’alphabet… Jusqu’au jour où une loi d’expulsion est votée, obligeant les Indiens à l’exode… Chacun vit ces événements d’un point de vue différent, la soeur dans l’acceptation, le frère dans la rébellion.

Un petit album à couverture souple qui laisse une large place à l’illustration avec un texte aéré. Un texte émouvant et poétique, qui en quelques pages dresse un aperçu poignant sur cette période sombre de l’Histoire des Indiens Cherokees d’Amérique et la souffrance d’un peuple chassé de ses propres terres. Une fratrie déchirée par un enjeu qui les dépasse.

Tout un dossier pédagogique instructif suit le texte pour apporter un éclairage plus détaillé sur ces événements et leur déroulement. Seul petit bémol peut-être : le dossier documentaire n’est pas adapté aux lecteurs les plus jeunes à qui l’histoire est destinée, mais plutôt à des élèves à partir de 4e jusqu’à l’âge adulte.

L’arbre aux fruits amers, de Isabelle Wlodarczyk

La couleur interdite…

fruits.jpg

Isabelle Wlodarczyk nous offre là un récit plein d’émotions et de sensibilité. Sensible par le thème et par les émotions qu’il dégage. Une histoire émouvante qui nous transpose dans les années 1930 où deux mondes sont en opposition : les Blancs et les Noirs. D’une part, nous avons les haineux qui malmènent cette communauté noire qui ne devrait pas avoir le droit d’exister et de l’autre un peuple qui essaie par tous les moyens de vivre. Et la réalité est terrible, on assiste impuissant au massacre des Noirs, à cette lutte acharnée contre la différence de couleur. C’est un véritable lynchage.

On va suivre en parallèle deux histoires. Celle de James, un adolescent noir qui va se trouver embarqué dans une sordide histoire de viol et de meurtre d’un homme blanc et de sa petite amie. Au dernier moment, pris de panique et de honte, il s’enfuit alors que ces deux copains n’hésiteront pas à massacrer le couple. Mais James a été vu en compagnie des agresseurs, deux afro-amériains qui seront matraqués à mort puis pendus. Il n’y a pas de procès, les Blancs font leur propre loi et la seule sentence est la mort immédiate. James va sauver sa tête mais sa vie va basculer…Ce fait divers va déchaîner un déferlement de haine de la part des Blancs. Et puis il y a Sam, un Blanc, fils du shérif, adepte du Ku Klux Klan , des fanatiques anti-noirs. Il a participé à la mise à mort des deux afro-américains.

Ce récit ne nous parle pas simplement de racisme mais évoque également la souffrance d’une mère et d’un père.

Vera, la mère de James, est impuissante face à la descente aux enfers de son fils qui devient l’homme à abattre. Le shérif a honte de son fils, il a honte de ce qu’il est devenu. Il a arrêté James mais il est persuadé de son innocence. Il fera tout pour que la vérité éclate, quitte à renier son fils, auquel il ne pardonnera jamais les agissements. Arrivera-t-il à se faire entendre ? Quel sort la population blanche va-t-elle réserver à James ?

Isabelle Wlodarczyk est vraie, directe. Elle livre cette histoire sans détour plongeant ainsi le lecteur dans une période sombre des Etas-Unis. Les mots sont forts, les personnages sont attachants car chacun d’eux se débat dans des situations délicates : un shérif dont le fils tourne mal, un pauvre noir qui n’est pas né avec la bonne couleur dans le bon pays à la bonne époque. Il est intéressant de voir la progression de la relation de l’ homme de loi  et du jeune adolescent, complètement improbable vu le climat de violence de l’époque.

Ce récit est tiré d’une histoire vraie, ce qui accentue l’émotion qu’on éprouve. L’histoire de James est une histoire parmi tant d’autres. Rappelez-vous celle de Rosa Park qui a refusé de céder sa place à un Blanc dans un bus. Autre figure mythique, Martin Luther King qui se battra pour les droits des Noirs. De quel droit un homme peut prétendre être supérieur à un autre en fonction de sa couleur de peau ? Pourquoi tant de haine?  A cette époque, de nombreux Noirs seront pendus aux peupliers, dans les rues, pour symboliser cette supériorité et ce mépris.

Un dossier très complet et très bien fait sur la ségrégation, complète de belle façon le roman. On y apprend entre autre que le titre du roman s’inspire d’un magnifique poème Strange Fruit écrit par Abel Meeropol et chanté par Billie Holiday, une afro-américaine. Je cite :

Les arbres du Sud portent un étrange fruit. Du sang sur les feuilles et du sang aux racines. Un corps noir qui se balance dans la brise du Sud. Etrange fruit suspendu aux peupliers.

