L’art de ne pas être des moutons, de Christophe Léon

Yvon

Le père d’Yvon est agriculteur… ou plutôt « exploitant agricole » car le temps du boeuf et de la charrette est révolu. Place maintenant au chef d’entreprise qui gère ses produits phytosanitaires… Bien sûr, il se rend compte que ce sont des produits dangereux à manipuler avec précaution, puisqu’ils sont stockés dans un local indépendant, qui leur est réservé, mais cela ne l’empêchait pas d’emmener son fils, dès son plus jeune âge, dans un siège auto sécurisé, sur son tracteur, pulvériser ces produits dans ses champs. Mais lorsque son seul ouvrier, Jo, gars un peu simplet mais travailleur et obéissant, déclare un cancer, c’est le début d’une prise de conscience pour Yvon.

« Phytosanitaires… Un nom rassurant pour des poisons… »

 

P’tit Louis

Louis a treize ans et fait 1,40 m. Il vit seul avec son père depuis le décès de sa mère. Son père est contremaître dans une usine et travaille de nuit pour pouvoir s’occuper de son fils unique la journée. Durant ses moments de liberté, P’tit Louis est attiré par un groupe de zadistes, opposants à la construction d’un Centre de Loisirs au milieu d’une zone humide. Alors que son père n’a pas de mots assez méprisants pour parler d’eux, des activistes qui ne se soucient pas de l’intérêt économique du projet qui redonnera du travail à la région et amènera des touristes, P’tit Louis, lui, n’a qu’une envie, se glisser parmi eux et participer à leur action.

Deux générations, deux points de vue d’un événement qui n’est pas sans rappeler le combat contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

 

Deux nouvelles-miroirs où le père d’Yvon vend l’un de ses terrains pour le projet de Centre de Loisirs Center Green. Deux nouvelles où les adolescents acceptent de ne pas avoir la même vision du monde que leurs parents, mais sans conflit, juste avec peut-être plus de lucidité. Comme souvent avec Christophe Léon (c’est le cas du Goût de la tomate qui interpelle à chaque fois mes élèves… « Et alors ? » me disent-ils, comme si c’était à moi de leur inventer une fin… Et alors, restez ouverts et imaginez par vous-mêmes…), la fin ouvre à tous les possibles. Que feront les jeunes de l’histoire après avoir vécu tout cela et avoir compris certaines choses ? Comment se positionneront-ils dans la vie ? Qu’est-ce que cela leur aura appris sur l’impact que l’Homme a sur la nature et les moyens qu’il a de la préserver.  Le père d’Yvon ne réfléchit pas plus loin que son porte-monnaie : rendement accru grâce aux produits phytosanitaires, argent facile suite à la vente du terrain, il est loin d’une réflexion aboutie sur les enjeux de ses actes. Même la maladie de son ouvrier, puis sa propre maladie ne semblent pas avoir de réel impact sur ses actions et ses idées. Ce sont les jeunes, avec leur regard décentré, qui arrivent à prendre de la hauteur pour une prise de conscience et une réflexion réelle, sans révolte.

 

 

A la belle étoile, d’Eric Sanvoisin

« Quand tu as un frère handicapé mental, tu es toi-même handicapé »

A la belle étoilePierrot est de retour à la maison. Il vient d’avoir 18 ans et son établissement « de farfelus » ne peut plus l’accueillir maintenant qu’il est majeur. Yaëlle, sa soeur de 10 ans, ne sait pas très bien comment gérer cette situation nouvelle, entre l’amour qu’elle porte à son frère, les questions de ses copines  et le besoin d’être comme tout le monde.

-Je sais. C’est difficile à croire. Mon frère, il a trois ans dans sa tête. Parfois moins…

-Il est gogol ?

-Non, il est différent.

Alors, face à l’insistance de ses camarades, Yaëlle va proposer à son frère de l’accompagner à l’école, un matin, juste pour le présenter à ses copines… Les choses vont prendre un tournant imprévu lorsque Pierrot se rendra compte que les enfants se moquent de lui… Il s’enfuit et se perd dans une ville qu’il ne connaît pas. Son chemin va croiser celui d’une SDF, vivant elle aussi de manière différente, « la dame dans son château en carton » et tous les deux vont se trouver, elle avec sa triste histoire de vie, lui avec son grand coeur.

