Le jour où mon père a disparu, Benoît Séverac

15 ans. Le plus bel été de ma vie. Ou pas. Depuis que je suis tout petit, moi et mes parents avons toujours été des parias. Reniés par notre propre famille. Mais pourquoi me direz-vous ? Eh bien justement … mes parents n’ont jamais voulu me le dire. Alors, je faisais comme si de rien n’était. Je sais que mes parents ont milité au sein du Front de libération occitan, mais je ne vois pas en quoi c’est mal. Un ancien membre s’évade. Je ne me sentais pas concerné, jusqu’à ce que mon père disparaisse…

J’ai beaucoup aimé ce livre, qui est assez court, mais qui représente assez fidèlement les pensées d’un adolescent. Je le conseille, c’est un livre idéal pour des lecteurs qui n’ont pas l’habitude de lire de gros livres. C’est une véritable quête de vérité. L’adolescent va mener sa propre enquête et chercher des réponses à tous ces secrets de famille… Un cocktail qui mêle enquête, voyage, vengeance, secret, sacrifices et qui se lit d’une traite !

Je me suis dit qu’un jour, moi aussi, plus tard, dans très longtemps, quand nous serons adultes, avec nos vies, nos conjoints et nos enfants, je lui ferais signe comme elle venait de le faire, juste pour lui dire que cet été-là, je l’avais aimé pour de vrai et pour toujours, comme je n’avais jamais aimé.

Ou bien, peut-être que je deviendrai écrivain comme j’en rêvais, et j’écrirai un roman qui racontera notre histoire.

L’histoire du plus bel été de ma vie.

Eléa, 5ème – membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

L’île, de Christophe Léon

La cible

cible.jpg

5 Août 2016, une île en Bretagne….Tout avait pourtant bien commencé pour cette bande d’adolescents, d’une banlieue parisienne défavorisée. Parmi eux, Driss et Marie-Anissa amoureux, devaient passer leurs premières vacances ensemble. Quinze jours de liberté, d’évasion, loin de tout. Mais le sort en a décidé autrement et ce qui devait être un moment inoubliable de bonheur  va se transformer en un véritable cauchemar, en une tragédie humaine…

17 ans plus tard, comment oublier ce 5 Août 2016, comment oublier que des familles ont été à jamais meurtries dans leur chair. Ce 5 Août 2016 qui , 17 ans plus tard, va bouleverser la vie de Yasmine, une jeune adolescente….

 Christophe Léon aborde ici un thème émouvant et dur. Avec L’île, l’auteur ravive une douleur,  en nous ramenant à des faits d’actualité, ayant marqué à jamais les hommes, un pays. Dans ce décor doux et tranquille d’une île, l’auteur joue sur un effet de surprise qui prend le lecteur de cours. Trois personnages, trois regards différents sur un même événement tragique, trois points de vue bouleversants et profonds. Une plume fluide et accrocheuse qui tiendra le lecteur jusqu’à la fin.

 

 

 

 

La fille des manifs, de Isabelle Collombat

Combat de femme

barbara.jpg

Barbara n’a pas beaucoup d’amis mais ça lui suffit

Barbara est une fille au style décalé, mais bien affirmé

Barbara est une fille solitaire qui n’en a que faire

de tous ces hypocrites qui la critiquent.

Barbara mène le combat de sa vie

avec sa meilleure amie Annie.

 

Ces quelques lignes pour définir Barbara , une jeune adolescente qui se lance à corps perdu dans une cause qui lui est chère : la défense de l’environnement, la protection de la planète. Mais ce qu’elle ne supporte plus avant tout, c’est le comportement détaché et égoïste des adultes face à l’urgence de la situation. Alors elle s’organise pour se faire entendre : banderoles, messages chocs, manifs….Mais Barbara parle trop, crie trop fort son mécontentement et elle dérange. La jeune fille de 17 ans va recevoir des menaces, va faire l’objet d’agissements malveillants qui vont porter atteinte à sa vie privée et à celle de sa famille. L’adolescente est effondrée et pour surmonter la situation, elle va s’adresser à sa grand-mère décédée, en écrivant un journal. Une grand-mère qui sera sa source d’énergie et de courage.

