Etrange apparition

Les enquêtes de Zoé et Matthéo : vol mystérieux au château, de Céline Le Gallo

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Les vacances d’automne arrivent et Zoé va passer quelques jours dans un château à Mérignac. Son oncle, Hyacinthe, est le gardien de ce monument reconverti depuis quelques années en musée. La jeune fille décide d’inviter son meilleur ami Matthéo et son professeur de géographie, madame Armande Chabons. Dès leur arrivée, le gardien leur fait une visite guidée et tous sont attirés par les tableaux et les objets d’art qui ornent les nombreux corridors. Notamment, une toile géante représentant Hortense de Mérignac, ancienne châtelaine au destin tragique : elle mourut pendue. Une légende raconte qu’après sa mort, son fantôme serait apparu un soir de pleine lune à une jeune servante. Le phénomène se serait répété plusieurs fois à l’une des fenêtres du château. Hyacinthe propose alors aux enfants et à leur professeur de monter la garde au pied du château pour essayer d’apercevoir le fantôme d’Hortense. C’est une nuit de pleine lune qui promet d’être inoubliable. En effet elle le fut mais pas de la manière qu’aurait espéré le petit groupe. Des intrus se sont infiltrés dans le château, agressant Hyacinthe et volant le portrait de Hortense de Mérignac. C’est l’horreur ! Une enquête palpitante va commencer, dirigée par les deux enfants, Armande et son filleul le célèbre capitaine de police Théodore Massarelli.

Une histoire bien rythmée digne des aventures de Sherlock Holmes. Plein d’humour, de fraîcheur, des personnages hauts en couleur, dynamiques. Le lecteur prend les commandes de l’enquête aux côtés de Théodore, en s’identifiant facilement à Zoé et Matthéo. Avant Vol mystérieux au château, deux tomes ont déjà été publiés dont l’auteur fait référence au début du récit. Ceci ne gêne en rien la lecture car chaque histoire est indépendante. Nous retrouvons à chaque fois Zoé, Matthéo, Armande et Théodore qui enquêtent sur une nouvelle affaire.

Un petit policier, à l’écriture fluide et simple, qui plaira à nos plus jeunes lecteurs.

Opération Papillon

SOS Détective —Sauvons Papillon— , de Pascale Perrier

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Faisons la connaissance de la famille Samazan, une famille de détectives de père en fils et de mère en fille. Il y a Oriane, Simon, les parents et le grand-père, Papillon. Un papy un peu affaibli, qui perd la mémoire. A vrai dire, il n’est plus très efficace. Comment continuer à exercer une telle profession quand l’âge commence à faire ressentir ses premiers effets ? Au désespoir des enfants, les parents parlent de remplacer Papillon. Jamais de la vie, quelle horreur ! D’ailleurs, Oriane et Simon ont remarqué depuis quelques temps, la présence d’un homme à l’agence. Serait-ce déjà le remplaçant de leur aïeul ? Pour sauver Papillon, les deux enfants décident de l’aider dans sa prochaine enquête sans qu’il s’en aperçoive et sans éveiller les soupçons des parents.

Pascale Perrier offre à nos jeunes lecteurs un bon roman policier plein de fraîcheur et d’humour. Des personnages attachants, une écriture fluide, suspense garanti.

Un toit pour tous

Les enquêtes de Sam : mystère au sous-sol, de Hervé Mestron

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Sam est chez sa grand-mère, le temps que sa maman profite d’un séjour à Venise avec son compagnon, Richard. Il est content de se faire dorloter par sa mamie qui lui a fait une belle surprise. Pour lui qui veut devenir musicien, elle lui a acheté une superbe batterie. Sam n’en croit pas ses yeux. Pour qu’il puisse s’entraîner sans gêner le voisinage, sa grand-mère lui a aménagé un local dans une cave. Sam est super content. Un petit bémol cependant, il a peur des sous-sols. Il va réussir néanmoins à surmonter sa phobie pour pouvoir s’adonner à la musique. Pourtant très vite, des bruits bizarres vont l’interpeller, il va même apercevoir des silhouettes. Que se passe t-il ? On dirait bien que Sam n’est pas seul dans ces caves. Le jeune garçon est bien déterminé à percer ce mystère. Mais ce qu’il va découvrir va vraiment le laisser perplexe.

