Un hôtel dans une rue oubliée…

Hôtel des frissons, 1. Le collectionneur, de Vincent Villeminot

Un  nouveau client vient d’arriver… Avec ses innombrables boîtes  à chapeau, il a investi tout le deuxième étage de l’hôtel. Et d’après ce qu’ont compris Margaux, 9 ans, la fille du propriétaire et son ami Tristan, 10 ans,  le fils du cuisinier, mieux vaut ne pas s’y aventurer… Mais que faire de la boîte tombée du chariot ?

Hôtel des frissons, 2. La chambre froide, de Vincent Villeminot

Tristan a piqué le trousseau de clé de son père et emmène Margaux dans la chambre froide pour un goûter mémorable. Mais des bruits bizarres se font entendre, et tous ces animaux morts suspendus à leurs crochets, ce n’est pas très engageant ! Il lui montre même un passage secret qui leur permettent de quitter la pièce, ni vu ni connu,  en lui faisant bien promettre d’oublier ce qu’il vient de lui montrer… Mais la curiosité de Margaux est piquée au vif !

Les jeunes lecteurs avides de frissons seront servis ! L’endroit qui sert de décor à l’histoire, cet hôtel sordide dans une rue oubliée, est vraiment fait pour vous mettre dans l’ambiance… Car pour adhérer à l’histoire, il faut accepter le côté un peu sordide, qui, même si on arrive à bloquer un peu notre imagination, nous est renvoyé par les illustrations ! En effet, le petit résumé de présentation ne dévoile pas le fond de l’histoire, qui tend vers le conte ou le fantastique avec des histoires de loup-garou ou d’ogre… et le lecteur n’est pas au bout de ses surprises. J’avoue que personnellement, ça m’a laissé un peu perplexe, mais j’attends avec impatience de connaître le retour de mes lecteurs ! Original… mais on ne pouvait en attendre moins de l’auteur, Vincent Villeminot.

Toutes les maisons des alentours sont fermées. Leurs fenêtres ont été murées. Un vent méchant bat l’endroit toute l’année. S’il doivent passer par là, les habitants de la ville pressent le pas. […]. Pourtant, l’hôtel, lui, semble intact. La nuit, la façade est dorée, brillamment éclairée.

 

 

Survie en forêt

Alabama Moon,  de Watt Key

zoomAnnées 80. Depuis sa naissance, Moon, 10 ans, vit seul avec son père dans la forêt d’Alabama, en autarcie, loin des hommes et de la société. Son père lui a tout appris pour survivre, mais Moon ne sait rien de la vie en société, à part qu’il faut être contre le gouvernement. Alors, quand son père se casse la jambe et refuse de voir un médecin pour se faire soigner, Moon fait ce qu’il peut… Cela ne suffira pas, et Moon se retrouve bientôt seul. Recherché pour être placé, il refuse de se laisser faire. Avant de mourir, son père lui a donné comme consigne de rejoindre l’Alaska, là où il y a des gens comme eux… Va-t-il aller au bout de ce projet ? Et si son père se trompait ? S’il existait une autre vie, entouré d’amis ?

Ce récit est l’histoire poignante d’un garçon livré à lui-même,  qui se croit libre mais qui est enfermé dans les préoccupations des adultes. Son père, vétéran du Viet-Nam voue une haine terrible contre la société et le gouvernement en particulier. Jusqueboutiste, il impose à son fils un mode de vie, sans lui laisser le droit de choisr, sans lui donner les armes pour s’intégrer dans la société si cela devient son choix. Moon, pourchassé, étiqueté comme dangereux va néanmoins avoir la chance de rencontrer des personnes qui vont l’aider. il va apprendre ce qu’est l’amitié, un sentiment qu’il ne connaissait pas et qui va le rendre plus fort. Le personnage de Moon est particulièrement réussi : cet « étranger » au monde est un être attachant, perdu dans une société dont il ne connaît pas les règles, très mûr pour son âge tout en gardant une vraie naïveté ; un personnage complexe dur et tendre à la fois.

Le coup de coeur de mon neveu dans ses années collège.

Ce roman a fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 2009.

