Le chat, série de Philippe Geluck

Chat alors !

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Le chat est une série de dessins humoristiques de presse et de bandes dessinées, créée par Philippe Geluck, artiste belge. Le 22 mars 1983, ce personnage fait sa première apparition dans un journal belge dont il deviendra vite la mascotte. En octobre 1986, le premier album du Chat paraît aux éditions Gallimard. Un succès immédiat en Belgique, un peu plus discret en France. Trente ans après et 21ème album plus tard, Le Chat est en pleine forme et fait toujours un carton.

Cest un chat gris, aux oreilles pointues, au gros nez, vêtu et ayant les mêmes comportements qu’un homme : il conduit une voiture, va au bistrot et s’adresse directement au lecteur. Sa bouche reste toujours fermée, sa gestuelle simple.

Geluck s’est inspiré d’un chat qu’il avait dessiné sur les faire-parts de son mariage, il lui a ajouté une cravate, un manteau et lui a fait commenter l’actualité. Voilà comment est né le personnage. Ce anti-héros par excellence se nourrit du quotidien qu’il commente avec un humour décapant, jouant parfois avec le feu. Il porte également un regard tranchant sur les dérives de la société. C’est un gros matou dont les griffes très aiguisées n’hésitent pas à égratigner les bonnes manières. Geluck s’amuse, manie le gag et les jeux de mots à la perfection. Le chat est tellement célèbre qu’un musée va être construit à Bruxelles en 2020.

Le CDI possède 5 titres de la série :

Le Chat / Le top du chat / La vengeance du chat / Le 4e chat / Le retour du chat

Même les princesses doivent aller à l’école, de Susie Morgenstern

Moi, princesse et alors !

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La vie d’un roi n’est pas toujours rose. Surtout quand les affaires vont mal, que le château de 57 pièces tombe en ruine, que les festins se transforment en maigres repas, que le personnel n’est plus. L’existence de la princesse Alyestère, 8 ans, est bien fade. Plus de précepteurs, pas d’amis, sa mère qui passe son temps au lit et un père qui lui rabâche à longueur de journée « N’oublie pas que tu es une princesse !». Oui et alors ? Elle est seule, elle s’ennuie, plus personne ne vient au château hormis les créanciers.

Mais un jour, bonne nouvelle : la famille déménage pour un 3 pièces, dans un immeuble. Alyestère est aux anges, elle renoue avec le confort, simple c’est évident, mais quand on a tout perdu c’est le paradis ! En immersion dans la vie des communs des mortels, il y a de l’animation dans les rues et surtout la princesse voit des enfants de son âge. Mais où vont-ils tous les matins ? Curieuse, la princesse se met à suivre une bande de gamins. Elle arrive près d’un bâtiment où elle aperçoit bon nombre de garçons et de filles qui sautent partout, crient, jouent. Mais que font-ils ? Pourquoi sont-ils tous là ? Quand elle découvre que tous vont à l’école, elle va supplier son père de la laisser les suivre. Cela ne va pas être facile de le persuader, Alyestère est une princesse, sa princesse.

Une belle petite histoire qui met l’accent sur les différences sociales. Alyestère est une princesse. Certes, mais une princesse qui s’ennuie et qui est coupée de toute vie sociale, à cause de son statut. A 8 ans, elle ne sait pas ce que c’est que d’avoir des amis. Elle a toujours eu des professeurs à domicile, tout du moins du temps où ses parents avaient les moyens. Son titre lui interdit de se mélanger à la classe sociale populaire. Mais Alyestère va bousculer le protocole. On peut être princesse et préférer la compagnie des gens simples. Princesse ou pas, le principal est de trouver sa voie et de faire ce qu’on aime !

Mai 68 de A à Z : 100 mots pour comprendre le bouleversement de la société, de Danièle Ohayon et Patrick Fillioud

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques du comité de lecture du blog

Mai 68 de A à Z : 100 mots pour comprendre le bouleversement de la société, de Danièle Ohayon et Patrick Fillioud

Pages : 143 pages
A partir de 13 ans

L’introduction commence par le refrain d’Imagine de John Lennon.

Cet ouvrage commence par une introduction sur les origines du mouvement de mai 1968 et les changements auxquel il a conduit. Il se poursuit ensuite par un abécédaireMai 68 est un événement historique qui a changé la société et notamment permis de faire évoluer la place des femmes et des jeunes dans la société. C’est aussi un mouvement ouvrier et étudiant. .  Ce mouvement aura eu pour conséquence un profond bouleversement de la société française et du monde.
Ce petit ouvrage détaille intelligemment par thème les événements et les changements radicaux survenus. Les 100 sujets sont à la fois brefs et complets, cet ouvrage permet de prendre conscience de l’importance de ce mouvement sans précédent et de l’actualité des revendications portées par les manifestants comme l’écologie, les inégalités, l’éducation, l’indépendance des médias, les conditions de travail ou l’égalité entre les femmes et les hommes.

