Une vie contre la montre

Une balançoire pour deux, de Nanci Turner Steveson

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Une balançoire pour deux est l’histoire d’un bel été à la campagne, l’histoire d’une amitié forte entre deux adolescentes Annabel et Catherine. Annabel, 12 ans, souffre de troubles alimentaires et de crises d’angoisse. Ses parents essaient de gérer la situation comme ils peuvent mais ce n’est pas facile. La maman est trop étouffante et Annabel n’en peut plus. Alors sur le conseil du psychologue, la famille va à la campagne pour les vacances estivales et se doit de laisser Annabel prendre un peu de liberté, sans gérer son quotidien à la minute. Pour un moment, adieu les emplois du temps étriqués, imposés par ses parents. Il faut que la jeune fille souffle, respire. Catherine, en vacances chez son grand-père, essaie de comprendre pourquoi sa maman et son papy sont en froid. Elle souhaiterait tant les réconcilier. Son grand-père souffre d’un cancer, la situation est grave et celui-ci risque d’être emporté par la maladie. Le temps presse… Les deux jeunes filles se rencontrent le temps de la belle saison et chacune va aider l’autre à surmonter ce qui la préoccupe.

Vous me direz que c’est un récit banal sur l’amitié de deux jeunes filles pendant l’été. Et bien non. L’histoire est plus profonde. Annabel va changer d’identité et voudra se faire appeler Annie. Catherine fera de même et choisira California. Elles ont chacune quelque chose à régler avec leurs proches et elles vont se soutenir dans leur quête respective. California est énergique, une vraie casse-cou et s’impose face à Annie qui est fragile. Mais la personnalité de son amie va aider Annie à se reconstruire, à prendre confiance en elle, à vaincre ses démons. Elles sont liées comme deux sœurs. Le lecteur va passer tout un été champêtre avec les adolescentes, partager leurs émotions et suivre leur progression. Et puis c’est le choc….Alors qu’on prend plaisir à voir se métamorphoser Annie et entrevoir un espoir pour California, la situation prend une tournure qui nous fauche, qui nous déstabilise. Une fin étonnante qui torture, qui marque par son côté imprévisible. Un coup de cœur. Emotions garanties.

Une Balançoire pour deux laisse une place importante aux liens familiaux. Les personnages sont attachants et le lecteur prend conscience de l’importance d’être entouré par ses proches et ses amis. A tout âge, l’amitié, la vraie, existe et résiste à tout.

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Aurélie et son secret, Sabine du Faÿ

Aurélie et son secret, Sabine du Faÿ

Aurélie, jeune adolescente au côté garçon manqué, est pleine de vie, un peu trop, au goût de ses parents, farfelue, dynamique et très très maladroite. Quand Aurélie approche, la catastrophe n’est pas loin. Entre une mère psychologue et un père médecin, pas facile pour elle de se laisser aller. Elle a une sœur jumelle, Henriette, et un frère, François, qui la trouvent trop bizarre. Aurélie s’est toujours sentie en contradiction avec son entourage et ceci depuis son plus jeune âge. Ses parents ne comprennent pas toujours comment elle fonctionne et particulièrement sa maman qui s’arrache les cheveux à chacune de ses nouvelles élucubrations. Bref, une atmosphère très tendue règne à la maison occasionnant beaucoup de disputes au sein du couple.

Un jour, alors qu’elle est dans la salle de bain, Aurélie va faire une découverte qui va la rendre radicalement différente des autres. Elle ne peut pas en parler et doit porter un lourd secret qui la terrorise. Mais lors d’un séjour chez ses grands-parents, elle finit par se confier à sa grand-mère qui va lui révéler elle aussi partager le même fardeau. Celle-ci lui dit que le moment venu, quelqu’un lui montrera le chemin pour être délivrée. Que de mystère !

Sabine du Fay nous entraîne dans le merveilleux et le fantastique. Le sujet peut paraître intéressant mais le final m’a laissée un peu sur ma faim. En effet, on découvre ce qui arrive à Aurélie assez tôt. Surgissent beaucoup de mésaventures qui provoquent des phénomènes liés directement au secret d’Aurélie. Quelques chapitres avant la fin, la jeune fille commence à entrevoir la fin de ses interrogations puis plus rien. Il aurait été génial d’en connaître plus sur la particularité d’Aurélie, de savoir pourquoi sa vie va être bouleversée  et dans quel but.  C’est dommage. Notre petite héroïne est néanmoins très attachante, toujours de bonne humeur et prête à aider ceux qui en ont besoin. L’histoire reste originale et plaira aux jeunes lecteurs.

