C’est écrit sur ses lèvres, de Brigitte Aubonnet

Maman, laisse moi vivre…

sourd.jpg

C’est écrit sur ses lèvres est une belle rencontre. C’est l’histoire de Valériane et Ludo, deux adolescents de quinze ans, fous amoureux. Banale comme histoire ! Ah oui mais j’oubliais, ils sont sourds. Et alors ? Ils font avec et s’en sortent très bien. Mais pour la mère de Valériane, ce handicap est un obstacle au bonheur. C’est en grande partie la source des conflits qui opposent Valériane et sa mère. La jeune fille veut vivre, ne pas avoir de chaînes aux pieds, la surdité étant déjà un enfermement en soi. Les deux ados s’aiment, ils ne font qu’un. Leurs mères respectives, qui ne s’entendent pas, s’opposent à cette relation. Mais les adolescents plein de ressources n’ont pas dit leur dernier mot.

Etre parents n’est pas toujours chose facile. Il faut composer avec les caractères, gérer les conflits et malgré l’éducation qu’on essaie de transmettre à nos enfants, on n’est à l’abri de rien. Un dérapage, de mauvaises fréquentations et tout peut basculer … sans même parler de la période de l’adolescence !

Mais quand on est parents d’enfants à handicap, la vie est bouleversée, on se demande que sera leur avenir, leur place dans une société qui a du mal avec le «vivre ensemble», avec la différence. Alors on veut les protéger et parfois on dresse un mur tout autour d’eux en pensant que c’est mieux ainsi. C’est humain, car le regard des autres qui jugent une différence qu’ils ne connaissent pas, peut faire beaucoup de dégâts.

Le point commun à ces deux situations est qu’on veut toujours le meilleur pour nos enfants, on veut qu’ils réussissent, qu’ils se construisent, qu’ils soient heureux tout simplement. Mais faut-il pour autant les «enfermer» dans une bulle, les isoler pour mieux les protéger ?

A travers le regard de Valériane, le lecteur part à la découverte du monde des sourds. Détermination et combat sont les mots clefs de ce roman. Ce livre fort et émouvant nous parle de l’adolescence, de l’exclusion, des doutes, des relations humaines et de la vie. Souffrance et acceptation de soi cohabitent mais là encore, pour exister, il faut persévérer, ne pas lâcher prise. Une dure bataille pour pouvoir voler de ses propres ailes… Et puis il y a tous les autres, ceux qui jugent, qui regardent la personne à handicap avec mépris, qui la snobent. La différence naît dans le regard des autres, de ceux qui ne savent pas, qui ignorent toute la difficulté à être différent. Mais heureusement, il y a encore des gens qui font preuve d’empathie et de tolérance, qui acceptent que la personne à handicap puisse vivre, travailler. Le chemin vers l’égalité des droits et des chances est encore bien long…

Un hymne à la tolérance, à lire !

Prunelle, de Yvon Mauffret

Une belle promesse…

pru.jpg

Prunelle nous plonge au coeur de la Bourgogne, dans la Puisaye, au nord de la Loire. Paysages verdoyants, belles forêts où les animaux peuvent encore vivre en toute liberté. Depuis quelques jours, un froid sec recouvre la région mais une agréable chaleur enveloppe la maison de Louis Simoneau, garde-chasse. Le feu crépite dans la cheminée, agréable moment que partagent sa femme et sa fille Anne-Lise. Louis va nourrir les sangliers et Anne-Lise ne raterait pour rien au monde ce moment. Aujourd’hui, c’est mercredi, elle va pouvoir monter dans la vieille camionnette de son père et parcourir la végétation couverte de givre. La jeune fille adore les animaux et elle céderait sa place à personne ! Sans leur intervention, les bêtes auraient du mal à passer l’hiver. Chaque jour, le père et la fille sont heureux de retrouver Prunelle, une laie que la grand-mère d’Anne-Lise a sauvée alors qu’elle n’était qu’un jeune marcassin. Une fois adulte, elle a regagné les bois mais elle est toujours restée fidèle à la famille. Le rôle d’un garde-chasse est aussi d’organiser des battues. En effet, des chasses sont programmées et c’est lui qui doit les orchestrer. Quand Monsieur Poiret-Moulin propriétaire du château et patron de Louis arrive, Anne-Lise comprend que le chant de ce doux paysage et de cette nature si apaisante va disparaître sous les tirs d’hommes sans scrupule. Des bêtes vont être abattues en masse et portées comme des trophées. Anne-Lise en est malade, mais si son père refuse de préparer cette grande chasse, il sera licencié. Tant pis, la jeune fille décide malgré tout, de mettre tout en œuvre pour compromettre la journée festive de Monsieur Poiret-Moulin. Pourra -t-elle éviter ce qui se prépare ?

