Rosa Parks, contre le racisme, d’Eric Simard

Un ouvrage de Eric Simard de la collection J’ai réussi ! des éditions Oskar, consacrée à des personnalités qui sont allées au bout de leurs convictions, malgré les difficultés. Des récits courts très accessibles pour les plus jeunes lecteurs.

Rosa Parks, la couleur de l’espoir…

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Rosa Parks est une jeune fille noire, dans l’Amérique dans les années 30, qui a connu très jeune la discrimination et les brimades. Son grand-père lui a toujours appris qu’il fallait se battre pour ne pas se laisser faire, combattre l’injustice. A cette époque, aux Etats-Unis, les lois sont faites pour les Blancs, les Noirs étant considérés comme inférieurs. Ils ne se mélangent pas, ne fréquentent pas les mêmes lieux. Mais un jour, Rosa va commettre un acte qui marquera à jamais l’humanité.

Rosa est une femme courageuse qui a consacré sa vie à la défense des droits des Noirs, pour l’égalité des hommes. Une grande dame qui a marqué l’Histoire, qui a su dire NON, qui a changé l’Amérique.

La ligue des enfants (extra-) ordinaires, de Gitty Daneshvari

Des espions pas comme les autres

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Que dire de Shelley Brown et Jonathan Murray ? Pas grand chose à y réfléchir et c’est là tout le drame de leur vie. A l’école, ils sont moyens, les autres ne remarquent pas leur présence et même ceux qui les connaissent depuis la maternelle ne se souviennent pas de leur prénom ! Les deux adolescents ont une vie vraiment insignifiante. Ils sont banals, ils se fondent dans le décor. Jonathan s’en fait une raison mais pas Shelley qui fait tout pour se faire remarquer. Alors qui aurait pu imaginer, un jour, qu’on fasse appel à eux pour sauver le pays ? C’est sûrement une blague ! Non, pas du tout, Shelley et Jonathan vont intégrer la ligue des enfants ordinaires afin de déjouer un complot. Leur banalité voire leur transparence est parfaite pour infiltrer une société secrète et mener à bien leur mission.

Shelley et Jonathan sont les anti-héros par excellence. Pas de super-pouvoirs, un physique plus que commun, peu d’amis, une vie très plate. Rien de palpitant en soi, diriez-vous. Mais justement, Gitty Daneshvari n’a pas choisi par hasard des personnages plus qu’effacés. Cette petite histoire montre que des enfants ordinaires, qu’on ignore, à qui on ne prête aucun talent, peuvent arriver à faire des choses extra-ordinaires. Suffit-il d’être le premier de la classe pour réussir, d’avoir plein d’amis pour être reconnu et respecté ? Les personnages sont attachants et pour une fois, ils se trouvent sous le feu des projeteurs.

Les chapitres sont plein d’humour, entrecoupés par des citations d’enfants ordinaires :

Un homme d’une intelligence modérée a un jour dit que ce n’était pas grave d’être quelqu’un de moyen.

Jude de Williams, 9 ans Morgantown,Virginie Occidentale

j’ai inventé cette citation, pour me sentir mieux….

N’être doué pour rien, est le seul domaine dans lequel je sois doué.

Jim Schulty, 12 ans. Boulder, Colorado.

Tout est dit. Ces remarques font sourire mais dans le fond, ces enfants ordinaires souffrent de cette indifférence. La situation dans laquelle Shelley et Jonathan vont se trouver, va leur permettre d’avoir un autre regard sur leur propre personne et d’aborder leur existence différemment. Pour une fois, on leur fait confiance. L’auteur nous offre là un beau moment de lecture, avec des personnages plus loufoques les uns que les autres. Les premiers chapitres campent les personnages, il faut patienter jusqu’au chapitre 4 pour que le récit décolle. La personnalité de nos anti-héros est quelque peu caricaturale mais souligne parfaitement la difficulté de se faire une place quand la société impose la perfection, le « je suis le plus fort je vais réussir » . La quête perpétuelle de la perfection est le moteur du siècle et ne procure t-elle pas plus de stress ? Pas toujours facile d’être au top et de le rester surtout. Un enfant sage, qui travaille bien, jamais un mot plus haut que l’autre, toujours à l’heure, qui écoute, n’a pas forcément besoin qu’on l’aide. Sera-t-il plus heureux qu’un enfant turbulent, qu’on gronde, qu’on pousse à étudier, sur lequel on s’acharne ? Pas sûr, on n’est pas mieux aimé parce qu’on est brillant. Ceci n’engage que moi. Etre imparfait, laisse la possibilité d ‘évoluer, on apprend beaucoup de choses de nos erreurs. Alors vive la ligue des enfants ordinaires !