 

MON AVIS :

Une analyse qui a été faite cinquante ans après est très instructive, C’est clair et concis grâce à l’alphabet et à une chronologie qui est insérée en fin d’ouvrage. Ce dictionnaire est illustré par des affiches de l’époque C’est un livre complet tout à la fois sociologique, politique et historique à lire !

Avis de Mme COQUILLAT : Professeur d’histoire au collège Arsène Fié
Un Livre qui s’adresse aussi bien à la jeunesse qu’aux adultes, qui rend abordable un soulèvement populaire qui pourrait sembler complexe.  A travers le vocabulaire, tous les sujets sont abordé, il se lit très rapidement et donc ne pas hésiter à l’utiliser comme outil pour comprendre les causes et les conséquences de ce mouvement.

Axel – 14 ans, 3ème – membre des dévoreurs de livres d’Arsène

Plastique apocalypse, de Arthur Ténor

SOS, Terre en détresse…..

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Un scientifique a mis au point une invention dans le but d’éliminer tous les déchets plastiques de la surface de la Terre. Un moment historique que Richard Buttler, le président de Bio Tech Ingénierie, s’empresse de partager lors d’une émission télévisée, transférée pour l’événement dans une salle de recherche du laboratoire de la société. Dimitri Karadine, le chercheur, a inventé une bactérie dévoreuse de matière plastique : le Plastivorax. Ce germe est conçu pour tout engloutir, se multiplier et se désagréger en quelques minutes, une fois rassasié. Une démonstration est réalisée en direct, c’est l’euphorie ! Cependant à aucun moment quelqu’un a pensé que le Plastivorax pouvait résister à la mort programmée. Quelques jours après la diffusion de la nouvelle, un incendie a détruit le laboratoire de recherche, un airbus s’est abîmé en mer avec à son bord Richard Buttler. Dimitri est effondré. Dans la soirée, son fils Alexandre remarque un fait étrange, le clavier de son ordinateur se ramollit, puis finit par fondre. Dans le salon, la télévision est presque toujours allumée. Une image se fige alors sur un site industriel, duquel s’élève une forte fumée grise. C’est la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine qui est prête à exploser ! Triste réalité où la nature a pris le pas sur l’Homme. En effet, le Plastivorax s’est étendu, attaquant tous les circuits électriques, ce qui  entraîne des explosions et des incendies à répétition. C’est le chaos, une panique générale s’empare de la population. Tous les réseaux de communication sont coupés, la circulation terre, mer et air est inexistante. La planète entière attaquée par la bactérie est paralysée, les scènes de pillage se multiplient, les gens se piétinent, se battent. C’est la loi du plus fort qui l’emporte, les hommes deviennent des barbares. La civilisation est anéantie… Le mode de vie actuel est le seul responsable de cette catastrophe planétaire. Le Plastivorax arrêtera sa progression quand il n’aura plus rien à se mettre sous la dent, quand il n’y aura plus sur son passage de matériaux à base de pétrole, quand il n’y aura plus rien contenant du plastique. Tout ce qui fait le confort des humains, leur petit bonheur matériel de tous les jours, tout disparaît  ! C’est une véritable descente aux enfers. L’homme a orchestré sa propre perte, sa disparition. Toujours innover, toujours aller plus loin, s’enrichir, STOP DANGER ! Une société de consommation toujours avide de nouveautés, du gâchis, des déchets, la pollution… Que va-t-il advenir de cette population qui essaie de survivre, d’échapper à la bactérie ? Trente ans après ce cataclysme, Alexandre est à son tour papa. Il a survécu. Et il repense à sa vie d’avant : Internet, la télévision, une vie à 100 à l’heure, les réseaux de communication de plus en plus performants, la pollution, une surconsommation, avoir toujours plus et mieux. Et là que reste t-il ? Un grand retour en arrière s’est opéré. Plus de véhicules à moteur, plus de télévisions ni d’internet. Une nouvelle ère est née. L’air est frais, respirable, on utilise les énergies renouvelables, le soleil, on réalise ses propres plantations, on n’a plus d’écrans, on lit. On respecte la nature, l’environnement, on se passe du pétrole. On construit un nouvel avenir, on retourne aux vraies valeurs. La terre ne doit plus être une poubelle, il faut en prendre soin pour qu’elle dure. Il faut tirer des leçons des erreurs du passé, pour construire un avenir sain.

Dans Plastique apocalypse, Arthur Ténor aborde le thème de l’écologie en soulignant l’importance des comportements individuels et collectifs des hommes. L’écologie doit être notre cheval de bataille. Une prise de conscience collective est nécessaire pour préserver une planète en danger. Cette histoire est poussée à l’extrême, le début peut paraître un peu lourd mais il nous met devant une évidence : l’Homme est un danger pour lui-même, défiant constamment la nature qui reprend ses droits dans la douleur. Faut-il une catastrophe pour que chacun puisse enfin comprendre qu’agir pour le bien-être de la planète est indispensable à notre survie… Imaginez la cellule de crise qui s’installe déjà dans votre cuisine quand votre ami du quotidien, le micro-onde vous lâche au moment de chauffer votre café du matin. Et surtout, quand il faut faire appel à l’artillerie lourde qu’est la casserole !!! C’est la panique, on rage, à peine si encore on sait se servir de ladite casserole. C’est triste quand même. Réfléchissez bien à votre comportement du quotidien, si un jour il fallait renoncer à tout ça, pour le bien-être de l’Humanité, pour sa sauvegarde. Un Plastivorax peut à tout moment surgir….

