La petite fille et la mort, de Rodolphe, ill. Tom Tirabosco

Il est l’heure de partir…

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Cloé est une petite fille heureuse qui vit dans une grande maison avec ses parents, ses deux frères et ses grands-parents qui occupent avec le chat le second étage. C’est l’hiver, il fait bon d’être à la maison, dehors le vent souffle, il pleut. Un soir, on sonne et Cloé qui est la seule à avoir entendu, se précipite pour ouvrir. Mais derrière la porte, se dresse une étrange créature vêtue de noir, les doigts crochus, qui brandit une faux. Sous sa capuche, Cloé découvre une tête de mort recouverte d’une fine peau. Effrayée, Cloé s’interroge. Le terrifiant visiteur lui annonce qu’il représente la mort et que l’heure est venue pour un des membres de la famille de le suivre. Il a un ordre de mission mais avec la pluie, le nom de la personne qu’il doit emmener est effacé. Alors qui doit partir ? Cloé ne comprend pas, c’est le choc.

La mort fait partie de la vie et parfois les enfants sont aussi confrontés à ce malheur, à la perte d’un être cher. La vie est injuste et on ne se résout jamais à voir partir ceux qu’on aime. La mort fauche à tout âge. Mais ce livre me laisse un peu perplexe car je ne sais pas comment il peut être perçu par les plus jeunes enfants. Le visage de la mort est effrayant même si le récit rend la personne qui l’incarne humain.  Il est possible que ce livre ait pour but aussi, peut-être, d’aider les parents à parler de la mort à leurs enfants, un sujet pas toujours facile à traiter… Mais je trouve néanmoins la façon d’aborder ce thème, quelque peu brutale. A noter les illustrations en couleur qui renforce ce côté macabre.

Après avoir été testé par plusieurs élèves, ce livre a finalement été retiré du fonds du CDI, l’intérêt qu’il représentait n’étant clair pour personne…

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Mon Eden, de Hélène Duvar

Comment vivre sans toi…..

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Erwan a 16 ans, il avait une sœur jumelle, Eden. Eden s’est suicidée et sa disparition l’a anéanti. Il est dévasté, il ne comprend pas. Pourquoi a-t-elle fait ça ? Ce n’est pas juste. Eden était parfaite, tout le monde l’aimait. Elle était sa moitié, son miroir, son double.

Les souvenirs le rongent, tout se bouscule dans sa tête, il est dans le déni. Comment avancer sans se demander sans cesse pourquoi ? Comment continuer sans elle ? Et puis vient le jour où Erwan découvre le journal intime de sa sœur. Un journal qui va lui apprendre qu’Eden avait elle aussi des failles, des blessures, des côtés un peu obscures. Erwan va alors se démener pour trouver les raisons qui ont poussé sa sœur à en finir avec la vie, une vie qui semblait si parfaite.

Mon Eden est un livre qui parle du deuil, de la vie après la disparition d’un être cher et plus précisément du suicide des adolescents. Il est d’autant plus terrible pour ceux qui restent de ne pouvoir expliquer les raisons d’un tel geste. Le mot pourquoi raisonne sans cesse, hante l’esprit. C’est une torture, un sentiment de culpabilité. On a rien vu, on a rien fait pour éviter un tel drame. L’histoire est racontée à travers les sentiments d’Erwan. Ainsi, le lecteur se sent proche de lui, partage sa douleur et son désarroi. Le roman n’en est pas pour autant larmoyant, il se veut rassurant et on peut comprendre que malgré tout, le temps peut aider à faire son chemin…

Cabot-Caboche, de Daniel Pennac

Un chien pour la vie

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Cabot-Caboche, c’est l’histoire très touchante d’un chien qui décide de trouver des maîtres, après avoir été abandonné. Des maîtres capables de l’aimer, de l’entourer de tendresse. Il va rencontrer Pomme, une petite fille qui fera des pieds et des mains auprès de ses parents pour avoir cet animal. Un caprice en réalité, car elle va vite s’en désintéresser. Alors, retour à la case départ pour le chien ? Comment v -t-il s’y prendre pour apprivoiser la petite fille et enfin trouver sa place au sein de la famille ?

Ce chien n’est pas beau, mais il est intelligent et très affectueux. Il n’a pas de nom, on l’appelle Le Chien. Il a déjà vécu beaucoup de choses difficiles dans sa vie. Il aspire maintenant à trouver un foyer qui lui apportera amour et réconfort. Il a un regard juste et profond sur le monde humain. Un regard qui met l’accent sur le problème de l’abandon d’un animal et de son adoption. Certains maîtres se rendent compte, trop tard, qu’avoir un chien demande du temps, de la disponibilité. C’est un engagement que certains réfutent et qui mène au désastre. Voyez en période estivale le nombre d’animaux qui sont laissés pour compte au bord des routes ou tout simplement ramenés dans les refuges qui ne font plus face. Le message est clair, un chien n’est pas un objet, il faut bien réfléchir avant de s’engager. Les parents ne doivent pas céder aux caprices de leurs enfants et leur expliquer avant tout qu’avoir un animal c’est s’engager à lui donner de l’amour et surtout de bons soins.

Un bon moment de lecture, un moment de tendresse et de réflexions qui invite à se poser les vraies questions et qui, j’espère, aidera à changer les comportements. Un roman plein de sensibilité, de valeurs qui parle de la vie, de la mort, de la maltraitance sans tabous.

