Banzaï au pays des mangas, de Véronique Delamarre Bellégo

Moshi, moshi…

Nous retrouvons ici Sakura, l’héroïne de Banzaï Sakura. Après un prologue intitulé « Souvenirs de Banzaï Sakura » et qui, à travers la voix de Joséphine nous raconte en quatre pages le premier tome avec l’arrivée de Sakura dans la classe de CM2 et les aventures qui ont suivi, la nouvelle histoire peut commencer !

Cette fois-ci, nous retrouvons nos trois protagonistes, Sakura, Joséphine et Fabio, accompagnés de John, l’assistant d’anglais et Alexandre, le documentaliste, dans un avion… en route pour …  le pays du Soleil Levant ! Comment sont-ils arrivés là ?  En étant finalistes d’un concours de mangas organisé dans leur nouvel établissement scolaire, alors qu’ils venaient d’entrer en 6e au collège. Les cinq équipes internationales sélectionnées doivent s’affronter sur place lors de la Grande finale  !  Cette immersion durant une semaine dans Tokyo, la capitale animée du Japon, à la saison des cerisiers en fleur, vont réserver à nos amis bien des surprises et des aventures.

Il n’est pas nécessaire d’avoir lu la première aventure de Sakura pour comprendre ce nouvel opus, surtout que l’histoire est bien résumée au début et permet de parfaitement comprendre le contexte et les relations entre les personnages. En revanche, en refermant ce livre, si l’on n’avait pas lu le premier (c’était mon cas), on a bien envie de le découvrir ! L’histoire, racontée à la première personne par Joséphine,  est rythmée et les personnages suffisamment approfondis pour que l’on adhère totalement à l’ambiance. C’est drôle, frais, distrayant et permet de découvrir un pays assez atypique et très différent du nôtre, à la fois moderne et aux traditions très ancrées.

On se retrouve donc en totale immersion dans ce Japon des temples et sanctuaires, des cosplayers, des kamis, des o-furo, des kimonos, des jardins zen, des samouraï, des mangas, du karaoké et des spécialistés culinaires à base de riz ou d’algues et à manger avec des baguettes… Bref un dépaysement total qui nous donne qu’une seule envie : de sauter dans un avion et d’aller découvrir tout cela de nos propres yeux  et une histoire qui prend une tournure inattendue et nous emporte à la lizière du fantastique dans un univers peuplé de kamis et de renardes messagères.

A lire sans problème dès le CM2.

 

Le voyage à rebours, de Sharon Creech

Dis, quand reviendras- tu ?

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Salamanca, treize ans, a grandi dans une ferme, à la campagne. Mais elle et son père vont déménager en ville, après que la mère les ait quittés pour réfléchir sur son existence. La jeune adolescente est anéantie et se persuade qu’elle reviendra un jour. Son père, terrassé par la douleur, ne cesse de lui répéter le contraire. Salamanca va alors entreprendre un long voyage pour tenter de ramener sa maman. Un pari fou en réalité pour cette jeune adolescente. Beaucoup de questions se bousculent dans sa tête. Pourquoi une mère qu’elle chérit tant, a-t-elle pu faire ça ? Tout quitter, pour qui, pour quoi ? Ils étaient bien tous les trois. Ils étaient heureux. Maintenant, le quotidien est devenu triste et douloureux. Salamanca va traverser le nord des Etats-Unis en camping-car avec ses grands-parents. Un couple complètement déjanté, plein de folie. Ils vont suivre un itinéraire guidé par les différentes cartes postales envoyées par la mère de Salamanca. Mabel, sa meilleure amie vit la même épreuve. Sa mère a quitté le foyer familial du jour au lendemain, sans explication. Les deux histoires vont s’entremêler. Au fur à mesure de ce périple, la jeune fille évoque beaucoup de souvenirs, des moments de son enfance qu’elle partage avec ses grands-parents. Elle leur raconte également la vie de Mabel, qui est un peu la sienne. Les deux amies essaient désespérément de découvrir les raisons pour lesquelles leurs mères se sont volatilisées du jour au lendemain. Alors, elles s’inventent des histoires plus rocambolesques les unes que les autres. Un mystère plane autour de ces deux disparitions qui laissent les familles en plein désarroi.

Le voyage à rebours est un roman plein d’émotions, de sensibilité dans lequel l’auteur a su ménager le suspens. La chute n’en reste pas moins brutale. On s’attache très vite aux personnages tout en partageant la tension et l’inquiétude qui grandissent au fur et à mesure que le temps passe. Les grands-parents sont très touchants et apportent une note de couleur au récit. Salamanca va progresser vers l’âge adulte en laissant derrière elle son âme d’enfant. Les épreuves qu’elle traverse vont la faire grandir et lui faire prendre conscience que la vie peut être injuste.

Racket, de Aidan Chambers

L’union fait la force…

Parfois on n’a pas très envie d’aller à l’école, il faut écouter le professeur, respecter les règles et en plus travailler; il suffit souvent de penser aux camarades et après ça va mieux enfin normalement car pour Lucy c’est tout le contraire. A partir du moment où elle franchit le portail de l’école, son calvaire commence et presque personne en s’en rend compte. Elle est depuis quelques temps la nouvelle victime d’un trio redoutable dirigé de main de maître par une élève de sa classe, la méchante Mélanie Prosser.

En récréation et pendant les cours parfois Lucy connaîtra les humiliations, les intimidations, les menaces, la violence et ressentira la détresse, la peur, la douleur, la solitude mais heureusement elle se rendra compte qu’elle n’est pas si seule finalement et recevra de l’aide, une aide très précieuse qui lui donnera la force et le courage de préparer  sa  vengeance.

