Quart de frère, quart de soeur, 3. Mission spectacle, de Sophie Adriansen

Que le spectacle commence…

Arthur et Viviane, nos quart de frère quart de soeur,  font leur entrée en 6ème, et maintenant qu’ils s’entendent bien et vivent sous le même toit, ils ont bien décidé de ne plus cacher leur amitié ! Arthur va, bien entendu, se présenter aux élections de délégués de classe… et est sûr de gagner … mais ce qu’il souhaite par dessus tout, c’est faire duo avec sa quart de soeur… N’y a-t-il pas moyen de soudoyer un peu les camarades ? Seulement, quand le pot aux roses va être découvert, nos deux amis vont tout faire pour se racheter : retrouver Gaëtan qui a disparu, ou aider à monter un spectacle inoubliable pour le Noël du collège…

Retrouvez avec plaisir nos deux attachants personnages de cette famille recomposée pleine de vie !  Ils n’ont pas du tout le même caractère mais profitent bien de leurs différences pour se compléter et s’entraider… C’est gai, c’est frais.

Un petit bémol cependant sur le message donné au sujet des sapins artificiels qui seraient plus écolo que les véritables… Le débat a lieu chaque année, et rien n’est encore moins sûr. Pour être rentable d’un point de vue émission de carbone, un sapin artificiel devrait être gardé 20 ans, ce qui est loin d’être le cas pour la plupart des familles. D’un autre côté, les producteurs de sapins véritables utilisent souvent le glyphosate, un herbicide reconnu comme probablement concérogène… Bref, si vous souhaitez un Noël au sapin écolo, l’histoire est donc assez compliquée  : préférez une production locale et qui est sensible à l’utilisation modérée des pesticides et herbicides (ça existe près de chez nous, dans le Morvan, avec l’utilisation de moutons de race Shropshire pour le contrôle de l’enherbement !)…

Bon Noël et bonnes fêtes de fin d’année à tous  !

 

 

Florian Bates à la Maison Blanche

Florian Bates enquête, 2. Mystère au collège, de James Ponti

Résultat de recherche d'images pour "mystère au collège ponti"Alors qu’ils sont en sortie scolaire au Kennedy Center pour les arts et spectacles, Florian et Margaret sont témoin de la disparition mystérieuse d’un de leur camarade dans la salle, lors d’un concert de musique classique. Aucun signe visible d’enlèvement ! Les indices sont maigres,  et les mènent, à bord d’un zodiac, au pont Francis Scott Key, reliant Washington à Rosslyn en Virginie…

Mais revenons neuf jours plus tôt pour bien comprendre comment on en est arrivé là… Etre à la fois collégiens et consultants pour le FBI, ce n’est pas toujours facile pour Florian et Margaret… Mais quand ils sont infiltrés dans un collège prestigieux où est scolarisé la fille du Présient des Etats-Unis et que celle-ci semble être mise en cause dans une affaire de canulars, la mission est d’autant plus délicate pour eux… Le faux pas n’est pas permis ! Mais grâce au GRATIN (méthode utilisé par Florian pour résoudre les mystères et signifiant, tout simplement : GUIDE de RECHERCHE et d’ANALYSE de TOUT INDICE NEGLIGEABLE), les chances sont de leur côté…

Un deuxième tome toujours aussi rythmé, dans le style des romans d’espionnage où tout ne semble pas forcément crédible mais où les rebondissements ne laissent pas de temps mort. On s’attache à nos deux héros, agents secrets en herbe, mais aussi aux personnages secondaires qui sont suffisamment esquissés pour que l’on comprenne leur histoire : la fille du Président, Lucy, qui ne peut faire un pas sans être surveillée, Yin, le jeune Chinois, le prodige, envoyé loin de sa famille  pour devenir soliste de violoncelle mais qui est avant tout un enjeu politique pour son pays, et des thèmes fort coùmme l’adoption, l’amitié, etc. On en s’ennuie pas !  La couverture indique comme tranche d’âge : 9-12 ans, mais il faut savoir tout de même que le roman compte 380 p. et qu’il est donc destiné à de très bons lecteurs.

