Tout ce que j’aurais dû savoir, de Claire Lazebnik

Maître de son destin…

savoir.jpg

Chloé est une adolescente populaire et très sûre d’elle. Elle a une sœur de 21 ans, Ivy, qui est autiste. Chloé est très protectrice et ne veut pas que cet handicap soit un frein à tout lien social. Chloé se met en tête de trouver un petit ami pour sa soeur. Son choix va se porter sur Ethan qui n’est autre que  le frère de David, un élève de sa classe, peu aimé car très méprisant. Mais Ethan et Ivy ne sont pas à l’aise pour sortir seuls. Pour favoriser un éventuel début d’histoire, Chloé et David vont devoir les accompagner et donc passer beaucoup de temps ensemble.

Le fil conducteur de ce roman est le lien presque fusionnel entre les deux sœurs. Le sujet délicat qu’est l’autisme met en parallèle deux binômes , David et Ethan, Chloé et Ivy. Beaucoup de réalisme et d’émotions de part et d’autre, de jolies leçons de vie. S’en dégagent aussi la difficulté à affronter le regard des autres, les maladresses et les incompréhensions dont peuvent faire preuve les familles. D’où la difficulté pour les personnes autistes à trouver parfois leur place aussi bien dans la société qu’au milieu de leurs proches. Les personnages qui gravitent autour des protagonistes amènent leur lot de préjugés.

Une belle histoire qui prouve qu’on ne peut pas aller contre la nature des êtres et qu’il faut que chacun fasse son chemin en suivant ses propres convictions.

Le gentil petit diable et les autres contes de la rue Broca, de Pierre Gripari

Au 69 rue Broca..

diable.jpg

Pierre Gripari prend un grand plaisir à détourner les caractères des personnages. Les niais ne sont pas aussi bêtes qu’ils y paraissent et les méchants peuvent avoir du cœur. Bref, les codes sont bouleversés, les personnages sont révélés sous de nouveaux visages. Pierre Gripari nous présente six contes qui permettent de retomber en enfance pour certains ou de découvrir des classiques pour d’autres. Des contes qui font partis des Contes de la rue Broca et qui mettent en scène, entre autre, un gentil petit diable qui habite l’enfer et qui a le malheur de ne pas être méchant. Il veut faire du bien autour de lui, au grand dam de ses parents. Au fil de la lecture, nous ferons la rencontre d’une patate bien singulière puisqu’elle va tomber amoureuse, nous irons sur une île lointaine chez le prince Blub qui a l’intention depuis toujours d’épouser une sirène et nous croiserons le chemin du cochon qui a avalé l’étoile polaire. Autant de personnages que de situations fantaisistes. Alors, si vous aimez l’originalité, l’imaginaire, les belles morales et l’humour, faites un détour par la rue Broca !

Garfield, de Jim Davis

C’est l’histoire d’un chat….

garfield2.jpg

Jim Davis a grandi dans une ferme, entouré de félins. Après s’être essayé à la création d’une première série qui fut un échec, Jim Davis se met alors à réfléchir à une bande dessinée qui pourrait plaire au public américain. C’est ainsi qu’en s’inspirant de son enfance, il crée Garfield avec les traits de caractère de son grand-père James A. Garfield. La bande dessinée sera publiée pour la première fois le 19 juin 1978.

Garfield est un chat roux, gros, gourmand et égoïste. Il adore manger, surtout les lasagnes. Mais ne lui présentez pas de la nourriture pour chat, il déteste ! Il est friand de ce qu’on appelle la «malbouffe», hamburgers, pizza, bonbons…Manger et dormir sont d’ailleurs ses activités préférées. C’est le félin le plus paresseux de l’histoire de la BD. Il est parfois à la limite de l’énervant et du politiquement incorrect.

Il fait souvent enrager son maître Jon, qui l’adule, et attaque souvent Odie, le chien de la maison. Garfield se sent supérieur à tout le monde, il a un humour cynique. Il a horreur du lundi, du facteur et des anniversaires. Eh oui, Garfield a peur de vieillir et chaque année c’est le drame.

La famille de ce gros chat qui compte près d’une quarantaine de membres est très délirante.

Jim Davis multiplie les gags qui tournent autour de ce chat orange et, à travers lui, critique nos modes de vie.

