Médiateur scolaire… pas si facile !

La bande des pommiers : Pierrick mène l’enquête, de Chantal Cahour

Pierrick a bien le trac en arrivant ce matin-là à l’école. Il a une nouvelle fonction à tenir, celui de médiateur scolaire. Avec quelques autres camarades, il a suivi la formation proposée aux élèves de CM volontaires et aujourd’hui, c’est le grand saut. Avec leurs gilets jaunes fluo, ils circulent dans la cour, au milieu des élèves afin de désamorcer des conflits… Mais la réalité, ce n’est pas juste un exercice en condition ! Et si Pierrick n’était pas à la hauteur ? Et si des jaloux lui menaient la vie dure ? Et si ça l’amenait à découvrir des choses qu’il n’aurait peut-être pas dû savoir, où cela va-t-il le mener ?

Une série qui permet aux jeunes élèves de s’identifier à une situation qui peut être vécue au sein de leur établissement scolaire. Nous avions déjà présenté sur ce blog Votez Pauline de la même série, qui expliquait les rouages des élections et la démocratie. Ici, il s’agit d’un petit guide à l’usage des élèves pour comprendre comment se crée un conflit et comment le désamorcer, que vous ayez ou non dans votre établissement des médiateurs scolaires ! Une série où chacun des livres peut se lire indépendamment, avec toujours comme personnages les huit copains de la Bande des Pommiers  : Magali, Maxime, Pierrick, Pauline, Romain, Clément, Lucie et Myrtille !

Court, vite lu et facile à lire, cette histoire  se lit un peu comme un petit roman policier. Idéal pour les élèves dès la fin du primaire.

Une bonne étoile

Cette nuit là, un chat, de Dominique Legrand

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William et Aurélien, deux frères, font l’acquisition d’un chat. Leur père rentre dans une colère noire quand il est mis devant le fait accompli, lui qui a horreur d’un tel animal. Epouse et enfants forment alors une coalition pour le faire plier et le contraindre à capituler. La venue de ce chat lui est pénible, le gêne. Pourquoi un tel sentiment de malaise ? Ce n’est qu’un chat après tout ! La présence de ce félin le ramène à un épisode dramatique de la vie de son grand-père, Henri, en 1944. A l’époque, il travaillait à la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris. Alors qu’il s’apprête à prendre son poste, il est arrêté par les SS et fait prisonnier au château de Vincennes. On va lui imposer la dure tâche de ramasser les cadavres des prisonniers victimes de la barbarie des Allemands. Très vite, Henri va être intrigué par la présence d’un chat noir qui déambule au milieu des soldats. Animal imperturbable qui n’aura de cesse de fixer Henri. Le grand-père n’a jamais aimé les chats, il s’en méfie, l’attitude de celui-ci l’embarrasse.

Sa captivité va virer au cauchemar. Alors qu’il entame un énième transport de corps, les SS lui ordonnent, ainsi qu’à neuf autres prisonniers de se tenir à l’arrière d’un camion. Un soldat prend alors position derrière une mitrailleuse, les hommes sont poussés le long d’un mur. Le chat est toujours là, au milieu du vacarme, en observateur. C’est la fin pour Henri qui fixe le sol inondé du sang d’autres victimes. Soudain, le chat se lève, marche et se dirige vers les soldats en miaulant. Il vient se frotter aux bottes d’un officier qui l’attrape et qui le caresse longuement. Ce dernier le dépose alors à terre, le visage rieur et échange quelques mots avec les SS tout en regardant les prisonniers. Le temps est comme suspendu. Un gradé fait alors signe aux hommes de le suivre. Personne ne va mourir, en tous les cas pas dans l’immédiat. Suivis par l’animal, les captifs sont conduits en cellule et apprennent qu’ils seront tués le lendemain matin. Durant les longues heures qui vont précéder son exécution, Henri aura pour seul compagnon  le chat.

Cette nuit-là, un chat raconte un événement tragique de notre histoire, la guerre et les camps de prisonniers. L’auteur nous dévoile ce qu’a vécu son grand-père en 1944. La description du ressenti d’Henri aux portes de son exécution, de la bestialité des soldats est pleine d’émotions. Un homme qui ne peut échapper à son destin tragique, qui se sait condamné et qui vit ses dernières heures. Il va partager ses ultimes instants avec ce chat qui s’est laissé enfermer dans sa cellule. C’est l’animal qu’il déteste depuis l’enfance, qui va lui procurer ses derniers instants de douceur, d’apaisement, qui va rester avec lui durant cette dernière nuit. Au petit matin, le chat partira non sans lui avoir jeté un dernier regard …..