Une histoire qui plaira à nos très jeunes lecteurs qui vont pour un temps s’improviser détectives en herbe auprès de Sam, un garçon attachant et plein de fraîcheur. Hervé Mestron traite ici un sujet de société : les mal-logés, les abus des propriétaires qui exploitent les gens les plus démunis. L’écriture est simple donc facilement abordable par les plus jeunes. Une petite nouvelle bien orchestrée pour sensibiliser ce public à la misère sociale, hélas trop présente. Avoir choisi d’en parler à travers un personnage de leur âge a plus d’impact.

Quand tout nous oppose !

La bande des Pommiers. Pas de chance pour Magali, de Chantal Cahour

Résultat de recherche d'images pour "pas de chance pour magali"Vous vous rappelez de la bande des Pommiers ? Plus particulièrement de Pauline et de Pierrick ? Des élèves de CM1 de l’école des Pommiers en classe avec Madame Limay ? Une école bien agitée où les élèves n’ont pas le temps de s’ennuyer. Après l’élection de Pauline au conseil municipal, l’enquête de Pierrick,  place à Magali qui accueille sa correspondante venue tout droit de Paris.

Tous les élèves de l’école de la rue des Pommiers sont surexcités ! Les élèves de CM1 accueillent leur correspondant venant de l’école Charlemagne à Paris. Les élèves de Charlemagne sont accompagnés par Paul, leur instituteur. Quant à ceux de l’école des Pommiers, ils sont avec Mme Limay. Au moment de trouver leur correspondant, Magali ne trouve pas la sienne, elle sait juste qu’elle s’appelle Cindy. Pas de chance, c’est celle qui pleurniche et qui ne veut pas lâcher son maître. Magalie est pétillante et pleine de vie, elle adore le foot et le rock ! Cindy est plutôt sérieuse et un rien a tendance à la faire pleurer. Elle préfère la mode, la flute et la lecture. Magali est désemparée et ne sais plus quoi faire pour que Cindy s’amuse. Elle finit par jouer avec Lucinia, la correspondante de Lucie et Cindy se rend compte qu’elle a plus de points communs avec Lucie. Mais Magali est tracassée, Cindy est sa correspondante ! Le choix des correspondants a visiblement été fait en dépit du bon sens. Comment s’entendre lorsque l’on est si différent ?

Le premier tome de la bande des pommiers traitait du vote et de la démocratie à travers l’élection des représentants de l’école au conseil municipal, le deuxième était axé sur la gestion de conflit à l’école. Celui-ci traite de la différence de l’autre, des centres d’intérêt et de caractère. Peut-on s’entendre quand tout nous oppose ? Magali aime s’amuser et Cindy apprécie le calme et le sérieux. Difficile de trouver des activités communes lorsque l’une aime le foot et l’autre la mode. Le mieux est de trouver un terrain d’entente mais même cela est compliqué, pourtant Magali fait des efforts pour tenter de satisfaire sa correspondante.

Ce petit roman de la bande des pommiers montre qu’il ne faut pas repousser l’autre lorsqu’il est différent ou lorsque que peu de points communs nous rassemblent. Même si à la lecture de ce roman, il semble difficile de s’entendre avec quelqu’un qui nous paraît opposé. Nous apprenons toujours des autres et il est enrichissant de fréquenter d’autres personnes que ses semblables !

Ce roman est destiné à des élèves du cycle 3 (CM1 – CM2 – 6ème) et peut être lu dans le cadre de la liaison CM2-6ème surtout si un projet de correspondance est mis en œuvre entre deux écoles. Chantal Cahour répond aux élèves qui ne seraient pas satisfaits de leur correspondant !

