C’est parti pour le show !

Showcase, tome 1.  Les trois coups,  de A.C Raveleau

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Au décès de sa maman, Chloé, 13 ans, est contrainte de s’installer à Paris chez sa tante Lise, autoritaire et farfelue. Elle quitte ses amies d’enfance, doit intégrer un nouveau collège, elle n’a pas le moral. Mais sa cousine va être là pour la distraire, lui tenir compagnie pendant les soirées ennuyeuses imposées par Lise. Sa tante qui chante et qui fait la tournée de cabarets minables, décide d’inscrire Chloé à des cours de théâtre proposés par son nouvel établissement. Timide, l’adolescente n’est pas prête à affronter cet univers. Contre toute attente, elle  se fait de nouveaux camarades et commence à s’épanouir. Elle  découvre le milieu des comédies musicales et ça va être la révélation ! Elle explique chaque jour, par sms à ses meilleures amies, la folle aventure qui débute pour elle. Elle craque aussi pour un garçon, Ulysse, qui fait également du théâtre. Tante Lise a-t-elle eu raison de pousser Chloé dans cette voie ?

Une belle histoire qui entraîne le lecteur dans le monde rigoureux du spectacle. Le roman reste réaliste car il fait ressortir l’exigence, les sacrifices qu’impose cet univers particulier. Ce n’est pas que strass et paillettes, mais le dépassement de soi et la persévérance sont les deux moteurs de la réussite. Malgré sa timidité, Chloé est très enthousiaste, spontanée, elle donne de sa personne. Pour elle , l’aventure « Show Case » commence, les portes s’ouvrent mais va-t-elle réussir  ? A.C Raveleau nous livre un beau roman qui va faire rêver nos jeunes lecteurs. Chacun de vous va facilement se mettre à la place de ces adolescents sur les plateaux de tournage, pendant les enregistrements, dans les coulisses. Et qui sait peut-être parmi vous se cache déjà un futur talent !

A noter que ce livre a été écrit en collaboration avec l’AICOM, première école dédiée au théâtre en France, créée en 2004. Une école qui accueille des jeunes à partir de 16 ans sur concours d’entrée.

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La nouvelle ruralité

Le 9ème continent de Dominique Corazza

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Avec le 9ème continent, Dominique Corazza a voulu éveiller le sens critique du lecteur en posant un regard moqueur sur les comportements individuels et collectifs des hommes en milieu rural. Quatre courtes histoires qui dénoncent une nouvelle façon de vivre. Quatre nouvelles qui présentent un visage inquiétant de la transformation des campagnes, de la nouvelle ruralité. En campagne, on s’attend à voir des produits du terroir, des cultures en pleine terre. Et bien, la modernisation touche aussi ce milieu qui regorge de fermes urbaines produisant industriellement toutes variétés de produits, tout au long de l’année. Paola qui part explorer la flore et la faune, va en faire la triste expérience.

Certains ruraux se modernisent et démarrent dans une grande cacophonie leurs engins à moteur, toujours plus performants pour entretenir leur terrain. Plus personne n’entend le bruit mélodieux d’une nature étouffée. C’est une banale journée de printemps où tout le monde s’affaire dans un vacarme assourdissant, ne faisant plus attention aux oiseaux qui chantent, au ruisseau qui « glougloute » . La nature est façonnée, modelée par l’homme qui dégaine fièrement ses joujoux d’acier.

L’image de la campagne pour certains citadins reste étroite avec beaucoup de préjugés. Les gens y sont arriérés vivant en décalé avec le progrès, presque encore au temps du Moyen-Age ! Rayan a de la chance. Sa maman a décidé de l’emmener visiter un village à la campagne pendant deux jours ! Elle a pris une chambre d’hôtel qui se situe sur la place du village. Ils sont en pleine immersion. Alors qu’elle pourrait apprécier ce moment de calme loin des turpitudes de la ville, celle-ci va vite se trouver mal à l’aise avec les valeurs traditionnelles du monde rural. Une population, à ses yeux, d’un autre monde, d’un autre espace-temps alors que son fils va très bien s’y faire. Elle qui ne peut se passer de smartphone, elle au caractère si aigri, snobant les gens de la terre.

Pour achever ces différents tableaux, Dominique Corazza dénonce l’invasion des propriétaires qui achètent à la campagne des résidences secondaires, qui font disparaître un cadre local qui vieillit, qui paraît désuet mais qui pourtant est chargé de souvenirs. Adieu les enfances perdues, les âmes des anciens…

Petit à petit, la campagne se laisse rattraper par la modernisation. Les paysages sont transformés. On peut offrir un nouveau visage à nos campagnes sans pour autant les mutiler ou qu’elles deviennent « les campagnes des villes » aux fonctions résidentielles. Il faut savoir aussi les préserver, les faire vivre sans trop les transformer, apporter juste ce qu’il faut pour éviter l’isolement.