Prunelle est une belle histoire de profonde amitié entre des hommes et des animaux. Des défenseurs de la nature qui vont vite se trouver confrontés à des hommes qui tuent pour le plaisir. Et cette histoire se passe près de chez nous, en Puisaye, étonnant hasard, n’est-ce pas ? 

Le chat, série de Philippe Geluck

Chat alors !

10620991lpw-10621058-article-francebelgiumartcartoongeluckportrait-jpg_4611841_980x426.jpg

Le chat est une série de dessins humoristiques de presse et de bandes dessinées, créée par Philippe Geluck, artiste belge. Le 22 mars 1983, ce personnage fait sa première apparition dans un journal belge dont il deviendra vite la mascotte. En octobre 1986, le premier album du Chat paraît aux éditions Gallimard. Un succès immédiat en Belgique, un peu plus discret en France. Trente ans après et 21ème album plus tard, Le Chat est en pleine forme et fait toujours un carton.

Cest un chat gris, aux oreilles pointues, au gros nez, vêtu et ayant les mêmes comportements qu’un homme : il conduit une voiture, va au bistrot et s’adresse directement au lecteur. Sa bouche reste toujours fermée, sa gestuelle simple.

Geluck s’est inspiré d’un chat qu’il avait dessiné sur les faire-parts de son mariage, il lui a ajouté une cravate, un manteau et lui a fait commenter l’actualité. Voilà comment est né le personnage. Ce anti-héros par excellence se nourrit du quotidien qu’il commente avec un humour décapant, jouant parfois avec le feu. Il porte également un regard tranchant sur les dérives de la société. C’est un gros matou dont les griffes très aiguisées n’hésitent pas à égratigner les bonnes manières. Geluck s’amuse, manie le gag et les jeux de mots à la perfection. Le chat est tellement célèbre qu’un musée va être construit à Bruxelles en 2020.

Le CDI possède 5 titres de la série :

Le Chat / Le top du chat / La vengeance du chat / Le 4e chat / Le retour du chat

Gare au carnage, Amédée Petipotage! de Jean-Loup Craipeau

 Un  ami en détresse…amadee.jpg

Amédée, un jeune garçon, décide de se lever tôt, ce dimanche matin pour profiter de la neige et surtout pour être le premier à faire des traces dans cette poudre blanche. Alors qu’il arrive dans les bois de Vincennes, il aperçoit un homme torse nu, qui se débarbouille au bord du lac. Amédée ne comprend pas ce qu’il fait là. En fait, cet étranger est un sans domicile fixe qui s’appelle Clodo…Pour se nourrir, il fait les poubelles la nuit. Emu, le jeune garçon en parle à ses parents qui décident de déposer, en secret, des sacs de nourriture à proximité du refuge de fortune de l’homme. Mais un soir, alors qu’Amédée dépose un sac, des bruits de frein terribles le font sursauter. Deux individus sortent d’une grosse BMW. tandis que l’un reste faire le guet, l’autre se rue sur une poubelle pour y dissimuler un paquet, puis ils repartent en trombe. Clodo apparaît, se saisit du paquet. Il l’ouvre et trempe son doigt pour goûter le contenu. Amédée repart chez lui mais très intrigué par ce qu’il a vu, il décide de mener son enquête et revient le lendemain soir au même endroit. Clodo est là, une discussion animée commence avec les individus de la veille. Mais l’un d’eux est armé. Que se passe-t-il ? Qui est en réalité ce Clodo ? Que cache-t-il ?

Amédée se lance dans une enquête pleine de rebondissements, où règlements de compte nous emmènent dans un univers sans concessions. Heureusement, il va pouvoir compter sur le commissaire Brunet nommé à la tête de cette affaire. Et vous, jeunes lecteurs, ouvrez bien l’oeil pour aider Amédée !