Pour retrouver les chroniques des tomes précédents, c’est par ici :

La bande des Pommiers. Votez Pauline.

La bande des Pommiers. Pierrick mène l’enquête.

Beauté d’âme

Blaise Cyrano, le raté magnifique, de Arthur Ténor

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Blaise de Cyrano est élève de 3ème au collège Jean Rostand. Il est amoureux de la langue française qu’il manie à merveille. Contrairement à ses amis qui ne connaissent que le langage SMS, lui, se lance dans des phrases bien construites, avec des rimes, souvent cinglantes. Tout le monde est en admiration devant une telle prouesse. Ses camarades le surnomment d’ailleurs « Monsieur Molière ». Blaise, dont le tempérament vif le met parfois dans des situations délicates, est pourtant un adolescent mal dans sa peau. En effet, le jeune garçon a quelque chose de spécial qui ne passe pas inaperçu et qui intrigue. Il affiche un visage plutôt déconcertant en raison d’un menton anormalement allongé. Mais voilà Blaise est amoureux de Roxane, une amie d’enfance, qui n’a d’yeux que pour Christian Neuvillette un beau garçon, certes, mais aux capacités intellectuelles limitées. Comment Blaise peut-il rivaliser ? Il se résout à cacher ses sentiments. Il n’ose pas avouer à son amie qu’il l’aime car il est trop laid. Cependant, par amour pour Roxane, il va aider son rival à écrire des lettres enflammées. Christian n’est pas du tout doué pour les belles déclarations et en plus il a des problèmes avec Deguiche qui le malmène. Là encore, Blaise se porte à son secours et va s’engager à le protéger.

Arthur Ténor a créé un personnage, Blaise, sur le modèle de Cyrano de Bergerac. A la différence de Cyrano dont le nez a fait la renommée, Blaise se trouve affublé d’un menton hors norme. Pourquoi pas. Je n’ai pourtant pas adhéré au style d’écriture que j’ai trouvé sans relief et lassant. Le fait de faire parler l’adolescent de cette manière ne m’a pas convaincue. Cet avis n’engage que moi. Blaise est un héros tourmenté qui néanmoins reste sensible au fait que Roxane s’intéresse à lui. Enfin quelqu’un qui n’est pas effrayé par sa particularité physique et qui reconnaît en lui des qualités. Le jeune garçon n’est pas habitué à de tels égards. En période de l’adolescence, le physique compte énormément. Tout est fait dans la société pour que le beau et le paraître soient en première ligne. Est ce vraiment ça l’essentiel ? La beauté intérieure, comme on dit, a plus de valeur. Il faut croire que non. Le titre très paradoxal « Un raté magnifique » évoque cette notion de beauté intérieure mais elle ne suffit pas. Comment s’assumer dans de telles conditions ? Alors certains essaient de compenser les différences physiques par l’humour ou en mettant en avant des capacités que les autres n’ont pas. Mais rien n’est perdu, il y a toujours une âme sensible et honnête qui vous aime pour ce que vous êtes.

Aurélie et son secret, Sabine du Faÿ

Aurélie et son secret, Sabine du Faÿ

Aurélie, jeune adolescente au côté garçon manqué, est pleine de vie, un peu trop, au goût de ses parents, farfelue, dynamique et très très maladroite. Quand Aurélie approche, la catastrophe n’est pas loin. Entre une mère psychologue et un père médecin, pas facile pour elle de se laisser aller. Elle a une sœur jumelle, Henriette, et un frère, François, qui la trouvent trop bizarre. Aurélie s’est toujours sentie en contradiction avec son entourage et ceci depuis son plus jeune âge. Ses parents ne comprennent pas toujours comment elle fonctionne et particulièrement sa maman qui s’arrache les cheveux à chacune de ses nouvelles élucubrations. Bref, une atmosphère très tendue règne à la maison occasionnant beaucoup de disputes au sein du couple.

