Le prix de chaque jour, de Mireille Disdero

L’autre côté du miroir…

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Quelle que soit l’épreuve qu’il faille combattre dans notre vie, le traumatisme est présent et souvent difficile à surmonter. On pense au passé, on n’évoque pas l’avenir car c’est trop douloureux. Comment faire pour oublier, quand la blessure est toujours là pour nous rappeler que tout s’effondre.

Laurie, 16 ans, se souviendra à jamais de son retour de vacances. Elle avait des projets plein la tête, des rêves comme toutes les adolescentes de son âge. Elle était avec sa mère. Mais il y a eu ce choc, ces tôles froissées, ces cris, le sang, la peur, les larmes……

A l’hôpital, Laurie est face à ce miroir qui lui renvoie une image en demi-teinte, un visage dont un côté reste sans expression, comme figé. C’est le drame pour Laurie qui est abasourdie. Ce n’est plus elle. Comment va t-elle faire pour vivre avec cette figure cassée, une figure qui n’exprimera sans doute plus rien … comme laissée en veille.

Le prix de chaque jour est un beau roman tendre et émouvant. Il met en scène un moment important de la vie de Laurie. Un moment qui va bouleverser son existence sans la détruire, car une rencontre va l’aider à comprendre que, quoiqu’il arrive, la vie est belle et vaut la peine d’être vécue. Un moment ressenti de l’intérieur, avec les émotions d’une jeune victime qui trouve les mots pour exprimer ses doutes, ses angoisses mais aussi ses espoirs.

Le journal de ma nouvelle vie, de Yves-Marie Clément

Un avenir à reconstruire…

Ambre-Océane est une joyeuse adolescente, élève enclasse de  4ème au collège Jean Moulin de Saint-Maur. Elle pratique le judo et plus tard elle voudrait en faire sa profession. Elle a tout pour être heureuse mais le destin va en décider autrement… C’est l’accident, le trou noir. Une vie brisée, des espoirs qui s’effondrent, une adolescence qui s’effrite. Ne pas pouvoir revenir en arrière, un horizon qui s’obscurcit, faire le deuil de son ancienne vie. Comment remonter la pente quand son existence a basculé ?

Un journal intime où se mêlent émotion et colère, culpabilité et pardon. C’est le choc quand le diagnostic tombe. Tout s’écroule. Le désarroi des parents, des amis soudés, une jeune fille qui doute. Cette histoire est touchante. Le récit ne se veut pas larmoyant mais il dégage des émotions qui nous submergent au fil des pages. Il nous fait relativiser les petits bobos du quotidien et nous donne une leçon de vie.

Délit de fuite, Christophe Léon

Une course impardonnable

Afficher l'image d'origineLes parents de Sébastien, adolescent âgé de 14 ans, sont divorcés. Sébastien vit avec sa mère et passe quelques week-end chez son père. Un vendredi soir, son père, Paul, vient le chercher pour passer le week-end dans leur maison de campagne au Frais-Marais. Mais ce soir là, le père de Sébastien a un rendez-vous important avec un plombier. Nerveux de nature, un embouteillage les retarde. Impatient, il devient imprudent et roule à vive allure. En traversant un village, il décide de ne pas ralentir et roule à 100 km/h, expliquant qu’il n’y a jamais personne. Il fait nuit, une femme descend de sa voiture, le père de Sébastien la percute. Malgré cet accident, il continue sa course. Sébastien est furieux contre son père et complètement paniqué, il veut retourner voir cette femme. Son père refuse catégoriquement. L’adolescent ne pourra vivre avec ça… Traumatisé, son comportement va changer, il sèche les cours, boit de l’alcool et en veut terriblement à son père. Un jour,  il va prendre une décision pour essayer de se sortir de cette impasse psychologique dans laquelle il se trouve depuis cet accident.

Loïc a 17 ans, travaille dans une ferme en tant qu’apprenti et suit une formation d’ouvrier agricole. Orphelin de père depuis qu’il a 6 ans, il vit seul avec sa mère, Francine, et est considéré comme un bon garçon au sein de leur village. Un vendredi soir, Loïc et sa mère vont dîner chez des amis à elle. Comme souvent, Loïc ne fait pas part d’un grand enthousiasme pour ce genre de soirée. Prudente au volant, Loïc charrie sa mère sur le trajet. Celle-ci ne se doutait pas que le danger pouvait se produire lorsqu’elle descendait de sa voiture.

Loïc et Sébastien, deux garçons bien différents, au mode de vie  et aux préoccupations différents seront réunis à cause d’un destin dramatique.

