Tu voyages dans notre coeur

Tu vois, on pense à toi ! de Cathy Ytak

tu vois.jpg

Suite à un accident de voiture, Alwena est hospitalisée. Ses amis d’enfance, Clément et Nolan, vont passer une semaine en classe verte sur l’île Scobier, en Charente maritime. Alwena est triste, elle se faisait une telle joie de partir ! Les deux garçons vont alors avoir une idée géniale pour que leur amie fasse partie du voyage. Tous les jours, ils vont lui envoyer un mail pour lui raconter leur journée, lui décrire les paysages. Une belle carte postale virtuelle pour celle qui reste clouée sur son lit d’hôpital. Avant leur départ, Alwena va leur confier une boîte pleine de cailloux que Clément et Nolan devront transporter durant tout le voyage. Beaucoup de mystère autour de cet étrange colis. Pourquoi cette boîte ? Quel message Alwena veut-elle faire passer ?

Une belle histoire d’amitié entre trois amis qui vont se trouver séparés géographiquement mais qui vont rester quotidiennement en contact. On sent immédiatement qu’Alwena est le centre de ce trio. Elle ne sera jamais totalement isolée. Le lecteur rentre tout de suite dans l’histoire, l’auteur campe, dès le début, le décor, le temps, les événements. Cet échange de mails plus ou moins longs donne le ton et le rythme au roman. En fait, ces trois enfants sont sur deux îles, pour Alwena, c’est sa chambre d’hôpital. Les mails représentent un pont qui transmet de la joie à la jeune fille prisonnière d’un quotidien fait de traumatismes et de douleurs. On suit trois histoires en une. Il y a le long rétablissement d’Alwena, le séjour de la classe de primaire et cette boîte confiée aux garçons en lien très étroit avec leur amitié. Chacun apporte quelque chose à l’autre. L’amitié reste le thème principal de ce récit.

Piet Mondrian ?

Mister Orange de Truus Matti.

mister_orange_RVB

New-York, 1943.

    Tout commence avec une paire de chaussures : le frère aîné de Linus part combattre en France et reçoit donc une paire de bottes neuves. Le garçon récupère alors les souliers de son aîné et lègue les siens à son cadet, et ainsi de suite dans la grande fratrie. Aussi, avec le départ du plus grand, chacun chausse également un autre rôle et doit se débrouiller comme il le peut pour marcher du bon pas et endosser ses nouvelles responsabilités.

     Linus, lui, est désormais chargé des livraisons des fruits vendus par ses parents et fait ainsi de nouvelles rencontres, comme par exemple avec celui qu’il surnomme « Mister Orange », peintre européen qui lui fait entrevoir un monde plein de couleurs brutes et de boogie-woogie. Les sens du héros s’éveillent, sa raison également.

______________________________

     Un très beau texte, poétique et empli de symboles, et qui fait constamment appel à l’imagination. Une histoire visuelle et colorée qui joue sur tous les sens (« Pourquoi ne pas donner de nom aux odeurs ? » demande Linus) et surtout très rythmée. Ce roman fait merveilleusement revivre une époque et un lieu très souvent inconnus de nos jeunes lecteurs. 

Lecture vivement conseillée, à réserver aux bons lecteurs. 

Toc toc toc…

Agence Torgnole – Frappez fort, de Gudule

Résultat de recherche d'images pour "agence torgnole"Fanny ne supporte plus de voir tous ces enfants malmenés, maltraités par leurs parents au supermarché. Elle décide de leur venir en aide en montant une agence « l’agence Torgnole », pour venir en aide aux « enfants à torgnoles »… Après distribution de tracs dans les poches des enfants concernés, elle voit arriver ses premiers clients… Sera-t-elle à la hauteur ? Comment va-t-elle pouvoir régler les situations ? Elle s’est peut-être mise dans de beaux draps mais maintenant, faut aller au bout ! Et le « frappez fort » du titre, savez-vous d’où il vient ??? Vous le découvrirez en lisant cette histoire, c’est un passage amusant !

Un policier écrit dans un langage parlé qui traite des violences sur enfants mais avec finalement beaucoup de détachement et d’optimisme… Ca se lit vite, mais je ne sais pas trop quoi en penser… A tester par les collégiens ou CM2 pour savoir s’il doit être gardé ou supprimé du fonds car déjà vieillot… Qui est intéressé ?

Enregistrer

Doux comme la vapeur d’un bain chaud

Le bain de Miyu, bilingue français-japonais, de Jodël Grasset, ill. de Béatrice Testet

Miyu  a passé une bien mauvaise journée à l’école… « Tu ressemble à ces gens qui râlent sous la pluie comme sous le soleil ! », lui dit sa mère lorsqu’elle rentre chez elle… Ce qu’il lui faut ? Un bon bain chaud… Commence alors une douce rêverie dans les vapeurs de l’eau chaude.

Un livre aux illustrations toutes douces, en papier-collé qui nous emporte dans une sorte de fantaisie japonaise. On entre dans un bain de culture, où l’on découvre les mots magiques d’une autre langue : tanuki, shamisen, saké et les habitudes différentes : boulettes de riz et sauce soja, panier repas et idéogrammes.

N’ayant jamais appris le japonais, je ne peux pas juger de la traduction mais la version bilingue avec les idéogrammes japonais sur les pages, invite au voyage. Une première partie comme un simple récit de vie qui glisse doucement dans le surnaturel avec une fin étrange…

Des notes de bas de page et un petit texte explicatif sur le Japon clôturant l’ouvrage complète le récit.