Un hôtel dans une rue oubliée…

Hôtel des frissons, 1. Le collectionneur, de Vincent Villeminot

Un  nouveau client vient d’arriver… Avec ses innombrables boîtes  à chapeau, il a investi tout le deuxième étage de l’hôtel. Et d’après ce qu’ont compris Margaux, 9 ans, la fille du propriétaire et son ami Tristan, 10 ans,  le fils du cuisinier, mieux vaut ne pas s’y aventurer… Mais que faire de la boîte tombée du chariot ?

Hôtel des frissons, 2. La chambre froide, de Vincent Villeminot

Tristan a piqué le trousseau de clé de son père et emmène Margaux dans la chambre froide pour un goûter mémorable. Mais des bruits bizarres se font entendre, et tous ces animaux morts suspendus à leurs crochets, ce n’est pas très engageant ! Il lui montre même un passage secret qui leur permettent de quitter la pièce, ni vu ni connu,  en lui faisant bien promettre d’oublier ce qu’il vient de lui montrer… Mais la curiosité de Margaux est piquée au vif !

Les jeunes lecteurs avides de frissons seront servis ! L’endroit qui sert de décor à l’histoire, cet hôtel sordide dans une rue oubliée, est vraiment fait pour vous mettre dans l’ambiance… Car pour adhérer à l’histoire, il faut accepter le côté un peu sordide, qui, même si on arrive à bloquer un peu notre imagination, nous est renvoyé par les illustrations ! En effet, le petit résumé de présentation ne dévoile pas le fond de l’histoire, qui tend vers le conte ou le fantastique avec des histoires de loup-garou ou d’ogre… et le lecteur n’est pas au bout de ses surprises. J’avoue que personnellement, ça m’a laissé un peu perplexe, mais j’attends avec impatience de connaître le retour de mes lecteurs ! Original… mais on ne pouvait en attendre moins de l’auteur, Vincent Villeminot.

Toutes les maisons des alentours sont fermées. Leurs fenêtres ont été murées. Un vent méchant bat l’endroit toute l’année. S’il doivent passer par là, les habitants de la ville pressent le pas. […]. Pourtant, l’hôtel, lui, semble intact. La nuit, la façade est dorée, brillamment éclairée.

 

 

Disparition canine

Un chien dans un jeu de quilles, de Thierry Lenain

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Carole a pitié d’un chien errant qu’elle aimerait recueillir. Encore faut-il convaincre son père. Celui-ci ne veut pas en entendre parler. Carole est triste et craint que l’animal ne soit emmené par la fourrière s’il continue à arpenter ainsi les rues. Un jour n’y tenant plus, elle le ramène chez elle. Son père est furieux mais devant la tristesse de sa fille, il cède. Carole baptise son chien Dag. Mais un jour, Dag disparaît. La télévision parle de trafic d’animaux et Carole est persuadée que son animal court un danger. Elle va partir à sa recherche avec son ami Damien. Une course contre la montre va alors s’engager.

Un petit policier plaisant pour les adeptes des animaux.

Chagrins d’amitié

Les 5 lettres du mot cœur, de Cathy Cassidy

 

les-5-lettres-du-mot-coeurOn a tous rencontré de vrais amis, des amis pour toujours à qui on a promis fidélité quoiqu’il arrive. Le plus souvent, ça commence à l’école, les années passent, les liens se resserrent. On a fait un pacte, l’amitié plus forte que tout. L’amitié qu’on veut éternelle jusqu’au jour où … tout vole en éclats. C’est la claque, tout s’écroule. On vit alors avec des souvenirs qui nous écrasent, qui nous étouffent. L’indifférence, la haine parfois nous submergent parce que la souffrance nous envahit. Comment en est-on arrivé là ? Des amis sortis de notre vie mais pas de notre cœur. Nous voilà inconsolables…

Les 5 lettres du mot coeur nous entraîne dans ce tourbillon de l’amitié perdue. Est-il possible de renouer des liens, de tout reprendre à zéro ? Cathy Cassidy évoque de belle manière la rupture amicale et ses effets. L’amitié est source de bonheur, elle peut être fragile et déstabilisante aussi. Parfois, ça peut être plus destructeur qu’un chagrin d’amour. Etonnant ? Je ne pense pas. On aime imaginer que les liens seront indestructibles mais la réalité est quelquefois bien différente. Faut-il accepter la fin d’une amitié ou se persuader que tout peut reprendre ?

