Vis ton rêve de Roland Godel

Ne pas renoncer à ce qui nous fait avancer..

Hamidou, un jeune réfugié guinéen,  a enfin réussi à trouver une famille française, prête à l’accueillir et à l’aimer comme son propre fils. Après un parcours semé d’embuches, balloté de centres en foyers, le voilà en Bretagne.

Très vite , une réelle complicité naît entre lui et Nolwen, la fille du couple qui l’héberge. Tout semble aller au mieux pour ce jeune adolescent mais c’est sans compter la réaction des gens du village face à la venue du jeune noir. Un racisme qui sera présent également au collège que fréquente Hamidou. Ce dernier adore étudier et rêve de devenir médecin mais on lui fait comprendre que ce n’est pas pour lui et qu’un métier manuel lui conviendrait mieux.

Alors comment s’en sortir et ne pas baisser les bras dans de telles conditions? L’amour et l’aide de  sa famille d’accueil suffiront-ils ?

Le racisme, l’intégration, les préjugés sont des sujets graves, traités avec délicatesse et plein d’optimisme. Le fait que la narratrice soit Nolwen, amène beaucoup de douceur et d’émotions  au récit.

La fin est un peu inattendue et aurait demandée un peu plus de détails en amont pour expliquer comment le héros arrive à sa nouvelle situation. Mais ça n’enlève rien à l’histoire, au fait que tous les personnages sont attachants.

Un bon moment de lecture qui fait réfléchir.

Finies les chatouilles ! de Michèle Bayar

Un secret trop lourd à porter...

Pour n’importe quels petits enfants, passer l’été chez papy et mamie est une fête ! Il ont trop hâte de se faire câliner et d’être gâtés. Mais Maélys a la boule au ventre quand il faut qu’elle aille passer ses vacances chez Papili et Mamilou… Elle retrouvera ses amis, ça va être « chouette  » mais une ombre au tableau la submerge d’une violente émotion : les chatouilles de Papili qui lui procurent un dégoût, qui la rendent prisonnière d’un secret qu’elle n’ose dévoiler. Seule son amie Jade  est au courant..

Papili la force à improviser des siestes pendant lesquelles il s’adonne à des jeux de chatouilles sur son corps d’enfant.

La relation avec ce grand-père n’est pas normale et Maélys le sait. Elle lui fait comprendre qu’il faut que tout cela cesse. Elle a tenté de faire comprendre à Mamilou que les histoires, les siestes avec Papili doivent s’arrêter mais la grand-mère ne comprend pas le message….

Finies les chatouilles est un texte court mais qui en dit long sur le délicat sujet des attouchements. Et là, c’est d’autant plus difficile que c’est dans le milieu familial. Il y a la honte, la peur d’être considérée comme une menteuse. Ce récit fait comprendre aux enfants avec des mots simples qu’il faut oser dire « mon corps m’appartient, il faut que tout s’arrête, car personne n’a le droit de le salir »!

Compte les étoiles, de Lois Lowry

Quand un peuple se mobilise pour les siens. Un très beau roman, poignant et plein d’espoir.

1943. Annemarie Johansen a 10 ans et vit à Copenhague avec ses parents et sa petite sœur Kirsti. Sa meilleure amie c’est Ellen Rosen, et elle habite le même immeuble, avec ses parents. Les soldats allemands font des patrouilles dans les rues et les deux fillettes ne sont jamais très rassurées de les croiser quand elles rentrent de l’école. Et puis un jour commencent les déportations. Les Rosen, qui sont juifs, sont en danger. La famille d’Annemarie met tout en œuvre pour les secourir : ils les aident à se cacher et recueillent Ellen en la faisant passer pour la sœur d’Annemarie. Tout le monde retient son souffle quand en pleine nuit, les Allemands perquisitionnent leur appartement. Ce danger surmonté, l’objectif est clair : ils devront faire passer Ellen et ses parents en zone libre. Commence une aventure dangereuse où l’enjeu est de survivre, où moins on en sait et mieux c’est pour tout le monde. Annemarie va basculer malgré elle dans le monde des adultes et découvrir la résistance. Elle va goûter aux saveurs amères de la peur mêlée au courage. Les Johansen pourront-ils sauver les Rosen des griffes nazies ? Au risque d’y laisser leur propre vie…

C’est une aventure qui sonne vrai. Et ce n’est pas pour rien, l’histoire d’Annemarie est vraie. C’est en réalité celle d’Annelise Platt, à qui ce livre est dédié. C’est aussi l’histoire de tous les enfants et leur famille qui ont vécu la guerre et l’occupation allemande. Le danger est là, en permanence, on le sent peser et rôder tout au long de la lecture de ce roman. Et quelle admiration pour le courage des gens de cette époque, véritables héros ordinaires ! La résistance était un acte humain qui semblait si naturel alors. Compte les étoiles est l’occasion de découvrir l’occupation allemande dans la région Nord de l’Europe. Et l’occasion d’apprendre que, pendant la seconde guerre mondiale, les Danois ont réussi à faire traverser le bras de mer séparant le Danemark et la Suède à la quasi-totalité de la communauté juive : près de sept mille personnes ! Total respect.