Enfance meurtrie

Sur la tête de la chèvre, de Aranka Siegal

Résultat de recherche d'images pour "sur la tête de la chèvre"Tous les étés, Piri, 9 ans, passe ses vacances chez sa grand-mère Babi, dans un village Ukrainien. Elle se sent bien là-bas, comme coupée du monde. Elle est juive. Mais elle ne comprend pas en quoi elle est différente des autres. Nous sommes en 1939. Babi la rassure mais il est temps pour la jeune fille de retourner chez sa mère en Hongrie. La rentrée des classes est proche. Sa soeur Roszi restera avec Babi. La vie va commencer à être difficile : manque de nourriture, les écoles ferment… L’angoisse et la peur vont être le lot quotidien des familles.

Ce roman est un vibrant témoignage des atrocités de la guerre vécues par le peuple juif. En Hongrie comme dans beaucoup de pays, la guerre fut atroce. Piri est touchante, émouvante et du haut de ses 10 ans, elle nous narre son quotidien. Elle est jeune mais très mature, une maturité qui arrive brusquement, provoquée par les événements si dramatiques. Finie l’enfance, finis les rêves de petite fille. Il faut se battre pour continuer à exister. Elle va peu à peu prendre conscience de l’ampleur des mesures antisémites qui vont s’abattre sur le peuple juif hongrois. Le personnage de la mère est incroyable de courage, jamais elle ne perd espoir. Piri puise sa force dans l’énergie de sa maman. Nous suivrons cette famille jusqu’à son enfermement dans un ghetto puis à Auschwitz.

Un récit autobiographique qui rejoint beaucoup d’autres ouvrages poignants sur une guerre terrible comme Le jounal d’Anne Frank, J’ai quinze ans et je ne veux pas mourir de Christine Arnoty, entre autres, que vous trouverez au CDI. Aranka Siegal est Piri, le lecteur comprend dès de début qu’elle parle de sa famille. Elle arrive à prendre de la distance avec son héroïne, dans le sens où elle qui connaît forcément la fin, laissera vivre les tragédies au travers de Péri. Sur la tête de la chèvre est bouleversant, chargé de l’amour familial. L’auteur a su transmettre à travers le regard de Piri son combat, ses douleurs, son désir de vivre.

Fifi la rebelle

Fifi Brindacier, de Astrid Lindgren

Elle a deux nattes, elle est rousse, elle a des taches de rousseur, des chaussures trop grandes, des vêtements originaux, elle est joyeuse, spontanée… trop spontanée ! Je vous présente Fifi Brindacier. Elle a 9 ans et habite seule dans une villa, délabrée appelée Drôlederepos. Pas de père ni de mère, elle vit avec un cheval et un singe, monsieur Nilsson. Son père, ancien marin, a péri en mer mais elle préfère penser qu’il a échoué sur une île et qu’il est devenu un pirate cannibale et sa maman, quant à elle, est devenue un ange du ciel. Elle va faire la connaissance de Annika et de son frère Tommy, ses jeunes voisins. Fifi va entraîner ses nouveaux amis dans 11 aventures trépidantes.

Fifi est super drôle, une imagination débordante, ne connaît pas les bonnes manières et n’a peur de rien. Super dégourdie, elle sait cuisiner, grimper aux arbres, faire du feu ! Elle a le sens de la justice et donne le tournis tant elle ne tient pas en place. A 9 ans et grâce à son père elle a fait le tour du monde et aime raconter à ses amis les anecdotes de ses voyages. Elle est très indépendante et donc ne se formalise avec aucune règle puisque personne est derrière elle. Elle ne va pas à l’école, contrairement à Annika et Tommy qui ont reçu une éducation et qui ne peuvent pas toujours faire ce qu’ils veulent. Les enfants sont surpris et émerveillés par sa façon de vivre et quelque part l’envient car elle est plus libre qu’eux. Fifi incarne l’enfance joyeuse, insouciante, innocente.

On s’attend toujours au pire avec Fifi qui fait beaucoup de bêtises et c’est ce qui la rend drôle. Jamais punie, très aventurière et délurée, elle plaira à nos jeunes lecteurs.

Mon enfance a été bercée par le personnage de Fifi Brindacier et je n’ai jamais lu le livre !Je n’en connaissais que la série télévisée que j’avais adorée. Aujourd’hui, grâce à cette lectur,e j’ai retrouvé la magie qui opérait en moi.

Au pied d’un grand chêne

Dryade, de Nadja

Les dryades sont les nymphes des arbres. Un jour, alors qu’il s’était perdu, un jeune garçon trouve refuge sous un chêne qui va l’entourer de ses soins et de sa protection, comme il ne fait des dryades. La nuit, l’enfant sort et joue avec elles, et le jour, il observe les humains dans le parc… Mais bientôt, jouer avec les autres enfants lui manque. il devra faire le choix de quitter son refuge et retourner à la vraie vie… Des années plus tard, il se souviendra du grand chêne et viendra s’y recueillir…

Un livre poétique, entre mythologie et rêverie, symbolique du passage de l’enfance à l’âge de raison, illustré en noir et blanc comme le symbole du jour et de la nuit… Un texte très court, à lire dès 7-8 ans.