Dans Les 5 lettres du mot cœur, on suit une bande de cinq ados très unis. Mais en l’espace d’une soirée tout va basculer. Il n’y aura plus d’échanges, plus de contacts. Chacun partira de son côté sans plus donner de nouvelles. Petit à petit, le récit va se resserrer autour de deux anciens de la bande qui seront les narrateurs et dont on partagera les ressentis, les douleurs. Le passé les hante, les emprisonne et les égratigne. Pourquoi tant de distance, pourquoi autant de non-dits ? Ils n’arrivent pas à avancer, à se faire de nouveaux amis car ils craignent de souffrir une nouvelle fois. Mais l’histoire a quelque chose de plus profond qu’une banale rupture amicale, elle a un côté dramatique révélé par une fin inattendue.

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Un amour en construction

L’amour fait maison, de Frédéric Kessler

Afficher l'image d'origineC’est le mois de mai. Dans le bus, Olivier, lycéen de 16 ans, tombe amoureux de Lan Chin mais n’ose lui déclarer sa flamme. Un jour, il découvre dans sa poche un billet doux : Olivier et Lan Chin décident alors de s’écrire des lettres, des vraies, qu’ils glisseront dans un tronc d’arbre… et se donnent rendez-vous à Noël…

Pendant ces mois d’attente , Lan Chin écrit un roman, et Olivier construit une petite maison-atelier.

Un joli petit roman pour les élèves adeptes d’histoire sentimentale. Ce n’est, bien sûr, pas très réaliste, surtout ces mois d’attente alors qu’ils habitent la même ville, sont dans le même lycée, ni la construction de la maison, ni les rendez-vous épistolaires dans le tronc de l’arbre, mais après tout, pourquoi ne pas rêver un peu ?

On a tous un peu de Jonathan Livingston….

Jonathan Livingston le goéland, de Richard Bach

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Dépasser ses limites, aller plus loin, oser… Oublier les contraintes, changer de vie, ne pas se laisser enfermer par la routine, découvrir autre chose. Jonathan l’a fait. Voler pour être libre, voilà ce que ce goéland a décidé. Il ne veut pas vivre comme ceux de son clan, résignés, selon des règles et des lois bien établies. Alors, jour après jour, il s’entraîne à voler plus vite, plus haut au désespoir de ses parents. Pour les autres goélands, voler n’est utile que pour se nourrir et rien d’autre. Ils décident de s’assembler en Grand Conseil et d’exclure Jonathan. Celui-ci est affligé, il se rend compte que ses semblables le rejettent sans comprendre. Il est ainsi condamné à vivre seul sur les falaises lointaines. Tous lui tournent le dos. Jonathan quitte donc ce clan.

Un soir alors qu’il se pense seul, deux majestueux oiseaux brillants viennent à lui et l’emmènent plus hauts dans les cieux. Il est loin de sa terre, de son ancienne vie. Jonathan change, devient majestueux, il a trouvé une nouvelle famille qui partage les mêmes idées que lui. Jonathan n’en finit pas d’apprendre et de se perfectionner. Il a trouvé son maître, Sullivan, qui est admiratif. Avec le plus ancien, Chiang, il va apprendre la confiance, l’amour, la liberté. Et puis, le jour vient où, à son tour, Jonathan le goéland transmet son savoir…Un éternel recommencement.

Ce récit est en trois parties, la première relate la soif de changement de Jonathan, la seconde son exil et dans la troisième on découvre le goéland en maître d’apprentissage.

Cette histoire peut largement s’adapter à l’homme.

C’est parce que des hommes veulent en savoir toujours plus que le monde mute et progresse. Rester à faire les mêmes choses, refuser d’évoluer fait stagner. Un petit bémol cependant car, pour pouvoir agir, il faut être libre mais la société ne nous offre pas toujours cette possibilité. Il y aura toujours des contraintes. Montrer à l’autre qu’il faut qu’il change ne plaît pas forcément. Cela peut attiser colère ou jalousie. Nous sommes responsables de nos vies que nous construisons aussi sur des savoirs, sur des manières d’être, transmises par nos parents, qui les ont reçus de leurs parents et que nous enseignons à notre tour à nos enfants…..Chacun veut léguer un savoir et c’est logique.  Mais avoir notre propre ouverture d’esprit, notre propre opinion est aussi une forme de liberté. Chacun doit vivre selon un idéal, nous sommes tous différents et il faut réussir à rester soi-même. Si on pousse le raisonnement, on peut préciser que tout progrès peut aussi donner du pouvoir et que le pouvoir mis entre les mains de gens mal intentionnés peut être dangereux …mais ceci est un autre débat….

Je trouve que Jonathan Livingston le goéland peut être comparé à un conte philosophique.

Le paradis, c’est simplement d’être soi-même parfait.

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