Mémé, de Philippe Torreton

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

L‘auteur, Philippe Torreton, adorait sa «mémé», le personnage central de son enfance aujourd’hui décédée. Quarante ans après, l’auteur, dans cet ouvrage, rend hommage à sa mémé qui habitait en face de chez lui et chez qui il se rendait très régulièrement. C’était une femme des campagnes qui vivait simplement et modestement dans sa maison de Normandie. L’auteur y décrit avec une tendresse amusée son quotidien banal : le travail laborieux, vécu sans plainte, l’esprit de famille qui rassemble autour d’une tablée, les drames familiaux mais aussi un intérieur humide et vieillot rempli d’autant de bibelots et d’anciens meubles que pouvaient contenir cette petite maison étouffante accumulant les souvenirs.

Pour Philippe Torreton, il doit ce qu’il est devenu à sa grand-mère dont il parle avec nostalgie durant ces presque 150 pages. Pour lui sa grand mère était un exemple.

Notre avis :

C’est un livre autobiographique assez triste et émouvant qui nous parle des choses simples de la vie. Il décrit des habitudes mais aussi beaucoup de sentiments. Ce n’est pas un livre d’action et l’écoute du texte lu par l’auteur lui-même est lente et nous plonge dans cette ambiance réaliste et touchante même si certains élèves adeptes d’action n’ont pas accroché. Un récit de vie très poétique qui nous plonge dans des souvenirs d’enfance et dans la tristesse du deuil.

 -Silencieuse de mots mais bavarde en preuves d’amours.

-Je veillais sur ma grand-mère, pendant qu’elle veillait sur moi, ce fut mon premier emploi, gardien de nuit de mémé.

– Je ne voulais pas qu’elle meure avant mes vingt ans, car à vingt ans on est grand, on est un homme et un homme c’est dur à la peine, mémé il faut tenir ! A vingt ans, j’ai repoussé la « date de la mort acceptable » à trente. Quand elle a arrêté de respirer pour de bon, j’en avais quarante et je n’étais toujours pas devenu un homme.

Les élèves de 3ème du collège Arsène Fié

Au secours, ma grand-mère est une sorcière !,de Céline Le Gallo

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Au secours, ma grand-mère est une sorcièreLes parents du jeune Antoine et de son frère décident de partir en amoureux pendant les vacances de Toussaint. Antoine est alors envoyé chez mamie Huguette, tandis que son frère fait une cure « sans écran » à la ferme de son oncle. Antoine s’ennuie chez sa grand-mère : les repas ne sont pas très bon, les journées ennuyeuses à compter les points des parties de cartes ou de scrabble  du groupe de retraités. Un soir, Antoine entend des grincements au grenier et va jeter un oeil. Quelle n’est pas sa surprise d’y trouver sa grand-mère habillée en sorcière, au milieu de bocaux aux contenus étranges, qui parle à son chat…

Un livre très facile d’accès, très court, amusant, aux quelques illustrations en noir et blanc rigolotes, avec une histoire sans temps mort à lire sans hésiter dès le CE2, mais encore apprécié en 5ème (c’est mon cas !)

Emma, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

A la belle étoile, d’Eric Sanvoisin

« Quand tu as un frère handicapé mental, tu es toi-même handicapé »

A la belle étoilePierrot est de retour à la maison. Il vient d’avoir 18 ans et son établissement « de farfelus » ne peut plus l’accueillir maintenant qu’il est majeur. Yaëlle, sa soeur de 10 ans, ne sait pas très bien comment gérer cette situation nouvelle, entre l’amour qu’elle porte à son frère, les questions de ses copines  et le besoin d’être comme tout le monde.

-Je sais. C’est difficile à croire. Mon frère, il a trois ans dans sa tête. Parfois moins…

-Il est gogol ?

-Non, il est différent.