Un joli roman, court mais dense qui traite de nombreux faits de société en un minimum de pages : le handicap, l’intégration des handicapés dans la société, le regard de l’autre, le regard sur soi, la différence, la conformité, les SDF. Le regard de l’auteur sur tous ces personnages est sensible et sans jugement. Pourquoi Justine, notre « Dame » vivant dans son carton s’est-elle retrouvée là, alors qu’elle était institutrice avant le drame qui a bouleversé sa vie ? Comment vivre une vie de famille apaisé malgré le handicap de l’un de ses membres ? Quel rôle devons-nous/pouvons-nous jouer dans l’aide à l’intégration ? Devons-nous respecter le choix de chacun sans jugement ou avons-nous un devoir d’entraide ?

On traverse cette courte histoire en se mettant dans la peau des différents personnages, en adoptant le point de vue de chacun pour essayer de comprendre la vie, tout simplement.

-Pierrot a le coeur sur la main. Vous avez de la chance de l’avoir.

C’était la première fois que j’entendais  de tels mots à propos de mon frère. D’habitude, les gens plaignaient plutôt mes parents parce qu’élever un enfant particulier était une punition du ciel. La fée voyait les choses autrement. Je trouvais ça complètement fou.

Ma mère a rougi

-Oui, nous avons de la chance de l’avoir.

 

Les murs bleus, de Cathy Ytak

Des âmes abîmées…

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Paris 1969. Antoine déambule dans les rues de la capitale, tenant par la main un petit brésilien de 5 ans, Loirinho. Antoine est un déserteur. Il y 7 ans, il a intégré les convois de réservistes, en partance pour l’Algérie. Condamné à mort pour avoir désobéi, il s’exile au Brésil où il a fait la rencontre d’une jeune femme, Jerusa, devenue sa compagne. Antoine a maintenant 38 ans et revient en France, son pays d’origine pour régler un divorce et parce que ce petit garçon presque aveugle, doit subir une greffe de cornée. Mais ce retour est amer. Il ne reconnaît plus son pays. Antoine est un écorché vif, poursuivi par les horreurs de la guerre, rattrapé par un passé sanglant. Il souhaiterait retrouver sa vie d’avant, sa vie d’instituteur. Il rend visite à son ami Louis, déserteur également, hanté par les mêmes images cinglantes, assassines. Antoine, considéré tel un traître, est un rescapé qui a été puni parce qu’il a refusé de tuer, de violer. Il a assisté à des scènes horribles qui ne cessent de le torturer. L’enfant est le fruit d’un viol et c’est Jerusa qui l’a accueilli car sa mère, une jeune adolescente de 14 ans l’a rejeté. Lui aussi est hanté par un cauchemar. Il voit des ânes partout. On apprendra un peu plus tard la signification de ce tourment …. Au Brésil, la pauvreté côtoie la violence. Antoine ne veut pas y retourner malgré une femme aimante qui l’attend. Il est F, il veut revenir chez lui, se construire une vie. Tout recommencer. Mais que va lui apporter une France qu’il ne reconnaît plus ?

Les murs bleus est l’histoire d’une renaissance portée par les liens très forts qui vont unir le petit garçon et Antoine. Sous la plume pleine d’émotion et de sensibilité de Cathy Ytak, on voit évoluer leur relation. C’est tout un symbole. Loirinho a un voile sur les yeux, le même qu’Antoine, lorsqu’il regarde autour de lui et qu’il ne trouve plus sa place dans le pays qui est le sien. Il a laissé au Brésil la femme qu’il aime, il a peur de la décevoir, de la faire souffrir car le passé l’emprisonne. Il faut qu’il fasse des choix qui seront pour beaucoup influencés par Loirinho.

Le récit à la fois dur et touchant aborde le sujet de la guerre d’Algérie et de ce qu’elle laisse comme traces dans la mémoire. Des hommes meurtris, incompris, des femmes qui ont souffert, qui ont été brutalisées, violées, des reconstructions difficiles, voire impossibles. Ils sont seuls face à leurs démons, avec dans la tête et sur le cœur, des plaies béantes qui jamais ne se refermeront. L’amour est également très présent dans cette histoire : l’amour d’un pays, d’un enfant, d’une femme. Et c’est par amour qu’Antoine fera ses choix.

