Eva et los fantasmas de Madrid, de Marcos Eymar

Quoi de plus étrange que de rêver dans une autre langue que la sienne ?

Eva, qui selon la volonté de son père apprend l’allemand au collège, fait, selon une de ses amies, des rêves en espagnol. Mais que renferment ces rêves angoissants à répétition ? Quelles en sont les origines ?

Afin de trouver une réponse à toutes ses questions, Eva accepte l’aide de son amie Laure qui la conduit chez Remedios, une médium d’origine espagnole dont l’aide sera déterminante. Devant la persistance inquiétante de ses cauchemars nocturnes, la jeune fille acceptera toutes les propositions qu’elle lui fera au point de mentir à son père, d’apprendre dans la clandestinité, de changer de pays, de prendre des risques, d’affronter ses craintes, de poursuivre ses fantômes, de se rendre à un rendez-vous des plus mystérieux mais à l’issue duquel une explication rationnelle à tous les cauchemars sera donnée.

Un roman facile à lire, intéressant d’un point de vue linguistique et touristique, la fin est assez inattendue.

Bouh ! Aaaaaa ! Iiiiiiiiiih !, de Delphine Godard et Nathalie Weil, ill. par Nicolas Trève

Homo trouillardus !

Un livre documentaire sur la peur, ça vous tente ? Cet ouvrage va répondre à toutes vos interrogations sur cette émotion qui n’est étrangère à personne… L’homme a-t-il toujours été peureux ? A-t-on les mêmes peurs partout dans le monde ? Les animaux connaissent-ils aussi la peur ? Comment notre corps réagit-il face à la peur ? C’est quoi une phobie ? Comment réagir lorsque la peur est telle qu’elle nous paralyse ? Pourquoi lit-on des histoires qui font peur ? Pourquoi certains recherchent-ils constamment les poussées d’adrénaline ? Comment vit-on lorsque l’on a choisi un métier dangereux ?  Pourquoi fait-on des cauchemars ? Peur d’être seul ou peur des autres ?

Un livre très coloré, abondamment illustré (et la page sur les cauchemars, avec le panneau gauche intitulé « L’enfer » du triptyque de Jérôme Bosch « Le jardin des délices » choisi particulièrement à propos !), agrémenté de multitudes de rabats qui font le bonheur des lecteurs… et une première de couverture qui n’incite qu’à une chose… ouvrir le livre et trembler un peu. Mais après sa lecture, aurez-vous plus ou moins peur de tout ? A vous de nous le dire !

Crève-la-faim, de Thierry Lenain

Amitié hors du commun

ro70106705-2Thomas vit dans une cité avec sa mère. Il est hanté par de nombreux cauchemars depuis l’accident  qu’il a eu et qui a tué son père. En plus de cela, il n’a pas la vie rose tous les jours puisqu’à l’école, il est harcelé par un jeune garçon qui le surnomme « Tomate ». Sa mère n’est pas d’un grand soutien : elle travaille beaucoup et n’arrive pas à se remettre du décès de son mari.

Thomas va faire une rencontre troublante, Merlin, un clochard rencontré dans la rue, avec qui il va se lier d’amitié. Celui-ci va lui permettre de surmonter de nombreux coups durs dans sa vie. Thomas va se rendre compte que malgré son statut, Merlin est une personne de confiance,  dont il va énormément se rapprocher.

Mais, alors qu’il part en vacances chez son grand père, il entend à la télévision qu’un clochard a été tué par le froid. Tétanisé et horrifié, il pense que c’est Merlin. Sans hésitation, il décide d’aller vérifier si c’est lui qui est mort, si c’est à cause de lui qu’il est décédé…

Ce livre est touchant et toujours d’actualité puisqu’il traite de nombreux sujets de la vie quotidienne : sans-abris,  licenciement, harcèlement à l’école, enfants battus. L’auteur mêle tous ces sujets avec beaucoup de sensibilité et de finesse. Les personnages, surtout Thomas, sont très attachants. On aimerait que ce petit garçon puisse se sortir de tous ses tracas et qu’il ait une vie bien plus heureuse. L’écriture est fluide et est à la succession de plein de petit chapitre si jamais le temps vous manque, vous pouvez facilement vous arrêtez dans l’histoire. La couverture est un peu vieillotte et ne vous attirera pas forcément, mais ce livre vaut le coup d’être lu.