 

 

Chagrins d’amitié

Les 5 lettres du mot cœur, de Cathy Cassidy

 

les-5-lettres-du-mot-coeurOn a tous rencontré de vrais amis, des amis pour toujours à qui on a promis fidélité quoiqu’il arrive. Le plus souvent, ça commence à l’école, les années passent, les liens se resserrent. On a fait un pacte, l’amitié plus forte que tout. L’amitié qu’on veut éternelle jusqu’au jour où … tout vole en éclats. C’est la claque, tout s’écroule. On vit alors avec des souvenirs qui nous écrasent, qui nous étouffent. L’indifférence, la haine parfois nous submergent parce que la souffrance nous envahit. Comment en est-on arrivé là ? Des amis sortis de notre vie mais pas de notre cœur. Nous voilà inconsolables…

Les 5 lettres du mot coeur nous entraîne dans ce tourbillon de l’amitié perdue. Est-il possible de renouer des liens, de tout reprendre à zéro ? Cathy Cassidy évoque de belle manière la rupture amicale et ses effets. L’amitié est source de bonheur, elle peut être fragile et déstabilisante aussi. Parfois, ça peut être plus destructeur qu’un chagrin d’amour. Etonnant ? Je ne pense pas. On aime imaginer que les liens seront indestructibles mais la réalité est quelquefois bien différente. Faut-il accepter la fin d’une amitié ou se persuader que tout peut reprendre ?

Dans Les 5 lettres du mot cœur, on suit une bande de cinq ados très unis. Mais en l’espace d’une soirée tout va basculer. Il n’y aura plus d’échanges, plus de contacts. Chacun partira de son côté sans plus donner de nouvelles. Petit à petit, le récit va se resserrer autour de deux anciens de la bande qui seront les narrateurs et dont on partagera les ressentis, les douleurs. Le passé les hante, les emprisonne et les égratigne. Pourquoi tant de distance, pourquoi autant de non-dits ? Ils n’arrivent pas à avancer, à se faire de nouveaux amis car ils craignent de souffrir une nouvelle fois. Mais l’histoire a quelque chose de plus profond qu’une banale rupture amicale, elle a un côté dramatique révélé par une fin inattendue.

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Un amour en construction

L’amour fait maison, de Frédéric Kessler

Afficher l'image d'origineC’est le mois de mai. Dans le bus, Olivier, lycéen de 16 ans, tombe amoureux de Lan Chin mais n’ose lui déclarer sa flamme. Un jour, il découvre dans sa poche un billet doux : Olivier et Lan Chin décident alors de s’écrire des lettres, des vraies, qu’ils glisseront dans un tronc d’arbre… et se donnent rendez-vous à Noël…

Pendant ces mois d’attente , Lan Chin écrit un roman, et Olivier construit une petite maison-atelier.

Un joli petit roman pour les élèves adeptes d’histoire sentimentale. Ce n’est, bien sûr, pas très réaliste, surtout ces mois d’attente alors qu’ils habitent la même ville, sont dans le même lycée, ni la construction de la maison, ni les rendez-vous épistolaires dans le tronc de l’arbre, mais après tout, pourquoi ne pas rêver un peu ?

L’école du bien et du mal. 3. Le dernier conte, de Soman Chainani

L’école du bien et du mal. 3. Le dernier conte, de Soman Chainani

Couverture du livre : L'école du Bien et du Mal, tome 3 : Le Dernier ConteEn embrassant le Grand Maître, Sophie décide de rester à l’école, alors qu’Agatha et Tedros doivent retourner à Gavaldon où la magie des contes les abandonne. Tandis que Sophie devient la reine de l’école du bien et du mal, le soleil magique devient de plus en plus terne. Eh oui, le conte de Sophie et d’Agatha, en étant inachevé, empêche l’écriture d’autres contes ! Agatha va donc devoir sacrifier beaucoup de choses pour pouvoir récupérer Sophie et sauver le monde par la même occasion !

