Oradour sur Glane, un village si tranquille, de Vanina Brière

Ouradour sur Glane, un village martyr….

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Ouradour sur Glane, situé à environ 25 kilomètres de Limoges, est le symbole de la barbarie nazie. 642 victimes, 5 survivants. Le village est pillé, détruit, brûlé. La patrie est meurtrie. La journée du 10 juin 1944 restera à jamais gravée dans les mémoires. Un village paisible que les Allemands ont décidé d’exterminer pour se venger d’une attaque qu’ils ont subie quelques jours auparavant. Les habitants sont séparés : les hommes sont réunis dans une grange, les femmes et les enfants sont emmenés dans l’église du village. Tous vont être exécutés froidement puis brûlés pour empêcher leur identification. Les soldats tirent au hasard dans les rues et les maisons pour éliminer d’éventuels témoins. En une journée, Oradour sur Glane n’existe plus..

Vatina Brière nous raconte comment tout a basculé en ce 10 juin 1944, comment d’innocentes victimes ont péri. A travers l’histoire de Robert, un des survivants du massacre, elle a su nous transmettre une réelle émotion qui va au-delà de cet évènement, puisqu’elle évoque la vie d’après et le difficile procès des meurtriers.

Ce village a été conservé en l’état de destruction, tel qu’il était après le massacre, pour témoigner des souffrances subies par ses habitants.

Après ce massacre, à quelques centaines de mètres de là, l’Etat va décider de construire un nouveau bourg sur des plans similaires de l’ancien. La première pierre fut posée en 1947. Une maison construite pour une maison détruite.

Pour ne jamais oublier, un mémorial a été inauguré en 1999 par le Président de la République de l’époque, Jacques Chirac.

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de me rendre à Oradour sur Glane. Quand j’ai pénétré à l’intérieur de ce village fantôme, une étrange sensation m’a enveloppée. J’ai été saisie par ce silence pesant, qui nous incite à rester muet, en ayant l’impression que l’âme des morts était là, toutes proches de moi. J’étais remplie d’une émotion indéfinissable, à la limite du mal-être. Chaque pierre saigne, chaque pierre est empreinte de tristesse, de souvenirs.

La spirale de Sophie Bénastre

Quand tout bascule…

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Lou et Joshua sont des amis inséparables. Ils n’ont aucun secret l’un pour l’autre. Mais depuis quelques temps, Lou est inquiète, elle ne reconnaît plus son ami. Certes, ses parents sont en plein divorce et Joshua doit se partager entre son père et sa mère. Une semaine chez l’un, une semaine chez l’autre. La situation est difficile pour le jeune garçon. Lou est cependant très intriguée par le comportement de Joshua au retour de chez son père. Il sent mauvais, il a les traits tirés, les devoirs ne sont pas faits. Au contraire, lorsqu’il est chez sa maman, tout a l’air de bien allé. Lou essaie d’en parler à son ami mais celui-ci l’évite et coupe court à la conversation.

Un soir après l’école, la jeune fille décide de suivre secrètement Joshua. Ce qu’elle va découvrir va la bouleverser.

Ce roman de littérature jeunesse traite du délicat sujet de la séparation, de la perte d’emploi, de la vie qui bascule quand la vie familiale éclate. Au milieu, il y a l’enfant qu’on doit protéger, auquel on doit assurer un niveau de vie suffisant pour son bien être physique et mental.

Ce court roman au ton juste fait partie de la collection « Droits de l’enfant » des éditions Oskar et permet d’aborder l’article 27 de la Convention internationale  des droits de l’enfant suur le niveau de vie : « Tout enfant a le droit à un niveau de vie suffisant à un développement physique, mental, spirituel, moral et social. »

L’allumeur de réverbères, de Nathalie Wyss

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Résultat de recherche d'images pour "l'allumeur de réverbères oskar fnac"Luz, ville imaginaire où il pleut le mardi et où le soleil semble absent.
Le père de Tobi y est allumeur de réverbères tout comme son père avant lui  et le père de son père avant lui. Soudain,  celui-ci tombe malade de la grippe luzienne. Alors, c’est son jeune fils Tobi qui le remplace ! Tous les soirs, dès que Tobi entend la cloche sonner 17 heures, il illumine les rues riches de Luz alors que les quartiers pauvres restent dans le noir. Un jour, il rencontre une jolie demoiselle, Sidonie, et son chat, Poisson de lune, dans les quartiers pauvres. Elle a très très peur du noir et en fait des cauchemars la nuit !
Tobi trouvera-t-il le moyen d’allumer les réverbères des quartiers pauvres ?
L’histoire est super !
J’ adore le suspense qu’il y a … Et ce concept de partager la zone riche qui est allumée et la partie pauvre qui reste éteinte.  L’amitié qu’il y a entre Tobi et Sidonie est très très belle. Les personnages sont bien imaginés et leur caractère est très bien choisi, ce qui fait qu’on s’y attache vraiment.
C’est un livre facile à lire et qui n’a jamais de temps morts. Il utilise le genre de la science-fiction pour faire passer des beaux messages d’amitié dans un univers assez poétique.

