Aurélie et son secret, Sabine du Faÿ

Aurélie et son secret, Sabine du Faÿ

Aurélie, jeune adolescente au côté garçon manqué, est pleine de vie, un peu trop, au goût de ses parents, farfelue, dynamique et très très maladroite. Quand Aurélie approche, la catastrophe n’est pas loin. Entre une mère psychologue et un père médecin, pas facile pour elle de se laisser aller. Elle a une sœur jumelle, Henriette, et un frère, François, qui la trouvent trop bizarre. Aurélie s’est toujours sentie en contradiction avec son entourage et ceci depuis son plus jeune âge. Ses parents ne comprennent pas toujours comment elle fonctionne et particulièrement sa maman qui s’arrache les cheveux à chacune de ses nouvelles élucubrations. Bref, une atmosphère très tendue règne à la maison occasionnant beaucoup de disputes au sein du couple.

Un jour, alors qu’elle est dans la salle de bain, Aurélie va faire une découverte qui va la rendre radicalement différente des autres. Elle ne peut pas en parler et doit porter un lourd secret qui la terrorise. Mais lors d’un séjour chez ses grands-parents, elle finit par se confier à sa grand-mère qui va lui révéler elle aussi partager le même fardeau. Celle-ci lui dit que le moment venu, quelqu’un lui montrera le chemin pour être délivrée. Que de mystère !

Sabine du Fay nous entraîne dans le merveilleux et le fantastique. Le sujet peut paraître intéressant mais le final m’a laissée un peu sur ma faim. En effet, on découvre ce qui arrive à Aurélie assez tôt. Surgissent beaucoup de mésaventures qui provoquent des phénomènes liés directement au secret d’Aurélie. Quelques chapitres avant la fin, la jeune fille commence à entrevoir la fin de ses interrogations puis plus rien. Il aurait été génial d’en connaître plus sur la particularité d’Aurélie, de savoir pourquoi sa vie va être bouleversée  et dans quel but.  C’est dommage. Notre petite héroïne est néanmoins très attachante, toujours de bonne humeur et prête à aider ceux qui en ont besoin. L’histoire reste originale et plaira aux jeunes lecteurs.

L’enfant des livres

A la poursuite du livre des secrets, de Eric Sanvoisin

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Jaime est orphelin, il vit dans la rue, à Voyelle la capitale du royaume des mots. Parce qu’il a volé une pomme, il est condamné à mort. Mais le roi lui laisse la vie sauve à condition qu’il lui ramène le livre des secrets, un merveilleux écrit qui se trouve dans la forêt des arbres à lire. Un livre important, convoité par beaucoup. Jaime ne se fait pas prier. Seulement il y a un petit souci qui a son importance pour une telle mission : le jeune garçon ne sait pas lire. Heureusement, il va rencontrer un Marque page sur pattes qui deviendra son compagnon de route et qui va l’aider.

Comment va-t-il s’en sortir sachant que, s’il ne mène pas à bien sa mission, il perdra la vie. Jaime va se trouver dans des situations périlleuses et ira de surprise en surprise.

Ce livre est un coup de cœur. C’est une ode aux livres, aux mots. Le décor est une forêt remplie d’arbres à livres qui nous fait rêver, avec des personnages dont les noms sont symboliques : Marque-pages, Virgules, Points virgules, Cadenas.. On entre dans un univers fantastique où les mots ont une force, un pouvoir. Deux mondes s’affrontent, d’un côté, les pilleurs et les cueilleurs qui détruisent les livres, les brûlent et de l’autre les défenseurs des belles lettres. L’auteur a choisi un héros qui ne sait pas lire. Ce détail prend toute son importance . En effet, comment donner le goût de lire à quelqu’un qui ne connaît pas les lettres, qui n’a jamais approché un livre ? Et c’est en cela que le roman prend tout son sens. L’apprentissage, la transmission d’un savoir, deux belles valeurs. On se rend compte alors que lire est une chance, c’est la liberté. Le livre est sacré. Il faut le préserver, en prendre soin car il est chargé d’histoire, il représente la mémoire de l’homme. Eric Sanvoisin joue avec les mots, entraîne le lecteur dans un univers original, magique où il se sent bien. On se laisse gentiment entraîner par l’écriture simple, fluide de l’auteur. On entre dans un monde imaginaire, le monde réel s’efface. On est en complète immersion, un peu comme dans Alice au pays des merveilles. J’avais l’impression d’être au milieu de la forêt et que tous ces petits personnages tournoyaient autour de moi, occupés à défendre la cause du livre et à combattre les destructeurs de mots. Un beau moment de douceur et de rêve.

