L’herbe bleue : journal d’une jeune droguée de 15 ans

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L’herbe bleue est la descente aux enfers d’une adolescente mal dans sa peau, qui, lors d’une soirée, a consommé à son insu de la drogue. En effet, celle-ci a bu un verre de coca dans lequel avait été dilué du LSD, un hallucinogène puissant. Mais la jeune fille y prend goût et ne conçoit plus sa vie sans drogue. Sa vie de famille est plutôt équilibrée mais elle va chercher son bonheur ailleurs, en absorbant des substances illicites. Elle va finir par quitter ses parents, vendre sa « came » et devra se prostituer pour s’en sortir. Elle fugue, revient chez ses parents qui vont la faire hospitaliser. Elle va rester « clean » quelques temps puis va replonger.

J’ai découvert ce livre que j’avais trouvé bouleversant, quand j’avais l’âge de l’héroïne. Cette histoire, écrite dans les années 70, est vécue de l’intérieur et décrit la spirale infernale dans laquelle tombent beaucoup d’adolescents. Mais quelques années après, j’ai appris que ce livre était en fait l’oeuvre d’une psychologue mormone Béatrice Sparks et non le journal intime d’une ado en mal de vivre. L’auteur s’est défendue en expliquant qu’elle s’est servie de témoignages de patients pour dénoncer les effets de la drogue. En présentant ce fléau sous forme d’un journal intime, elle lui donnait plus d’impact auprès de la jeunesse. Cette annonce m’a déçue et a changé mon regard sur cette histoire que je pensais être un réel témoignage. Mais néanmoins, ce récit romancé démontre que toute personne peut sombrer du jour au lendemain dans la déchéance par l’alcool, la drogue. Pour l’entourage c’est aussi un vrai calvaire. Certes, la drogue est bien ancrée dans notre société et touche beaucoup de jeunes. Beaucoup d’entre eux consomment sans pour autant toujours connaître les risques auxquels ils s’exposent. Ils font la fête, participent à des « rave party » où de nombreuses drogues circulent. Dans les années 60, avec le mouvement hippie, la drogue était considérée comme libératrice, de nos jours c’est un fléau. Mais peut-on tout se permettre aqu nom de la prévention ? La fin justifie-t-elle les moyens ? Attention, la lecture est brutale et sans concession….

Livre retiré du fonds du CDI pour cause d’âge inapproprié (plutôt réservé aux lycéens) et… pour malhonnêteté intellectuelle !

Le journal d’Adèle (1914-1918), Paule du Bouchet

Adèle est une jeune fille de 15 ans, vivant en Bourgogne, dans un village de campagne. Elle commence à tenir un journal au début de la guerre 14-18. Elle y raconte ses deuils, les privations, et le dur travail de la ferme à la place des hommes partis se battre.

Un très bel hommage aux hommes mais aussi aux femmes pendant la première guerre mondiale, cette guerre si meurtrière et si longue. Ce récit nous décrit  la vie à la campagne, la vie à l’arrière, pendant que les hommes se battent. Il nous parle de ces femmes courageuses et volontaires qui ont dû prendre la place des hommes pour mener à bien les travaux des champs et ainsi permettre à la population d’être nourrie.

A lire sans hésitation dès le niveau 4e mais surtout pour les 3ème car la première guerre mondiale est au programme.  Un livre émouvant et instructif. Dans les romans, il peut être souvent question de la guerre des tranchées mais il est rarement mis en avant la vie quotidienne des  gens restés à l’arrière. Ce livre le fait !

Nathalie, maman d’une ex-chroniqueuse de livres d’Arsène !

Chère maman, de Sylvie Baussier

Une femme, mère d’une adolescente de 12 ans, décide de commencer un journal intime sous forme de lettres adressées à sa propre mère. Elle ne pense pas être capable d’envoyer un jour ces lettres mais a besoin de mettre des mots sur la douleur ressentie depuis toujours face à la froideur de sa mère à son égard, à une mère qu’elle n’a plus jamais appelé « maman » depuis l’âge de huit ans. 