Un roman simple à lire avec des chapitres courts qui nous fait comprendre que tout être humain peut changer selon les événements qui se dressent devant lui. On a des idées arrêtées sur des gens, sur des circonstances et un jour quelque chose fait que le regard est tout autre. Henri a toujours détesté les chats jusqu’à ce jour de 1944 où l’image que lui renvoyait cet animal s’est transformée.

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Qui suis-je ?

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Chaîne de vie, de Roger Judenne

Chaîne de vie par JudenneLou pense être la fille biologique de son père mais va découvrir par inadvertance qu’elle est née par insémination artificielle. Elle se referme sur elle-même et rentre en conflit avec sa mère. Mais, quand sa maman lui explique les choses, elle commence à faire des recherches afin de retrouver le donneur.

J’ai bien aimé ce livre car c’est une histoire qui peut toucher le lecteur et peut amener à une réflexion positive celui qui connaît la même situation.

Manon, 3ème – 14 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de mumu58 :

Lou, adolescente de douze ans, découvre par hasard que son père n’est pas son père biologique. Elle pense dans un premier temps qu’elle a été adoptée et reproche à ses parents de ne pas lui en avoir parlé. Elle se braque, les relations sont tendues voire difficiles. Sa maman va alors lui révéler qu’elle a été inséminée avec le sperme d’un donneur anonyme. Quelle confusion pour cette adolescente ! Lou reste très sceptique et ne veut plus rien entendre. Effondrée, l’adolescente lâche prise et écoute les explications de ses parents. La situation lui paraissant plus simple, le mystère de sa naissance se dissipe peu à peu. Néanmoins, elle décide de faire des recherches sur internet pour mieux comprendre l’insémination artificielle. Elle va pouvoir alors comprendre comment elle a été conçue. Elle se rend compte qu’elle n’est pas un cas unique et qu’elle peut avoir des frères ou des sœurs car le nombre d’enfants issus du sperme d’un même donneur peut être de huit. Elle décide donc de passer une annonce à la recherche d’éventuels profils ayant le même donneur qu’elle.

L’histoire est originale, le thème abordé n’est pas courant en littérature jeunesse. Une lecture facile et compréhensible. Il est évident que pour bien se construire tout être humain a besoin de connaître ses origines et qu’il est souvent préférable de ne pas cacher aux enfants d’où ils viennent.

« L’action ment tout autant que la pensée »

Les combats de Sara, d’Arnaud Ravel

Résultat de recherche d'images pour "les combats de sara"Sara a 17 ans et vit avec ses parents, son père Olivier Mazaoui est professeur de philosophie et enseigne dans le même lycée qu’elle. Sara fait partie des élèves populaires du lycée et a de fortes convictions politiques. Un jour, la police débarque pour arrêter Mihai, un de ses camarades sans-papiers. Sara est révoltée et prône le droit à l’éducation pour tous.  Elle organise la résistance au lycée pour aider Mihai. Blocus, manifestation, concert de soutien, Sara met tout en œuvre pour lutter contre l’arrestation des sans papiers. Dans cette lutte, elle aura le soutien de ses camarades, de ses amis et de sa mère. Quant à son père, la situation apparaît plus tendue et conflictuelle. Au-delà des manifestations, la jeune lycéenne va chercher à retrouver Mihai et rencontrer des membres de sa famille. Cependant, Sara, tournée vers l’Autre et meneuse de la vague de Résistance, oublie presque sa propre vie et certaines choses semblent lui échapper.

Les combats de Sara, bien qu’il apparaît comme un ouvrage politiquement engagé au vu de la position de Sara, est avant tout un roman qui traite de la question des différences, de l’Autre, des diverses manières de vivre et des cultures multiples. De son amie Houria vivant au Maroc promise à un homme à Sam, solitaire, gothique rêvant de réaliser un voyage expérimental à Vlavosk, Sara fréquente des personnages qui ont une vision différente de la vie voire opposée. Désarmée lorsque Houria lui apprend qu’elle va se marier, elle ne parvient pas à comprendre la raison  pour laquelle son amie ne fuit pas et accepte ce mariage lié aux traditions de son pays. Sara pense que Houria est prisonnière des traditions et de sa famille.