La chanson interdite 1917 de Eric Simard

Le chant de la révolte…

 11.jpgJean, fils de paysan, a perdu ses parents. Orphelin, il va devoir désormais vivre, à Thiers, chez son oncle, Auguste, un émouleur. Nous sommes en 1908, la coutellerie fait vivre la région, des millions de couteaux sont vendus dans le monde. Donc naturellement, Jean va être formé par Auguste qui va lui transmettre son savoir. Auguste a une fille, Violette, qui va tomber très vite sous le charme du jeune homme. Jean est un poète et met en vers toutes ses révoltes. Il va donc passer son temps entre l’atelier de son oncle et la mise en chanson de ses humeurs. Quand la guerre éclate et qu’il se retrouve sur le front, il déverse sa haine et dénonce le commandement dans des lettres qu’il envoie à Violette. Il va écrire une chanson qui sera censurée par les officiers car trop contestataire. C’est la chanson de Craonne qui exprime la colère et le ras le bol des «Poilus». Il parviendra, malgré tout, à transmettre  les paroles dans une dernière lettre adressée à sa fiancée, d’une manière ingénieuse, sous forme d’acrostiche. Jean paiera de sa vie son esprit rebelle.

Eric Simard signe là un roman superbe sur la première guerre mondiale. J’ai adoré la manière avec laquelle le sujet est traité. La narratrice, Violette, s’adresse du début à la fin à Jean. Le lecteur partage leur intimité, un lien privilégié va alors se créer. La jeune femme nous livre les lettres de Jean, écrites au front. Ce récit est riche en poésie et nous fait découvrir les dessous de l’écriture en vers, notamment les acrostiches. Ce style d’écriture sera utilisé pendant la guerre pour délivrer des messages codés. La chanson interdite est un livre fort, touchant, plein d’émotions.

La petite femme du père Noël, de Kochka

A chacun son étoile…

pere.jpg

Rose d’Hiver est une auteure à succès, qui va dans les écoles à la rencontre de son jeune public. A quelques jours de Noël, elle va parler de son nouveau roman Vanille, fraise et praliné à des élèves de primaire. Elle est accueillie par maîtresse Barbara et très vite son regard est attiré par Noëlle, une fillette handicapée. Celle-ci dit être la femme du père Noël et quiconque ne l’aimera pas sera privé de cadeaux. Cela fait bien rire ses camarades de classe notamment Max et Gaspard très crédules sur l’existence du vieil homme en rouge. Rose d’Hiver va alors leur raconter une histoire pour leur démontrer qu’il faut croire parfois à l’impossible pour voir ses rêves se réaliser. La journée s’achève et Rose doit repartir mais Noëlle la rattrape en la suppliant de l’emmener voir le père Noël. Elle caresse l’espoir d’aller un jour en Finlande pour  rencontrer celui qui, dans la nuit du 24 au 25 décembre, distribue des cadeaux dans le monde entier. Rose pourra-t-elle aider la petite fille ? Un pari fou mais fermons les yeux et pensons très fort à ce moment si féérique et peut-être verrons nous les petits lutins s’activer auprès du Père Noël pour que la magie de Noël opère.

Kochka nous livre un beau conte sur la force de l’imaginaire. Nos petits héros vont vivre une folle aventure qui va leur donner un regard neuf sur ce qui les entoure, sur leur existence. C’est un récit plein de magie, de tolérance et d’amitié. N’avons-nous pas besoin, par moment, de croire en nos rêves pour donner un sens à notre existence ?

L’envol du cygne, de Anne Ferrier

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Les Compagnons au loup, 2. L’envol du cygne, de Anne Ferrier

Résultat de recherche d'images pour "l'envol du cygne anne ferrier"
Pages : 226 pages
A partir de 11 ans

 

L’Envol du Cygne est la suite du roman La meneuse de bêtes, c’est-à-dire le deuxième tome de la série « Les compagnons au loup. » 

L’HISTOIRE  :

Accompagnée de son fidèle loup et de Gabriel le jongleur, Ysane reprend la route à la recherche de son père avec comme seul indice une drôle de croix que sa mère lui avait gravée dans le dos.  Durant ce voyage, nos héros vont encore faire des rencontres comme celle de Kateline qui va d’ailleurs remettre en cause la relation complice qui unit Ysane et Gabriel et ils vont devoir faire face à une vague de meurtres dans le village. La fin du livre est inattendue sachant que l’un des indices du départ avait toute son importance pour la résolution de l’énigme…

CE QUE J’EN PENSE  :
Cette suite est très réussie et l’action ne manque pas. De plus, l’écriture d’Anne Ferrier est agréable. Grâce à elle, on retrouve Ysane, Gabriel et Loup dans la suite de cette aventure, ce qui nous permet de découvrir Ysane qui de naturel froide nous apparaît maintenant plus attachante.  On espère un prochain tome !

