La promesse de l’aube de Romain Gary

A ma mère…

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La promesse de l’aube est un roman autobiographique dans lequel Romain Gary dresse le portrait de sa mère, une russe juive, Mina Kacew. Une mère hors norme, extravagante, battante, intransigeante, exigeante, une mère aimante. Une mère dévouée à son fils, qui ne vit que pour lui, voyant pour lui un avenir glorieux. Un amour sans borne, un amour démesuré, un amour fusionnel, un amour éprouvant, trop lourd à porter pour ce petit garçon, dont le seul but dans la vie sera de ne pas décevoir sa maman. Romain est élevé par sa mère, qui a fui la Russie. Une enfance pauvre mais durant laquelle il ne manquera de rien.Très courageuse, Mina fait toujours en sorte de trouver les moyens de s’en sortir, elle veut que son fils s’élève au-dessus de la médiocrité, qu’il devienne quelqu’un de respectable, quelqu’un dont le monde parlera. Elle émigre en France, à Nice. Elle a beaucoup d’ambition pour lui, une ambition sans limite. Elle trace la voie et lui, doit y sceller ses pas. Elle lui façonne une vie, lui inculque également l’amour de la France. Ce gamin n’a pas le choix et durant toute son existence, il fera ce que sa mère exige de lui, même au péril de sa vie. Romain Gary a eu une vie extraordinaire grâce à cette femme qui l’a porté à bout de bras. Il a vécu pour accomplir les rêves immenses de sa mère. Il l’admire et il est prêt à tout pour elle. Il faut qu’il soit le héros qu’elle espère qu’il devienne.

La promesse de l’aube, un roman fort, bouleversant, un amour dévorant qui fera de l’auteur la personne que l’on connaît. Une belle histoire qui fait sourire, qui fait pleurer. Une fin qui nous serre les tripes. Un tandem auquel on s’attache, avec lequel on aurait encore aimé faire un bout de chemin. Que dire de cette mère, cette force inépuisable, ce courage à tout épreuve, son fils le combat de sa vie, cette mère qui aura mis son existence à faire que son petit gars devienne quelqu’un de bien, de célèbre. Epoustouflante d’énergie, de volonté… Avant d’être Romain Gary, il est Roman Kacew, un fils qui donnera tout à sa mère, conscient de son sacrifice, il fera tout pour lui faire honneur.

Comment peut-on se construire lorsque la mère est si présente, si étouffante? Y a-t-il de la place pour une autre femme, tant l’amour de cette mère a été fort ? Une adaptation cinématographique sortie en décembre 2017 m’a donné envie de lire ce roman. J’ai été totalement captivée et émue par l’un et l’autre.

La chanson interdite 1917 de Eric Simard

Le chant de la révolte…

 11.jpgJean, fils de paysan, a perdu ses parents. Orphelin, il va devoir désormais vivre, à Thiers, chez son oncle, Auguste, un émouleur. Nous sommes en 1908, la coutellerie fait vivre la région, des millions de couteaux sont vendus dans le monde. Donc naturellement, Jean va être formé par Auguste qui va lui transmettre son savoir. Auguste a une fille, Violette, qui va tomber très vite sous le charme du jeune homme. Jean est un poète et met en vers toutes ses révoltes. Il va donc passer son temps entre l’atelier de son oncle et la mise en chanson de ses humeurs. Quand la guerre éclate et qu’il se retrouve sur le front, il déverse sa haine et dénonce le commandement dans des lettres qu’il envoie à Violette. Il va écrire une chanson qui sera censurée par les officiers car trop contestataire. C’est la chanson de Craonne qui exprime la colère et le ras le bol des «Poilus». Il parviendra, malgré tout, à transmettre  les paroles dans une dernière lettre adressée à sa fiancée, d’une manière ingénieuse, sous forme d’acrostiche. Jean paiera de sa vie son esprit rebelle.

Eric Simard signe là un roman superbe sur la première guerre mondiale. J’ai adoré la manière avec laquelle le sujet est traité. La narratrice, Violette, s’adresse du début à la fin à Jean. Le lecteur partage leur intimité, un lien privilégié va alors se créer. La jeune femme nous livre les lettres de Jean, écrites au front. Ce récit est riche en poésie et nous fait découvrir les dessous de l’écriture en vers, notamment les acrostiches. Ce style d’écriture sera utilisé pendant la guerre pour délivrer des messages codés. La chanson interdite est un livre fort, touchant, plein d’émotions.