Tu es une pierre dans l’eau froide d’un torrent. Tu es le métal qui colle à la main quand on veut le retirer du congélateur, qui arrache un lambeau de peau et un cri d’effroi. Tu es mon étrangère.

Je suis censée être une adulte, depuis longtemps. Je suis même devenue maman. Et pourtant, ce vieux chagrin est toujours tapi en moi ; parfois il se redresse et réclame son droit à me pourrir la vie. J’ai à la fois deux ans, huit ans, quinze, vingt, trente… Nous sommes tous nos âges à la fois, n’est-ce pas ?

Un jour, son carnet, si précieusement gardé dans une poche secrète de son sac, disparaît…

Un récit très court, à deux voix, celle de la jeune mère qui écrit ses lettres en commençant par un « Chère maman » distant et celle de sa fille, une adolescente de 12 ans, qui, elle aussi, va écrire des lettres à sa mère, les commençant par un « Mamounette chérie » complice et tendre.

Deux vécus très différents d’une relation à la mère qui construit l’adulte de demain. Sans violence, avec compréhension et espoir malgré le manque de tendresse, la jeune femme se raconte, avec ses failles et ses douleurs, dans sa quête profonde d’un amour maternel absent. C’est sa fille adolescente qui lui permettra d’affronter ses démons et de mieux comprendre et vivre son histoire.  Il n’y a pas seulement la violence physique qui peut créer une douleur dans sa relation au parent. La froideur, le manque de tendresse peuvent être un frein tout aussi puissant à la construction de soi et  rester présent à l’âge adulte si la communication ne s’établit pas entre les deux. Mais cela n’est pas une fatalité, en devenant mère à son tour, il est possible de casser ce schéma douloureux.

Un beau récit épistolaire sur l’amour maternel. En fin d’ouvrage, une petite interview d’une psychologue ethnologue dresse les portraits des différents amours maternels existants.

Petite anecdote  que j’ai appris dans ce livre et que j’aimerai partager avec vous : à l’intérieur des pépins de pommes se trouve une petite amande comestible. Ma jeune fille de 5 ans aime désormais ce petit moment de partage complice, même s’il est assez difficile pour moi de lui  récupérer cette amande vue la taille du pépin. 

Mon Eden, de Hélène Duvar

Comment vivre sans toi…..

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Erwan a 16 ans, il avait une sœur jumelle, Eden. Eden s’est suicidée et sa disparition l’a anéanti. Il est dévasté, il ne comprend pas. Pourquoi a-t-elle fait ça ? Ce n’est pas juste. Eden était parfaite, tout le monde l’aimait. Elle était sa moitié, son miroir, son double.

Les souvenirs le rongent, tout se bouscule dans sa tête, il est dans le déni. Comment avancer sans se demander sans cesse pourquoi ? Comment continuer sans elle ? Et puis vient le jour où Erwan découvre le journal intime de sa sœur. Un journal qui va lui apprendre qu’Eden avait elle aussi des failles, des blessures, des côtés un peu obscures. Erwan va alors se démener pour trouver les raisons qui ont poussé sa sœur à en finir avec la vie, une vie qui semblait si parfaite.

Mon Eden est un livre qui parle du deuil, de la vie après la disparition d’un être cher et plus précisément du suicide des adolescents. Il est d’autant plus terrible pour ceux qui restent de ne pouvoir expliquer les raisons d’un tel geste. Le mot pourquoi raisonne sans cesse, hante l’esprit. C’est une torture, un sentiment de culpabilité. On a rien vu, on a rien fait pour éviter un tel drame. L’histoire est racontée à travers les sentiments d’Erwan. Ainsi, le lecteur se sent proche de lui, partage sa douleur et son désarroi. Le roman n’en est pas pour autant larmoyant, il se veut rassurant et on peut comprendre que malgré tout, le temps peut aider à faire son chemin…

Journal secret d’Adrien, 13 ans 3/4 de Sue TOWNSEND

Pas facile d’avoir 13 ans ¾ et encore moins 14 ans….il sera possible de s’en rendre compte au fil des pages de ce journal intime et secret tenu avec beaucoup de rigueur par Adrien, un adolescent dont la vie est compliquée d’un point de vue familial très souvent, d’un point de vue scolaire parfois, d’un point de vue affectif fréquemment. Comment ce jeune garçon qui se sent intellectuel et seul va-t-il parvenir à supporter, à gérer tout ce qui fait son quotidien ? Va-t-il voir sur l’année des conflits se résoudre ? Des sentiments se renforcer ? Des situations s’améliorer ? Des inquiétudes physiques s’estomper ?