Même après plusieurs tomes, le suspens et l’action sont toujours présents. Cet univers des contes de fée revisités est vraiment original et ce tome est pour moi le plus réussi pour l’instant car les émotions y sont plus fortes et l’action encore plus présente. Ce n’est plus ici véritablement l’Ecole du Bien et du Mal, mais plutôt l’école des Anciens et des Nouveaux. Le Grand Maître, personnage machiavélique donne toute son intensité au récit.  On n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer malgré un nombre de pages conséquent. Je suis pressé que le tome 4 sorte en français pour pouvoir le « dévorer » à son tour !

Guillaume, 3°- 13 ans, membre des dévoreurs de livres d’Arsène.

 

La vie n’est pas un long fleuve tranquille

Sauveur et fils -saison 2- de Marie-Aude Murail

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Nous poussons de nouveau la porte du cabinet de Sauveur, psychologue. Nous retrouvons d’anciens patients auxquels s’ajoutent d’autres « écorchés de la vie ». Sauveur,  dévoué à tous ces gens dont la vie est une souffrance, n’arrive toujours pas à être à l’écoute de Lazar, son fils, qu’il a du mal à voir grandir. Si sa vie professionnelle paraît équilibrée, il n’en est pas de même pour le côté privé. Une vie sentimentale qui peine à s’installer dans une existence trop portée par le mal-être des patients. Sauveur reste brillant de sagesse, d’écoute. Il a envie de changement, de stabilité mais ne maîtrise pas toujours les événements qui surgissent dans sa vie privée. Il est maladroit et ne sait pas comment s’y prendre. Les confessions de ses patients commencent aussi à peser, Sauveur se sent un peu prisonnier de son dévouement. Nul n’est infaillible. C’est en cela que nous nous sentons proches des personnages. Personne est parfait et il n’y a pas forcément de « happy end » pour tous !

Marie-Aude Murail nous dresse avec réalisme une galerie de portraits très touchants. Ce tome est principalement orienté vers l’adolescence, une période difficile, pleine de doutes. Mais pas seulement, car toutes les générations sont présentes avec leur histoire et leurs blessures. L’auteur garde toujours ce regard juste, tendre et non critique. Elle manie l’humour pour parler de sujets graves et laisse toujours entrevoir un espoir.

Dans la saison 1, Lazar très curieux nous servait de guide. C’est lui qui nous prenait par la main pour nous faire découvrir son environnement. Dans la saison 2, Sauveur est plus en avant et devient plus présent pour nous livrer ses failles et ses ressentis. Le personnage progresse et nous prépare à la saison 3. Et puis n’oublions pas tous les petits animaux, hamsters, ouistitis avec lesquels l’auteur s’amuse à faire un parallèle avec les humains. Toutes ces situations nous font réfléchir au droit à la différence, à l’acceptation de soi, à la tolérance. Chaque être humain a ses faiblesses, personne n’a de solution miracle. Le tout est d’y croire et parfois d’avoir la chance que notre chemin croise celui d’un être compréhensible, prêt à nous donner ce coup de pouce qui nous fera rebondir…

Sauveur et fils -saison 3- de Marie-Aude Murail

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La maison de Sauveur devient un lieu de transit pour les âmes en errance. Sauveur se laisse déborder par son trop plein de bienveillance. La situation lui échappe et que reste-t-il pour sa famille ? Sa vie reste un véritable casse-tête… A sa place on aurait envie de pousser un cri et de tout envoyer balader. A force, on se demande si Sauveur n’aurait pas besoin à son tour d’aller consulter pour y voir plus clair dans toute cette joyeuse pagaille qui règne autour de lui. Ce tome 3 met d’avantage en avant les soucis d’ordre privé de Sauveur avec toujours en toile de fond ses patients. Mais Marie-Aude Murail resserre l’étau autour d’un homme qui a du mal à se construire et qui pourtant trouve une solution pour tous ceux qui viennent le voir. Il est sur une corde raide et doit faire attention de ne pas pencher du mauvais côté. Comme ce roman se termine en décembre 2015, l’auteur évoque l’actualité notamment les attentats de novembre 2015 à Paris. Un moment d’émotion sans voyeurisme, la difficulté des adultes à répondre aux questions des enfants, toutes les interrogations sur les raisons d’une telle violence. Nous revivons les événements de l’intérieur.