Axel, 4e – 13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Une série qui plaît à chaque lecteur du CDI qui s’est lancé dans l’aventure ! Une série idéale pour les listes thématiques de français concernant le Moyen Age.

Un chemin de liberté – Rencontre avec Martin Luther, de Pascale Perrier

Martin Luther ou le début de la révolte…

martin.jpg

Nous sommes au XVIème siècle. Catherine de Borde est enfermée dans un couvent depuis qu’elle a 5 ans, par décision de son père qui voyait en cela un moyen de lui enseigner des repères. Un enfermement qui pèse au fil des années et que la jeune femme ne supporte plus. Alors avec huit autres religieuses, elle décide de fuir. Mais il leur faudra de l’aide car cette évasion est loin d’être facile. Non loin de là, à Wittenberg, il y a Martin, un prêtre. Avant d’intégrer le couvent, Martin était un brillant étudiant. Alors qu’une nuit un violent orage s’abat sur son université, il adresse une prière à Sainte Anne pour être épargné, en promettant de devenir moine si sa demande est exaucée. Chose fut ainsi faite et le jeune homme ne faillit pas à sa promesse, en dépit des protestations de son père. Martin se montre un religieux très assidu mais qui se pose beaucoup de questions sur les motivations de certaines autorités de l’Eglise qui vivent dans le faste. Il dénonce, il gêne, ses idées se répandent, les fidèles le suivent. Les nonnes prisonnières qui ont lu son manifeste, lui adressent une lettre lui expliquant leur désir de liberté. Sensible à leur situation, Martin décide de s’occuper d’elles et de les aider.

Pascale Perrier signe là un beau roman historique en évoquant Martin Luther qui a conduit la révolution protestante. Avec elle, le début des libertés individuelles et de la libre entreprise. A noter en fin de roman, un très bon dossier sur le monde au temps de Martin Luther avec les découvertes, les guerres de religion, l’art et j’en passe. Un bon repère historique pour les jeunes lecteurs. Pascale Perrier nous fait découvrir la Renaissance, ses mœurs, ses bouleversements sociaux et dépeint un portrait de Martin très passionné, une personnalité forte, très engagée. Les conflits religieux ont marqué l’Histoire et nous montrent que les grandes idées ne trouvent un écho que si elles sont véhiculées par des hommes qui ont su s’imposer. Martin Luther faisait partie de ceux-là. Il a dénoncé, dans un manifeste de 95 thèses, les scandales de l’Eglise en son temps et cette année, cet écrit a 500 ans.

Les enquêtes de Zoé et Matthéo : vol mystérieux au château, de Céline Le Gallo

Etrange apparition…

chateau.jpg

Les vacances d’automne arrivent et Zoé va passer quelques jours dans un château à Mérignac. Son oncle, Hyacinthe, est le gardien de ce monument reconverti depuis quelques années en musée. La jeune fille décide d’inviter son meilleur ami Matthéo et son professeur de géographie, madame Armande Chabons. Dès leur arrivée, le gardien leur fait une visite guidée et tous sont attirés par les tableaux et les objets d’art qui ornent les nombreux corridors. Notamment, une toile géante représentant Hortense de Mérignac, ancienne châtelaine au destin tragique : elle mourut pendue. Une légende raconte qu’après sa mort, son fantôme serait apparu un soir de pleine lune à une jeune servante. Le phénomène se serait répété plusieurs fois à l’une des fenêtres du château. Hyacinthe propose alors aux enfants et à leur professeur de monter la garde au pied du château pour essayer d’apercevoir le fantôme d’Hortense. C’est une nuit de pleine lune qui promet d’être inoubliable. En effet elle le fut mais pas de la manière qu’aurait espéré le petit groupe. Des intrus se sont infiltrés dans le château, agressant Hyacinthe et volant le portrait de Hortense de Mérignac. C’est l’horreur ! Une enquête palpitante va commencer, dirigée par les deux enfants, Armande et son filleul le célèbre capitaine de police Théodore Massarelli.

Une histoire bien rythmée digne des aventures de Sherlock Holmes. Plein d’humour, de fraîcheur, des personnages hauts en couleur, dynamiques. Le lecteur prend les commandes de l’enquête aux côtés de Théodore, en s’identifiant facilement à Zoé et Matthéo. Avant Vol mystérieux au château, deux tomes ont déjà été publiés dont l’auteur fait référence au début du récit. Ceci ne gêne en rien la lecture car chaque histoire est indépendante. Nous retrouvons à chaque fois Zoé, Matthéo, Armande et Théodore qui enquêtent sur une nouvelle affaire.

Un petit policier, à l’écriture fluide et simple, qui plaira à nos plus jeunes lecteurs.