La fille des manifs est un livre qui traite d’un sujet d’actualité : la protection de la planète. Un thème repris par beaucoup de livres pour la jeunesse, un thème qui est au coeur de toutes les préoccupations. C’est important que le porte-parole de cette cause soit une ado, l’effet n’en est que plus fort. Une jeunesse qui se mobilise et qui est prête à tout pour que les comportements changent, pour que la prise de conscience des uns et des autres n’en soit que meilleure. Et puis il y a Annie…un personnage disparu et pourtant tellement présent au fil des pages, Annie une femme au destin tragique qui sera un modèle pour Barbara.

Ce livre va au-delà de l’engagement et dénonce en parallèle les dérives et les réactions de gens prêts à tout pour intimider des personnes engagées, porte-parole d’idées fortes. Barbara, l’héroïne, est en pleine construction. L’adolescence est dans une période qui peut être difficile, mais Barbara est bien entourée par ses parents qui la soutiennent, qui l’écoutent. Elle se construit grâce aux valeurs transmises par sa famille et par ce qu’elle va apprendre de sa grand-mère. Un livre touchant qui dénonce toute sorte de violences et d’injustices.

 

 

Je te plumerai la tête, de Claire Mazard

Lilou, adolescente sans histoires, vit avec son père depuis que sa mère est hospitalisée en phase terminale de cancer. Cela lui convient finalement pas si mal, elle qui voue une admiration sans borne à son Papa Lou, comme elle l’appelle, son papa chéri, son papa parfait et qui ne se sentait pas vraiment proche de cette mère un peu rabat-joie. D’ailleurs, son père ne l’incite pas du tout à rendre visite à sa mère à l’hôpital : elle a son bac de français à préparer, ce serait une perte de temps, et de quoi la démoraliser. Surtout que, selon lui, sa mère ne demande jamais de nouvelles de sa fille, ne la réclame jamais… Alors, à quoi bon, hein ? Lilou laisse ainsi passer plusieurs semaines. Pourtant, au lycée, ses amis s’interrogent, s’inquiètent : elle devrait tout de même aller voir sa mère à l’hôpital, dont l’état devient vraiment préoccupant… En cachette de son père, elle s’y rend, entre midi et deux, les jours de lycée. Elle découvre une mère aimante, attentionnée, qui ne pouvait l’appeler suite à une « erreur » dans le numéro de téléphone laissé par son père, et un père qui passe bien rarement rendre visite à sa femme et en profite pour lui piquer son dessert du plateau-repas d’hôpital… Et si finalement les choses n’étaient pas aussi évidentes qu’il n’y paraît ? Et si ce papa charismatique et charmeur n’était pas aussi gentil qu’il voudrait le faire croire. Et tous ces secrets  ? Cette tante qui aurait cherché à détruire leur famille, pourquoi est-elle finalement si présente ?

Autant de questions que Lilou va se poser et auxquelles elle va essayer de répondre maintenant qu’elle a grandi et que son jugement est plus acéré.

Un roman qui traite de la perversion narcissique. On entend de plus en plus parler de cette pathologie psychiatrique qui pourrait passer pour un effet de mode mais qui est une triste réalité. Lorsque l’on ne connaît pas ce profil, il est très difficile de s’en défendre tant les mécanismes mis en jeu semblent incroyables. Pourquoi quelqu’un que l’on aime, qui semble nous aimer, pourrait-il vouloir nous détruire, cela n’a pas de sens ! Et pourtant si, pour la personne atteinte de ce trouble, cela entre parfaitement dans son schéma relationnel. Il est impossible pour le pervers narcissique de se soigner et de guérir car il ne se considère pas comme malade. Ce sont les victimes, qui, détruites, finissent -lorsqu’il en est encore temps- par consulter psychiatres et psychologues et mettre des mots sur l’enfer qu’elles vivent au quotidien.