Lenny, 5ème – 12 ans, membre des dévoreurs de livres d’Arsène

Alcatraz Indian land, d’Elise Fontenaille

Alcatraz Indian land par FontenailleMarilyn Miracle, de son nom indien Little Bird, vit une vie misérable dans une réserve indienne paumée, aux côtés d’une mère alcoolique. Depuis ses treize ans, elle ne va plus à l’école et pour oublier le suicide de sa meilleure amie, elle sniffe de la colle toute la journée… Mais un jour, Richard Oakes, un Indien parti en Californie faire des étues est venu la chercher.

Faut que tu t’en ailles, Little Bird… Déploie tes ailes, fous le camp d’ici

l’encourage sa grand-mère, Dana, la seule personne qui ne se soit jamais occupée d’elle et l’ait jamais aimée.

Alors, Little Bird part avec Richard et est accueillie dans sa famille auprès de sa femme Alicia et leur fille Yvonne.

On est en 1969 et Richard Oakes est le leader d’un groupe d’activistes qui se bat pour la défense des droits des Indiens d’Amérique. Leur rêve : créer une université pour les Indiens. Leur projet : investir l’ancienne prison d’Alcatraz, désertée depuis 5 ans. Ils choisiront la journée symbolique de Thanksgiving, jour où l’Amérique commémore l’aide que les Indiens ont apportés aux premiers colons. Alicia, Little Bird et Yvonne seront de la partie mais pas seulement… Tous les jour, un nombre de plus en plus important d’Indiens de toutes les tribus arriveront et s’installeront sur l’île… Ce roman retrace cette action, ce combat.

Ce récit est construit sous la forme d’un flash-back, raconté par Little Bird, âgée, qui écrit à sa petit-fille Eden pour partager avec elle les souvenirs de ses seize ans. C’est une lettre envoyée par la mairie de San Francisco l’invitant à revenir sur les lieux de l’occupation et de repeindre les graffitis  du château d’eau dans le cadre de la célébration pour l’anniversaire de l’occupation d’Alcatraz qui fera remonter ses souvenirs et lui donnera envie de témoigner pour perpétuer cet héritage pour la génération future. Un court roman très intéressant qui met à la portée de tous une page d’Histoire pas forcément connue du grand public et des adolescents en particulier. On prend conscience de la force de l’engagement et des dérives que toute action, même pacifiste au départ peut déclencher lorsque l’intérêt personnel prend le pas sur le collectif. A lire.

Lettre aux bourreaux de ma soeur, de Gwladys Constant

« Je lui parlais de l’avenir et elle crevait de son  présent »

Résultat de recherche d'images pour "lettre aux bourreaux de ma soeur fnac"Rose a le coeur brisé pour toujours. Elle a découvert sa petite soeur, Iris, pendue au lustre de sa chambre, avec le foulard qu’elle lui avait offert pour son anniversaire. La souffrance d’Iris, tout le monde la connaissait : elle s’appelait « harcèlement »… Mais personne ne pensait que ça allait aboutir à ce drame. On pensait qu’elle serait plus forte, qu’elle surmonterait les épreuves :

Malgré les demandes répétées de ma soeur, papa ne voulait pas la changer de collège. Pour lui, elle n’était pas fautive, ce n’était pas à elle de partir, sinon, cela revenait à accepter la loi du plus fort […]

Pour la motiver, je lui parlais du lycée : « Ce sera différent, tu verras, on est plus mûr, on a sa bande et on se fiche des autres ». Je lui parlais d’un truc qui arriverait deux ans plus tard. Mais c’est quoi deux ans, quand on en a treize ? Une éternité ! Le bout du monde ! Ce n’est rien mais c’est insurmontable ! Je lui parlais de l’avenir et elle crevait de son présent !

Mais les harceleurs sont mineurs et ne seront pas inquiétés. Alors Rose décide de venger sa soeur avec les mêmes armes qu’ils ont utilisés : les mots.

