Le trésor de mon père, de Marie-Aude Murail

Sur les traces de mon père…

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Emilien est un jeune adolescent qui n’a jamais connu son père. Alors qu’il passe ses vacances chez un oncle, sa mère lui apprend le décès de son père. Celle-ci lui demande de revenir pour se rendre à l’enterrement. Emilien hurle, s’insurge, revendiquant le fait que son géniteur est un parfait inconnu … Pour quelle raison se rendrait-il à son enterrement ?

De mauvaise grâce, le jeune  garçon se rend à la cérémonie. Il va faire la connaissance de la famille de son père et, le même jour, apprend qu’il va hériter d’un trésor. Emilien est excité mais va très vite déchanter quand il va savoir qu’il lui faudra résoudre des énigmes pour arriver sur les lieux où repose l’héritage paternel !

Nous retrouvons Emilien avec toute sa spontanéité et son naturel. Beaucoup de fraîcheur pour une histoire qui traite du deuil et de la recherche de soi.

Calpurnia, de Daphné Collignon

D’après un roman de Jacqueline Kelly, publié à l’école des loisirs

Texas, 1899.

Calpurnia Virginia Tate, appelée plus simplement Callie V. est une jeune fille de 11 ans, qui vit dans une grande maison, entourée de ses 6 frères, de ses parents, de son grand-père et de domestiques. Son père s’occupe d’une exploitation de champs de coton dans laquelle travaillent des ouvriers noirs. Il est souvent absent et c’est la mère de Callie, sévère et très à cheval sur la bienséance, qui mène la maisonnée. Mais Calpurnia aime par-dessus tout observer la nature autour d’elle et prendre des notes dans son cahier. Proche de son grand-père, ancien naturaliste solitaire et bizarre, elle va développer son esprit scientifique et s’affranchir des contraintes de sa condition sociale et féminine. La voie scientifique est-elle le chemin qui la mènera vers la liberté et l’indépendance ?

-J’ai eu « acceptable » pour le maintien, mais « insuffisant » pour l’usage du mouchoir et du dé à coudre. Mère n’était pas contente du tout.

– Seigneur, c’est encore pire que ce que je pensais. Pas de sciences ? Pas de physique ?!! J’imagine qu’on vous enseigne aussi que la Terre est plate et qu’il y a des dragons qui dévorent les bateaux tombant par-dessus bord !! Calpurnia, ça ne va pas du tout.

Une bande dessinée aux vignettes et aux cartouches non matérialisés par des cadres et qui laisse la part belle à la narration, ce qui tendrait à la rapprocher parfois d’un album ou d’un roman graphique … ou de planches de naturalistes ! Une fois que le jeune lecteur accepte cette contrainte, ainsi que les couleurs sépia apportant une touche rétro au récit, il va se laisser emporter dans une histoire de vie des plus émouvantes. Une héroïne attachante et doucement rebelle qui ouvre sur le monde un regard rempli de curiosité et d’interrogations sous le trait de crayon doux et sensible de l’illustratrice Daphné Collignon.

Cette série en deux tomes – dont j’aimerais vraiment pouvoir lire et vous présenter le deuxième volet ! … message à l’éditeur 🙂 – est à découvrir sans hésiter. Nous en partageons avec joie l’enthousiasme communicatif pour le monde qui nous entoure.

Je te plumerai la tête, de Claire Mazard

Lilou, adolescente sans histoires, vit avec son père depuis que sa mère est hospitalisée en phase terminale de cancer. Cela lui convient finalement pas si mal, elle qui voue une admiration sans borne à son Papa Lou, comme elle l’appelle, son papa chéri, son papa parfait et qui ne se sentait pas vraiment proche de cette mère un peu rabat-joie. D’ailleurs, son père ne l’incite pas du tout à rendre visite à sa mère à l’hôpital : elle a son bac de français à préparer, ce serait une perte de temps, et de quoi la démoraliser. Surtout que, selon lui, sa mère ne demande jamais de nouvelles de sa fille, ne la réclame jamais… Alors, à quoi bon, hein ? Lilou laisse ainsi passer plusieurs semaines. Pourtant, au lycée, ses amis s’interrogent, s’inquiètent : elle devrait tout de même aller voir sa mère à l’hôpital, dont l’état devient vraiment préoccupant… En cachette de son père, elle s’y rend, entre midi et deux, les jours de lycée. Elle découvre une mère aimante, attentionnée, qui ne pouvait l’appeler suite à une « erreur » dans le numéro de téléphone laissé par son père, et un père qui passe bien rarement rendre visite à sa femme et en profite pour lui piquer son dessert du plateau-repas d’hôpital… Et si finalement les choses n’étaient pas aussi évidentes qu’il n’y paraît ? Et si ce papa charismatique et charmeur n’était pas aussi gentil qu’il voudrait le faire croire. Et tous ces secrets  ? Cette tante qui aurait cherché à détruire leur famille, pourquoi est-elle finalement si présente ?