Dorothy Counts -affronter la haine raciale- de Elise Fontenaille

Le courage contre l’injustice…

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1957 dans l’état de Caroline du sud, aux Etats-Unis. Dorothy Counts, une adolescente noire âgée de 15 ans, va faire sa rentrée dans un collège de Blancs. C’est l’une des premières étudiantes noires admise dans une université ségrégationniste. Dès le premier jour, le collège devient pour elle un lieu de souffrance, de maltraitance physique et morale. Une haine indescriptible va se déchaîner sur Dorothy et sa famille. Comment une Noire peut-elle fréquenter la même école qu’un Blanc, partager les mêmes repas, assister aux mêmes cours. Impensable, inimaginable, on ne se mélange pas et gare à ceux qui voudraient l’aider… Et pourtant, malgré sa souffrance, Dorothy ne va pas flancher. Il lui faut trouver la force de tenir, de résister. Mais à quel prix et pendant combien de temps ?

Elise Fontenaille nous livre le portrait poignant d’une adolescente courageuse et obstinée, qui gardera toujours la tête haute, impassible malgré les brimades, les menaces et les mauvais traitements. Sa persévérance portera ses fruits et lui permettra de tenir tête à tous ceux qui voulaient perpétuer la ségrégation.

Dorothy Counts rejoint les Harriet Tubman, les Rosa Parks qui se sont toutes battues pour que les Noirs aient leur place dans une société blanche qui le leur refusait. L’image de couverture du roman est la photographie qui a fait la uUe des journaux du monde entier : l’entrée de Dorothy au collège. Un témoignage fort, le courage contre la haine.

Harriet Tubman- la femme qui libéra 300 esclaves- de Anouk Bloch-Henry

Le chemin de la liberté

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Harriet Tubman, fille et petite-fille d’esclaves, est née vers 1825 dans le Maryland. Dès son plus jeune âge, elle est victime de mauvais traitements. Louée pour un morceau de terre, elle va s’occuper d’un bébé chez une femme qui la bat, la fouette. Pendant de longues années, elle est maltraitée par différents maîtres, subissant les pires sévices. De santé fragile, elle va s’accrocher à la foi qui va l’aider à avancer. A l’âge adulte, bien décidée à se révolter, elle s’évade. Sa tête va même être mise à prix. Malgré tout, elle va entreprendre de libérer sa famille et des centaines d’autres esclaves. Durant la guerre de sécession, elle sera même la première femme à intégrer une expédition armée pour sauver de nombreux captifs. Courageuse et brave, elle n’aura de cesse d’organiser plusieurs opérations pour libérer ces hommes, ces femmes et ces enfants emprisonnés par des esclavagistes sans pitié.

Harriet est une esclave noire qui est consciente de la possibilité de vivre libre. Alors elle va se lancer dans une lutte acharnée pour favoriser la fuite de centaines d’esclaves. Ce fut une grande militante, une battante, une femme courageuse qui a été au bout de ses convictions pour défendre une cause qu’elle estimait juste. Rappelons que l’abolition de l’esclavage a été officiellement proclamée en France et dans les Colonies le 27 avril 1848 et en 1865 aux Etats-Unis.

Une petite lumière pour la nuit, de Lisa Thompson

En pleine nuit, Nate est réveillé par sa mère. Ils doivent prendre la route, rapidement… Ils fuient Gary,  le beau-père violent qui les martyrise psychologiquement depuis des mois. Nate et sa mère trouvent refuge dans une vieille maison isolée et abandonnée, à la lisière d’un parc de château. Ils venaient là en vacances, il  y a des années, lui rappelle sa mère… La maison appartenait à William, un ami de sa grand-mère, jardinier au château. Ils vont devoir s’adapter à ces nouvelles conditions de vie, se cacher le temps d’être sûrs que Gary ne les retrouve pas. Après avoir tenté de rendre la maison délabrée à peu près vivable, la maman de Nate décide de s’absenter le temps d’aller faire quelques courses… Pendant ce temps, Nate doit entretenir le feu, seul moyen de chauffage en ce mois d’hiver particulièrement rigoureux. Mais sa maman tarde à revenir, les minutes passent, puis les heures, bientôt les jours… L’angoisse monte…  Sa maman est-elle retournée vivre avec Gary, l’a-t-elle abandonnée ici ? Nate décide alors de prendre son courage à deux mains et sortir explorer les alentours. Dans le parc du château, il rencontre Kitty, la jeune voisine, qui l’embarque dans une drôle de chasse au trésor… Nate va-t-il trouver le moyen d’affronter sa peur de la solitude et du noir ? Comment va-t-il faire pour puiser en lui les ressources nécessaires pour surmonter cette terrible épreuve ? 