Verdun 1916 : un tirailleur en enfer, de Yves Pinguilly

Mémoire de Sénégalais…

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Tierno, un jeune Africain originaire de Guinée. Il va partir pour Dakar intégrer l’école des Blancs. Il est enthousiaste à cette idée. Il quitte sa famille, il fait ses adieux à ses amis et à ses proches. Il se rend à la gare et après une halte chez un oncle, le voilà parti… Mais arrivé à destination, il se rend compte qu’il n’intégrera jamais l’école des blancs, il va être embarqué de force à bord d’un grand bateau pour la ville du Havre en France comme tirailleur. on est en 1916, c’est la première guerre mondiale. Tierno va faire la connaissance d’Aboubakar avec qui il va vite sympathiser. Ensemble, ils vont suivre une formation de cinq mois. Eux qui n’ont jamais tenu un fusil vont être jetés en pâture dans une guerre qui ne les concerne pas, dont ils ne savent rien. Ils vont faire l’expérience de la rigueur militaire, ils sont arrachés à leurs racines et devront saluer le drapeau d’un autre pays. En février 1916, ils seront à Verdun où ils vont côtoyer la mort, la peur. C’est l’enfer. Il y a la perte des camarades mais aussi la mort des hommes qu’il faudra tuer pour survivre. Habitués à la chaleur équatoriale, ils vont connaître la dureté d’un climat de l’Est de la France trop froid pour eux.

Le lecteur vit la guerre de l’intérieur à travers des personnages qui sont dignes, qui se battent. On a vraiment l’impression d’être dans les tranchées aux cotés des soldats. C’est un autre aspect de la guerre de Verdun qui est relaté, du côté des tirailleurs sénégalais qui se battent avec acharnement face à un ennemi mieux équipé. Ces mêmes Sénégalais méprisés par les Blancs.

L’horreur de la guerre est la même que vous soyez blancs ou noirs. Tous ces soldats souffrent, jouent leur vie, se sacrifient. Yves Pinguilly rend ici un vibrant hommage à tous ces tirailleurs sénégalais morts pour la France.

Les beaux lendemains de Saint-Chanas, de Véronique Lesimple

Au revoir les fantômes…

1919…. La France encore meurtrie par des années de guerre essaie de renaître de ses cendres. Les hommes, des survivants de combats acharnés, meurtris par leurs blessures morales et physiques, errent dans une vie qui ne leur appartient plus, dans une vie pleine de fantômes et de cauchemars. Armand, jeune lieutenant, est de retour et trouve un poste de régisseur dans un château, dans la Drôme, grâce à un ami d’enfance. Un domaine qui perd pied depuis la mort du baron, délaissé par les occupants qui ont sombré dans la douleur et le chagrin. Seul, le personnel essaie tant bien que mal de s’occuper de la propriété. A son arrivée, Armand fait la connaissance de Louise, une veuve inconsolable, murée dans sa souffrance, qui ne quitte plus sa chambre et d’Hubert son frère, qui a perdu la vue dans les tranchées. Ce dernier végète dans un état dépressif depuis plus d’un an, attendant que la mort vienne le chercher. Tous deux n’ont plus la force d’affronter la réalité et se laissent aller dans leur malheur. Charles, le petit garçon de Louise émeut Armand. Du haut de ses quatre ans, ce pauvre petit bonhomme, orphelin d’un père et délaissé par sa mère est le seul qui anime les couloirs lugubres et sans âme de la bâtisse. Armand a le sentiment que son travail l’aidera à chasser ses angoisses, à surmonter son traumatisme et peut être à se reconstruire. Lui qui a vu tant d’hommes mourir, tant de compagnons tomber au front…Il pourra compter sur mamie Rose, la dévouée cuisinière, au service de la plus grande famille de la région depuis tellement d’années.La guerre l’a endurci, les combats ont brisé sa jeunesse. Il essaie d’entrevoir son avenir sans trop y croire. Mais là, à Saint-Chanas, il compte bien aider les châtelains à remonter la pente, à reprendre pied dans la vie. Malgré toute sa bonne volonté et sa détermination, réussira t-il à leur redonner le goût de vivre ?

Les beaux lendemains de Saint-Chanas est une merveilleuse histoire humaine. Sous la plume de Véronique Lesimple, les portraits d’hommes et de femmes brisés par les ravages d’une guerre se succèdent et nous font comprendre combien le quotidien de l’après-guerre a été éprouvant. La perte d’un père, d’un époux, d’un fils, la fin tragique pour de nombreux soldats, ont plongé les familles dans les entrailles d’une existence qui devait continuer malgré tout. Et que dire de tous ces mutilés, de tous ces survivants dont le retour dans les foyers ne fut pas simple. Ils reviennent mais ont du mal à retrouver leur place, à être compris par des proches qui paraissent si loin de la réalité de leur souffrance. Plus rien ne sera comme avant, le passé sera leur seul compagnon de route, un compagnon solitaire hanté à jamais par les horreurs des combats.
La reconstruction psychologique est le thème principal de ce roman. Les personnages sont attachants et émouvants, ils se dévoilent au fur à mesure que progresse l’histoire. Le lecteur se plonge vite dans cette ambiance d’après-guerre avec une population qui essaie d’avancer, avec un mode de vie qui se modernise. L’électricité fait son apparition ainsi que l’eau courante et le téléphone. On prend plaisir à partager les balades en automobile qui révolutionnent le quotidien. Un souffle nouveau comme une bouffée d’oxygène qui viendrait balayer les stigmates encore profonds des atrocités des quatre dernières années. Renaître pour faire vivre les souvenirs, renaître pour dire oui à la vie.