Un jour, alors qu’elle est dans la salle de bain, Aurélie va faire une découverte qui va la rendre radicalement différente des autres. Elle ne peut pas en parler et doit porter un lourd secret qui la terrorise. Mais lors d’un séjour chez ses grands-parents, elle finit par se confier à sa grand-mère qui va lui révéler elle aussi partager le même fardeau. Celle-ci lui dit que le moment venu, quelqu’un lui montrera le chemin pour être délivrée. Que de mystère !

Sabine du Fay nous entraîne dans le merveilleux et le fantastique. Le sujet peut paraître intéressant mais le final m’a laissée un peu sur ma faim. En effet, on découvre ce qui arrive à Aurélie assez tôt. Surgissent beaucoup de mésaventures qui provoquent des phénomènes liés directement au secret d’Aurélie. Quelques chapitres avant la fin, la jeune fille commence à entrevoir la fin de ses interrogations puis plus rien. Il aurait été génial d’en connaître plus sur la particularité d’Aurélie, de savoir pourquoi sa vie va être bouleversée  et dans quel but.  C’est dommage. Notre petite héroïne est néanmoins très attachante, toujours de bonne humeur et prête à aider ceux qui en ont besoin. L’histoire reste originale et plaira aux jeunes lecteurs.

L’enfant des livres

A la poursuite du livre des secrets, de Eric Sanvoisin

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Jaime est orphelin, il vit dans la rue, à Voyelle la capitale du royaume des mots. Parce qu’il a volé une pomme, il est condamné à mort. Mais le roi lui laisse la vie sauve à condition qu’il lui ramène le livre des secrets, un merveilleux écrit qui se trouve dans la forêt des arbres à lire. Un livre important, convoité par beaucoup. Jaime ne se fait pas prier. Seulement il y a un petit souci qui a son importance pour une telle mission : le jeune garçon ne sait pas lire. Heureusement, il va rencontrer un Marque page sur pattes qui deviendra son compagnon de route et qui va l’aider.

Comment va-t-il s’en sortir sachant que, s’il ne mène pas à bien sa mission, il perdra la vie. Jaime va se trouver dans des situations périlleuses et ira de surprise en surprise.

Ce livre est un coup de cœur. C’est une ode aux livres, aux mots. Le décor est une forêt remplie d’arbres à livres qui nous fait rêver, avec des personnages dont les noms sont symboliques : Marque-pages, Virgules, Points virgules, Cadenas.. On entre dans un univers fantastique où les mots ont une force, un pouvoir. Deux mondes s’affrontent, d’un côté, les pilleurs et les cueilleurs qui détruisent les livres, les brûlent et de l’autre les défenseurs des belles lettres. L’auteur a choisi un héros qui ne sait pas lire. Ce détail prend toute son importance . En effet, comment donner le goût de lire à quelqu’un qui ne connaît pas les lettres, qui n’a jamais approché un livre ? Et c’est en cela que le roman prend tout son sens. L’apprentissage, la transmission d’un savoir, deux belles valeurs. On se rend compte alors que lire est une chance, c’est la liberté. Le livre est sacré. Il faut le préserver, en prendre soin car il est chargé d’histoire, il représente la mémoire de l’homme. Eric Sanvoisin joue avec les mots, entraîne le lecteur dans un univers original, magique où il se sent bien. On se laisse gentiment entraîner par l’écriture simple, fluide de l’auteur. On entre dans un monde imaginaire, le monde réel s’efface. On est en complète immersion, un peu comme dans Alice au pays des merveilles. J’avais l’impression d’être au milieu de la forêt et que tous ces petits personnages tournoyaient autour de moi, occupés à défendre la cause du livre et à combattre les destructeurs de mots. Un beau moment de douceur et de rêve.

Les livres nous nourrissent. Les lettres, les mots, leurs sens sont nos vitamines. –

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