Les nombrils, tome 1. Top model, sinon rien, d’après Delaf et Dubuc

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Les nombrils, tome 1. Top model, sinon rien, d’après Delaf et Dubuc, adapté par Camille Gautier et et Marie Caillet

Voici l’histoire de Karine, la « moche », et de Vicky et Jenny, les « bombes ». quand, un jour, Vicky va trouver sur facebook l’annonce pour un casting de pub, elle va tout faire pour le réussir, et pour cela, demandera de l’aide à Karine, et non à Jenny. Pourquoi ? Quelles sont ses véritables raisons ? elle devrait faire attention, car l’histoire pourrait se retourner contre elle !

J’ai trouvé ce livre bien, j’adore la tournure que prend le livre; Le résumé de 4e de couverture m’a donné envie de lire  ce livre et je n’ai pas été déçu par la lecture. J’ai hâte de lire le tome 2, d’autant que la fin du tome 1, inattendu, laisse beaucpoup de suspens. Les caractères très différents des personnages et les petites illustrations qui ponctuent le texte rendent cette histoire très vivante.

Chloé, 12 ans – classe de 5ème, membre des dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de Mu :

Aucune pitié dans ce trio d’amitié ! Karine pense avoir de la chance d’être amie avec les superbes Vicky et Jenny, mais elle ne se rend pas compte qu’elle est constamment rabaissée et exploitée par ses camarades. Bientôt, elle sera mise dans la confidence du casting que souhaite passer Vicky pour une pub et deviendra le larbin de la « star »… Pourtant, les choses ne vont pas du tout se passer comme prévu !

Un monde où  le superficiel est roi, où le but est juste d’être le centre de l’intérêt, quitte à écraser les autres. Explicable vu le contexte familial de Vicky et Jenny décrit dans ce livre… Mais est-ce pour autant excusable ? Un revers de situation et l’intelligence d’un garçon laissent néanmoins l’espoir d’un monde meilleur… Jusqu’à quand ? Caricatural et cynique. En tout cas, une série qui porte bien son nom !

La nouvelle ruralité

Le 9ème continent de Dominique Corazza

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Avec le 9ème continent, Dominique Corazza a voulu éveiller le sens critique du lecteur en posant un regard moqueur sur les comportements individuels et collectifs des hommes en milieu rural. Quatre courtes histoires qui dénoncent une nouvelle façon de vivre. Quatre nouvelles qui présentent un visage inquiétant de la transformation des campagnes, de la nouvelle ruralité. En campagne, on s’attend à voir des produits du terroir, des cultures en pleine terre. Et bien, la modernisation touche aussi ce milieu qui regorge de fermes urbaines produisant industriellement toutes variétés de produits, tout au long de l’année. Paola qui part explorer la flore et la faune, va en faire la triste expérience.

Certains ruraux se modernisent et démarrent dans une grande cacophonie leurs engins à moteur, toujours plus performants pour entretenir leur terrain. Plus personne n’entend le bruit mélodieux d’une nature étouffée. C’est une banale journée de printemps où tout le monde s’affaire dans un vacarme assourdissant, ne faisant plus attention aux oiseaux qui chantent, au ruisseau qui « glougloute » . La nature est façonnée, modelée par l’homme qui dégaine fièrement ses joujoux d’acier.

L’image de la campagne pour certains citadins reste étroite avec beaucoup de préjugés. Les gens y sont arriérés vivant en décalé avec le progrès, presque encore au temps du Moyen-Age ! Rayan a de la chance. Sa maman a décidé de l’emmener visiter un village à la campagne pendant deux jours ! Elle a pris une chambre d’hôtel qui se situe sur la place du village. Ils sont en pleine immersion. Alors qu’elle pourrait apprécier ce moment de calme loin des turpitudes de la ville, celle-ci va vite se trouver mal à l’aise avec les valeurs traditionnelles du monde rural. Une population, à ses yeux, d’un autre monde, d’un autre espace-temps alors que son fils va très bien s’y faire. Elle qui ne peut se passer de smartphone, elle au caractère si aigri, snobant les gens de la terre.

Pour achever ces différents tableaux, Dominique Corazza dénonce l’invasion des propriétaires qui achètent à la campagne des résidences secondaires, qui font disparaître un cadre local qui vieillit, qui paraît désuet mais qui pourtant est chargé de souvenirs. Adieu les enfances perdues, les âmes des anciens…

Petit à petit, la campagne se laisse rattraper par la modernisation. Les paysages sont transformés. On peut offrir un nouveau visage à nos campagnes sans pour autant les mutiler ou qu’elles deviennent « les campagnes des villes » aux fonctions résidentielles. Il faut savoir aussi les préserver, les faire vivre sans trop les transformer, apporter juste ce qu’il faut pour éviter l’isolement.