Plastique apocalypse, de Arthur Ténor

SOS, Terre en détresse…..

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Un scientifique a mis au point une invention dans le but d’éliminer tous les déchets plastiques de la surface de la Terre. Un moment historique que Richard Buttler, le président de Bio Tech Ingénierie, s’empresse de partager lors d’une émission télévisée, transférée pour l’événement dans une salle de recherche du laboratoire de la société. Dimitri Karadine, le chercheur, a inventé une bactérie dévoreuse de matière plastique : le Plastivorax. Ce germe est conçu pour tout engloutir, se multiplier et se désagréger en quelques minutes, une fois rassasié. Une démonstration est réalisée en direct, c’est l’euphorie ! Cependant à aucun moment quelqu’un a pensé que le Plastivorax pouvait résister à la mort programmée. Quelques jours après la diffusion de la nouvelle, un incendie a détruit le laboratoire de recherche, un airbus s’est abîmé en mer avec à son bord Richard Buttler. Dimitri est effondré. Dans la soirée, son fils Alexandre remarque un fait étrange, le clavier de son ordinateur se ramollit, puis finit par fondre. Dans le salon, la télévision est presque toujours allumée. Une image se fige alors sur un site industriel, duquel s’élève une forte fumée grise. C’est la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine qui est prête à exploser ! Triste réalité où la nature a pris le pas sur l’Homme. En effet, le Plastivorax s’est étendu, attaquant tous les circuits électriques, ce qui  entraîne des explosions et des incendies à répétition. C’est le chaos, une panique générale s’empare de la population. Tous les réseaux de communication sont coupés, la circulation terre, mer et air est inexistante. La planète entière attaquée par la bactérie est paralysée, les scènes de pillage se multiplient, les gens se piétinent, se battent. C’est la loi du plus fort qui l’emporte, les hommes deviennent des barbares. La civilisation est anéantie… Le mode de vie actuel est le seul responsable de cette catastrophe planétaire. Le Plastivorax arrêtera sa progression quand il n’aura plus rien à se mettre sous la dent, quand il n’y aura plus sur son passage de matériaux à base de pétrole, quand il n’y aura plus rien contenant du plastique. Tout ce qui fait le confort des humains, leur petit bonheur matériel de tous les jours, tout disparaît  ! C’est une véritable descente aux enfers. L’homme a orchestré sa propre perte, sa disparition. Toujours innover, toujours aller plus loin, s’enrichir, STOP DANGER ! Une société de consommation toujours avide de nouveautés, du gâchis, des déchets, la pollution… Que va-t-il advenir de cette population qui essaie de survivre, d’échapper à la bactérie ? Trente ans après ce cataclysme, Alexandre est à son tour papa. Il a survécu. Et il repense à sa vie d’avant : Internet, la télévision, une vie à 100 à l’heure, les réseaux de communication de plus en plus performants, la pollution, une surconsommation, avoir toujours plus et mieux. Et là que reste t-il ? Un grand retour en arrière s’est opéré. Plus de véhicules à moteur, plus de télévisions ni d’internet. Une nouvelle ère est née. L’air est frais, respirable, on utilise les énergies renouvelables, le soleil, on réalise ses propres plantations, on n’a plus d’écrans, on lit. On respecte la nature, l’environnement, on se passe du pétrole. On construit un nouvel avenir, on retourne aux vraies valeurs. La terre ne doit plus être une poubelle, il faut en prendre soin pour qu’elle dure. Il faut tirer des leçons des erreurs du passé, pour construire un avenir sain.

Dans Plastique apocalypse, Arthur Ténor aborde le thème de l’écologie en soulignant l’importance des comportements individuels et collectifs des hommes. L’écologie doit être notre cheval de bataille. Une prise de conscience collective est nécessaire pour préserver une planète en danger. Cette histoire est poussée à l’extrême, le début peut paraître un peu lourd mais il nous met devant une évidence : l’Homme est un danger pour lui-même, défiant constamment la nature qui reprend ses droits dans la douleur. Faut-il une catastrophe pour que chacun puisse enfin comprendre qu’agir pour le bien-être de la planète est indispensable à notre survie… Imaginez la cellule de crise qui s’installe déjà dans votre cuisine quand votre ami du quotidien, le micro-onde vous lâche au moment de chauffer votre café du matin. Et surtout, quand il faut faire appel à l’artillerie lourde qu’est la casserole !!! C’est la panique, on rage, à peine si encore on sait se servir de ladite casserole. C’est triste quand même. Réfléchissez bien à votre comportement du quotidien, si un jour il fallait renoncer à tout ça, pour le bien-être de l’Humanité, pour sa sauvegarde. Un Plastivorax peut à tout moment surgir….