Un roman qui combine de nombreux genres avec beaucoup d’aisance : récit de vie sur la violence familiale, aventure, fantastique, récit initiatique d’un enfant qui doit prendre en main son destin avec courage et détermination. L’ami imaginaire de Nate, qui apparaît lorsque sa mère disparaît, est la matérialisation de la volonté de l’enfant de s’en sortir, le moyen d’affronter sa solitude et d’être capable de prendre les bonnes décisions. Plusieurs histoires s’imbriquent qui laissent ce récit sans aucun temps mort et permet à tout lecteur de trouver son compte : la chasse au trésor dans l’immense parc du château, avec ses recoins et son labyrinthe, la relation entre Nate et son ami imaginaire, sorte de psychothérapie personnelle, le passé avec l’histoire du château et de ses habitants, des drames qui s’y sont joués. Et l’histoire de Nate et de sa mère…

La description de la violence psychologique vécue dans le foyer est particulièrement réaliste pour qui connait ce sujet si délicat : le beau-père est passé au fil des mois de l’homme parfait, qui fait croire à Nate et à sa mère que tout est à nouveau possible, à un véritable monstre. Mais les choses sont invisibles de l’extérieur : tout se fait une fois la porte fermée, ou sous couvert de bienveillance, et les amis démissionnent au fur et à mesure, sans véritablement se rendre compte du pourquoi. Les victimes sont alors isolées et ont de moins en moins l’énergie de se défendre. C’est souvent là que le drame arrive. Mais la maman de Nate a eu le courage de fuir, probablement poussée par un instinct de survie et par son amour maternel. 

Un très beau roman et un petit coup de coeur !

Les enfants de la résistance, tome 1. Premières actions / tome 2, Premières répressions – de Benoît Ers et Vincent Dugomier

Les enfants de la Résistance, tomes 1 & 2 - Benoît Ers - Vincent Dugomier Plongez au cœur de la Seconde guerre mondiale, dans une France occupée. Trois adolescents de 13 ans vont prendre leurs responsabilités. Puisque beaucoup de villageois vivent bien avec les Nazis, ils vont monter les habitants contre l’occupant en imprimant des tracts et en sabotant des installations militaires. Afin de contacter la résistance, de nombreux sacrifices seront néscessaires, auront-ils la force de continuer la lutte ?

 Bande dessinée intéressante qui convient à tous lecteurs dès  11 ans. Dommage que les tomes soient courts ! L’univers et l’ambiance sont amplifiés par des dessins plaisants et en couleurs. Je recommande ce livre pour tous les passionnés de la Seconde guerre mondiale.

Aymeric, 3ème – membre des dévoreurs de livres d’Arsène

Cette édition réunit en un volume les tomes 1 et 2

Les enfants de la résistanceLes enfants de la résistanceLes enfants de la résistancePremières répressions

Et l’avis de Mu :

22 juin 1940, l’armistice est signé entre le gouvernement du maréchal Pétain et le représentant de l’armée allemande, en présence d’Hitler. C’est le début de l’Occupation allemande. Dans un petit village français, deux  adolescents de 13 ans, François et Eusèbe, sont témoins de l’arrivée de troupes allemandes mais aussi de l’exode massif de populations. Ils voient surtout d’un très mauvais oeil la résignation des habitants. Ils décident de mener quelques petites actions contre l’ennemi. Bientôt rejoints par Lisa, une jeune orpheline qui se dit Belge de langue allemande, notre bien sympathique petit trio va faire montre de courage et ne reculera pas devant le danger pour aller au bout de ce qu’ils estiment juste.   Cette série est une très bonne entrée en matière pour mieux comprendre les mouvements de Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Ici, ceux qui paraissent gentils sont parfois méchants et inversement. Très subtilement, on se rend compte que dans la vie tout n’est pas tout blanc ou tout noir, les nuances existent aussi. Un dossier didactique de 7 pages clôt chaque tome pour donner toutes les informations importantes pour mieux comprendre le contexte.

21 printemps comme un million d’années, de Camille Brissot

Quand le temps est compté…

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Croquer la vie à pleine dent n’a jamais eu autant de signification que dans 21 printemps comme un million d’années.