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Histoires de fête : Halloween, de Karine Delobbe

« Trick or treat ? »

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Le 31 octobre sera célébré un peu partout la fête d’Halloween. Défilé de monstres et collecte de bonbons seront au rendez-vous. Mais au-delà de cette effervescence, connaissez-vous l’origine de cette tradition ? Où et quand a-t-elle commencé ?

Cette fête a traversé les frontières et a envahi notre pays dès 1997. Mais les avis sont partagés quant à sa célébration. En France, elle remporte un franc succès auprès des enfants mais certains adultes y sont plus réticents, invoquant le fait qu’elle parasite la fête de la Toussaint.

Découvrez tous les secrets de cette fête en feuilletant cet ouvrage très complet.

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10 jours pour sauver le roi

Ils veulent tuer Henri IV, de Isabelle Wlodarczyk

Au début du mois de mai 1610, un complot est mis en place contre le roi Henri IV. L’histoire est racontée par Ondine, une jeune servante orpheline au service de la reine, qui essaie  de ils-veulent-tuer-henri-ivretrouver ses origines. Un jour, son ami Jean arrive au Palais et confie à Ondine une lettre écrite par Mme Escoman, prisonnière à la Conciergerie, à remettre en mains propres à la Reine. Cette dame prétend que le roi va être assassiné dans quelques jours. Aidée par Jean, les deux enfants sont prêts à tout pour sauver le roi et essaient de lui faire changer ses habitudes. Le roi , menacé depuis longtemps, n’y prête plus trop attention et vit son quotidien très normalement. Le dernier chapitre, le jour J est raconté de deux manières différentes, et nous montre deux fins bien distinctes selon la tournure qu’aurait pu prendre la vie des différents personnages principaux. Le monde aurait pu être bien différent.

L’auteure dans ce livre, retrace bien l’Histoire telle que nous la retrouvons dans les manuels. Elle relate de manière assez simple les raisons pour lesquelles Henri IV a été assassiné : problèmes entre protestants et catholiques, femmes mises de côté …

L’histoire est bien menée avec le compte à rebours qui nous tient en haleine et qui nous donne envie d’aller jusqu’au bout du récit et de mener l’enquête avec ces deux jeunes. Ondine a un rôle important puisque, en plus de vouloir sauver le roi, elle découvre, vers la fin du livre, qui sont ses parents.

Intéressant et accessible, même aux plus jeunes.

 

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La France, de Philippe Simon

La collection « La grande imagerie » des éditions Fleurus proposent des documentaires largement illustrés sur des thèmes très variés à relativement petit prix (7-8 euros environ). Clairs, accessibles, ils sont tout à fait adaptés aux élèves dès 7-8 ans. Voici quelques exemples trèdifférents de titres de la collection : La France ; les motos ; Captain America.

Culture générale en images

Chaque double page présente une carte de France imagée qui permet de situer les thématiques abordées et les spécificités régionales : présentation de la géographie de  la France, de l’architecture, des paysages  et des sites naturels, de son patrimoine, des villages les plus touristiques,  des ses ressources agricoles et de ses productions, de ses activités princiaples et industries, de sa gastronomie, de sa capitale Paris, sans oublier  les territoires et départements d’Outre-mer. Sorti en 2016, les le nouveau découpage des régions est à jour.  Nous apprenons beaucoup et très simplement et comprenons mieux ce qui fait la réputation de notre pays à l’étranger !

Les motos, d’Agnès Vandewiele

Moins récent que l’ouvrage sur la France (les derniers chiffres cités datent de 2007), cet ouvrage donne un aperçu clair et rapide de la moto, de ses origines en passant par les grandes marques, les différents sports et les compétitions, les figures acrobatiques, le tout accompagné de très nombreuses photographies. N’étant pas une adepte de la moto, j’ai appris des choses (en particulier sur les Harley-Davidson et que l’on peut faire de la moto sur glace !), et laisserais mes élèves donner leur avis sur ce livre dans les commentaires.

 

Captain America, de Sabine Boccador

Alors là, les fans de super-héros vont adorer !  Et je regrette de ne pas avoir fait l’aquisition de cet ouvrage l’année dernière, alors que mes élèves de 3ème travaillaient sur Captain America en Histoire des Arts. Très complet, largement illustré, très abordable, cet ouvrage nous apprend tout sur ce super-héros, pas forcément le plus connu du grand public. Captain America est un super-héros dont les aventures sont diffusées à partir de 1940 dans les comics (bandes dessinées américaines) et retranscrivent les tensions de la guerre froide, où les adversaires redoutables sont les communistes. Soumis à une expérience  militaire secrète dont le but est de décupler ses capacités physiques, Captain America devient une sorte de surhomme, guidé par son intégrité, sa droiture, son sens de l’engagement, ses valeurs morales et patriotiques. En plusieurs chapitres brefs, cet ouvrage décrit ses pouvoirs, ses amours et amitiés, quelques autres super-héros (les Avengers dont font partie Iron man et Hulk), ses ennemis, son histoire. Très instructif, il pourra intéresser des adolescents plus âgés que l’âge de lecture conseillé par la collection.

 

Dans cette collection, le CDI possède aussi les titres : Les pirates et Barcelone. Laissez-vous tenter !