Alors, face à l’insistance de ses camarades, Yaëlle va proposer à son frère de l’accompagner à l’école, un matin, juste pour le présenter à ses copines… Les choses vont prendre un tournant imprévu lorsque Pierrot se rendra compte que les enfants se moquent de lui… Il s’enfuit et se perd dans une ville qu’il ne connaît pas. Son chemin va croiser celui d’une SDF, vivant elle aussi de manière différente, « la dame dans son château en carton » et tous les deux vont se trouver, elle avec sa triste histoire de vie, lui avec son grand coeur.

Un joli roman, court mais dense qui traite de nombreux faits de société en un minimum de pages : le handicap, l’intégration des handicapés dans la société, le regard de l’autre, le regard sur soi, la différence, la conformité, les SDF. Le regard de l’auteur sur tous ces personnages est sensible et sans jugement. Pourquoi Justine, notre « Dame » vivant dans son carton s’est-elle retrouvée là, alors qu’elle était institutrice avant le drame qui a bouleversé sa vie ? Comment vivre une vie de famille apaisé malgré le handicap de l’un de ses membres ? Quel rôle devons-nous/pouvons-nous jouer dans l’aide à l’intégration ? Devons-nous respecter le choix de chacun sans jugement ou avons-nous un devoir d’entraide ?

On traverse cette courte histoire en se mettant dans la peau des différents personnages, en adoptant le point de vue de chacun pour essayer de comprendre la vie, tout simplement.

-Pierrot a le coeur sur la main. Vous avez de la chance de l’avoir.

C’était la première fois que j’entendais  de tels mots à propos de mon frère. D’habitude, les gens plaignaient plutôt mes parents parce qu’élever un enfant particulier était une punition du ciel. La fée voyait les choses autrement. Je trouvais ça complètement fou.

Ma mère a rougi

-Oui, nous avons de la chance de l’avoir.

 

Mercredi, c’est Papi !, de Emmanuel bourdier

Le mercredi, le paradis chez Papi

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Comme mes parents travaillent, je vais tous les mercredis chez mes grands-parents. Je ne suis pas très emballé quand arrive le milieu de la semaine car chez eux, je m’ennuie. Pas de télé, pas d’internet, ma seule compagnie, le tic-tac de la vieille horloge qui rythme cette interminable journée. Papi et mamie sont gentils mais ils ont chacun leurs occupations. Je ne sais pas quoi faire, je n’ai rien pour jouer. J’irais bien voir grand-père dans le jardin mais celui-ci est aux fraises, enfin, je veux dire par là qu’il a la mémoire qui flanche, qu’il a du yaourt dans le cerveau. Il ne sait toujours pas comment je m’appelle ! Mais au fait, mon papy c’était un bébé avant d’être mon papi ? C’était quoi son métier, avant ? Un jour, mon papy, il m’a ébloui, il a été extraordinaire, il m’a raconté plein d’histoires et vous savez quoi, depuis, j’ai hâte d’être à mercredi parce que le mercredi c’est devenu sacré, parce que le mercredi chez mon papi c’est maintenant le paradis… Je ne vous ai pas dit, je m’appelle Simon et j’adore papi !

Venez découvrir pourquoi le petit Simon ne manquerait pour rien au monde le rendez-vous du mercredi. Mercredi c’est papi ! est une histoire touchante qui met en avant les relations intergénérationnelles, les grands-parents face à leurs petits-enfants. Le regard de Simon s’attarde au fil des pages sur son papi, un regard plein de tendresse, d’amour et de compassion. Il se rend compte que son papi n’a plus de mémoire et que cette défaillance l’isole sans qu’il s’en rende compte. Mais il va réussir à communiquer avec lui à travers le jeu et transformer ainsi des mercredis ternes en des mercredis colorés. Le temps qui passe laisse son empreinte, creuse des sillons, des failles qui, hélas, ne pourront jamais être réparées. Le temps égratigne le corps et l’esprit et l’homme n’y peut rien. Jeunes lecteurs, vous qui avez la chance d’avoir vos grands-parents, profitez de tous les instants partagés avec eux et regardez cette petite étincelle qui brille au fond de leurs yeux, elle montre qu’ils sont heureux.