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Susan Hopper, 2. Les forces fantômes, de Anne Plichota et Cendrine Wolf

Quand un esprit frappe à ma porte…

Susan Hopper, tome 2 : Les esprits du bois dormant par WolfDans le tome 1, nous avions laissé Susan et Eliot dans une position bien inconfortable : Eliot est entre la vie et la mort. Grâce au bracelet laissé par la maman de Susan depuis le pays des morts, il peut faire semblant de vivre, mais son vrai corps a été déposé chez son grand-père qui les soutient dans leurs mésaventures… Vont-ils encore pouvoir faire longtemps illusion ? Et que cherchent exactement Daniel et Morris, les deux fantômes installés dans la maison voisine et qui font tout pour sympathiser avec Helen, la mère d’Eliot… Les esprits maléfiques sont partout et le danger rôde, de plus en plus présent.

J’avais refermé le premier tome assez enchantée par ma lecture et avais hâte que l’été arrive pour me lancer dans la lecture du second tome… Hélas, l’intrigue peine à démarrer et il faut attendre une bonne centaine de pages et l’entrée des deux adolescents au lycée pour voir l’histoire retrouver son rythme de croisière. A partir de là, on est à nouveau embarqué dans cette histoire de malédiction, de fantômes, même si j’ai peine à trouver crédible l’implication du père de Susan dans le côté obscur de la force au point de vouloir l’anéantissement de sa fille pour assouvir la vengeance d’une sorcière… Mais ça doit être mon côté mère-poule ! Bref, un tome qui clôt cette aventure,  et qui apporte les dernières révélations… A mon avis,  en un seul tome, l’histoire aurait gagné en dynamisme, mais la fin devrait satisfaire les lecteurs !

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Susan Hopper, tome 1 : Le parfum perdu, de Anne Plichota et Cendrine Wolf

Malédiction

Susan Hopper, tome 1 : Le parfum perdu par WolfSusan a perdu ses parents tragiquement à l’âge de 3 ans. Voilà 12 ans qu’elle vit à l’orphelinat, allant de familles d’accueil en familles d’accueil sans jamais être adoptée…Ses réactions violentes et son étrange personnalité ont tendance à effrayer. En fait,  Susan refuse d’être choisie par une famille… Elle veut que ce soit l’inverse. Et pour cela,  elle attend  le bon parfum. Alors, quand elle le reconnaît sur Mme Hopper, elle fera tout pour aller s’installer dans le manoir écossais de Tornshill au sein de cette famille. Elle sympathisera vite avec Elliot, un enfant-lune de son âge qui vit sous une combinaison et derrière des lunettes pour se protéger des rayons du soleil qui lui seraient fatals. Doucement, elle va commencer à réapprendre à vivre, sous le regard bienveillant de Mme Hopper et son mari… Pourtant, une nuit, un rêve terrible vient la hanter… Elle se retrouve en compagnie d’Elliot et de son grand-père dans un cimetière où les morts prennent vie. Mais est-ce vraiment un rêve ? La malédiction qui semble peser sur elle depuis sa naissance n’est elle pas en train de se réaliser ?

Après le succès, jamais démenti par mes élèves, des séries Oksa Pollock et Tugdual, revoici notre duo d’auteures qui nous embarque dans une nouvelle aventure.  Il s’agit là encore d’une série fantastique mais pas du tout dans la même lignée… Et moi, j’ai préféré ! Malédiction, morts-vivants, cimetière, monde parallèle, manoir en Ecosse, sorcellerie et fantômes, tous les ingrédients d’un surnaturel sombre et oppressant sont là. Les personnages des deux adolescents sont touchants de manière très différente. Elliot, du fait de sa maladie, est un jeune garçon solitaire, étrange et comme étranger au monde ; Susan l’orpheline, elle, a un caractère très dur, est manipulatrice, et s’est forgé une carapace que seuls Elliot et sa famille semblent pouvoir briser. Son personnage complexe évolue tout au long de l’histoire d’une manière très attachante. Les autres personnages aussi se révèlent au fur et à mesure et font de cette histoire un roman vraiment bien abouti : Helen Hopper, la mère froide, inabordable qui semble incapable de dévoiler ses sentiments, le grand-père, vieillard loufoque, la chienne totalement fofolle, le père, plus discret.

Malgré peut-être quelques toutes petites longueurs (les élèves me le diront), on se laisse totalement happé par cette histoire très prenante ! Si vous commencez le prologue, des plus accrocheurs, vous aurez du mal à quitter le livre. J’ai vraiment hâte d’avoir le temps de lire le tome 2, gentiment offert par les éditions XO avec le premier ! Heureusement, car on aurait vraiment été frustré, la fin du tome 1 ouvrant tous les possibles !

Tragique, noir, sanglant et captivant, une histoire originale et réussie.

Le tome 1 a déjà trouvé des adeptes et une liste d’attente de prêts a commencé au CDI ! C’est bon signe !!!

