Quart de frère, quart de soeur, 3. Mission spectacle, de Sophie Adriansen

Que le spectacle commence…

Arthur et Viviane, nos quart de frère quart de soeur,  font leur entrée en 6ème, et maintenant qu’ils s’entendent bien et vivent sous le même toit, ils ont bien décidé de ne plus cacher leur amitié ! Arthur va, bien entendu, se présenter aux élections de délégués de classe… et est sûr de gagner … mais ce qu’il souhaite par dessus tout, c’est faire duo avec sa quart de soeur… N’y a-t-il pas moyen de soudoyer un peu les camarades ? Seulement, quand le pot aux roses va être découvert, nos deux amis vont tout faire pour se racheter : retrouver Gaëtan qui a disparu, ou aider à monter un spectacle inoubliable pour le Noël du collège…

Retrouvez avec plaisir nos deux attachants personnages de cette famille recomposée pleine de vie !  Ils n’ont pas du tout le même caractère mais profitent bien de leurs différences pour se compléter et s’entraider… C’est gai, c’est frais.

Un petit bémol cependant sur le message donné au sujet des sapins artificiels qui seraient plus écolo que les véritables… Le débat a lieu chaque année, et rien n’est encore moins sûr. Pour être rentable d’un point de vue émission de carbone, un sapin artificiel devrait être gardé 20 ans, ce qui est loin d’être le cas pour la plupart des familles. D’un autre côté, les producteurs de sapins véritables utilisent souvent le glyphosate, un herbicide reconnu comme probablement concérogène… Bref, si vous souhaitez un Noël au sapin écolo, l’histoire est donc assez compliquée  : préférez une production locale et qui est sensible à l’utilisation modérée des pesticides et herbicides (ça existe près de chez nous, dans le Morvan, avec l’utilisation de moutons de race Shropshire pour le contrôle de l’enherbement !)…

Bon Noël et bonnes fêtes de fin d’année à tous  !

 

 

Quart de frère, quart de soeur, 2. Mon pire anniversaire, de Sophie Adriansen

Quart de rivale…

Quart de frère, quart de sœurMon pire anniversaireArthur et Viviane ne s’y attendaient pas … mais, eux, les ennemis jurés vont devoir habiter ensemble ! Car leurs parents n’ont rien trouvé de mieux que de tomber amoureux ! Alors, le pilote d’avion et la costumière de cinéma ont décidé d’acheter une grande maison pour mettre toute la petite famille sous le même toit : le frère aîné de Viviane, Gaëtan,  qui ne quitte jamais ses écrans, les petites soeurs jumelles de Arthur, Camelia et Myrtille, aussi encombrantes qu’inutiles, et bien entendu Arthur, notre cher vantard et Vivane et sa bonne humeur à toute épreuve… Et pour couronner le tout, la maman d’Arthur lui a demandé d’inviter Viviane à son anniversaire ! Comment rester crédible devant ses copains, eux qui sont persuadés que ces deux-là ne peuvent pas s’entendre ? Mais pourtant, ce ne sera pas l’événement le plus marquant de cet anniversaire… une surprise bien plus inattendue est réservée à la troupe !

Retrouvez avec joie l’histoire de cette grande famille recomposée où l’on apprend à vivre ensemble malgré ses différences… voire peut-être, finalement à s’apprécier ! Les scènes sonnent justes et c’est bourré de bonne humeur et d’énergie !

Quart de frère, quart de soeur, 1. Une rivale inattendue, de Sophie Adriansen

Un petit goût d’exotisme…

Quart de frère, quart de sœurUne rivale inattendueArthur est élève en CM2… Il est cool, très cool… D’ailleurs, voilà plusieurs années qu’il est élu le gars « le plus cool de l’école »… Mais l’arrivée de Viviane dans sa classe va ébranler son assurance. Car Viviane est pétillante et pleine d’idées originales : réaliser un journal des métiers plutôt qu’un rallye mathématiques, mettre des rubans aux arbres de la cour  … Bref, elle va vite devenir sa pire rivale… Contrairement à leurs parents qui semblent s’apprécier plus que de raison et se font les yeux doux à la sortie de l’école… L’affaire va devenir bien compliquée pour les deux enfants !