Planète bleue en danger

Koboltz, tome 1- mission Uluru, de Benoit Grelaud

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Quels drôles de bonhommes, ces Koboltz. Pas plus de 8 cm de haut mais une volonté à toute épreuve ! Un petit peuple qui vit sous terre et qui s’est donné pour mission de protéger la planète. Entre leur vie souterraine et leurs missions de sauvetage, les Koblotz ont une vie trépidante. Ils ne mangent pas d’animaux et cultivent leurs fruits et leurs légumes sans produits chimiques et traitent leurs déchets. La surface de la terre est devenue invivable, les hommes n’ont de cesse d’inventer des machines et des produits qui polluent la planète ! Alors, quand les humains décident de créer un nouvel insecticide, c’est la révolution. Les Koboltz partent en guerre pour compromettre cette invention. Ils vont avoir besoin de l’aide de Rakiriko, un ancien Koboltz banni de son peuple depuis quelques années, mais qui sait comment se rendre invisible aux yeux des humains. Rakiriko qui a été rejeté, acceptera-t-il de les guider ? Vont-ils réussir à mettre leur plan d’attaque à exécution sans se faire voir ? Nous allons suivre Elmione, Alvyanne, Tammpo, Klayni et Mananann, de gentils petits défenseurs de la planète dans un périple plein de rebondissements !

Le fil conducteur de ce récit est la protection de l’environnement, sujet sensible qui est plus que d’actualité. Tout le monde doit se sentir concerné et adopter le bon comportement pour sauvegarder la planète. Koboltz nous apprend beaucoup de choses et nous fait réfléchir sur nos actes au quotidien.

Les personnages sont tous très différents, des grands, des gros, un mal-entendant, et ces particularités les rendent très attachants. A travers eux, l’auteur dénonce le mal que fait l’homme à la terre. Le lecteur est transporté dans un conte qui est à la fois un récit d’anticipation et un documentaire sur l’écologie. Un sujet sensible traité avec de l’humour sans leçon de morale. Les illustrations hautes en couleur sont magnifiques et nous donnent envie de partager le monde des Koboltz. Une couverture superbe qui invite au voyage.

Histoire de famille

L’inconnu du jeudi soir, de Roselyne Bertin

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Bastien, 11 ans, est un enfant équilibré, heureux avec ses parents et son petit frère. Il habite un petit village où tout le monde se connaît. Ce jeudi-là, le temps est mauvais. Il pleut. Le soir est paisible jusqu’au moment où un inconnu vient frapper à la porte….

Une famille, trois générations. Les journées s’écoulent entre l’école et les journées de travail des parents. Une famille aimante. Une atmosphère douce et rassurante inonde la maison. L’auteur a su entraîner le lecteur dans les odeurs de l’enfance. D’ailleurs, on a l’impression de se retrouver à la place de Bastien au même âge. Une image idyllique qui va s’effriter ce jeudi soir. L’arrivée de cet inconnu va dévoiler un secret et alimenter les commérages du village. Bastien va être bouleversé, choqué par ce qu’il va apprendre.

Un bon moment de lecture qui met en avant les liens familiaux si importants dans les situations difficiles.

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Renaissance

En scène les 5e,  de Pascale Perrier

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Eugénie fait sa rentrée en 5ème. Mais pas de chance, elle se retrouve seule en classe car séparée de sa copine Louise. Elle va devoir en plus subir pendant un an le pire professeur de français du collège ! Et, cerise sur le gâteau, elle qui a du mal à s’exprimer en public devient déléguée de classe ! Une rentrée qui s’annonce mal ! Stanislas, le second délégué va l’épauler et, mieux, va l’inciter à s’inscrire aux cours de théâtre du collège avec lui. D’autant plus qu’Eugénie n’est pas insensible à son charme….

Avec le professeur de théâtre, ils vont réfléchir à un projet qui impliquera la classe entière de 5ème. Les élèves veulent monter une pièce de théâtre pour se moquer de leur professeur de français qu’ils jugent trop tyrannique.

En scène les 5ème raconte la rentrée des classes vue par Eugénie. Jeune ado timide qui petit à petit va trouver sa voie et s’affirmer grâce au théâtre. Elle va prendre en maturité et évoluer. Elle va même commencer à se détacher de son amie Louise qu’elle trouvera trop gamine. L’auteur nous dépeint les amitiés, les jalousies, les amours des adolescents. Il nous montre également comment fonctionne un collège avec les conseils de classe, les cours…

A la fin du livre, Pascale Perrier nous explique le déroulement d’une élection de délégués et donne des conseils sur la manière d’écrire une pièce de théâtre.

Pour tous nos lecteurs un peu timides, plongez-vous dans cette petite histoire qui vous donnera des pistes à explorer pour vaincre vos angoisses.