Renaissance

En scène les 5e,  de Pascale Perrier

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Eugénie fait sa rentrée en 5ème. Mais pas de chance, elle se retrouve seule en classe car séparée de sa copine Louise. Elle va devoir en plus subir pendant un an le pire professeur de français du collège ! Et, cerise sur le gâteau, elle qui a du mal à s’exprimer en public devient déléguée de classe ! Une rentrée qui s’annonce mal ! Stanislas, le second délégué va l’épauler et, mieux, va l’inciter à s’inscrire aux cours de théâtre du collège avec lui. D’autant plus qu’Eugénie n’est pas insensible à son charme….

Avec le professeur de théâtre, ils vont réfléchir à un projet qui impliquera la classe entière de 5ème. Les élèves veulent monter une pièce de théâtre pour se moquer de leur professeur de français qu’ils jugent trop tyrannique.

En scène les 5ème raconte la rentrée des classes vue par Eugénie. Jeune ado timide qui petit à petit va trouver sa voie et s’affirmer grâce au théâtre. Elle va prendre en maturité et évoluer. Elle va même commencer à se détacher de son amie Louise qu’elle trouvera trop gamine. L’auteur nous dépeint les amitiés, les jalousies, les amours des adolescents. Il nous montre également comment fonctionne un collège avec les conseils de classe, les cours…

A la fin du livre, Pascale Perrier nous explique le déroulement d’une élection de délégués et donne des conseils sur la manière d’écrire une pièce de théâtre.

Pour tous nos lecteurs un peu timides, plongez-vous dans cette petite histoire qui vous donnera des pistes à explorer pour vaincre vos angoisses.

La maîtresse est contrôlée par des aliens

La maîtresse a des ennuis, de Pamela Butchart

la-maitree-a-des-ennuisDepuis ce matin, la maîtresse est vraiment bizarre : elle est devenue gentille ! Et puis, elle leur passe des films, leur fait faire de la méditation, elle se maquille, elle emmène un ours en peluche sur son bureau … La réponse va venir de Perrine : « Je crois qu’en fait, la maîtresse, c’est une alien ! Elle doit avoir un bébé alien dans l’oreille. » […]. « A tous les coups, elle prépare une invasion extraterrestre ! C’est pour ça que le directeur a les oreilles qui sifflent ! ». Comment cette histoire va-t-elle finir ?  Les élèves de la classe n’en mènent pas large…

Je suis aujourd’hui très heureuse de présenter un titre de ce nouveau venu dans le monde de l’édition : Poulpe fictions (un  nom que j’aime bien, en plus !) fête ses quelques semaines d’existence à peine. Des romans qui s’adressent à des jeunes de 8 à 12 ans, frais, drôles et décalés.

Ce titre nous embarque dans l’imagination débordante d’un groupe de copains de classe de primaire qui cherchent à résoudre l’énigme de la soudaine gentillesse de leur maîtresse ! Mais pour prouver que les aliens sont passés par là, ce ne sera quand même pas chose facile ! Le rythme du récit est très dynamique et ne laisse pas place à l’ennui. De plus, le texte aéré, les illustrations en noir et blanc nombreuses et humoristiques, les différences de police de caractère et de typographie rendent la lecture extrêmement facile pour les jeunes lecteurs. C’est gai et coloré, à l’image de la première de couverture. En tant qu’adulte, on se doute un peu vite du déroulement de l’action, mais les enfants prennent un plaisir indéniable à cette lecture un peu loufoque ! Ma fille de 8 ans me l’a d’ailleurs bien vite piqué, et ça, c’est un signe qui ne trompe pas !

 

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Science versus vérité

Celle qui sentait venir l’orage d’Yves Grevet

Résultat de recherche d'images pour "celle qui sentait venir l'orage"En 1897, fin du 19ème siècle en Italie, la famille Schillaci est frappée par un terrible drame, elle est accusée de crimes odieux. Les parents sont arrêtés, condamnés à mort et pendus sur la place de Comacchio au milieu d’une foule euphorique et haineuse. Deux jours après, Frida Schillaci, seize ans, s’enfuit car la foule réclame sa tête, considérée comme la « fille des démons », « la fille des monstres ». Elle n’a pas revu ses parents vivants et sont morts depuis leur arrestation. Accueillie par la famille Gentile un mois plus tôt lorsque ses parents ont été arrêtés, elle ne peut continuer à vivre chez eux car des personnes sont venues la réclamer le soir de l’exécution. La famille Gentile décide de l’envoyer à Bologne chez le docteur Grüber, un ami à eux, réputé et fasciné par le cas de Frida. Déguisée en bourgeoise blonde, Frida quitte le Nord-Est de l’Italie, sa région natale, à bord d’une diligence pour se rendre à Bologne et échapper au danger. Elle espère pouvoir trouver refuge chez le docteur Grüber. Convaincue que ses parents n’ont jamais commis de crimes, elle envisage de faire éclater la vérité.