Garfield a fait l’objet d’adaptations au cinéma et en romans parus dans la bibliothèque rose. A ce jour, 63 albums ont été publiés. Grand succès pour Garfield qui est traduit en 28 langues, dans 111 pays. En France, il est publié chez Dargaud.

Le CDI possède 4 albums : Tiens bon la rampe ; Garfield est  un drôle de pistolet ; Garfield se prend au jeu ; Ma soupière préférée

 

 

Droneboy, de Hervé Jubert

Une guerre écologique

boy.jpg

Droneboy est l’histoire d’une querelle autour de la défense d’une zone humide, véritable réserve naturelle, menacée par un barrage. En effet, la zone risque d’être noyée sous une retenue d’eau commandée par le Conseil Régional. Les écologistes veulent la protéger alors que les paysans au contraire veulent l’exploiter pour irriguer leur terre. Mais la politique, la loi et l’argent vont s’immiscer entre les deux camps, interdisant tout dialogue entre les protagonistes. Les familles sont partagées, certaines jouent les gros bras et d’autres, comme celle de Paul dont les parents sont divorcés, vont se battre pour défendre la nature. Le père de Paul est garde forestier et sa mère vit en ville. Les parents vont faire front pour une bataille commune. Paul a une amie, Manon, dont la famille ne prend pas position, qui est en pleine révolution adolescente et qui se cherche politiquement.

Il y aussi les deux jeunes jumeaux, Jason et Kevin, qui sont en quelque sorte la milice des lieux et qui font marcher les muscles avant le cerveau, pour combattre les opposants au projet de barrage. Les générations s’opposent entre des jeunes, souvent provocateurs,  qui grandissent avec les nouvelles technologies, les réseaux sociaux, et des adultes qui n’ont pas les mêmes intérêts.

Paul possède un drone qu’il pilote sans cesse à travers les bois et qui va devenir le témoin des querelles et controverses. Une arme redoutable qui peut devenir dangereuse.

Droneboy est un roman plein de suspens et d’action. L’auteur s’est inspiré de faits existants, ce qui rend l’histoire réaliste. Les personnages au fort caractère sont convaincants. L’auteur donne la parole à chacun sans jugement, ce qui permet au lecteur d’entendre tous les arguments. Mais il montre aussi les dérives des engagements, les excès pour défendre une cause que chacun pense juste. Ce genre de combat brûlant reste d’actualité.

Un monde horribilis, six courtes pièces d’humour noir, de Claude Broussouloux

Un monde obscur…monde.png

Claude Broussouloux nous présente six pièces à l’humour très noir où s’entremêlent des situations plus sombres les unes que les autres : un restaurant où la nourriture peut vous réserver des surprises, une opération chirurgicale qui tourne au vinaigre, une discussion mouvementée qui remet en cause la guerre de cent ans… Rien ni personne n’est préservé. Un humour cash qui nous tombe dessus et qui nous laisse pantois. Des chutes toujours aussi surprenantes, un style direct et qui nous charme toujours autant.

Quintland : l’incroyable destin des premières quintuplées, de Fred Dupouy

Cinq naissances miraculeuses, pour cinq vie de cauchemar

img124.jpg

Le 28 mai 1934, au Canada, dans le petit village de Corbeil, Elzire Dionne, déjà maman de cinq enfants, donne naissance à cinq jumelles. Elles naissent deux mois avant terme. Leur chance de survie reste bien mince. Contre toute attente, les petites filles s’accrochent à la vie. Une équipe d’infirmières et le médecin de famille veillent jour et nuit sur elles. Cet événement, exceptionnel pour l’époque, retient l’attention des médias qui s’emparent rapidement de «l’affaire». Les quintuplées deviennent des bébés célèbres et les parents Dionne commencent à recevoir des propositions financières, pour «exhiber» leurs progénitures. Mais le plus dramatique arrive, lorsque le gouvernement ontarien promulgue une loi, faisant des filles Dionne, des pupilles de l’Etat. Les enfants sont alors retirées à leurs parents, pour être confiées à des tuteurs. Au début, cet enlèvement est justifié par le fait que les parents sont déjà à la tête d’une famille nombreuse, et qu’il leur serait difficile de s’occuper de cinq nouveaux enfants. Mais le gouvernement qui a vite compris l’intérêt national et international porté à cette naissance multiple, exploite à son tour cet événement. En face de leur lieu de naissance, sont construits une immense nursery et un hôpital où vont vivre les filles. Les enfants grandissent, voient leurs parents à des moments soumis à un règlement. Elles n’ont aucun contact avec l’extérieur et deviennent très rapidement une curiosité touristique. Des curieux du monde entier se pressent au quotidien, derrière des grillages, pour observer les fillettes. Ainsi naît Quintland, un parc dont l’unique attraction se résume à cinq petits êtres fragiles. Un véritable commerce va voir le jour, avec la création de boutiques de souvenirs, de produits dérivés à l’effigie des filles qui vont même prêter leur image pour des publicités. Des équipes de tournage vont se déplacer pour filmer les nourrissons, à différentes étapes de leur existence. Dès lors, quel sera l’avenir de ces cinq bébés dont les premiers moments de vie ont été orchestrés par des personnes qui ne pensaient qu’à s’enrichir ?