Les livres nous nourrissent. Les lettres, les mots, leurs sens sont nos vitamines. –

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Une marche miraculeuse

Vol 508 à la vie à la mort, de Pascale Perrier

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Le 24 décembre 1971 à la veille de Noël, Juliane, 17 ans, prend un avion de ligne avec sa mère à Lima, en direction de Pucallpa, en Amazonie péruvienne. Elle rejoint son père biologiste pour passer les fêtes. Le vol ne doit durer qu’une heure. Trente minutes après le décollage, l’appareil pris dans un orage, se disloque et s’écrase en pleine forêt. La jeune fille toujours attachée à son siège, part en chute libre avant de s’immobiliser sur le sol. Elle est la seule survivante des 92 passagers et membres de l’équipage. Pendant onze jours, elle erre dans la jungle pour trouver un village tout en cherchant de quoi se nourrir et se soigner. Une histoire inspirée de faits réels.

La jungle d’ordinaire hostile, va devenir une bulle de protection pour cette adolescente tombée du ciel. Alors qu’elle est seule, livrée à elle-même, cet environnement lui donne de l’eau, de l’ombre, lui sauve la vie. Juliane connaît cet endroit car ses parents, des chercheurs, y avaient installé une station biologique dans les années 60. Juliane est née au Pérou où toute la famille s’est installée.

Quand elle reprend conscience, après l’accident, elle se dit qu’attendre les secours lui sera fatal. Son père lui a toujours expliqué qu’il faut trouver un cours d’eau et le suivre quand on est perdu en pleine jungle. Elle décide alors de marcher. Elle est blessée, elle souffre psychologiquement et physiquement mais pourtant elle s’accroche. Au cours de sa progression, elle va tomber sur des restes de l’avion et va trouver des bonbons qui seront sa seule nourriture pendant ses 11 jours de dérive. Elle doit s’accrocher pour tenir, elle doit s’accrocher pour s’en sortir. Elle sait qu’elle ne doit pas s’arrêter, s’arrêter c’est mourir. Elle a ce sentiment troublant qu’il faut qu’elle fasse quelque chose. Et puis ce silence…Un silence pesant qui la poursuit, un silence qui contraste avec le fracas de la tempête, avec le vacarme étourdissant qui a précédé la catastrophe…Que dire de ces visions d’horreur, quand Juliane tombe sur des morceaux de l’avion, quand elle voit des cadavres.. Elle se résout à ne plus chercher de survivants, à arrêter de crier pour trouver quelqu’un. Elle est seule et ne peut compter que sur elle. Juliane fait aussi une promesse : si elle s’en sort, elle passera sa vie à défendre cette forêt qui la protège. Julianne est impressionnante de courage, de ressources. Elle fait preuve d’un sang froid indescriptible.Tout ce qu’elle a appris de son père lui permet de rester en vie. Elle se bat. Mais survivre c’est aussi être entre la douleur de la perte de tous ces passagers, en particulier sa maman et la culpabilité d’être en vie. Pourquoi elle et pas les autres ?

Une histoire vraie qui bouleverse. Un miracle dont Juliane ne sortira pas indemne. Sa culpabilité d’être en vie, les derniers mots de sa mère pendant le crash, les cauchemars qui ont accompagné sa reconstruction ont laissé des traces que le temps peut atténuer mais ne peut pas effacer. Pascale Perrier a écrit Vol 508 à la vie à la mort à la première personne donc tous les ressentis de Juliane sont percutants, le lecteur reste dans les pas de l’adolescente.

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La fille qui aimait la montagne…

Les secrets du lac blanc de Roselyne Bertin

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Mélie est une adolescente de douze ans, pétillante, vivant avec son père Jean, chef de chantier, ses frères jumeaux de onze ans Max et Tom et sa maman Laurence, écrivaine. Tous vivent en parfaite harmonie à un détail près, Laurence est en panne d’inspiration et n’arrive pas à boucler son roman. L’éditeur fait pression. Jean lui propose alors d’aller s’installer quelques temps en montagne chez son ami de jeunesse, Pétrus, propriétaire d’un hôtel-restaurant à Chamonix. S’isoler en montagne lui redonnera sans aucun doute l’inspiration. Pas très emballée à l’idée d’abandonner mari et enfants, elle finit par céder. Mélie accompagnera sa mère tandis que les hommes resteront à la maison.