Un peu plus de 200 pages pour suivre les réflexions, les inquiétudes, les sentiments, les réactions d’un adolescent face à l’humanité et à ce qu’elle lui réserve.

La vie selon Pippa, tome 2. Ma vie est un merveilleux désastre, de Barbara Tammes

Journal, oh mon bon journal, suis-je quelqu’un de bien….

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Nous retrouvons Pippa, cette jeune adolescente, partagée entre des semaines chez sa mère à la campagne et des week-ends à la ville chez son père et sa belle-mère. D’un côté, une vie décontractée et de l’autre, une vie plutôt stricte.

C’est toujours la guerre entre ses parents qui n’arrêtent pas de se critiquer et de se reprocher le mode d’éducation qu’ils imposent l’un et l’autre à Pipa. C’est à peine s’ils se regardent quand ils s’échangent les enfants.

La jeune fille a toujours la passion des chevaux mais cette fois-ci, elle est tombée raide dingue amoureuse d’un garçon, à qui elle ne parle pas et qui ne sait même pas qu’elle existe. La tenue de son journal intime devient donc très importante. En effet, Pippa se pose beaucoup de questions et se demande même si elle a un cœur, si elle est quelqu’un de bien. Baisse de moral, Pippa ? Elle a promis également à sa petite sœur, Popy, de réunir ses parents en toute convivialité, le jour de Noël. Oh la la, ce n’est pas gagné ! Mais Pippa s’est engagée donc impossible pour elle de renoncer.

Pippa est toujours aussi pleine d’entrain, farfelue, originale, avec un franc-parler et beaucoup d’humour. Elle continue à mettre en dessin et en schémas ses questionnements, ses choix.  Même si je suis adulte, ce roman, destiné aux ados, m’a beaucoup amusée. J’ai vraiment apprécié ma lecture et ce côté réflexion sur la vie. Les illustrations sont très drôles et très colorées.

Esprits maléfiques, 1. la maison des possédés, d’Ellen Oh

 

Harper, jeune collégienne de 12 ans, vient de quitter New-York pour emménager à Washington… Ses parents ont acheté une très vieille maison au « charme gothique » indéniable qu’ils sont en train de retaper : une ambiance propre à un véritable film d’horreur… Et quand des faits étranges commencent à se produire, que des accidents  se succèdent, que son petit frère de 5 ans change de comportement et se montre de plus en plus agressif, il y a de quoi se poser des questions.  Aidée de sa nouvelle amie Dayo, Harper va tenter de percer le mystère de cette maison hantée, mais également revenir sur des faits étranges et inexpliqués, des secrets et mystères de son propre passé.

 

 

Un récit sur les fantômes et la possession qui utilise toutes les ficelles du genre pour happer le lecteur.  Entre le récit à la troisième personne s’insère judicieusement le journal intime (« débile »comme elle l’appelle elle-même) de Harper.  Bien dosé entre passé et présent, quotidien et surnaturel,  cultures américaine et coréenne, amitié et liens familiaux, ce roman plein de rebondissements se laisse lire sans difficultés.

Un personnage principal attachant et crédible, qui dévoile peu à peu ses atout mais aussi ses failles. La tension est palpable tout au long du roman qui est le premier tome d’une série mais qui peut aussi se lire seul puisque ce premier volet comporte une fin à lui-même (ce qui ne nous empêche pas d’être impatient de suivre avec l’héroïne de nouvelles aventures au pays des morts).