De bien étranges disparitions, de Florence Jenner-Metz

Voleur de poules

1540-1Antoine vient d’arriver dans ce petit village de Vauthiermont. A l’école, c’est « le nouveau ». Alors, quand des vols de poules ont lieu chez le père Benoît, son voisin, il est forcément accusé… Mais bientôt, les soupçons se porteront plutôt sur Djibril, qui, non seulement est aussi un « nouveau », mais en plus, est d’origine africaine ! « Ce serait bien le coup d’un Africain ! Mangeur et voleur de volaille ». Ni une ni deux, nos deux accusés se lient d’amitié et se serrent les coudes dans l’adversité : « Je viens de réaliser quelque chose de terrible : un étranger, c’est un coupable parfait ! Djibril est encore plus étranger que moi. Donc bien plus coupable… Le pire dans tout ça, c’est qu’avant, je n’aurais rien dit et j’aurais haussé les épaules pour aller jouer avec mes copains […] ». Mais pour prouver leur innocence, il va falloir mener l’enquête et la jouer serré.

Un petit roman pour aborder le genre du policier en toute sérénité. Ce texte en profite pour distiller, -de manière peut-être parfois un peu facile (par exemple dans le choix des professions des parents de Djibril)-, des messages de tolérance, d’entraide, pour tenter de contrer les préjugés … Tout à fait d’actualité en ces temps pas si lointain d’élection et de campagne présidentielles.

Facile et rapide à lire. Idéal dès la fin de primaire.

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Martin Luther King, et Nelson Mandela, de Rolande Causse

La collection 20 ans pour devenir de Oskar éditeur nous offre deux romans, écrits par Rolande Cause, qui racontent l’enfance, les vingt premières années de la vie, le parcours de deux grands hommes que l’on connaît tous pour leurs actions qui ont changé le monde : Nelson Mandela et Martin Luther King.

Quand deux enfants deviennent de grands Hommes !

Afficher l'image d'origineLe 18 juillet 1918, dans le village de Mezzo situé en Afrique du Sud, colonie britannique,  Rolihlala Mandela naît. Son père était petit fils du Roi, ce qui lui permettait d’avoir une activité rémunérée. Mais suite à un incident, il perd son travail. Les parents de Rolilhala deviennent pauvres. Ils s’installent alors à Qunu, un petit village, où ils vivent dans des huttes. Son père avait quatre femmes, Rohlihlala était le fils de sa troisième femme. Cette pratique faisait partie de leur ethnie à laquelle ils appartenaient. Rolihlala voyait son père qu’une seule fois par semaine mais l’admirait considérablement. Lorsqu’il a sept ans, Rolihlala rentre à l’école et se voit attribuer un nouveau prénom, celui de Nelson. Tous les enfants avaient un autre prénom sous prétexte que les leurs étaient trop difficiles à prononcer. Son père meurt alors qu’il est âgé de neuf ans. Nelson est confié au régent Jongintaba pour qu’il puisse recevoir une bonne éducation. Il va pouvoir aller à l’école, étudier et aller à l’Université. Mais Nelson n’oublie pas d’où il vient. Il n’oublie pas les actes exemplaires de son père qui a toujours refusé de se plier aux autorités pour protéger son peuple. C’est dans cette optique qu’il mènera un long combat pour l’indépendance du peuple Sud Africain.

Martin Luther King, de Rolande Causse

Afficher l'image d'origineA Atlanta, capitale de la Géorgie, état du Sud des Etats-Unis, le 15 janvier 1929, Mickael King Junior naît. Surnommé Little Mike, Michael King Junior grandit à Auburn Avenue, quartier de la petite bourgeoisie afro-américaine. C’est un coin tranquille mais cette avenue accueille seulement une communauté noire. Les personnes de couleur blanche et celles de couleur noire ne vivent pas ensemble dans les états du Sud des Etats Unis. Lorsqu’il a cinq ans, en 1934, son père décide de changer de prénom et de changer celui de son fils, il choisira Martin Luther, nom du grand réformateur de la religion protestante. Michael King junior devient alors Martin Luther King junior. Il grandit dans un monde d’injustice où Noirs et Blancs ne disposent pas des mêmes droits et ne vivent pas ensemble. Les personnes de couleur noire n’ont pas le droit d’aller dans les lieux plus chics réservés aux Blancs, de s’asseoir dans le bus, etc.  Il étudiera dans des établissements accueillant que des élèves et étudiants de couleur noire. En grandissant, Martin Luther King ne supporte plus les injustices que subissent sa famille et lui au quotidien. Amoureux des mots, admiratif et attentif aux sermons de son père à l’Eglise depuis son plus jeune âge, il mènera un combat pacifiste pour redonner la dignité aux Noirs victimes de la ségrégation.