Le cœur de l’ombre, de Marco Cosimo d’Amicio, Laura Lorio et Roberto Ricci

Quand les cauchemars prennent vie…

le-coeur-de-l-ombre-tome-1-le-coeur-de-l-ombre-one-shotLuc est un garçon très peureux. Il a peur de tout : des microbes, de l’eau, des chiens, de ses camarades … Il faut dire qu’il a été choyé par sa maman qui le surprotège en espérant ainsi ne pas revivre le drame qui l’a frappée quelques années plus tôt. La propre sœur de Luc a, en effet, disparu sans laisser de trace. Luc, étouffés par ses craintes, ne vit quasiment pas. Mais il y a une chose dont il a encore plus peur : l’Uomo Nero, le croquemitaine italien des comptines que lui chantait sa grand-mère. Ce monstre existe. Il se tapit dans l’obscurité et attend la nuit pour sauter sur Luc avant de s’évaporer. Mais un matin, le lit de Luc est vide. Il a, lui aussi, disparu.

Après avoir flashé sur la couverture, j’ai eu un grand coup de cœur pour l’histoire et les graphismes. Le monde des ombres est très bien représenté et contraste avec d’autres univers très colorés. L’obscurité et la lumière jouent un rôle très important dans l’intrigue et ils sont très bien mis en avant par le coup de crayon de Roberto Ricci et Laura Lorio. A la fois conte fantastique avec des personnages dignes de l’univers du cinéaste Tim Burton et récit initiatique, cet album nous fait aussi réfléchir sur ces peurs qui nous empêchent parfois d’avancer. Luc va devoir faire un long voyage au milieu de toutes ses phobies pour apprendre à les surmonter. Mais le simple fait d’oser entreprendre ce périple va déjà lui demander un énorme courage car qui oserait s’aventurer ainsi au milieu des terreurs de nos cauchemars d’enfant ?

Hunger Games – La Révolte – tome 3, Suzanne Collins

Vengeance !

Nous retrouvons Katniss, la fille de feu, qui a survécu une seconde fois aux cruels Hunger Games. Mais dans quelles conditions ! La voilà enterrée dans les dédales du district 13 puisque son district, le 12, a été rasé par les hommes du Capitole en guise de représailles à sa survie. La jeune fille doit donc vivre avec de nombreuses victimes innocentes sur la conscience tout en découvrant les nouvelles règles imposées dans le district : emploi du temps journalier tatoué sur le bras chaque matin, activités obligatoires réglées à la minute, vêtements identiques pour chaque individu, rations alimentaires calculées selon la corpulence et les besoins de chacun… un véritable cauchemar pour la jeune rebelle !

Pendant ce temps, au Capitole, le Président Snow rumine sa vengeance et détient la meilleure arme contre Katniss : Peeta.

Sous les ordres de Coin – chef du district 13 – la révolte contre le Capitole se met en place. Katniss doit au plus vite récupérer ses forces et redevenir le geai moqueur, symbole de la rébellion, afin de mobiliser tous les districts. Entourée d’une équipe de choc : Gale – son compagnon de chasse de toujours -, Haymitch – son mentor pendant les jeux -, Finnick – un de ses adversaires qui lui a sauvé la vie pendant l’Expiation-, Plutarch – ancien juge du Capitole dévolu à la cause rebelle – et bien d’autres, Katniss est prête à tout pour tuer Snow et voir le retour de la paix dans le royaume de Panem.

Oui mais voilà… Peut-elle vraiment toujours compter sur Gale qui jalouse Peeta ? Et Peeta, que lui est-il arrivé ? Est-il mort ? vivant ? torturé ? Et tous ces gens qui meurent parce qu’elle a provoqué l’ire du Président… comment supporter tout ça ?

Je laisse volontairement ces questions en suspend afin de laisser à ceux qui voudront le lire la joie de découvrir les réponses.

Si j’avais trouvé le deuxième tome répétitif, il n’en est rien du dernier livre. Je l’ai vraiment adoré. Il mêle à la perfection l’action – nombreux passages de combats très détaillés – aux interrogations existentielles de l’héroïne en proie au doute. Doutes par rapport aux autres mais aussi et surtout doutes vis-à-vis d’elle-même.

J’ai bien aimé le début du livre avec toute la description de la vie dans le district 13, de cette société hyper réglementée où rien n’est laissé au hasard. Le district 13 ou l’utopie cauchemardesque pour les survivants du district 12 qui y trouvent un lieu sûr dans lequel ils ne manquent de rien mais en même temps duquel ils ne peuvent plus sortir… J’ai aimé aussi la réflexion sur le pouvoir et ses déviances qui inciteront, je le souhaite, les jeunes lecteurs à jeter un oeil nouveau sur le monde qui les entoure.

Une dernière fois, voilà une excellente trilogie !