Celle qui sentait venir l’orage est un roman fascinant où l’auteur met au cœur de l’histoire la science et plus particulièrement l’eugénisme, les études sur la criminologie dans un décor de l’Italie du 19ème siècle. Une Italie conservatrice et politiquement agitée avec une science incertaine qui évolue. Yves Grevet inscrit son histoire dans ce contexte historique pour livrer un roman d’enquête à suspens à destination des adolescents et des jeunes adultes.

Le couple Schillaci est considéré comme diabolique et leur fille, Frida, comme la fille des monstres. Considérée comme dangereuse car fille de parents diaboliques, Frida découvrira très vite que le riche docteur Grüber fera d’elle un objet d’étude sur la criminologie en portant sur elle des conclusions hâtives et infondées. La jeune fille, courageuse et sincère, ayant déjà subi l’enfer dans un pensionnat religieux auparavant, se rend rapidement compte qu’elle n’est pas en sécurité chez le docteur au vu des tests qu’elle passe et des personnages malveillants qui l’entourent dans la demeure. Mais Frida n’est pas stupide et dangereuse comme le prouve scientifiquement le docteur Grüber.

Yves Grevet oppose dans ce roman les hommes de pouvoir et les gens des milieux isolés et montre que ceux qui détiennent le pouvoir et une certaine notoriété ne sont pas forcément détenteurs de la vérité. Ils sèment la peur en trouvant le parfait bouc émissaire : une famille vivant dans les marais isolés d’une province italienne. L’auteur livre par ailleurs une réflexion sur la peur, la peur de l’autre, la peur de celui qui est différent, que l’on ne connait pas.

Celle qui sentait venir l’orage est aussi le journal intime de Frida, écrit au présent avec le « je » où le lecteur arrive à percevoir avant elle qu’elle est victime d’une étude génétique sur la criminologie et que le docteur Grüber est un personnage malfaisant et démoniaque. Immergé avec Frida dans la demeure du docteur, le lecteur se sent enfermé et ressent les sentiments et émotions de Frida, la peur, la colère, la tristesse mais aussi le désir de vengeance.

Yves Grevet livre une histoire romanesque avec une série de personnages fascinants, une enquête à suspens et invente une sublime héroïne, Frida, jeune italienne à la peau dorée faisant preuve d’un courage psychologique hors pair. L’auteur n’omet pas de parler d’amour qu’il mettra sur le chemin de Frida. Bien que le contexte historique puisse freiner certains jeunes lecteurs, il ne faut en aucun s’arrêter sur ce détail. Aucune connaissance sur l’Italie du 19ème n’est nécessaire pour la compréhension et l’immersion totale dans ce fabuleux roman. Quatre cents pages que l’on dévore en quelques heures !

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Star trip, d’Eric Senabre

Les dévoreurs de livres dArsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Star tripEté 1968, aux Etats-Unis. May, une jeune adolescente de 15 ans, dépérit d’ennui dans son village perdu au fin fond de ldaho. Son petit frère, Sam, handicapé, est fan de science-fiction. Ils avaient prévu de passer des vacances d’été « spéciales science-fiction », Mais après le départ rapide des parents pour une mission secrète, les vacances sont annulées… May, aidée de son petit ami Will, va tout faire pour le distraire. Mais un matin, May retrouve l’acteur de la série favorite de Sam « Star Trip » dans la grange… Sam voit son rêve se réaliser… rejointe par un Indien chaman un peu fou, notre petite bande va entamer un road trip rempli d’humour et de rebondissements.

J’ai dévoré ce livre ! Une pépite ! L’histoire est fluide et on s’attache aux personnages haut en couleur. Plein d’humour et de fraîcheur, ce livre nous transporte jusqu’à la fin dans une histoire au rythme effréné  ! Et, en final, je vous informe de l’apparition d’un personnage connu assez étonnant !