Néanmoins, Houria n’hésite pas à souligner que Sara aussi semble parfois prisonnière de ceux qui l’entourent. Populaire au lycée, Sara n’ose pas se montrer en compagnie de Sam, n’hésitant pas à le fuir dès qu’elle aperçoit son amie Alice. Car Sam fait partie de ceux qui pensent la vie autrement, étant souvent seul ou en compagnie de ses amis, Lily et Baz. Différents par leurs visions du monde et leur apparence, les trois protagonistes adoptent un style particulier et ne parviennent pas à se confondre avec les autres.

Un paradoxe apparaît alors, Sara, tolérante, ouverte, politiquement engagée n’acceptant pas qu’un homme quelque soit ses origines soit traité différemment des autres, n’assume pas la relation qu’elle noue avec Sam car fort différent en apparence. De la même manière, Lily, l’ami de Sam, étant plus sectaire et fermée sur sa vision des autres, n’apprécie guère que Sam penche par moment de « l’autre côté » et que sa manière de regarder la vie évolue.

Outre la question de la différence et de l’Autre, Arnaud Ravel peint à travers cet ouvrage le portrait d’une famille moderne, de classe moyenne, cultivée où les relations deviennent compliquées entre les parents de Sara. Sara parvient à comprendre la situation mais éprouve de la tristesse, particulièrement pour son père. La Résistance menée leur a par ailleurs permis de discuter et de renouer les liens avec son père.

Cette histoire montre aussi que les problèmes se règlent loin de la violence mais de manière entièrement pacifique, que les mots, l’échange, le dialogue apparaissent plus importants que tout et que la violence n’a pas lieu d’être pour gérer les conflits et les problèmes quelque soient leur nature.

Une lecture que je conseille à partir de la 4ème au vue par moment de la complexité de l’histoire. Je rappelle que ce roman est politiquement engagé et n’hésite pas à citer le Front National sans pour autant en faire une véritable critique négative.

Jeu de piste breton

Enquête au pays de la galette, d’Elsa Devernois

Comme chaque été, Marion et Romain quittent leur appartement parisien, direction Bénodet en Bretagne, chez leur mamie Suzon. Ils ont hâtent d’y revoir leur amie Corentine qui vient toujours passer ses vacances avec ses parents dans leur résidence secondaire. Corentine est vive, intelligente, dynamique et adore inventer tout un tas de jeux qui font que le trio ne s’ennuie jamais. Mais, lorsqu’ils arrivent, mamie Suzon a une mauvaise nouvelle pour eux : Corentine n’est pas encore arrivée ! Comme l’attente risque d’être longue, surtout entre ces deux frère et soeur qui se chamaillent sans cesse ! Pourtant,  à son dernier passage, Corentine a eu la bonne idée de laisser une enveloppe pour eux… La malicieuse Corentine est  bien décidée à les occuper durant son absence… Une première énigme les emmène dans un  jeu de piste où il va falloir aiguiser leur esprit pour être à la hauteur !  Et au bout, qu’est-ce qui les attend ?

Un petit roman qui se lit vite, avec deux personnages centraux : un jeune frère et sa soeur. Corentine est omniprésente mais on ne la rencontre que très peu même si elle prend toute la place dans cette histoire. On assiste à un jeu d’énigmes et des balades à vélo qui nous font découvrir un petit coin de la Bretagne et ses spécialités culinaires (les galettes, bien entendu, mais aussi le kouin amann). J’avoue que les énigmes sont souvent tirées par les cheveux et il faut faire partie du trio et de ses habitudes pour espérer les comprendre, et j’ai regretté que le personnage de Corentine soit un peu trop porté aux nues par Marion et Romain, alors que le lecteur n’a l’occasion de le rencontrer qu’à la toute fin du roman, mais c’est une petite histoire estivale agréable, pleine d’amitié, pour jeunes lecteurs.