Ce texte d’une cinquantaine de courtes pages prend le parti de faire parler non plus les bourreaux ou la victime, mais un proche. Comment peut-on continuer à vivre lorsque l’on est le parent, le frère ou la soeur d’une victime qui s’est suicidée après avoir été harcelée. Comment vivre avec la culpabilité de ne pas avoir su voir, de ne pas avoir su comprendre, de ne pas avoir su agir à temps. Ici, en l’occurrence, la soeur aînée. Le récit alterne ses paroles dites lors de ses séances chez un psychanalyste et des passages de la lettre qu’elle a  écrite et envoyée aux bourreaux de sa soeur (dont la typographie choisie par l’éditeur, risque, hélas, d’être difficilement lisible par une partie des adolescents qui auront ce livre en main…)

Un texte intéressant, réaliste, dur, sur un sujet difficile et qui ne mâche pas ses mots. A la fin, petite interview de l’auteur, enseignante, qui explique sa démarche quant à l’écriture de ce livre.

 

Le secret des enfants d’Aumelys, de Véronique Petit

Suite au décès de Léna, la soeur aînée de Sarah, la famille quitte Lyon pour s’installer dans une maison héritée d’un lointain cousin et située dans petit hameau perdu, Aumelys. Aumelys, un lieu étrange où rien ne semble avoir bougé depuis des décennies. Le collège de Sarah se trouve dans la commune d’à côté, à environ 5 km… Pourtant, dès son arrivée, elle ressent une tension : les élèves venant d’Aumelys semblent la toiser, alors que ceux des communes environnantes l’évitent. Seuls les jumeaux, Gabriel et Faustine, récemment arrivés à Aumelys acceptent de l’intégrer dans leur cercle… Une visite du cimetière va mal tourner et Sarah a bien l’impression de sombrer dans la folie… Quel mystère, quelle malédiction plane donc sur ce village ? Qu’essaient de cacher ses habitants ? Est-elle en danger ? En qui peut-elle avoir confiance ?

Un roman fantastique dont l’ambiance m’a vaguement renvoyé au film Les innocents de Jack Clayton, adapté du roman d’Henry James Le Tour d’écrou, peut-être pour la place des enfants dans une malédiction…

Le roman utilise parfaitement les ficelles classiques du genre avec, en plus, une incursion réussie dans un cimetière ! Une situation initiale banale, un cadre bien posé, qui glissent doucement vers le fantastique… ou bien serait-ce seulement la folie du personnage ? La limite entre la réalité, le fantastique, la folie est floue et intrigue le lecteur tout au long de ces 150 pages qui se lisent vite. Le texte court n’empêche pourtant pas à cette histoire d’être suffisamment bien ficelée et construite pour rester compréhensible au lecteur sans effrayer les moins assidus par un nombre de pages trop importants.  Des retours dans le temps avec des passages se situant en 1345 entrecoupent le récit « moderne » et apportent une touche encore plus énigmatique à ce récit.

Une bonne entrée en matière pour les adolescents qui souhaitent découvrir le genre.

 

 

 

Lettre au président du monde, d’Eric Simard

« N’achetez plus le sang des enfants »

Lettre au président du mondeWondone, jeune sans-papier de 10 ans, est révolté par la condition des enfants à travers le monde. Sa propre vie est un exemple des exactions commises : pour quitter son pays très pauvre et suivre son oncle et sa tante en France, il a failli mourir noyer. Et même s’il va à l’école, rien ne garantit un avenir serein puisque légalement lui et sa famille n’ont aucun droit à rester en France. Tout quitter, risquer sa vie, vivre hors la loi en espérant que ce sera néanmoins moins pire que ce qu’ils vivaient dans leur propre pays, voilà le sort des sans-papier. Mais, la misère et l’exploitation des enfants à travers le monde ne s’arrête pas là : enfants-soldats, travailleurs-esclaves vendus par des parents trop pauvres, enfants victimes des conflits des adultes, estropiés, tués pour avoir sautés sur une mine anti-personnelle, enfants mourant de faim faute d’accéder au minimum vital…

Ce texte fort et court se présente sous forme d’une lettre ouverte écrite au « président du monde » par Wondone lui-même, l’enfant sans-papier. Ecrit à la première personne, il est un véritable plaidoyer pour alerter le lecteur sur les injustices dont sont victimes les enfants à travers le monde, malgré les lois censées les protéger. La lettre ne s’adresse pas à un président d’une nation en particulier et c’est ce qui en fait sa force : il s’adresse à un président imaginaire qui dirigerait l’ensemble des peuples, et par là-même, à chacun des lecteurs en particulier qui sort de sa lecture en souhaitant qu’une chose : que chacun d’entre nous s’engage pour un monde plus juste. A travers un cas particulier, des données réelles sont apportées au lecteur et à la fin de l’ouvrage, un petit lexique et un récapitulatif de articles de la Convention internationale des droits de l’enfant complète le texte.

Ce texte cite Iqbal Masih, jeune pakistanais vendu comme esclave à 4 ans et qui dès 10 ans lutta contre l’esclavage moderne. Il a été assassiné à à peine 12 ans.

A lire dès le CM2.