La lecture de Quintland, l’incroyable destin des premières quintuplées m’a laissée sans voix, m’a interloquée. Quelle histoire ! Une histoire qui a vraiment existé et qui a marqué les années 30. La naissance de ces bébés a vraiment été un événement, car ils ont été les premiers quintuplés connus pour avoir dépassé la petite enfance. Mais ce qui m’a effarée, c’est cette surexposition au monde. En fait, c’était une télé-réalité avant l’heure. Leur quotidien n’a eu de cesse d’être médiatisé. Quintland n’était, ni plus ni moins, qu’un zoo, ouvert à un public déchaîné et agressif.

Beaucoup de gens autour des quintuplées n’ont pas résisté à la tentation et ont réalisé de nombreux profits. Les parents, dépassés par toute cette agitation et cette médiatisation, ont finalement bâti un commerce sur leurs progénitures. Le village s’est agrandi avec la construction d’hôtels, de magasins de souvenirs, de restaurants. Et les filles dans tout ça ? Elles ont vécu sans réels contacts avec leurs frères et sœurs. Elles ont grandi pendant 9 ans, coupées du monde extérieur, sans liens sociaux, toujours qu’entre elles. Il leur était interdit de sortir. Elles étaient cinq mais ne formaient qu’une entité.

Fred Dupouy a su parfaitement transmettre cette atmosphère malsaine qui a entouré les nouveaux-nés. Une vie qui leur a été volée. Une vie monotone, sans relief, recluse, mise en scène pour l’appât du gain. Du voyeurisme poussé à l’extrême. Je veux bien croire que, pour l’époque, ces naissances tenaient du miracle, mais je ne comprendrai jamais comment des gens ont pu être aussi avides d’observer des enfants comme des bêtes de foire !

Quand on voit toutes ces émissions de télé-réalité qui inondent de nos jours nos programmes télé, on se dit que Quintland a été quelque part un phénomène avant-gardiste.

Astérix et Cléopâtre, de René Goscinny

Une reine d’Egypte aussi belle que rebelle

asterix.jpg

Ne supportant plus les critiques de César sur son peuple égyptien, sa culture, Cléopâtre fait le pari que son peuple peut faire de grandes réalisations. Elle ordonne donc à Numérobis, l’architecte, de construire un palais, en moins de trois mois. Mais celui-ci s’avère être un piètre entrepreneur. Il risque d’être jeté en pâture aux crocodiles si sa mission n’est pas remplie. Il va donc demander de l’aide à Astérix et Obélix pour ne pas être réduit en bouillie.

Astérix et Cléopâtre, publié en 1965, est le 6ème album de la série de bandes dessinées de René Goscinny et Albert Uderzo (illustrations). Un scénario plein d’humour, avec jeux de mots et situations comiques. C’est le début des histoires d’Astérix, les personnages, les illustrations vont évoluer au fur à mesure du temps. Quatre personnages vont former le pilier de chaque album, Astérix, Obélix, Panoramix et Idéfix qui seront systématiquement présents dans tous les albums.

Astérix est apparu en 1959. Après la mort de Goscinny en 1977, Uderzo continue seul puis passe la main en 2013 à Jean-Yves Ferri et Didier Conrad. La série met en scène un petit village gaulois qui poursuit seul la lutte contre l’envahisseur grâce à une potion magique préparée par le druide. A ce jour, on dénombre 37 albums.