Nul n’échappe à son destin

Offense dans la cité, de Gwladys Constant

 

Momo habite dans une cité, en banlieue. Il traîne avec sa bande aux pieds des tours. Les murs de béton sont tagués, les boîtes aux lettres défoncées, les ascenseurs sont en panne, les murs sont froids et les caves humides. Rien de bien attrayant mais c’est là qu’il vit. Momo a remarqué qu’une jeune fille traverse la cité tous les samedis. Elle est belle, elle s’appelle Pénélope et ne le laisse pas indifférent. Quand Momo et sa bande déambulent dans le quartier, tout le monde doit baisser la tête, c’est comme ça et quiconque enfreint la règle est sanctionné. Ca doit aussi être le cas pour Amédée, un vieil homme qui n’a peur de personne surtout pas de ces jeunes. Momo qui ne supporte plus son comportement, s’est promis de lui faire comprendre qui est le chef.
L’auteur nous entraîne dans la cité, une cité peu reluisante où les adolescents qui y vivent, règnent en maître avec un style, une façon de parler particulière à la banlieue. Momo est quelqu’un d’important et de respecté. Il aime ça. C’est le caïd. Il va à l’école mais ne voit pas comment il pourrait avoir un avenir. On a l’impression qu’ il n’a aucun lien avec le monde extérieur à la banlieue et l’apparition de cette adolescente qui vient de la ville va le transcender. Elle va illuminer le quartier, amener de la douceur, contraste réel avec la violence qui devient banale.
Offense dans la cité est un roman qui s’inspire de la pièce de théâtre le Cid de Corneille. Beaucoup d’éléments s’y retrouvent, une agression, une trahison, une vengeance, l’amour. Le lecteur trouvera donc beaucoup de citations, de vers qui y font référence. Et puis en parallèle, Momo qui se prend à rêver de vivre une histoire d’amour avec Pénélope, de devenir son Ulysse. Pour rien au monde, il ne raterait le rendez-vous du samedi. Mais une ombre va venir ternir les rêves de Momo dont lui seul est responsable. Je laisse volontairement le lecteur découvrir les rebondissements de cette histoire pour ne pas casser l’effet de surprise.
Et puis il y aura ce face à face inattendu et poignant qui va retourner la situation. Un face à face qui va faire prendre conscience à Momo qu’il peut s’émanciper de son quartier et construire son avenir. Un face à face qui va pousser Momo à se poser des questions sur sa famille, notamment ses grands-parents. Il se sent confiant et se surprend à avoir des projets. Ce n’est plus le Momo du début. Le lecteur est-il prêt à lui pardonner ses faux pas ? Peut-être …. On ne peut lui souhaiter que de s’en sortir et de suivre le droit chemin. L’auteur entraîne alors le lecteur dans les espoirs et l’excitation de Momo. Le rythme s’accélère et s’accentue avec la progression des émotions de l’adolescent. Mais la fin brutale et inattendue nous laisse un moment sans voix, nous fauche….
Le livre se termine sur une réplique de Chimène quand elle se trouve face à Rodrigue : « va je ne te hais point »….

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Oko et la légende du bout du monde, de Catherine Cuenca

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Oko et la légende de la pierre du bout du monde – Roman préhistorique – , de Catherine Cuenca

Il y a 30 000 ans. Le jeune Oko a atteint ses 13 printemps et est donc considéré comme un homme. Il participe à sa première chasse pour être officiellement un adulte. Malheureusement, les choses ne se passent pas comme prévu : en effet, Oko manque sa cible et il ne reste plus qu’un seul renne à abattre. Oko ne veut pas rester sur cet échec et supplie un autre chasseur de le laisser faire un nouvel essai. Hélas, le garçon manque une nouvelle fois sa cible . L’animal, pris de peur, tue un chasseur et en blesse un autre en s’enfuyant. Le conseil de son village se réunit alors pour définir la sentence réservée à Oko. Celui-ci est banni tant qu’il ne trouvera pas un remède pour soigner le blessé. L’enfant part donc pour une incroyable, merveilleuse et palpitante aventure en plein hiver vers le soleil couchant : la terre de ses ancêtres …

J’ai beaucoup aimé ce livre court certes, mais rempli d’aventures ! On accroche assez facilement à l’histoire et les mots nous remplissent la tête d’images ! Ce livre s’adapte à tous types de lecteurs de par sa facilité à le lire et le comprendre. Un très beau scénario, comportant de la survie, des sentiments, ainsi que des rebondissements, cet ouvrage s’adapte à tous les goûts ! Je le conseille vraiment, même pour les personnes qui n’aiment pas trop lire. On vit avec les personnages à l’époque préhistorique et en apprenons plus sur leur mode de vie : la chasse, l’importance des outils, la vie quotidienne, etc.  A la fin du roman, un dossier documentaire apporte des connaissances précises sur la période préhistorique  dans laquelle se situe cette histoire pour ceux que le sujet a particulièrement intéressé.

Aymeric, 5ème – 12ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

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