Ces deux romans enrichissants permettent de comprendre le parcours de deux grands hommes qui ont changé le monde. Leur éducation a joué un rôle déterminant dans leur lutte. Ces deux récits apparaissent comme des outils pédagogiques pertinents notamment dans le cadre de l’éducation à la citoyenneté. A travers l’enfance de ces deux héros, nombreuses sont les valeurs illustrées. Simple et rapide à lire, ces ouvrages éclaireront les élèves dès la 6ème sur l’importance du vivre ensemble !

 « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots » M.L.K.

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Reborn, de Thierry Roberrecht

91rxhmv0iqlL’invasion inexistante

2064, Chuong est un rescapé; alors que la Terre devient invivable suite aux désastres écologiques provoqués par l’humanité, le jeune homme et ses parents ont réussi à migrer clandestinement vers l’exoplanète Reborn, nouvelle résidence de l’Homme. Quand le garçon se retrouve séparé de sa famille, et accusé d’avoir attenté à la vie d’autrui, il doit désormais se défendre contre les préjugés d’une société où les humains s’évaluent à leur processeur identitaire.

On prend les mêmes et on recommence… Avec Reborn, deuxième œuvre que j’ai explorée de l’auteur, ce dernier se marque clairement dans un engagement contre le racisme, la discrimination sociale et pour l’écologie façon Greenpeace. Le livre traite d’une thématique très actuelle: l’immigration suite à des conditions de survie inhumaines et tout ce qu’il en découle. Si le message est similaire à celui de Memo 657, il est adressé de manière bien moins maladroite, tout comme la cohérence de l’univers et l’écriture en général. Cependant, T. Roberrecht a réellement besoin de mettre ses connaissances scientifiques à jour, après « programmateur » à la place de « programmeur », c’est au tour de la physique de prendre un coup, les voyages intergalactiques en 3 semaines étant fortement improbables. Au final, c’est un livre accessible dès la 6°, que je recommanderais à partir de la 5°, l’analogie entre l’immigration interplanétaire et inter-pays permettant de mettre à plat la situation réelle et à mal les préjugés du lecteur. Si vous ne deviez lire qu’un livre de Roberrecht, je vous conseille celui-ci.

TL;DR:

  • Points forts:
    • une analogie efficace, permettant d’aborder le thème de l’immigration sous un angle différent.
    • un style facile à lire, bien rythmé, accessible à tous les lecteurs. Pas besoin d’être fan de SF pour apprécier l’œuvre.
  • Points faibles:
    • un manque de connaissances scientifiques, bis.
    • une redondance entre les différents livres de l’auteur, et donc du mal à percevoir ce roman par lui-même après en avoir lu un autre.

Memo 657, de Thierry Robberecht

51g7b9kcl7lAndroïde malgré lui

Jonas est élève dans l’un des groupes scolaires les plus prestigieux au monde. Endeuillé par la mort récente de sa mère adoptive,  il réalise la chance qu’il a eu jusqu’ici. Tout bascule le jour où Jeff, un camarade de classe, déboule chez l’adolescent et lui demande de trouver le mémo 657 sur le serveur de l’établissement ; quand le jeune homme comprend l’étendue de cette requête, il est déjà trop tard, les rouages d’une conspiration sont en marche…

Plongé dans un univers de SF, l’auteur décide ici de parler de racisme & d’adolescence sur un fond de post-humanisme ; pleins de bonnes idées condensées dans ce court roman. On regrettera cependant le manque de connaissance de l’écrivain concernant les technologies et particulièrement l’informatique, causant des incohérences assez flagrantes au niveau de l’univers (on se transfère dans des télévisions mais on utilise encore des clefs USB ?!). On constate d’ailleurs que ce problème en provoque d’autres : certaines idées sont parfois emmenées très maladroitement, et peuvent paraître ambiguës, même si l’on comprendra la volonté originelle du romancier avec un peu de réflexion. Ce livre est écrit de manière à être accessible chez nos plus jeunes lecteurs, bien que je ne le conseillerai vraiment qu’à partir de la 5ème pour certains passages qui pourraient mettre mal à l’aise les plus jeunes âmes et parfois passer au delà de leur compréhension (mort de certains personnages, « formatage » de personnalité), les plus expérimentés apprécieront la petite heure et demie de lecture & d’ambiance futuriste, et peut-être même se prendront-ils à s’intéresser aux questions de demain?