 

C’est un livre qu’il est intéressant de découvrir pour prendre conscience des sentiments et réactions d’une victime de racket, un phénomène dont on entend    malheureusement souvent parlé à notre époque, on ne peut que souhaiter que quelqu’un parviendra à arrêter la méchante Mélanie.

On a volé les poules de Clémentine !, une enquête de Mado et Lili, d’Elise Fontenaille

51b2y7uplqlMado et Lili sont amies depuis toujours et habitent en face l’une de l’autre. Elles ont l’habitude de rendre visite à leur vieille voisine, Clémentine… Mais ce jour-là, lorsqu’elles arrivent dans son petit jardinet, elles découvrent leur mamie de coeur en larmes… Ses deux poulettes, Boulette et Maigrelette ont disparues de leur cage ? qui a bien pu les voler ? Mado et Lili décident de mener leur enquête qui les conduira aux quatre coins du quartier, à la rencontre de tout un tas de personnes plus sympathiques les unes que les autres… Alors, qui peut bien être le coupable ?  On suit les plume,s on cherche des preuves, on photographie les indices avec son iPhone…

Un petit monde plein de vie rempli d’amitié, de solidarité où l’on croise des animaux qui parlent, Luis le graveur mexicain, Gérard le vieux jardinier, Adama le danseur ou Momo le graffeur. Une petite histoire sympathique aux bons sentiments, sans temps mort, qui plaira aux plus jeunes, malgré quelques références qu’ils ne pourront pas comprendre (comme Fidel Castro et son cigare ou Nina Simone).

A lire dès 7 ans.

Le collectionneur d’instants, de Quint Buchholz

La magie d’un instant…

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Le collectionneur d’instants c’est avant tout une histoire d’amitié entre Max, un peintre et un enfant violoniste, le narrateur. Max s’est installé sur une île et immortalise des moments en les peignant. L’enfant aime venir flâner dans son atelier mais jamais ne voit ce que l’artiste produit. Une fois terminées, les peintures sont disposées à l’envers contre un mur. Max raconte de nombreuses histoires qui fascinent le jeune garçon. Durant l’été, Max s’absente quelques jours et confie les clefs de son atelier à l’enfant. Et là, on découvre avec fascination les œuvres magnifiques de Max.

Le collectionneur d’instants nous offre des tableaux merveilleux, sensibles, semblables à des photographies. On s’attarde sur cette esthétique presque irréelle, ne sachant  jusqu’où la réalité flirte avec l’imaginaire. La musique est présente tout au long de l’album et accompagne véritablement ces chefs d’oeuvre. Chaque tableau raconte une histoire, il y a du mystère, du rêve. Les dessins n’illustrent pas le récit mais constituent une très belle exposition. On ne connaît pas l’histoire de ces tableaux qui font référence à une enfance perdue qui renaît à travers la peinture. Le récit fait pénétrer le lecteur dans l’atelier du peintre et le fait s’interroger sur cette capacité à créer, à imaginer. De quoi naît une inspiration, comment travaille un peintre ? Cet album est une réelle invitation au voyage.

Le transfo de Sylvie Deshors

Quand les opposés s’attirent…

Bô, un jeune garçon mal dans sa peau se sent trop différent des autres. Son handicap ne facilite pas son intégration auprès des jeunes de son âge, auprès des professeurs et parfois même dans sa famille. Pour échapper à ce monde qu’il a beaucoup de mal à supporter, il a trouvé quelque part où se réfugier, un endroit qu’il pense méconnu de tous et dans lequel il se croit protégé, intouchable, tranquille, un endroit totalement isolé où il peut s’adonner au dessin, sa passion.

Un jour, à son arrivée il y trouve une jeune fille; la rencontre entre Bô le tranquille et Angela, la rebelle, n’est pas des plus chaleureuses bien sûr mais la situation délicate dans laquelle se trouve Angela et le mal-être profond que ressent Bô feront que ces deux êtres que tout oppose vont se comprendre, se rapprocher, s’aider jusqu’à décider de fuguer ensemble.

Loin de cette ville qu’ils détestent pour des raisons différentes, ils trouveront par hasard et apprécieront grandement les joies de la simplicité et de la sérénité.

 

Une histoire agréable à lire avec des personnes attachants et au parcours touchant.

Le génie du pousse- pousse, de Jean-Côme Noguès et de Anne Romby

La voie de la sagesse…

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Chen possède dans la vie deux choses importantes : un pousse-pousse de bambou, qui est son gagne-pain, et son amitié pour Wang, un pêcheur. Modeste, il se nourrit chaque jour d’un bol de riz. Mais alors qu’il veut cueillir une branche de jasmin, il passe par-dessus le mur qui le sépare d’un palais et d’un parc merveilleux. Fasciné par la beauté et la richesse des lieux, il se met à rêver à une existence luxueuse, pleine de faste, inaccessible pour lui, pauvre tireur de pousse-pousse… Sa vie lui paraît bien terne soudain. Chen veut devenir riche à son tour. Alors il réfléchit à ce qui pourrait lui rapporter de l’argent. Mais il va rapidement apprendre que rien n’est acquis d’avance, qu’il faut se donner les moyens pour y arriver et que la vraie richesse reste l’amitié.

Ce conte chinois va enivrer le lecteur de saveur, de parfum. L’écriture est apaisante, les illustrations fines, colorées sur un papier à dessin que l’on appelle du papier d’ingres, similaire à celui d’un parchemin. Tout y est soigné, minutieux. On s’attarde sur les détails, on part véritablement en voyage. Le génie du pousse-pousse est un conte qui nous transporte.