A emmener d’urgence dans ses bagages de l’été !

Johanne, 3ème – 14 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

 

Et l’avis de mumu58 :

Des étoiles plein les yeux !

Nous sommes en 1968 aux USA. May, 15 ans, va devoir s’occuper de son petit frère Sam, après le départ précipité de ses parents pour une mission secrète. Sam, handicapé depuis qu’il est tombé d’un toit, est fan de la série de sciences fiction Star trip. Il passe tout son temps à regarder les épisodes qu’il connaît par cœur. Pour le distraire, May a l’idée de fabriquer en secret la réplique de la navette de Star Trip dans la grange de la maison. Partie en ville avec son petit ami Will, elle tombe par hasard sur une séance de dédicaces de Benjamin Spike, le héros principal de la série. Bouleversée, May va lui demander de rendre visite à Sam qui ne peut se déplacer. Le comédien refuse catégoriquement, il se montre même très désagréable. Déçue et très désappointée, May en reste là. Le lendemain, alors que l’adolescente se remet au travail, elle voit une forme étrange sur le plancher de la navette. Elle s’approche et quelle n’est pas sa surprise de voir Benjamin Spike en personne ! Et là débute une histoire folle qui va conduire nos héros dans un voyage peu commun et captivant qui va vite les dépasser.

L’auteur nous plonge dans l ‘univers des années 60 avec des références musicales de l’époque, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Un petit clin d’oeil aussi en passant à la série Star Trek de 1966. Des personnages hauts en couleur et déjantés, de l’humour, de l’émotion, tous les ingrédients qui font de ce roman un beau moment de lecture, d’évasion. On aime May, cette adolescente qui pour compenser l’absence de ses parents, va se lancer le défi fou d’entraîner son frère dans un voyage qu’il n’oubliera jamais. Elle qui rêve aussi d’autres horizons va vivre la plus palpitante période de sa vie. C’est aussi une belle histoire sur les liens forts qui unissent un frère et une sœur. Chaque personnage est une pièce maîtresse de l’histoire. On les aime, ils nous touchent. Lorsqu’on finit Star Trip, on a vraiment l’impression d’avoir vécu dans un autre temps.

De Sacha à Macha de Rachel Hausfater-Douieb Yaël Hassan

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

De Sacha à Macha, de Rachel Hausfater-Douieb Yaël Hassan

Résultat de recherche d'images pour "de sacha à macha"Voici l’histoire de Sacha, un jeune garçon qui envoie des mails à des adresses imaginaires… jusqu’au jour où Macha, une de ses correspondantes lui répond. Une amitié va naître mais prendre des tournures inattendues à cause des problèmes de famille de Sacha. Comment Macha le raisonnera t-il ? Que fera Sacha ?
Un livre plein d’émotions, des personnages attachants et une histoire d’amitié et de famille très touchante.

Chloé, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

 

Et l’avis de  Mumu58 :

Sacha envoie des messages à des adresses mail qui n’existent pas. Contre toute attente, il reçoit une réponse d’une dénommée Macha. Commence alors un échange de correspondance. Sacha et Macha ne peuvent plus se passer de cet échange et chaque jour, ils guettent fébrilement un signal de l’autre. Petit à petit, ils apprennent à se connaître. Macha va vite découvrir le côté un peu sombre de la vie de Sacha. Elle va le pousser dans ses retranchements pour qu’il se livre, qu’il se confie.  Macha a touché un point sensible en évoquant sa maman. Sacha ne sait pas où elle est et son père se mure dans un silence quand il essaie d’évoquer le sujet. Macha incite avec force Sacha à découvrir ce qui est arrivé à sa mère. Et finit par le persuader. Puis un jour, silence, plus de messages de son ami. Il ne répond plus. Que s’est-il passé ? Macha a-t-elle été trop loin ?

Il y a des vérités qui font mal. Se taire parait donc plus simple pour éviter de faire souffrir. De Sacha à Macha évoque l’absence d’une mère, un fils en souffrance face à un père qui ne veut pas parler. Alors Sacha s’invente une mère de rêve et poussé par Macha, il décide de partir à sa recherche . Mais la réalité va ternir cette image de mère modèle. Ne pas savoir par peur d’être déçu. Le personnage du père est touchant. Il a le mauvais rôle. Sacha lui reproche d’entretenir le mystère autour de la disparition de sa mère, il va même penser qu’il en est responsable. Un récit écrit à quatre mains intégralement en temps réel sur internet, constitué uniquement des messages échangés par Sacha et Macha qui toucheront nos lecteurs.