Le refuge des ptits-tout-seuls, de Marie et Joseph

Des nouveaux amis…

petits.jpgLes ptits-tout-seuls, c’est une bande de copains qui ont bâti un refuge pour chiens abandonnés. Tous les jours après l’école, les enfants vont les nourrir, les sortir. Mais quand Sarah est allée au refuge ce midi, l’enclos était ouvert et il ne restait plus aucun chien. Un garçon de la classe est vite soupçonné : le Hibou. On l’appelle ainsi car il porte des lunettes énormes. Ayant un souci à un pied, il est obligé, en plus, de porter une grosse chaussure. Il est tout le temps tout seul et quand il a voulu faire partie des Ptits-tout-seuls , il s’est fait rejeter. Il a été menaçant en disant qu’il se vengerait. Alors forcément, il est pointé du doigt. Mais prudence, les soupçons ne suffisent pas, il faut des preuves. Un membre de la bande décide de mener son enquête et à la surprise générale, il demande à «Hibou» de l’aider à démasquer le ou les coupables. Le binôme est prêt à se lancer aux trousses des malfrats à la manière de  Starsky et Hutch, les célèbres détectives. Une course contre la montre va commencer. Nos deux héros vont-ils réussir à remonter la piste des malfrats qui ont kidnappé les chiens ? L’enquête parait déjà difficile car les indices sont très maigres.

Une intrigue policière qui va mener notre jeune public au sein d’un vaste trafic de chiens. Le lecteur est sensibilisé au fait que des animaux sont sacrifiés pour des tests en laboratoire. Triste réalité ! Un moment de lecture qui met aussi l’accent sur la différence. Hibou se prénomme en réalité Wladimir. Il porte de grosses lunettes et une malformation handicape un de ses pieds. Alors, on lui donne un surnom. Les soupçons se portent sur lui simplement parce qu’il n’est pas comme les autres. Et pourtant c’est lui qui va mettre tout en œuvre pour retrouver les chiens. Au final, il va gagner sa place au sein du groupe et forcer le respect. Hibou a disparu, Wladimir est né.

Une petite place sur cette Terre de Hélène Montardre

Un coin de paradis

place.jpg

Rudy et sa maman Stela, vivent dans le grenier d’un immeuble. Ils doivent se faire discrets, ils sont étrangers, sans-papiers, sans famille. Mais un jour, la concierge les chasse, ils sont alors contraints de se trouver un autre endroit. Peu importe où ils vont, Rudy ne veut pas quitter son école qui constitue pour lui un refuge où il se sent bien. Malgré les difficultés qui se multiplient, une mère épuisée qui s’effondre, Rudy ne perd jamais l’espoir d’avoir une vie meilleure. Surtout lorsqu’il écoute une histoire mythologique racontée par les dames du bibliobus. Une histoire qui l’emmène loin, loin, sur une île qui flotte, une île qui se promène sur la mer. Alors, comme aucune terre n’est prête à l’accueillir, Rudy se met en tête de trouver cette île pour se mettre en sécurité. Un rêve fou qui va le rendre plus fort et qui sait, finira peut être par se réaliser.

Un roman qui traite du sujet des migrants, des sans-papiers qui fuient leur pays en quête d’un Eldorado. Ils n’ont plus rien et se battent pour survivre. Une petite place sur cette terre évoque toutes ces difficultés à travers les yeux d’un enfant qui croit en sa bonne étoile, prêt à vaincre tous les défis d’une vie qu’il n’a pas choisie.

La spirale de Sophie Bénastre

Quand tout bascule…

spirale de sophie.jpg

Lou et Joshua sont des amis inséparables. Ils n’ont aucun secret l’un pour l’autre. Mais depuis quelques temps, Lou est inquiète, elle ne reconnaît plus son ami. Certes, ses parents sont en plein divorce et Joshua doit se partager entre son père et sa mère. Une semaine chez l’un, une semaine chez l’autre. La situation est difficile pour le jeune garçon. Lou est cependant très intriguée par le comportement de Joshua au retour de chez son père. Il sent mauvais, il a les traits tirés, les devoirs ne sont pas faits. Au contraire, lorsqu’il est chez sa maman, tout a l’air de bien allé. Lou essaie d’en parler à son ami mais celui-ci l’évite et coupe court à la conversation.

Un soir après l’école, la jeune fille décide de suivre secrètement Joshua. Ce qu’elle va découvrir va la bouleverser.

Ce roman de littérature jeunesse traite du délicat sujet de la séparation, de la perte d’emploi, de la vie qui bascule quand la vie familiale éclate. Au milieu, il y a l’enfant qu’on doit protéger, auquel on doit assurer un niveau de vie suffisant pour son bien être physique et mental.

Ce court roman au ton juste fait partie de la collection « Droits de l’enfant » des éditions Oskar et permet d’aborder l’article 27 de la Convention internationale  des droits de l’enfant suur le niveau de vie : « Tout enfant a le droit à un niveau de vie suffisant à un développement physique, mental, spirituel, moral et social. »