Diablesse, de Claire Ubac

L’incomprise…

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Pourquoi Lucie se sent-elle si différente des autres, pas à sa place, même au sein de sa famille ? Elle se sent rejetée, mal comprise. Alors elle se crée une amie imaginaire, «Lucie deux», qui sera en quelque sorte son double intime. Mais quand sa grand-mère la traite de « diablesse », Lucie décide de réagir et de devenir une véritable petite diablesse puisque tout le monde la voit ainsi.

Diablesse est un roman qui s’étend sur un mois, un mois durant lequel Lucie, la narratrice, va nous faire partager ses émotions, ses doutes et ses révoltes. Elle a du mal à trouver sa place dans sa famille, à l’école. Elle a l’impression d’être toujours en décalage avec les autres. Lucie est très attachante avec un petit grain de folie qui lui est propre et qui nous amuse. Une histoire plaisante avec des situations pleines d’humour surtout lorsque Lucie entre en conflit avec son amie imaginaire. Chaque enfant, chaque adolescent traverse une période où les relations avec l’extérieur, avec la famille restent compliquées, avec ce sentiment de ne jamais être compris. C’est un peu la quête d’une identité que Claire Ubac traite avec des mots simples à travers le quotidien de Lucie. Un moment de lecture agréable.

Les filles au chocolat, 5 ½. Cœur Sucré, de Cathy Cassidy

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chronqiues des élèves du comité de lecture du blog

1. L’étoile de la Saint-Valentin : Tommy Anderson, le petit ami de Summer, rêve de trouver un cadeau de Saint-Valentin à la hauteur de l’amour qu’il porte pour la fille qu’il aime depuis la maternelle. Le problème, c’est que Summer est anorexique, elle n’a plus goût à rien. Puis, l’idée ultime arrive…

2. Dans l’ombre des projecteurs : Jodie Rivers a réalisé son rêve : entrer dans la célèbre école de danse, la Rochelle Academy. Mais un terrible sentiment de culpabilité l’oppresse : si elle est là, c’est uniquement parce que sa meilleure amie, Summer, est tombée malade. De plus, elle n’a pas le talent de celle-ci. Mais Sébastien, le filleul de la directrice, créatrice de l’école, va l’aider à surmonter sa peine…

J’ai beaucoup aimé ce livre, qui se passe en même temps que « Cœur Vanille« , sauf que celui-ci se passe en Angleterre et non en Australie. Passionnant, ce livre est à deux voix. Je le conseille vivement, il n’est pas très épais, parfait pour les petits lecteurs. 

Eléa, 5ème – membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

 

Les filles au chocolat, 5. Cœur Vanille, de Cathy Cassidy

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Les filles au chocolatLes filles au chocolat - tome 5 Coeur vanilleHoney est partie rejoindre son père en Australie. Mais là, surprise ! Elle qui s’attendait à avoir son père pour elle toute seule et une école pour filles, elle découvre une belle-mère parfaite, une école mixte très stricte et un uniforme horrible ! Sa « nouvelle vie » commence très mal ! Lorsqu’elle commence à se faire des amis et à s’habituer à son nouveau pays, une mystérieux personne commence à pirater son compte SpiderWeb.

J’ai adoré ce livre, que j’attendais avec impatience, enfin disponible au CDI ! Je le conseille vivement, tout comme les premiers tomes de cette série  « les filles au chocolat ». Ce livre est un très bon exemple du harcèlement sur les réseaux sociaux. On découvre la suite de « Cœur Vanille » dans « Cœur Sucré », du même auteur.

Eléa, 5ème – membre des dévoreurs de livres d’Arsène

C’est moi qui décide !, de Roland Godel

Estelle, 10 ans, est la meilleur amie de Safiyé.  Mais Estelle est inquiète car, depuis trois semaines, Safiyé ne vient plus aux cours de natation… Et pourtant, en CM1, c’était une championne ! Que se passe-t-il ? Quel est son secret ?  Estelle est bien décidée à le découvrir et à aider son amie… 

Un livre émouvant qui fait découvrir au lecteur la place que peut prendre la religion dans certaines familles et les souffrances qui peuvent en découler lorsque les principes à suivre sont radicaux et non toujours souhaités. La collection des éditions Oskar « Droits de l’enfant – New-York 1989- permet ici à l’auteur de traiter un sujet délicat, en particulier à notre époque. Les points de vue s’affrontent intelligemment, mais le parti pris est évident de dénoncer l’islamisme radical, avec une figure du père peut-être un peu trop caricatural. Pourtant, en tant qu’adulte, j’ai beaucoup aimé ce livre engagé qui apporte une vision éclairante sur les conditions de certaines femmes dans le monde.  Ici, l’entrée en matière est l’interdiction de se rendre à la piscine pour ne pas se montrer un maillot de bain devant des garçons et des hommes.

Un petit texte court à lire dès le CM1 si un encadrement est possible, car il nécessite une discussion, ou tout du moins, une explication.

Nathalie, maman d’une ex-dévoreuse de livres d’Arsène

 

Je suis un verdadero argentino ! de Laurence Schaack

A l’issue d’un repas de famille, les parents de Saul lui réservent une surprise : accepterait-il de partir avec son père à 10 000 kms de Paris pendant les vacances de la Toussaint ? Et comment ! Encore plus pour prendre la direction de Buenos Aires, capitale du football.