Victor et Juliette sont des amis d’enfance, des amis de toujours. Leur relation va au-delà de cette amitié. C’est un lien sacré, ils se connaissent par cœur, ils sont toujours là l’un pour l’autre. Juliette est une jeune femme pétillante, jolie, imprévisible. Elle vit à cent à l’heure. Juliette ne se projette pas , elle vit au jour le jour et on verra pour demain. Seul le présent compte…Victor est sa béquille, sa moitié. Il est toujours là, prêt à la ramasser quand elle chute. Il l’admire et ne la juge pas. D’ailleurs ils sont tellement proches, que Juliette a sa propre chambre chez Victor. Leur histoire, l’histoire de Juliette, Victor va la raconter à un groupe de jeunes adolescentes. Des jeunes filles qui ont connu Juliette, qui l’ont côtoyée, qui l’ont aimée, qui l’ont admirée.

Victor et Juliette forment un duo d’amis très touchants, très attachants. Victor est porté par cette amitié si forte qu’il va la raconter à un groupe de jeunes filles qu’il va voir à l’hôpital. Juliette nous transporte dans son tourbillon. Elle a conscience de ce qu’est la vie et elle sait pourquoi elle vit tout, de manière excessive. Ce roman est une histoire dans l’histoire. Le lecteur partage les souvenirs de Victor, les anecdotes et en même temps le destin d’une jeune femme à qui tout sourit. 21 printemps comme un million d’années parle de la mort, plus précisément d’une mort annoncée, d’une mort programmée. Les deux amis vont devoir gérer leur existence chacun de leur côté. Paradoxalement bien que triste par moment, ce roman n’est pas larmoyant et nous fait prendre conscience de l’importance du temps qui passe. Et ce précieux temps quand il est compté, qu’est-ce qu’on en fait, comment doit-on le vivre…

Un roman délicat que vous prendrez plaisir à lire, un duo d’amis exceptionnels, une histoire qui amène à réfléchir.

Camille Brissot, un auteur à suivre que nous aimons particulièrement sur ce blog : retrouvez ici les autres livres d’elle que nous avons déjà présentés sur ce blog.

La reine des Aurès contre le général Hassan, de Nathalie Legendre

La Kahina ou l’histoire d’une guerrière

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Le décor de cette histoire est le Maghreb du VIIIème siècle. D’un côté, le camp arabe et de l’autre, le camp berbère. D’un côté, le général Hassan qui cherche à islamiser la région, de l’autre, la Reine des Aurès qui va lui tenir tête.

Un roman historique très original qui nous fait remonter le temps pour nous plonger dans l’Histoire du Maghreb.
Inspiré de faits réels, ce récit explique sur 10 jours, l’affrontement entre deux grandes personnalités, la reine des Aurès et le gouverneur Hassan, en 702. Dix jours angoissants qui ont mené au Maghreb que nous connaissons aujourd’hui .

Un beau récit historique qui met en avant un grand chef militaire et une femme d’exception, forte, courageuse, déterminée et messagère de liberté. Une guerrière prête à mourir pour sa terre et son peuple et qui a lutté jusqu’à son dernier souffle.

Une fin alternative est proposée. Et si l’histoire s’était déroulée autrement ? Il y a la version historique et celle que le lecteur choisira.

La reine des Aurès contre le général Hassan est un roman qui revendique le respect des différences, l’égalité homme-femme, la tolérance.

Le plus courageux des peureux, de Guylaine Kasza

Les  dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Le plus courageux des peureux« Boud na boud »… « Il était une fois » comme on dit les den Afghanistan

Dans un petit village d’Afghanistan vit Abdul, un homme si peureux qu’un seul battement d’ailes de papillon l’effraie. Sa femme en est désespérée et un soir, elle demande conseil à la vieille du village, une sage. Celle-ci l’aide et c’est ainsi qu’Abdul se retrouve dehors, seul, en pleine nuit. Mais cette nuit-là, le pire des géants est de sortie ! Abdul, l’homme le plus peureux du village, arrivera-t-il à s’en sortir vivant ?

J’ai aimé ce livre même si ce n’est pas le genre de livre que je lis d’habitude. C’est un conte merveilleux facile à lire, avec des illsutrations en noir et blanc proches de la caricatures. Il se lit sans problème dès le primaire.

Judith, 6ème – 11 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

La collection « kilim » des éditions Syros permet la transmission de contes étrangers  que l’on ne connaît pas forcément. Ici, l’histoire nous pousse à réfléchir sur nos peurs et nous aide à les dépasser par notre courage.

Ju