TL;DR:

  • Points forts:
    • une manière originale de traiter de sujets touchant tous les adolescents.
    • des thèmes peu présents dans la littérature jeunesse.
  • Points faibles:
    • un manque de connaissance apparent de l’auteur envers ce qu’il utilise pour créer son univers.
    • des idées emmenées de manière maladroite et qu’il est impossible de développer ou clarifier dans un format aussi court.

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Ce crime, de Catherine Leblanc

Blague meurtrière

Un visage, un adolescent, Jonas, sur une photo de classe de seconde. Il est mort, tué à la suite d’une blague qui a mal tourné.Quelques années après, une élève part à la rencontre de quelques-uns de ses anciens camarades. Le lecteur découvre peu à peu l’enchainement des évènements et comment ceux-ci ont influé sur la vie de chacun. Tous en gardent une blessure profonde. Certains ont pu se relever de ce drame, d’autres non…

Catherine Leblanc estCe-crime-C.Leblanc-Les-lectures-de-Liyah née en 1956 à Cholet, dans les Pays de la Loire. Après des études de psychologie, elle est maintenant psychologue à Angers. Elle écrit dans de nombreux genres littéraires : la poésie, les courtes proses, les histoires pour enfants, des nouvelles et des romans.

Au premier abord, la cause est entendue : l’histoire est sans surprise, puisqu’on nous dit tout dans le titre et la quatrième de couverture. Un crime, un collégien poignardé. Et autour de cette photo de classe de seconde, ses camarades qui vivent, ou ont vécu, ce drame de façon très différente… Dix ans plus tard, certains d’entre eux aimeraient tellement revenir en arrière, rembobiner le film et agir autrement. Pour les autres, les avis sont partagés : il y a ceux qui n’arrivent pas à surmonter cet épisode tragique de leur vie et ceux qui, au contraire, s’en servent pour avancer. Quant au professeur de ces adolescents, pour lequel c’était le premier poste, il culpabilise à mort de n’avoir pu éviter la mort de Jonas. Une faute trop lourde à porter qui a brisé sa carrière débutante. Et lorsqu’une élève de la classe devient journaliste, elle tente de lever le voile sur ce drame. Elle interroge un à un ses anciens camarades et aussi le prof. Nous voyons alors défiler une fille fière de sa beauté, ainsi que son inséparable copine. Celle qui se targue de sortir avec le caïd de la classe, mais également l’intello, le timide, l’exclu du groupe qui subit la discrimination raciale et celui qui n’a pas été gâté par la nature. Au fond, tout ce petit monde se souvient très bien de ce drame, mais aucun ne souhaite vraiment s’exprimer. Le meurtre de Jonas est finalement “la faute à pas de chance”, une blague qui tourne au vinaigre, point barre. Avec les années, la maturité acquise par les ados en question les a fait réfléchir au sujet de ce meurtre. Les blessures, portées comme un fardeau trop lourd pour leurs frêles épaules de l’époque, réapparaissent au fil des souvenirs resurgis grâce au témoignage de chacun.

L’auteur, en 56 pages seulement, réussit à nous insuffler des sentiments palpables : le mal-être, la culpabilité, la cruauté des ados, le remords etc. En effet, le bilan est dramatiquement lourd pour une blague de potache : un ado mort, un autre en prison…et une classe entière pas vraiment sereine. La profonde humanité qui se dégage de cette histoire ne laisse personne insensible et touche chacun d’entre nous. Hé oui ! un drame pareil peut arriver n’importe où et impliquer n’importe qui. Au fil de cette lecture, on voit bien que la frontière entre un drame qui vous marque à jamais et celui qu’on aurait pu éviter est extrêmement ténue. L’auteur a voulu, dans cette narration, aborder les différents points de vue des protagonistes et échanger sur un thème plus que difficile.

Au final , un récit poignant qui, ne l’oublions pas, peut nous arriver à tous…