Opération Papillon

SOS Détective —Sauvons Papillon— , de Pascale Perrier

po.jpg

Faisons la connaissance de la famille Samazan, une famille de détectives de père en fils et de mère en fille. Il y a Oriane, Simon, les parents et le grand-père, Papillon. Un papy un peu affaibli, qui perd la mémoire. A vrai dire, il n’est plus très efficace. Comment continuer à exercer une telle profession quand l’âge commence à faire ressentir ses premiers effets ? Au désespoir des enfants, les parents parlent de remplacer Papillon. Jamais de la vie, quelle horreur ! D’ailleurs, Oriane et Simon ont remarqué depuis quelques temps, la présence d’un homme à l’agence. Serait-ce déjà le remplaçant de leur aïeul ? Pour sauver Papillon, les deux enfants décident de l’aider dans sa prochaine enquête sans qu’il s’en aperçoive et sans éveiller les soupçons des parents.

Pascale Perrier offre à nos jeunes lecteurs un bon roman policier plein de fraîcheur et d’humour. Des personnages attachants, une écriture fluide, suspense garanti.

Clap de fin

L’aigle noir, de Hervé Mestron

noir.jpg

Une passion commune, la musique. Elle, c’est Billie, élève dans un lycée normand, douée pour le chant. Lui, c’est Nicolas Hartman, le nouveau professeur de musique. L’adolescente a tout pour être heureuse, un environnement familial aimant, des amis. Mais Billie est secrète, vit repliée sur elle-même. Hartman vient de Paris. Son passé est douloureux. C’est un homme meurtri qui essaie de fuir ses démons. Alors qu’il entre dans sa classe, il demande à ses élèves si quelqu’un sait chanter. Billie entame aussitôt un extrait de l’aigle noir de Barbara. La voilà transformée, elle se libère. Le charme opère immédiatement, Hartman est bouleversé par la voix de Billie. Il est persuadé qu’elle ira loin et veut l’encourager à persévérer dans le chant.  Deux êtres écorchés unis par une même sensibilité musicale. Lui qui veut fuir un passé cruel, elle, rongée par un secret douloureux. Mais voilà, le professeur qui semble proche de son élève, va être dépassé par la rumeur, va se retrouver malgré lui, dans une situation des plus critiques voire dramatique. L’entourage professionnel va faire bloc contre lui, va l’isoler. Une violence gratuite va s’abattre sur le professeur, le rendant impuissant face aux attaques.

L’aigle noir, un beau roman qui touche par le choix des thèmes. En effet, le lecteur est vite confronté à des sujets délicats tels que les relations professeurs/élèves, l’effet dévastateur d’une rumeur, le suicide, le deuil, les premières expériences sexuelles, l’importance de communiquer, de se confier. Hervé Mestron nous présente les deux personnages en parallèle et peu à peu l’histoire prend forme autour de leur détresse commune. Mais les événements vont s’enchaîner très vite, trop vite ! C’est la spirale infernale, Billie et Hartman ne maîtrisent rien, tout va se dérouler à un rythme étourdissant. Ce seront les malheureuses victimes de personnes engluées dans le jugement. Mais fondé sur quoi au juste ? Sur une impression, sur des bruits qui ne courent même plus, …  à ce niveau là, ils galopent ! Le lecteur serre la mâchoire pour ne pas hurler à l’injustice. Combien de personnes ont été ainsi détruites par une rumeur qui n’en finit pas, par un comportement mal interprété ? La rumeur a encore un bel avenir, jamais elle ne se taira. Elle prend tout. Elle déforme, elle assassine, elle se propage pire qu’un virus. Alors approchez-vous et écoutez ce conseil : « ne jugez pas sans savoir, restez prudents dans vos interprétations sur des faits ou des gestes. Alors suivez votre bon sens, ne nourrissez pas les esprits mal intentionnés . »

San Francisco, où êtes-vous ?

Les cinq éléments, 2. La ville de l’ombre, de Dan Folley

Gla-ville-de-l-ombreabe, Lily, Brett et Kaz, accompagnés de Jackson, le garçon fantôme, ont réussi à sortir vivant du combat mené à Alcatraz contre l’Aurore éternelle et trouvent refuge dans une demeure dont les protections devraient leur permettre de passer inaperçus. Ils vont devoir trouver très vite une solution pour empêcher Jonathan Thorne, le maître absolu et maléfique d’Arcadia – la ville de l’Ombre, double de San Francisco, de faire fusionner leur monde avec celui-ci… Et il faut aussi trouver le moyen de faire revenir l’oncle et la mère de Gabe, retenus prisonniers à Arcadia. La frontière est de plus en plus fragile entre le monde humain et le monde méléfique et les brèches sont ouvertes. Nos amis vont-ils réussir leur mission ? Les obstacles sont si nombreux… et le danger omniprésent…

Un tome 2 plutôt de transition, dans la continuité du premier, mais qui ne révèle rien de vraiment novateur. L’écriture est toujours dynamique et les personnages se dessinent plus, ils apprennent à maîtriser leurs pouvoirs mais ne comprennent pas toujours où cette étrange et terrible aventure les mènent. Ils sont vulnérables et manipulés, courageux et soudés. Les rebondissements sont nombreux et ne nous mènent pas forcément où on le croyait. Je vous conseille de le lire dans la foulée du premier pour rester dans l’univers, car il n’y a pas vraiment de piqûre de rappel des faits au tout début de ce tome 2, on entre dans le vif du sujet directement.