La jeune fille est un peu intriguée, pourquoi n’a-t-elle jamais entendu parler de ce Pétrus ? Un ancien amoureux ? Sa curiosité en sera d’autant plus grande car dès son arrivée, Mélie a ressenti comme un malaise quand sa mère l’a présentée. Elle a même surpris une conversation entre Laurence et Pétrus où celui-ci s’étonnait que Lo ait appelé sa fille Mélie. Que de mystère autour de son prénom ! Quel secret lie Pétrus à sa mère ?

Les secrets du lac blanc nous fait découvrir l’univers de la montagne, ses paysages magnifiques, ses animaux. Ce roman nous donne envie d’aller à l’aventure sur ces pics, de fouler la neige sous un soleil radieux, de profiter avec Mélie et Pétrus de tous ces instants magiques. La montagne c’est du plaisir mais c’est aussi du travail pour les saisonniers, les permanents qui sont là pour accueillir les touristes, les randonneurs. On transpire derrière les fourneaux ! Mélie qui n’hésite pas à mettre la main à la pâte va s’activer comme une petite fourmi durant tout son séjour. Une jolie petite histoire pleine de fraîcheur qui séduira nos jeunes lecteurs.

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Médiateur scolaire… pas si facile !

La bande des pommiers : Pierrick mène l’enquête, de Chantal Cahour

Pierrick a bien le trac en arrivant ce matin-là à l’école. Il a une nouvelle fonction à tenir, celui de médiateur scolaire. Avec quelques autres camarades, il a suivi la formation proposée aux élèves de CM volontaires et aujourd’hui, c’est le grand saut. Avec leurs gilets jaunes fluo, ils circulent dans la cour, au milieu des élèves afin de désamorcer des conflits… Mais la réalité, ce n’est pas juste un exercice en condition ! Et si Pierrick n’était pas à la hauteur ? Et si des jaloux lui menaient la vie dure ? Et si ça l’amenait à découvrir des choses qu’il n’aurait peut-être pas dû savoir, où cela va-t-il le mener ?

Une série qui permet aux jeunes élèves de s’identifier à une situation qui peut être vécue au sein de leur établissement scolaire. Nous avions déjà présenté sur ce blog Votez Pauline de la même série, qui expliquait les rouages des élections et la démocratie. Ici, il s’agit d’un petit guide à l’usage des élèves pour comprendre comment se crée un conflit et comment le désamorcer, que vous ayez ou non dans votre établissement des médiateurs scolaires ! Une série où chacun des livres peut se lire indépendamment, avec toujours comme personnages les huit copains de la Bande des Pommiers  : Magali, Maxime, Pierrick, Pauline, Romain, Clément, Lucie et Myrtille !

Court, vite lu et facile à lire, cette histoire  se lit un peu comme un petit roman policier. Idéal pour les élèves dès la fin du primaire.

Une bonne étoile

Cette nuit là, un chat, de Dominique Legrand

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William et Aurélien, deux frères, font l’acquisition d’un chat. Leur père rentre dans une colère noire quand il est mis devant le fait accompli, lui qui a horreur d’un tel animal. Epouse et enfants forment alors une coalition pour le faire plier et le contraindre à capituler. La venue de ce chat lui est pénible, le gêne. Pourquoi un tel sentiment de malaise ? Ce n’est qu’un chat après tout ! La présence de ce félin le ramène à un épisode dramatique de la vie de son grand-père, Henri, en 1944. A l’époque, il travaillait à la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris. Alors qu’il s’apprête à prendre son poste, il est arrêté par les SS et fait prisonnier au château de Vincennes. On va lui imposer la dure tâche de ramasser les cadavres des prisonniers victimes de la barbarie des Allemands. Très vite, Henri va être intrigué par la présence d’un chat noir qui déambule au milieu des soldats. Animal imperturbable qui n’aura de cesse de fixer Henri. Le grand-père n’a jamais aimé les chats, il s’en méfie, l’attitude de celui-ci l’embarrasse.