Un roman qui se lit comme un thriller et qui a le mérite de dévoiler au public une pathologie aux mécanismes extrêmement compliqués. D’autant que les bourreaux sont souvent des personnes charismatiques, avenantes, très attentionnées en public, réussissant à donner une image dégradée de la victime qui perd ainsi toute crédibilité aux yeux de son entourage. Dans ce roman, ce sont les amis et la tante qui vont soutenir Lilou, avec beaucoup de tact, en la laissant mûrir ses ressentis, sans la brusquer ni mettre des mots trop durs sur ce qu’elle vit, afin que ce soit elle qui prenne conscience, au fur et à mesure, des dérives comportementales de son père. Elle mènera son enquête pour découvrir des secrets de famille enfouis, des proches absents depuis toujours de sa vie. Pourquoi ? sera la question qui guidera sa réflexion. L’écriture sensible de Claire Mazard, auteur familier de thèmes traitant de faits de société, se met parfaitement au service de ses personnages, que ce soit le groupe d’amis adolescents de Lilou, intelligents et perspicaces, ou de sa mère qui mettra ses dernières forces à renouer avec sa fille et la sauver de l’emprise d’un père qu’elle sait capable de la détruire.

Faire connaître cette pathologie au plus grand nombre est le seul moyen de protéger les victimes. Cela peut se passer au sein d’un couple, d’une famille, mais également en amitié ou dans le milieu professionnel. Mais il faut néanmoins rester vigilant sur les conséquences d’une stigmatisation trop hâtive.

Tu es si belle/laide – Eva KAVIAN

De grandes réflexions, de gros doutes, de grandes hésitations, de grands questionnements d’une adolescente de 14 ans  s’adressant – pas directement mais épistolairement – tantôt à sa soeur  aînée Flo, tantôt et surtout à sa mère Jeanne  à un moment très critique de la vie de cette famille. Le moment est venu de se libérer du lourd secret qui emprisonne voire empoisonne les deux soeurs depuis plusieurs années.

Une lecture très rapide compte tenu de la quarantaine de pages  mais qui, pour autant, ne laisse absolument pas indifférent, notre esprit se retrouve perturbé de part  l’explication qui est donné du titre et de sa couleur mais une petite lueur d’espoir arrive  symboliquement à la fin.

Eva et los fantasmas de Madrid, de Marcos Eymar

Quoi de plus étrange que de rêver dans une autre langue que la sienne ?

Eva, qui selon la volonté de son père apprend l’allemand au collège, fait, selon une de ses amies, des rêves en espagnol. Mais que renferment ces rêves angoissants à répétition ? Quelles en sont les origines ?

Afin de trouver une réponse à toutes ses questions, Eva accepte l’aide de son amie Laure qui la conduit chez Remedios, une médium d’origine espagnole dont l’aide sera déterminante. Devant la persistance inquiétante de ses cauchemars nocturnes, la jeune fille acceptera toutes les propositions qu’elle lui fera au point de mentir à son père, d’apprendre dans la clandestinité, de changer de pays, de prendre des risques, d’affronter ses craintes, de poursuivre ses fantômes, de se rendre à un rendez-vous des plus mystérieux mais à l’issue duquel une explication rationnelle à tous les cauchemars sera donnée.

Un roman facile à lire, intéressant d’un point de vue linguistique et touristique, la fin est assez inattendue.

Je suis un verdadero argentino ! de Laurence Schaack

A l’issue d’un repas de famille, les parents de Saul lui réservent une surprise : accepterait-il de partir avec son père à 10 000 kms de Paris pendant les vacances de la Toussaint ? Et comment ! Encore plus pour prendre la direction de Buenos Aires, capitale du football.

Dès le décollage, l’adolescent pressentira que leur sport favori – à son père et à lui- ne sera pas le seul motif de ce voyage argentin, pendant que Saul dévore le guide touristique pour ne rien rater de la ville, son père, soucieux et pensif, lit et relit un morceau de papier vieilli, une lettre qui n’aura de cesse de l’intriguer au point que Saul se l’appropriera dans le dos de son père. La découverte de son contenu incompréhensible pour lui  n’en sera que plus étonnant, énigmatique voire inquiétant… Au fur et à mesure de rencontres susceptibles de lui venir en aide, Saul apprendra que la lettre jaunie renferme un lourd secret de famille dans un contexte historique aux lourdes conséquences sur de nombreuses décennies.

Avant le soulagement, l’apaisement et la légèreté de la fin, Saul connaîtra bon nombre de doutes, de craintes, de questionnements, d’angoisses.

Un roman bilingue intéressant à découvrir d’un point de vue linguistique et historique.