Une bonne étoile

Cette nuit là, un chat, de Dominique Legrand

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William et Aurélien, deux frères, font l’acquisition d’un chat. Leur père rentre dans une colère noire quand il est mis devant le fait accompli, lui qui a horreur d’un tel animal. Epouse et enfants forment alors une coalition pour le faire plier et le contraindre à capituler. La venue de ce chat lui est pénible, le gêne. Pourquoi un tel sentiment de malaise ? Ce n’est qu’un chat après tout ! La présence de ce félin le ramène à un épisode dramatique de la vie de son grand-père, Henri, en 1944. A l’époque, il travaillait à la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris. Alors qu’il s’apprête à prendre son poste, il est arrêté par les SS et fait prisonnier au château de Vincennes. On va lui imposer la dure tâche de ramasser les cadavres des prisonniers victimes de la barbarie des Allemands. Très vite, Henri va être intrigué par la présence d’un chat noir qui déambule au milieu des soldats. Animal imperturbable qui n’aura de cesse de fixer Henri. Le grand-père n’a jamais aimé les chats, il s’en méfie, l’attitude de celui-ci l’embarrasse.

Sa captivité va virer au cauchemar. Alors qu’il entame un énième transport de corps, les SS lui ordonnent, ainsi qu’à neuf autres prisonniers de se tenir à l’arrière d’un camion. Un soldat prend alors position derrière une mitrailleuse, les hommes sont poussés le long d’un mur. Le chat est toujours là, au milieu du vacarme, en observateur. C’est la fin pour Henri qui fixe le sol inondé du sang d’autres victimes. Soudain, le chat se lève, marche et se dirige vers les soldats en miaulant. Il vient se frotter aux bottes d’un officier qui l’attrape et qui le caresse longuement. Ce dernier le dépose alors à terre, le visage rieur et échange quelques mots avec les SS tout en regardant les prisonniers. Le temps est comme suspendu. Un gradé fait alors signe aux hommes de le suivre. Personne ne va mourir, en tous les cas pas dans l’immédiat. Suivis par l’animal, les captifs sont conduits en cellule et apprennent qu’ils seront tués le lendemain matin. Durant les longues heures qui vont précéder son exécution, Henri aura pour seul compagnon  le chat.

Cette nuit-là, un chat raconte un événement tragique de notre histoire, la guerre et les camps de prisonniers. L’auteur nous dévoile ce qu’a vécu son grand-père en 1944. La description du ressenti d’Henri aux portes de son exécution, de la bestialité des soldats est pleine d’émotions. Un homme qui ne peut échapper à son destin tragique, qui se sait condamné et qui vit ses dernières heures. Il va partager ses ultimes instants avec ce chat qui s’est laissé enfermer dans sa cellule. C’est l’animal qu’il déteste depuis l’enfance, qui va lui procurer ses derniers instants de douceur, d’apaisement, qui va rester avec lui durant cette dernière nuit. Au petit matin, le chat partira non sans lui avoir jeté un dernier regard …..

Un roman simple à lire avec des chapitres courts qui nous fait comprendre que tout être humain peut changer selon les événements qui se dressent devant lui. On a des idées arrêtées sur des gens, sur des circonstances et un jour quelque chose fait que le regard est tout autre. Henri a toujours détesté les chats jusqu’à ce jour de 1944 où l’image que lui renvoyait cet animal s’est transformée.

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Un espace vide plein de ressources

Le zéro d’Oxymoron, de Pierre Moessinger

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Oxymoron, mathématicien dans la Grèce Antique, fut le premier à additionner des loups et des chèvres. Jusqu’à présent, il n’était pas concevable d’additionner ce qui ne se ressemblait pas. Par exemple, un loup additionné à une chèvre n’était pas possible car le loup mangeant la chèvre il ne pouvait que faire un. Oxymoron ne se lassait pas de dire qu’additionner c’est assembler. Mais beaucoup avait du mal à le suivre. Alors, quand il fut question de soustraire ce fut encore une autre paire de manche… Surtout quand le zéro fit son apparition ! Effectivement, soustraire deux quantités égales donne rien… Mais, là encore, la notion de rien perturbe car pour beaucoup il y a toujours quelque chose quelque part. Oxymoron s’arrache les cheveux en entendant de telles « niaiseries ». Sa théorie est remise en cause et fait peur. Il sera même exclu de l’Académie. Quelques siècles plus tard, ses idées sont reprises et l’utilité du zéro est reconnue.

Les personnages sont pures fiction mais les réflexions sont bien réelles.

Il faut dire que c’est difficile de concevoir que rien c’est quand même quelque chose alors que le zéro non.

Ce livre est plutôt un conte philosophique alimenté de discussions de sages, chacun argumentant à sa façon. On s’aperçoit combien le zéro était source de tracasseries.

La lecture est facile malgré le sujet car le ton est léger sur fond d’une petite histoire très abordable avec de belles illustrations sur l’Antiquité.

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