Sélection du comité de lecture-élèves

Bonjour,

Les élèves membres du comité-lecture ont fait leur petite sélection à destination de leurs camarades et enseignants. Voici les résultats pour la période de janvier-février 2018 !

sélection du blog janv fév 2018

Bonnes lectures !

La Théorie de l’élastique, d’Anne-Françoise de Bruyne.

En route avec Clara.

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Clara a onze ans et habite à Bruxelles, en Belgique, avec sa maman. De son père, elle ne possède qu’une vieille photo dans une boîte à souvenirs. Elle connaît aussi quelques bribes de son histoire : humanitaire pour la Croix-Rouge, depuis toujours sur les routes, sillonnant les zones de conflits, il semble avoir disparu de la circulation.

A l’école, Clara fait la rencontre d’un jeune migrant afghan, Anis, qui devient son ami et lui raconte son histoire et son voyage forcé à travers le monde. Une idée germe alors dans l’esprit de la fillette : et si Anis avait rencontré son père ? Et s’il pouvait l’aider à le retrouver ?

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     Au fil de ce roman, entre monde réel et imaginaire, c’est au voyage initiatique de Clara que l’on assiste. L’héroïne, drôle et perspicace – mais encore enfantine, est très attachante et ses aventures séduiront les lecteurs dès la sixième (pour les bons lecteurs). Son histoire leur permettra également de se confronter à des faits d’actualité et de se questionner sur leur place dans le monde et leur rapport à l’autre. 

     En cinquième, ce roman entre dans la thématique du voyage et en quatrième dans l’objet d’étude « Informer, s’informer, déformer ». 

Les éditions Le Muscadier au Salon du livre de jeunesse de Montreuil

 

Si vous avez suivi un peu notre aventure depuis le début, vous savez déjà que notre histoire existe en immense partie grâce aux éditions Le Muscadier, qui, les premiers, nous ont contactés pour nous encourager dans notre grand projet de promotion de la lecture en milieu rural isolé et nous ont proposés de nous offrir des livres… L’idée a ensuite fait son chemin, bien entendu, de contacter d’autres éditeurs pour savoir s’ils étaient prêts à nous soutenir !
Bref, jeudi 30 novembre, au Salon du livre de jeunesse de Montreuil, nous avons enfin pu mettre un visage sur un nom qui revenait souvent dans notre projet : Bruno Courtet, fondateur de cette petite maison d’édition indépendante et engagée.
Interview recueillie par Aurélya et Bruno, élèves de 4e au collège Arsène Fié de St Amand en Puisaye et membres des Dévoreurs de livres d’Arsène :

 

Bruno Courtet, fondateur de la maison d’édition Le Muscadier

-D’où vient le nom de votre maison d’édition  « Le Muscadier » ?

Le choix d’un arbre pour le nom de ma maison n’est pas innocent. Un arbre, c’est d’abord une graine que l’on plante dans une terre fertile et qui pousse, croît, se déploie. Cette symbolique évoque ma volonté de semer dans l’esprit de mes lecteurs de petites graines (nos publications) qui les feront grandir. Mon choix s’est porté sur le muscadier car son fruit est une épice aux saveurs très caractéristiques, et j’aime l’idée que nos livres vont pimenter la vie de leurs lecteurs.

-Comment et quand avez-vous découvert notre (magnifique !) blog ?

Je ne sais plus au juste, mais le projet m’intéressait et je suis du genre à soutenir ce qui me semble juste.

– Qu’est ce qui vous décide à faire de nombreux dons à notre projet, ce qui nous aide réellement ?