Une histoire de famille recomposée au ton frais et aux illustrations pétillantes. Arthur est bon élève, un peu prétentieux, il aime que tout soit cadré, organisé, il n’aime pas le changement.. Viviane est l’opposée, naturelle, avec un moral à toute épreuve, toujours positive, et l’amour que se porte le père de l’une et la mère de l’autre vont les obliger à s’accepter dans leurs différences…

La mer, les oiseaux et la pluie

Le jour des premières fois, 1.  Mouettes et Cie, de Marie Colot-ill Florence Weiser

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Maîtresse Coline est effarée quand elle se rend compte que ses élèves n’ont jamais vu la mer. Elle renonce à sa leçon de géographie sur les mers et les océans. A quoi bon apprendre à les situer sur un planisphère si ces petits de la cité ne savent pas à quoi ça ressemble ! Le lendemain, l’institutrice affiche un visage radieux en voyant ses élèves. Elle annonce que toute la classe va partir une journée à la mer. Une escapade financée par l’argent issu de la vente de crêpes à Noël. Les petits ne tiennent plus en place et rêvent déjà à ce qui sera une journée inoubliable. Mais rien ne va se passer comme prévu, à commencer par une météo très capricieuse qui a décidé que ce jour serait pluvieux et froid. Sur place, les enfants ne sont ni emballés par le paysage, ni charmés par les plages de la mer du nord. Le programme de maîtresse Coline semble compromis, ce qui la plonge dans un état de découragement et de tristesse. La journée tourne au fiasco. Les enfants comprennent aussi qu’ils ont été injustes avec leur institutrice en boudant tout ce qu’elle avait mis en place. Ils vont alors trouver le moyen de se faire pardonner et de rattraper tout ce désastre.

Marie Colot nous séduit par son écriture légère, pleine de sensibilité. Une histoire pleine d’humour qui nous invite au cœur d’une excursion scolaire avec des enfants remuants et une institutrice dépassée par la tournure des événements. Mais ce récit parle avant tout des enfants qui n’ont pas la chance de partir en vacances, de voir la mer. Des enfants de banlieue, des enfants de la cité qui ne connaissent la mer qu’à travers la télévision. A noter les belles illustrations chatoyantes de Florence Weiser.

Retrouvez la chronique du tome 2 sur Le Coin lecture d’Arsène : Le jour des premières fois, 2. Salades et Cie

Un son a disparu, de Rodrigo Muñoz Avia

Un son a disparu

Un son a disparu, de Rodrigo Muñoz Avia

Jorge, jeune garçon de onze ans, vit dans le centre ville de Madrid. A l’école, c’est un très bon élève qui a une amie quelque peu bizarre : Eléonore. Elle ne parle pas beaucoup sauf à lui et vit dans une maison d’accueil. Mais un mardi, elle disparait subitement ce qui provoque chez Jorge quelques soupçons. Pour la faire revenir plus vite,  Jorge décide de ne plus utiliser la lettre -E- dans son langage, celle qui était la lettre favorite de son amie. Et comme l’enquête policière menée sur cette affaire ne fait pas revenir Eléonore, Jorge commence alors à faire sa propre enquête sur le sujet…

Le contexte crée un lien avec la Russie, pays d’origine d’Eleonore, dont le deuxième nom est Anouchka. Sa famille est- elle venue la chercher ? A-t-elle été enlevée ?
Jorge arrivera-t-il à retrouver son amie qui lui manque tant ? Telle est la question. Et vous le découvrirez par vous-même en lisant ce livre, original.

Un clin d’oeil à La Disparition de Georges Perec, dont le personnage du père de Jorge dans le livre est fan … d’où le nom de son fils et celui de sa librairie : Perec.

Ce livre est très intéressant, simple à lire et contient environ 160 pages. Le personnage principal est très attachant et nous fait vivre beaucoup d’actions à travers son histoire. Ce livre est assez touchant et nous montre ce que chacun devrait faire si son ami(e) venait à disparaitre : ne pas l’abandonner. Cette histoire est très bien écrite et je vous la recommande ! Bonne lecture.

Guillaume, 3ème – 13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

A tous les Auggie du monde ….