Le texte est simple, les illustrations et les couleurs de certaines pages intérieures donnent de la fraîcheur au récit tout en nous faisant prendre conscience qu’un jour aussi on sera le papi ou la mami d’un « petit »….

Mamie gâteau s’emmêle le tricot, de Gwladys Constant

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Côme est un petit garçon de 4 ans et demi qui confond souvent les mots. Pas les mots compliqués, mais plutôt les mots simples du quotidien. Barabar sa maman commence à l’inquiéter, d’autant que la nouvelle institutrice du garçon évoque souvent le problème. Barabar, mère-célibataire travaille beaucoup et Côme passe beaucoup de temps avec sa mamie… Ne serait-ce pas elle, notre mamie-gâteau, qui emmêle le tricot des mots de Côme ?

Ce livre, très facile d’accès, s’adapte aux lecteurs plus jeunes, comme aux plus âgés. Court (63 pages) et très compréhensible, même les faibles lecteurs n’auront aucun mal à le comprendre et le lire. en plus, quelques illustrations sympathiques, à la manière de bande dessinée en noir et blanc ponctuent le texte. Des personnages attachants et une histoire que j’ai trouvé touchante, magnifique et qui évoque les liens entre différentes générations et ce que la maladie d’Alzheimer déclenche sur une famille. Un thème fort et émouvant traité avec délicasse pour les plus jeunes lecteurs.

Un petit coup de coeur pour moi,

Emma, 11 ans – 6ème, membre des dévoreurs de livres d’Arsène

SOS Détective —Sauvons Papillon— , de Pascale Perrier

Opération Papillon

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Faisons la connaissance de la famille Samazan, une famille de détectives de père en fils et de mère en fille. Il y a Oriane, Simon, les parents et le grand-père, Papillon. Un papy un peu affaibli, qui perd la mémoire. A vrai dire, il n’est plus très efficace. Comment continuer à exercer une telle profession quand l’âge commence à faire ressentir ses premiers effets ? Au désespoir des enfants, les parents parlent de remplacer Papillon. Jamais de la vie, quelle horreur ! D’ailleurs, Oriane et Simon ont remarqué depuis quelques temps, la présence d’un homme à l’agence. Serait-ce déjà le remplaçant de leur aïeul ? Pour sauver Papillon, les deux enfants décident de l’aider dans sa prochaine enquête sans qu’il s’en aperçoive et sans éveiller les soupçons des parents.

Pascale Perrier offre à nos jeunes lecteurs un bon roman policier plein de fraîcheur et d’humour. Des personnages attachants, une écriture fluide, suspense garanti.

Mythomamie, de Gwladys Constant

Tatie Hortense…

mythomamieAlphonsine a seize ans lorsqu’elle décide d’arrêter l’école, du  jour au lendemain… Mais sa tante Violette ne l’entend pas de cette oreille. Elle qui dirige une société d’aide à la personne compte bien lui faire comprendre que, finalement, le lycée, c’est pas si mal ! A elle la responsabilité des chiens à promener, à faire manger… Mais un jour, on lui confie une nouvelle mission : devenir l’aide à domicile de Mme Signol, une vieille peau surnommée Tatie Danielle, en référence à un film d’Etienne Chatiliez mettant en scène une vieille dame détestable qui en fait baver à son entourage.  C’est ainsi que commence une amitié hors du commun entre la redoutable octogénaire et la naïve jeune fille.

Une histoire rythmée, belle leçon d’amitié intergénérationnelle. La construction un peu fouillie du roman, qui ne respecte pas forcément la chronologie, est à l’image de la jeune fille, narratrice de l’histoire. Ca sonne vrai, c’est rigolo parfois, touchant à d’autres moments. On passe un bon moment. Ce duo totalement improbable où la plus délurée et la plus énergique n’est pas forcément celle que l’on croit nous emmène dans un tourbillon de vie à l’orée de la mort. Une belle façon d’aborder les relations intergénérationnelles, la vie, la vieillesse, les rencontres, l’amitié, la mort, la famille et surtout, le pouvoir de l’imagination ! On apprend même des petites choses, l’air de rien,  sur la mythologie et la littérature !

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