Sa captivité va virer au cauchemar. Alors qu’il entame un énième transport de corps, les SS lui ordonnent, ainsi qu’à neuf autres prisonniers de se tenir à l’arrière d’un camion. Un soldat prend alors position derrière une mitrailleuse, les hommes sont poussés le long d’un mur. Le chat est toujours là, au milieu du vacarme, en observateur. C’est la fin pour Henri qui fixe le sol inondé du sang d’autres victimes. Soudain, le chat se lève, marche et se dirige vers les soldats en miaulant. Il vient se frotter aux bottes d’un officier qui l’attrape et qui le caresse longuement. Ce dernier le dépose alors à terre, le visage rieur et échange quelques mots avec les SS tout en regardant les prisonniers. Le temps est comme suspendu. Un gradé fait alors signe aux hommes de le suivre. Personne ne va mourir, en tous les cas pas dans l’immédiat. Suivis par l’animal, les captifs sont conduits en cellule et apprennent qu’ils seront tués le lendemain matin. Durant les longues heures qui vont précéder son exécution, Henri aura pour seul compagnon  le chat.

Cette nuit-là, un chat raconte un événement tragique de notre histoire, la guerre et les camps de prisonniers. L’auteur nous dévoile ce qu’a vécu son grand-père en 1944. La description du ressenti d’Henri aux portes de son exécution, de la bestialité des soldats est pleine d’émotions. Un homme qui ne peut échapper à son destin tragique, qui se sait condamné et qui vit ses dernières heures. Il va partager ses ultimes instants avec ce chat qui s’est laissé enfermer dans sa cellule. C’est l’animal qu’il déteste depuis l’enfance, qui va lui procurer ses derniers instants de douceur, d’apaisement, qui va rester avec lui durant cette dernière nuit. Au petit matin, le chat partira non sans lui avoir jeté un dernier regard …..

Un roman simple à lire avec des chapitres courts qui nous fait comprendre que tout être humain peut changer selon les événements qui se dressent devant lui. On a des idées arrêtées sur des gens, sur des circonstances et un jour quelque chose fait que le regard est tout autre. Henri a toujours détesté les chats jusqu’à ce jour de 1944 où l’image que lui renvoyait cet animal s’est transformée.

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Qui suis-je ?

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Chaîne de vie, de Roger Judenne

Chaîne de vie par JudenneLou pense être la fille biologique de son père mais va découvrir par inadvertance qu’elle est née par insémination artificielle. Elle se referme sur elle-même et rentre en conflit avec sa mère. Mais, quand sa maman lui explique les choses, elle commence à faire des recherches afin de retrouver le donneur.

J’ai bien aimé ce livre car c’est une histoire qui peut toucher le lecteur et peut amener à une réflexion positive celui qui connaît la même situation.

Manon, 3ème – 14 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de mumu58 :

Lou, adolescente de douze ans, découvre par hasard que son père n’est pas son père biologique. Elle pense dans un premier temps qu’elle a été adoptée et reproche à ses parents de ne pas lui en avoir parlé. Elle se braque, les relations sont tendues voire difficiles. Sa maman va alors lui révéler qu’elle a été inséminée avec le sperme d’un donneur anonyme. Quelle confusion pour cette adolescente ! Lou reste très sceptique et ne veut plus rien entendre. Effondrée, l’adolescente lâche prise et écoute les explications de ses parents. La situation lui paraissant plus simple, le mystère de sa naissance se dissipe peu à peu. Néanmoins, elle décide de faire des recherches sur internet pour mieux comprendre l’insémination artificielle. Elle va pouvoir alors comprendre comment elle a été conçue. Elle se rend compte qu’elle n’est pas un cas unique et qu’elle peut avoir des frères ou des sœurs car le nombre d’enfants issus du sperme d’un même donneur peut être de huit. Elle décide donc de passer une annonce à la recherche d’éventuels profils ayant le même donneur qu’elle.

L’histoire est originale, le thème abordé n’est pas courant en littérature jeunesse. Une lecture facile et compréhensible. Il est évident que pour bien se construire tout être humain a besoin de connaître ses origines et qu’il est souvent préférable de ne pas cacher aux enfants d’où ils viennent.