Auggie et moi : trois nouvelles de Wonder, de RJ Palacio

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Loi de 2005 sur le handicap : intégration des enfants à handicap en milieu scolaire. Une très bonne chose. Mais aurait-il fallu également voter une loi sur l’acceptation de la différence ? Nul doute. L’école pour tous ? Encore faut-il que le regard des autres changent, que les mentalités évoluent et que tous acceptent cet état de fait. Mettons-nous un instant à la place de ces familles isolées, perdues, de ces enfants subissant railleries, moqueries, rejets ! Attention, tout le monde n’a pas ce comportement égoïste, certains se montrent touchés et n’hésitent pas à épauler, à accompagner ces êtres dont la seule erreur est de ne pas être «normaux». Alors lisez Auggie et moi, un roman qui traite le thème du handicap du point de vue de trois enfants. Le premier Julian, le dur du collège, le second, Christopher l’ami d’enfance et le troisième, Charlotte, la camarade de classe. Chacun va raconter dans quelles circonstances il a été amené à côtoyer Auggie. Les situations sont différentes mais partagent une chose importante au final : la tolérance et l’acceptation de l’autre. Les trois enfants se trouvent en 6ème dans le même établissement scolaire qu’Auggie.

Le jeune garçon souffre d’une malformation faciale qui choque et il le sait. Aucun trait de sa figure ne se trouve à la bonne place. Son visage ressemble à un masque. Les réactions sont violentes de la part de certains enfants et des adultes. Auggie n’a rien demandé, il aurait voulu être un petit garçon comme les autres. Mais malheureusement, il faut qu’il apprenne à exister avec sa différence, à composer avec elle. Il se retrouve au centre de réflexions malveillantes et de regards aiguisés.

Le roman est réaliste et émouvant. Auggie est surprotégé par ses parents qui ont peur pour lui et c’est normal. Ils craignent surtout son exposition au monde extérieur qui peut se montrer si cruel. Exploiter ce que provoque cette malformation sur un entourage étranger à l’enfant, fait prendre conscience au lecteur que toute cette méchanceté est lourde de conséquence. L’impact est fort. Ce qui est intéressant ici est que l’auteur soumet au lecteur trois points de vue différents qui sont les clés de Auggie et moi. J’ai été attendrie par l’écriture de R.J Palacio. Le point de départ est Auggie et son handicap mais le jeune garçon hante les pages du roman sans vraiment être présent. Il est comme une ombre qui plane. Auggie est le moteur de l’histoire tout en étant le personnage secondaire. On sait qu’il est bon, sa présence a chamboulé la vie au sein du collège et notamment a permis à Julian, Christopher et Charlotte de changer leur vision du monde. La fin du roman m’a charmé parce que Auggie s’adresse à nous. Pour la première fois, on sait ce qu’il ressent et on imagine mieux le calvaire qu’il vit au quotidien. Il est courageux, touchant et fait preuve de beaucoup de maturité. Je suis contente d’avoir croisé la route d’Auggie et je suis sûre que si je l’avais rencontré, je l’aurai aimé. Je dédie ma chronique à tous les « Auggie » du monde et aux autres.  Je pense aussi à toi Clément, si bon, que la vie n’a pas épargné et qui se bat au quotidien contre l’intolérance. Chacun de nous peut en tirer une leçon et j’espère que ce livre aidera à changer les comportements et les idées pré-conçues.

Une histoire de point de vue

Une histoire à quatre voix, d’Anthony Browne

Une mère part se promener dans un parc avec son fils et son chien. Le garçon y fait la connaissance d’une fillette qui est là avec son père et leur chien. Le récit donne la parole, tout à tour, à chacun des protagonistes. Et chacun a son point de vue sur cette après-midi banale.

Un album qui est devenu un classique de la littérature jeunesse. Anthony Browne crée des personnages qui ont un comportement d’humain mais le physique de singes pour relater cette histoire qui montre que tout est question de point de vue : personne ne ment, personne n’a tort, mais un même moment peut être perçu de différentes manières, avec chacun sa vision et ses mots pour le décrire. Des personnages certes un peu clichés (la mère d’un milieu social aisé, autoritaire, qui trouve la fille du chômeur de très mauvais genre… le garçon timoré, obéissant, qui ne veut a priori pas jouer avec les filles et une fillette attentionnée avec son père et un peu impulsive… ) mais qui permettent d’aborder la notion compliquée du point de vue avec les jeunes enfants.

Et lorsque vous serez plus grands, lisez Exercices de styles de Raymond Queneau, où l’auteur raconte 99 fois la même histoire très simple, d’un homme dans un bus, mais de 99 manières différentes !

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