On prend vraiment plaisir à suivre tous ces personnages, on pénètre dans leur intimité, on fait partie de leur univers. On s’attache et on compatit.

La couverture de ce tome 3 est fraîche et pétillante de couleurs. Présage-t-elle de beaux changements pour Sauveur et son fils ?

Trois sagas qui jettent un regard juste sur notre société. A chaque début de tome, l’auteur fait un bref rappel de ce qui s’est passé précédemment, ce qui permet au lecteur de replonger facilement dans l’univers de Sauveur. Personnellement, j’aurai aimé que Sauveur soit un peu plus vif pour s’investir un peu plus. Notamment concernant sa vie sentimentale, je le trouve un peu mou et par moment j’aurais envie de le secouer.

Je pense qu’un tome 4 devrait suivre car ce troisième volet nous laisse un peu sur notre faim avec des situations proches du dénouement.

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Gardiens des cités perdues, 1. de Shannon Messenger

les-gardiens-des-cites-perdues

Un Monde si Parfait…
Sophie Foster est une fille presque comme les autres, qui va à l’école presque
comme tout le monde. Presque, car en effet, depuis ses cinq ans, elle peut lire les pensées des gens, ce qui lui donne d’inimaginables maux de tête et sa mémoire photographique lui
permet d’être en Terminale à seulement 12 ans… Alors, évidement, elle se sent un peu
seule au lycée. Chez elle, les choses ne sont pas évidentes non plus: elle ne s’est
jamais sentie à sa place au sein de cette famille qui est pourtant sa famille
biologique… Mais tout va changer du jour au lendemain, lorsqu’elle va rencontrer Fitz
et son monde elfique, où l’argent n’a jamais été un problème et où le travail est perçu
comme un passe-temps…
Dans cette série, proche de l’histoire des Harry Potter, on trouve une Sophie qui
cherche ses marques dans un monde ou sa place l’attend depuis longtemps tout en
essayant de comprendre son passé… Ce livre, à destination des enfants de 6ème jusqu’aux adultes, est selon moi, une histoire entraînante, dont on ne se lasse pas et où
on trépigne d’impatience en attendant la suite, un bon moyen de se couper quelques
instants des problèmes quotidiens et de se plonger dans l’imaginaire…
Alaina, ex-dévoreuse de livres d’Arsène – élève de lycée.

 

Et l’avis de Mu :

Sophie a douze ans. Enfant précoce, dotée d’une mémoire photographique extraordinaire,  elle est déjà en classe de terminale. Mal acceptée par ses camarades, elle souffre de solitude. Depuis ses cinq ans, elle a aussi la capacité d’entendre les pensées des gens qui l’entourent, capacité qu’elle a toujours tenue secrète mais qui engendre chez elle d’importants maux de tête. Mais, un matin, lors d’une visite au musée avec sa classe, elle va faire la rencontre d’un étrange garçon qui lui affirme qu’elle est une elfe et qu’elle doit quitter le monde des humains pour rejoindre sa vraie communauté… Elle va y découvrir un univers totalement nouveau, mais où, là encore elle aura du mal à trouver sa place. Qui est-elle réellement ? Pourquoi a-t-elle été cachée dans le monde des humains si longtemps ? Pourquoi ses pouvoirs sont-ils différents de ceux des autres elfes ? Un retour sur son passé, fait de souvenirs qui lui reviennent par bribes mais qui la laisse démunie dans ce monde étranger… A la fois entourée et malmenée, elle va tout faire pour comprendre pourquoi elle est le centre de toutes les attentions et de toutes les peurs et cherchera à percer le secret de ces cités perdues. Un roman où la magie des elfes nous emporte dans une incroyable aventure avec des personnages intéressants et attachants et une histoire rondement menée, sans temps mort et à l’intrigue… intrigante ! Un parallèle possible effectivement avec Harry Potter, mais sans aucune forme de plagiat. C’est nouveau, l’univers créé est riche et on se laisse entraîner sans regret dans cette histoire sombre et émouvante.

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