Gargantua, de François Rabelais – Christian Poslaniec

Qu’il est bon de vivre pour manger…

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Gargantua est né au bout de 11 mois par l’oreille de sa mère, Gargamelle. Il est énorme, il a un appétit qu’il n’arrive jamais à assouvir. Un personnage géant créé par François Rabelais au XVIème siècle, dont les aventures seront écrites sous formes de chroniques. Rabelais laisse alors libre cours à sa fantaisie et à ses opinions, il se moque de la société.

Christian Poslaniec a adapté le conte de Rabelais en plusieurs tableaux représentant les principaux moments de la vie de Gargantua. Il a traduit le vieux français et cette nouvelle version en facilite la compréhension pour nos plus jeunes lecteurs. Une lecture plaisante, pleine d’ironie et de réflexion sur la société. Les illustrations de Ludovic Debeurne traduisent de belle manière le gigantisme du héros et collent très bien au texte.

Emma, Tess Corsac

 Contagion

9791090685161-753x1024Dans un futur pas si lointain, l’humanité a été ravagée par un virus hautement contagieux du nom d’Emma. La population mondiale s’est vu réduite à peau de chagrin et les survivants tentent par tous les moyens de se protéger des personnes infectées. Impossible, dans cet univers revenu à un mode de vie quasi moyenâgeux, de faire confiance à qui que ce soit. Difficile en effet de distinguer les êtres en bonne santé de ceux que l’on nomme les moissonnés. Seule une marque sur le front permet de les différencier mais on ne peut même pas toujours s’y fier… C’est dans ce monde chaotique, dans un village apparemment préservé de l’infection, qu’a grandi Azur. A 15 ans, elle doit, en compagnie de son ami de toujours, Basile, se faire tatouer sa première marque prouvant sa bonne santé. Mais le chemin vers le centre médical sera semé d’embûches et une bien mauvaise surprise attend les deux amis à leur arrivée…

Voilà un roman d’anticipation dystopique fort bien mené, qui livre des réflexions profondes sur la question de l’humanité, sur notre rapport à l’autre et nos peurs les plus profondes. La jeune auteur, Tess Corsac, n’a que 19 ans mais nous offre une approche allégorique très pertinente de la société. L’univers quasi post-apocalyptique dans lequel elle fait évoluer ses personnages est peint avec finesse et surtout les rapports humains sont analysés avec subtilité ce qui permet une critique constructive des travers de notre société. J’ai vraiment pris plaisir à ce qui est aussi un récit d’apprentissage riche en rebondissements et j’attends avec impatience la probable suite que laissent les dernières lignes pleines de suspens de cet ouvrage. Coup de cœur pour ce livre qui plaira aux ados à partir de 13-14 ans et à leurs parents.

Pas bête(s), de Christophe Léon

Et si…

Pas bête(s) !Et si une poule pondeuse, élevée en batterie dans un « studio » de 46 x 51 cm, loué à prix d’oeufs, nous livrait ses pensées ? Et si, dans un zoo, la visite nous laissait à voir des espèces d’animaux très particulières  ? Et si un mouton cherchait à prendre le pouvoir sur le troupeau et imposer sa dictature ? Et qui sont réellement les cafards ? Et comment faire sa place dans le monde des finances lorsque l’on est un jeune diplômé de 23 ans tout juste sorti de l’école ? Et si l’on visitait une ferme ultramoderne où la rentabilité est le maître-mot et où l’on prend en compte de manière très relative le bien-être des animaux très particuliers qui y sont  élevés ? Et si un chien de chasse à la retraite est mis au rebut par son maître suite à sa participation à un jeu de télé-réalité… Et si la boucle était bouclée et que la poule du début rencontrait le chien de la dernière nouvelle ?

Des histoires à faire frémir, plus cinglantes les unes que les autres, au ton à la fois grave, caustique et humoristique, où celui qui se comporte le plus comme un animal n’est pas forcément celui que l’on croit.  Ces nouvelles font réfléchir profondément le lecteur sur la place de l’animal dans notre société, et surtout sur les relations entre l’homme et l’animal… Dans le ligne éditoriale de sa collection Rester vivant, cet ouvrage fait partie de ces littératures engagées qui permettent d’ouvrir le débat avec des élèves, en particulier dans la thématique Informer, s’informer, déformer, au programme de français de 4e :  l’élevage industriel et ses dérives, la télé-réalité et son pouvoir, les relations entre l’homme et l’animal, le comportement animal de l’être humain dans certaines circonstances, le zoo pour préserver les espèces menacées, etc. Des sujets d’actualité, sujets parfois à controverses, qui permettent des discussions riches.

Ce recueil réunit des nouvelles déjà publiées dans deux ouvrages différents chez le même éditeur : Pense bêtes et Bêtes de pensée.