Et vu ce que la fin nous réserve, on attend forcément avec impatience le tome 3, qui, nous le pensons, devrait clôturer cette saga de pure héroic fantasy.

Beauté d’âme

Blaise Cyrano, le raté magnifique, de Arthur Ténor

rate.jpg

Blaise de Cyrano est élève de 3ème au collège Jean Rostand. Il est amoureux de la langue française qu’il manie à merveille. Contrairement à ses amis qui ne connaissent que le langage SMS, lui, se lance dans des phrases bien construites, avec des rimes, souvent cinglantes. Tout le monde est en admiration devant une telle prouesse. Ses camarades le surnomment d’ailleurs « Monsieur Molière ». Blaise, dont le tempérament vif le met parfois dans des situations délicates, est pourtant un adolescent mal dans sa peau. En effet, le jeune garçon a quelque chose de spécial qui ne passe pas inaperçu et qui intrigue. Il affiche un visage plutôt déconcertant en raison d’un menton anormalement allongé. Mais voilà Blaise est amoureux de Roxane, une amie d’enfance, qui n’a d’yeux que pour Christian Neuvillette un beau garçon, certes, mais aux capacités intellectuelles limitées. Comment Blaise peut-il rivaliser ? Il se résout à cacher ses sentiments. Il n’ose pas avouer à son amie qu’il l’aime car il est trop laid. Cependant, par amour pour Roxane, il va aider son rival à écrire des lettres enflammées. Christian n’est pas du tout doué pour les belles déclarations et en plus il a des problèmes avec Deguiche qui le malmène. Là encore, Blaise se porte à son secours et va s’engager à le protéger.

Arthur Ténor a créé un personnage, Blaise, sur le modèle de Cyrano de Bergerac. A la différence de Cyrano dont le nez a fait la renommée, Blaise se trouve affublé d’un menton hors norme. Pourquoi pas. Je n’ai pourtant pas adhéré au style d’écriture que j’ai trouvé sans relief et lassant. Le fait de faire parler l’adolescent de cette manière ne m’a pas convaincue. Cet avis n’engage que moi. Blaise est un héros tourmenté qui néanmoins reste sensible au fait que Roxane s’intéresse à lui. Enfin quelqu’un qui n’est pas effrayé par sa particularité physique et qui reconnaît en lui des qualités. Le jeune garçon n’est pas habitué à de tels égards. En période de l’adolescence, le physique compte énormément. Tout est fait dans la société pour que le beau et le paraître soient en première ligne. Est ce vraiment ça l’essentiel ? La beauté intérieure, comme on dit, a plus de valeur. Il faut croire que non. Le titre très paradoxal « Un raté magnifique » évoque cette notion de beauté intérieure mais elle ne suffit pas. Comment s’assumer dans de telles conditions ? Alors certains essaient de compenser les différences physiques par l’humour ou en mettant en avant des capacités que les autres n’ont pas. Mais rien n’est perdu, il y a toujours une âme sensible et honnête qui vous aime pour ce que vous êtes.

Un avenir à reconstruire

Le journal de ma nouvelle vie, de Yves-Marie Clément

Ambre-Océane est une joyeuse adolescente, élève enclasse de  4ème au collège Jean Moulin de Saint-Maur. Elle pratique le judo et plus tard elle voudrait en faire sa profession. Elle a tout pour être heureuse mais le destin va en décider autrement… C’est l’accident, le trou noir. Une vie brisée, des espoirs qui s’effondrent, une adolescence qui s’effrite. Ne pas pouvoir revenir en arrière, un horizon qui s’obscurcit, faire le deuil de son ancienne vie. Comment remonter la pente quand son existence a basculé ?

Un journal intime où se mêlent émotion et colère, culpabilité et pardon. C’est le choc quand le diagnostic tombe. Tout s’écroule. Le désarroi des parents, des amis soudés, une jeune fille qui doute. Cette histoire est touchante. Le récit ne se veut pas larmoyant mais il dégage des émotions qui nous submergent au fil des pages. Il nous fait relativiser les petits bobos du quotidien et nous donne une leçon de vie.