Autant de questions que Lilou va se poser et auxquelles elle va essayer de répondre maintenant qu’elle a grandi et que son jugement est plus acéré.

Un roman qui traite de la perversion narcissique. On entend de plus en plus parler de cette pathologie psychiatrique qui pourrait passer pour un effet de mode mais qui est une triste réalité. Lorsque l’on ne connaît pas ce profil, il est très difficile de s’en défendre tant les mécanismes mis en jeu semblent incroyables. Pourquoi quelqu’un que l’on aime, qui semble nous aimer, pourrait-il vouloir nous détruire, cela n’a pas de sens ! Et pourtant si, pour la personne atteinte de ce trouble, cela entre parfaitement dans son schéma relationnel. Il est impossible pour le pervers narcissique de se soigner et de guérir car il ne se considère pas comme malade. Ce sont les victimes, qui, détruites, finissent -lorsqu’il en est encore temps- par consulter psychiatres et psychologues et mettre des mots sur l’enfer qu’elles vivent au quotidien.

Un roman qui se lit comme un thriller et qui a le mérite de dévoiler au public une pathologie aux mécanismes extrêmement compliqués. D’autant que les bourreaux sont souvent des personnes charismatiques, avenantes, très attentionnées en public, réussissant à donner une image dégradée de la victime qui perd ainsi toute crédibilité aux yeux de son entourage. Dans ce roman, ce sont les amis et la tante qui vont soutenir Lilou, avec beaucoup de tact, en la laissant mûrir ses ressentis, sans la brusquer ni mettre des mots trop durs sur ce qu’elle vit, afin que ce soit elle qui prenne conscience, au fur et à mesure, des dérives comportementales de son père. Elle mènera son enquête pour découvrir des secrets de famille enfouis, des proches absents depuis toujours de sa vie. Pourquoi ? sera la question qui guidera sa réflexion. L’écriture sensible de Claire Mazard, auteur familier de thèmes traitant de faits de société, se met parfaitement au service de ses personnages, que ce soit le groupe d’amis adolescents de Lilou, intelligents et perspicaces, ou de sa mère qui mettra ses dernières forces à renouer avec sa fille et la sauver de l’emprise d’un père qu’elle sait capable de la détruire.

Faire connaître cette pathologie au plus grand nombre est le seul moyen de protéger les victimes. Cela peut se passer au sein d’un couple, d’une famille, mais également en amitié ou dans le milieu professionnel. Mais il faut néanmoins rester vigilant sur les conséquences d’une stigmatisation trop hâtive.

Tu es si belle/laide – Eva KAVIAN

De grandes réflexions, de gros doutes, de grandes hésitations, de grands questionnements d’une adolescente de 14 ans  s’adressant – pas directement mais épistolairement – tantôt à sa soeur  aînée Flo, tantôt et surtout à sa mère Jeanne  à un moment très critique de la vie de cette famille. Le moment est venu de se libérer du lourd secret qui emprisonne voire empoisonne les deux soeurs depuis plusieurs années.

Une lecture très rapide compte tenu de la quarantaine de pages  mais qui, pour autant, ne laisse absolument pas indifférent, notre esprit se retrouve perturbé de part  l’explication qui est donné du titre et de sa couleur mais une petite lueur d’espoir arrive  symboliquement à la fin.

Quand vient la vague, de Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog. 