Dès le décollage, l’adolescent pressentira que leur sport favori – à son père et à lui- ne sera pas le seul motif de ce voyage argentin, pendant que Saul dévore le guide touristique pour ne rien rater de la ville, son père, soucieux et pensif, lit et relit un morceau de papier vieilli, une lettre qui n’aura de cesse de l’intriguer au point que Saul se l’appropriera dans le dos de son père. La découverte de son contenu incompréhensible pour lui  n’en sera que plus étonnant, énigmatique voire inquiétant… Au fur et à mesure de rencontres susceptibles de lui venir en aide, Saul apprendra que la lettre jaunie renferme un lourd secret de famille dans un contexte historique aux lourdes conséquences sur de nombreuses décennies.

Avant le soulagement, l’apaisement et la légèreté de la fin, Saul connaîtra bon nombre de doutes, de craintes, de questionnements, d’angoisses.

Un roman bilingue intéressant à découvrir d’un point de vue linguistique et historique.

 

Maïté Coiffure, de Marie-Aude Murail

Louis Feyrières est un collégien qui n’aime pas l’école. Comme tous les élèves de 3ème, il doit trouver un stage en entreprise. Il n’a aucune idée, et surtout aucune motivation. C’est sa grand-mère qui lui parle du salon Maïté Coiffure. Louis rencontre ceux qui vont être ses collègues le temps d’une semaine : Madame Maïté la patronne, Fifi le jeune coiffeur aux ciseaux virevoltants, Carla la belle blonde aux talons aiguilles, et Garance l’apprentie pas motivée. Et il découvre le parfum entêtant des laques, les clientes et leurs conversations, l’ambiance animée d’un salon qu’il ne voudra plus quitter. À partir de ce moment, une petite machine se met en marche dans sa tête, la fibre pour la coiffure vient de naître en lui.

Mais comment réaliser son rêve quand, à 14 ans, il faut retourner en cours et finir une scolarité qui ne l’intéresse pas ? Et surtout quand son père, qui est chirurgien, ne jure que par grandes études et carrière brillante… ?

L’histoire attachante d’un adolescent, comme Marie-Aude Murail sait si bien les dépeindre. De petits arrangements en gros mensonges, Louis nous entraîne dans ses tribulations, nous laissant impressionnés devant tant d’ingéniosité et de ténacité. Dans Maïté Coiffure, avec en toile de fond le thème des relations père-fils, on aborde l’orientation scolaire, des risques du décrochage à la véritable vocation professionnelle.

Des sujets qui peuvent parler à nombre de lecteurs au collège.

Chère maman, de Sylvie Baussier

Une femme, mère d’une adolescente de 12 ans, décide de commencer un journal intime sous forme de lettres adressées à sa propre mère. Elle ne pense pas être capable d’envoyer un jour ces lettres mais a besoin de mettre des mots sur la douleur ressentie depuis toujours face à la froideur de sa mère à son égard, à une mère qu’elle n’a plus jamais appelé « maman » depuis l’âge de huit ans. 

Tu es une pierre dans l’eau froide d’un torrent. Tu es le métal qui colle à la main quand on veut le retirer du congélateur, qui arrache un lambeau de peau et un cri d’effroi. Tu es mon étrangère.

Je suis censée être une adulte, depuis longtemps. Je suis même devenue maman. Et pourtant, ce vieux chagrin est toujours tapi en moi ; parfois il se redresse et réclame son droit à me pourrir la vie. J’ai à la fois deux ans, huit ans, quinze, vingt, trente… Nous sommes tous nos âges à la fois, n’est-ce pas ?

Un jour, son carnet, si précieusement gardé dans une poche secrète de son sac, disparaît…

Un récit très court, à deux voix, celle de la jeune mère qui écrit ses lettres en commençant par un « Chère maman » distant et celle de sa fille, une adolescente de 12 ans, qui, elle aussi, va écrire des lettres à sa mère, les commençant par un « Mamounette chérie » complice et tendre.

Deux vécus très différents d’une relation à la mère qui construit l’adulte de demain. Sans violence, avec compréhension et espoir malgré le manque de tendresse, la jeune femme se raconte, avec ses failles et ses douleurs, dans sa quête profonde d’un amour maternel absent. C’est sa fille adolescente qui lui permettra d’affronter ses démons et de mieux comprendre et vivre son histoire.  Il n’y a pas seulement la violence physique qui peut créer une douleur dans sa relation au parent. La froideur, le manque de tendresse peuvent être un frein tout aussi puissant à la construction de soi et  rester présent à l’âge adulte si la communication ne s’établit pas entre les deux. Mais cela n’est pas une fatalité, en devenant mère à son tour, il est possible de casser ce schéma douloureux.

Un beau récit épistolaire sur l’amour maternel. En fin d’ouvrage, une petite interview d’une psychologue ethnologue dresse les portraits des différents amours maternels existants.

Petite anecdote  que j’ai appris dans ce livre et que j’aimerai partager avec vous : à l’intérieur des pépins de pommes se trouve une petite amande comestible. Ma jeune fille de 5 ans aime désormais ce petit moment de partage complice, même s’il est assez difficile pour moi de lui  récupérer cette amande vue la taille du pépin.