Délit de fuite est un roman palpitant où les rebondissements se succèdent tout au long de l’histoire. Ce drame est bouleversant et montre que le destin est parfois cruel tant sur le plan physique que psychologique. La description de chaque instant, des trajets de Loïc en vélo, des conversations sont très réalistes et nous font vivre ce drame comme si nous étions à la place de Loïc. Les relations père-fils, mère-fils sont traitées avec justesse, notamment dans un contexte où chacun traverse une épreuve difficile. La question du divorce n’est  pas non plus épargnée ainsi que celle de la maturité d’un jeune au passé et au présent douloureux.

Je conseille ce roman à partir de la 3ème qui semble viser un public lycéen au vu du style littéraire adopté et du vocabulaire plus ou moins soutenu. Pour ceux qui souhaitent prolonger cette lecture, France 2 a adapté Délit de fuite en téléfilm avec un acteur bien connu Eric Cantonna jouant le rôle du père de Sébastien.

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Toute seule dans la nuit, de Sandrine Beau

Mais où est passé papy ?

Afficher l'image d'origineLa petite Miette, 10 ans, est venue passer quelques jours chez son grand-père qu’elle adore… Lui, au moins, la comprend ! Alors qu’elle somnolait sur le canapé, elle se réveille bientôt en sursaut. Elle entend des bruits étranges, elle est seule dans la maison et la nuit est tombée… Son grand-père s’est absenté pour une course. Mais pourquoi tarde-t-il tant ?  Et qui s’est introduit dans cette ferme isolée  ?

Voilà un petit thriller pour les plus jeunes ! Ce huis-clos angoissant met en scène une enfant, seule alors qu’elle ne devrait pas l’être et aux prises avec un rôdeur. Où se cacher, comment fuir sans se faire remarquer, voici l’histoire du point de vue de Miette qui donne son nom aux chapitres la concernant. Et puis, il y a les autres chapitres, ceux qui donnent la voix à Roberto le grand-père et qui nous permet de comprendre son absence prolongée et involontaire qui l’empêche de rejoindre sa petite fille. Aucun des deux ne sait ce qui arrive à l’autre et tous les deux sont inquiets de la situation. A travers ces deux voix, c’est la petite histoire familiale de Miette qui nous est révélée par petits bouts. Ainsi, l’air de rien, des thématiques touchant les adolescents sont abordées : relations intergénérationnelles, éducation, conflit avec les parents sur des sujets comme le portable, la nourriture, le choix du prénom…

La peur sans les monstres, avec de vrais malfrats, le suspens et la tension qui montent : une histoire bien menée, très réaliste et simple à lire avec de jolies illustrations.  Pour les jeunes amateurs du genre !

L’évasion de Kamo, de Daniel Pennac

La révolution de Kamo

La mère de Kamo est partie pour plusieurs mois, confiant Kamo à la famille de son meilleur ami. Pourquoi ? Pour suivre les traces de son passé, en Union soviétique. Les vacances dans le Vercors semble être un bon moyen pour faire oublier à Kamo que sa mère ne l’a pas emmené avec elle dans ce trop long périple… Le père, Pope, a remis en état une vieille bicyclette mais Kamo refuse catégoriquement de monter dessus : « Une peur sacrée », d’après lui. Pourtant, un déclic va avoir lieu et les vélos sont rapatriés à Paris. Alors qu’il se rend, un soir, à une séance de cinéma, l’accident arrive, et c’est l’évasion de Kamo… Quelle évasion, je ne le dirais pas car ce serait révéler le secret de l’histoire.

Une nouvelle aventure de Kamo, toujours racontée par son meilleur ami, le narrateur de l’histoire.
Originale, ça on ne peut pas dire le contraire… Peut-être trop car sur le coup, on a un peu une impression de « sans queue ni tête ». Moi qui avais vraiment apprécié Kamo, l’agence Babel, j’avoue avoir été un peu déçue par cette nouvelle aventure… Le même principe a été retenu par l’auteur : mélange de passé et de présent, de réalité et de fiction, mélange de nationalités. Donc on est dans une impression de « déjà-vu ». On voyage, on se cultive éventuellement avec les références historiques sur la Russie tsariste du début du XXème siècle. Mais cette fois, cela ne semble pas réaliste pour deux sous, et je n’ai pas accroché.

Pour ceux qui ont lu l’histoire, ou pour ceux qui  ne sont pas gênés d’en savoir plus avant la lecture, sachez que tout tourne autour du grand-père de Kamo, qui s’appelait lui aussi Kamo et qui était un révolutionnaire russe exilé en Sibérie.  Mais  c’est cette histoire de révolution russe vécue par le grand-père et ressentie par notre Kamo qui trouve très difficilement ses marques au fil des pages.

Malgré tout, ce livre est facile à lire et on ne s’ennuie pas. A l’occasion, j’achèterai quand même les autres titres de cette série pour me faire une opinion globale.