Le chat de Rose, de N.M. Zimmermann

Plus rien ne sera pareil maintenant…

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Clara a l’habitude d’aller chez sa grand-mère Rose qui habite une maison au milieu des bois. Mais cet été, quand elle s’arrête devant la demeure, quelque chose a changé. Un vent de douleur et de tristesse remplace les rires et l’insouciance de Clara. Où est le chat de mamie qui est toujours là pour l’accueillir ? La petite fille va alors s’échapper dans la forêt pour le retrouver. Un milieu dans lequel Clara va s’inventer un monde peuplé de monstres et de créatures étranges pour faire face à une situation difficile, qu’elle a du mal à gérer : le décès de Rose…

Une histoire douce et touchante pour aborder le thème du deuil. N.M Zimmermann a su aborder ce drame de belle manière. A aucun moment il est écrit que Rose est morte mais les images, les souvenirs évoqués par Clara ne laissent aucun doute. L’imaginaire dans lequel s’enferme Clara n’est autre que l’évocation de ses sentiments qu’elle refoule, et rend ce livre original.

La plus grande lettre du monde, de Nicole Schneegans

Ma chère Chouc’s…

Mais à qui s’adresse Nicolas, un jeune garçon de 12 ans ?

Ce n’est ni un membre de sa famille, ni une voisine, ni une amie, ni une connaissance…. elle n’est autre que sa future femme dont il ignore le prénom mais qu’il imagine déjà douce, drôle et jolie.

Il ne la connaît pas encore mais décide de lui écrire une lettre, une très longue lettre qu’il lui remettra quand il l’aura rencontrée…. il décide de lui raconter comment il a commencé du pied gauche dans la vie, avec qui il vit et pourquoi, les raisons de son chagrin et les conséquences physiques de celui-ci, les secrets de sa conception… un balayage émouvant et attendrissant sur sa vie passée, présente et future…..

Mercredi, c’est Papi !, de Emmanuel bourdier

Le mercredi, le paradis chez Papi

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Comme mes parents travaillent, je vais tous les mercredis chez mes grands-parents. Je ne suis pas très emballé quand arrive le milieu de la semaine car chez eux, je m’ennuie. Pas de télé, pas d’internet, ma seule compagnie, le tic-tac de la vieille horloge qui rythme cette interminable journée. Papi et mamie sont gentils mais ils ont chacun leurs occupations. Je ne sais pas quoi faire, je n’ai rien pour jouer. J’irais bien voir grand-père dans le jardin mais celui-ci est aux fraises, enfin, je veux dire par là qu’il a la mémoire qui flanche, qu’il a du yaourt dans le cerveau. Il ne sait toujours pas comment je m’appelle ! Mais au fait, mon papy c’était un bébé avant d’être mon papi ? C’était quoi son métier, avant ? Un jour, mon papy, il m’a ébloui, il a été extraordinaire, il m’a raconté plein d’histoires et vous savez quoi, depuis, j’ai hâte d’être à mercredi parce que le mercredi c’est devenu sacré, parce que le mercredi chez mon papi c’est maintenant le paradis… Je ne vous ai pas dit, je m’appelle Simon et j’adore papi !

Venez découvrir pourquoi le petit Simon ne manquerait pour rien au monde le rendez-vous du mercredi. Mercredi c’est papi ! est une histoire touchante qui met en avant les relations intergénérationnelles, les grands-parents face à leurs petits-enfants. Le regard de Simon s’attarde au fil des pages sur son papi, un regard plein de tendresse, d’amour et de compassion. Il se rend compte que son papi n’a plus de mémoire et que cette défaillance l’isole sans qu’il s’en rende compte. Mais il va réussir à communiquer avec lui à travers le jeu et transformer ainsi des mercredis ternes en des mercredis colorés. Le temps qui passe laisse son empreinte, creuse des sillons, des failles qui, hélas, ne pourront jamais être réparées. Le temps égratigne le corps et l’esprit et l’homme n’y peut rien. Jeunes lecteurs, vous qui avez la chance d’avoir vos grands-parents, profitez de tous les instants partagés avec eux et regardez cette petite étincelle qui brille au fond de leurs yeux, elle montre qu’ils sont heureux.

Le texte est simple, les illustrations et les couleurs de certaines pages intérieures donnent de la fraîcheur au récit tout en nous faisant prendre conscience qu’un jour aussi on sera le papi ou la mami d’un « petit »….

Le jour des premières fois, 3. Croquette et Cie, de Marie Colot – ill. Florence Weiser

Jusqu’au dernier souffle…

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Savanna est triste en allant à l’école, aujourd’hui. Son chien, Bestiole, est gravement malade et il n’a plus que quelques jours à vivre. Devant la détresse de sa petite élève, maîtresse Coline va avoir une idée géniale pour transformer les derniers instants de Bestiole en moments de joie. L’institutrice propose à Savanna d’emmener son chien en classe pour profiter au maximum de son ami jusqu’au jour de son départ. Rires et larmes mêlées, toute la classe va se préparer à faire vivre des moments inoubliables et magiques à Bestiole.

Une histoire touchante qui s’adresse à nos très jeunes lecteurs. Le thème du deuil est ici traité de manière délicate à travers le personnage de maîtresse Coline. Plein de délicatesse, ce récit explique simplement ce qu’est la mort et le rituel qui entoure le départ du défunt. Malgré le thème évoqué, ce petit roman jeunesse est plein de fraîcheur et d’humour. Ce n’est pas facile d’aborder un tel sujet en gardant ce petit côté léger mais Marie Colot y est parvenu. L’auteur nous montre également que tout doit être  expliqué aux enfants. La mort fait partie de la vie, il ne faut pas hésiter à en parler. A noter les belles illustrations de Florence Weiser qui apportent de la douceur et de l’éclat. J’ai eu un coup de cœur pour cette auteure, pour sa plume qui a su également séduire et émouvoir l’adulte que je suis.