Pour nous, c’est un moyen de faire connaître nos ouvrages. C’est un échange, cela vous permet d’avoir des ouvrages à lire gratuitement et quand vous parlez de nous sur votre blog, cela crée une communication autour de nos livres, car un éditeur a besoin de faire connaître ses livres pour les vendre. Nous avons d’ailleurs pas mal de partenariats avec des blogs.

– Comment avez-vous eu l’idée de devenir éditeur ?

J’ai découvert le milieu du livre pendant mes études alors que je travaillais à la librairie des Presses Universitaires de France. Après mes études d’ingénieur, comme j’adorais les livres, j’ai entamé une formation sur le monde de l’édition pendant un an, un DUT métiers du livre. C’était une formation qui regroupait les métiers d’éditeur, de libraire et de bibliothécaire.

– Quelles sortes de livres éditez-vous, quelle est votre ligne éditoriale ?

Notre maison d’édition publie principalement deux type d’ouvrages : de la littérature de jeunesse avec des thématiques engagées et des livres de santé publique à destination des adultes, en partenariat avec l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

-Nous ce qui nous intéresse, ce sera plutôt le pôle jeunesse. Alors, pourquoi avez-vous choisi cette ligne éditoriale stricte  ?

À la suite de la publication de notre premier ouvrage – un essai politique intitulé Altergouvernement – un libraire m’a contacté en me suggérant de créer une collection engagée pour la jeunesse, avec des idées alternatives, en proposant de la réflexion aux jeunes. J’ai trouvé l’idée bonne car cela nous démarquait de la production éditoriale jeunesse habituelle. J’ai quatre enfants et je trouve cela important d’amener les jeunes à réfléchir sur la vie et sur la société dans laquelle ils grandissent… En outre, cet engagement correspond évidemment à une conviction personnelle.

– Pourquoi ne faites-vous pas la même chose pour adultes, car certains de vos ouvrages jeunesse se lisent avec plaisir par les adultes également  ?

Je ne fais pas de fiction pour les adultes pour le moment car j’ai assez de travail avec nos deux principales collections ! Peut-être le ferai-je un jour… En revanche, nous publions de temps en temps des essais, des débats pour le grand public adulte. Nous avons aussi publié le livre Contes rebelles – un livre-CD de contes sur la liberté et l’engagement pour adultes où chaque conte est lu par une  personnalité : Manu Chao, les Ogres de Barback, Daniel Pennac, etc. Il y a une dizaine de titres dans notre collection de débats « Le choc des idées » et sept titres hors collection au Muscadier.

– Quelles différentes formes de promotions de vos ouvrages faites-vous ?

Principalement l’envoi de services de presse (une centaine pour chaque titre), pour des blogueurs, des médias. Pour la jeunesse, on ne fait pas de publicité, c’est trop cher. On essaie en permanence d’améliorer notre communication auprès des libraires, des CDI d’établissements scolaires, des bibliothèques, mais c’est un travail de longue haleine. Je fais aussi deux salons par an, celui de Montreuil, et un salon à la Réunion où je réside.

– D’où vient votre slogan « l’éditeur qui cultive le bon sens » ?

Le Muscadier se définit comme un éditeur engagé. Depuis toujours, notre ligne éditoriale est parfaitement claire : en plus du plaisir qu’ils procurent (plaisir de lire, de découvrir, d’imaginer, de partager, de s’informer), nous souhaitons que nos livres invitent leurs lecteurs à réfléchir. À se poser des questions – sur eux, sur la société, sur les grands sujets de notre monde contemporain : l’écologie, la justice, l’égalité, la tolérance… toutes ces idées qui constituent le socle d’une certaine vision humaniste. C’est ça, le bon sens, pour moi. Et pour la collection « Rester vivant », nous avons un autre slogan : « la collection des ados non formatés », car on s’adresse aux jeunes qui ont envie de réfléchir à la société dans laquelle ils vivent et pas aux jeunes qui passent leur vie passifs devant les écrans. Qu’il s’agisse d’essais, de romans, de nouvelles, ou même de livres pratiques, nos ouvrages poursuivent un même objectif : apprendre à s’émanciper, à se prendre en main, à refuser le prémâché quotidien et le prêt-à-penser, à prendre le temps de se poser. À réapprendre à croire en ses rêves.

Un immense merci à Bruno Courtet pour cette belle rencontre !
Au plaisir de se revoir !