 

Quand vient la vague… Une énorme vague qui déferle sur la famille de Nina et Clément…

Quand vient la vague… Nina, jeune fille de bientôt 18 ans sort de chez elle. Elle ne reviendra plus, elle en est sûre. Elle jette ses clés dans une bouche d’égout.

Quand vient la vague… Clément, petit frère de Nina, est surfer, il aime la mer, l’eau, cet élément qui lui permet de décompresser et d’oublier. Quelques mois après la disparition de sa grande soeur pourtant, de Lacanau à Bordeaux puis ensuite Paris, Clément part à sa recherche et aussi à la recherche de réponses à ses questions. Mais ce qu’il va trouver risque de lui faire regretter cette enquête !

 

Un magnifique livre que je vous conseille vivement, une très belle histoire, bien écrite. Un récit initiatique sensible et émouvant. Une histoire qui nous transmet les émotions des personnages. Une histoire de famille bouleversante. Une histoire qui peut nous faire pleurer. Les auteurs nous montrent également l’amour d’un frère pour une soeur. Le nombre de pages ne compte pas tellement il nous transporte ! Un récit de vie captivant qui aborde de nombreux thèmes très touchants.

Un livre que j’avais emprunté à la médiathèque et que j’ai demandé de faire acheter au CDI tellement il m’avait marqué. C’est maintenant chose faite, alors n’hésitez pas à venir l’emprunter ! 

Judith, 5ème – membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Un récit à quatre mains et à deux voix de deux grands noms de la littérature de jeunesse dont vous pouvez trouver d’autres titres au CDI : 

Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier

Diablesse, de Claire Ubac

L’incomprise…

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Pourquoi Lucie se sent-elle si différente des autres, pas à sa place, même au sein de sa famille ? Elle se sent rejetée, mal comprise. Alors elle se crée une amie imaginaire, «Lucie deux», qui sera en quelque sorte son double intime. Mais quand sa grand-mère la traite de « diablesse », Lucie décide de réagir et de devenir une véritable petite diablesse puisque tout le monde la voit ainsi.

Diablesse est un roman qui s’étend sur un mois, un mois durant lequel Lucie, la narratrice, va nous faire partager ses émotions, ses doutes et ses révoltes. Elle a du mal à trouver sa place dans sa famille, à l’école. Elle a l’impression d’être toujours en décalage avec les autres. Lucie est très attachante avec un petit grain de folie qui lui est propre et qui nous amuse. Une histoire plaisante avec des situations pleines d’humour surtout lorsque Lucie entre en conflit avec son amie imaginaire. Chaque enfant, chaque adolescent traverse une période où les relations avec l’extérieur, avec la famille restent compliquées, avec ce sentiment de ne jamais être compris. C’est un peu la quête d’une identité que Claire Ubac traite avec des mots simples à travers le quotidien de Lucie. Un moment de lecture agréable.

Les filles au chocolat, 5 ½. Cœur Sucré, de Cathy Cassidy

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chronqiues des élèves du comité de lecture du blog

1. L’étoile de la Saint-Valentin : Tommy Anderson, le petit ami de Summer, rêve de trouver un cadeau de Saint-Valentin à la hauteur de l’amour qu’il porte pour la fille qu’il aime depuis la maternelle. Le problème, c’est que Summer est anorexique, elle n’a plus goût à rien. Puis, l’idée ultime arrive…

2. Dans l’ombre des projecteurs : Jodie Rivers a réalisé son rêve : entrer dans la célèbre école de danse, la Rochelle Academy. Mais un terrible sentiment de culpabilité l’oppresse : si elle est là, c’est uniquement parce que sa meilleure amie, Summer, est tombée malade. De plus, elle n’a pas le talent de celle-ci. Mais Sébastien, le filleul de la directrice, créatrice de l’école, va l’aider à surmonter sa peine…

J’ai beaucoup aimé ce livre, qui se passe en même temps que « Cœur Vanille« , sauf que celui-ci se passe en Angleterre et non en Australie. Passionnant, ce livre est à deux voix. Je le conseille vivement, il n’est pas très épais, parfait pour les petits lecteurs. 

Eléa, 5ème – membre des Dévoreurs de livres d’Arsène