Le tour du monde des contes, de Gilles Bizouerne et Fabienne Morel

Quatre grands contes sont le point de départ  de ces 18 histoires :  Les trois petits cochons, Les musiciens de Brême, Le lièvre et la tortue et Tom Pouce.

 

A travers différents pays, les versions de ces contes classiques varient : les trois petits cochons et le loup deviennent un renard et trois poules ; le lièvre et la tortue, un renard et un escargot… Nous voyageons ainsi en Angleterre, en Chine, en Inde, en Roumanie, au Maroc, en Allemagne, au Japon… pour notre plus grand plaisir.  Car il est très agréable et enrichissant de découvrir des contes inscrits dans notre imaginaire collectif depuis l’enfance dans des variantes extraordinaires, où les animaux ont toujours une place d’importance et où la solidarité, l’intelligence, la débrouillardise et le courage permettent aux plus malins de se sortir de tous les mauvais pas. 

Comme pour l’ouvrage de la même collection : Les Belles, chaque série  de contes est illustré par un illustrateur différent : Vanessa Hié, Marion Jeannerot, Charlotte des Ligneris, Rémi Saillard ont mis la main à la patte pour égayer ce très bel ouvrage qui ravit les enfants lors de la lecture du soir. 

Découvrez sur le même principe également l’album : Les histoires de Barbe bleue racontées dans le monde

 

Bravelands, 1. Nouvelle alliance, de Erin Hunter

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

La nouvelle saga d’Erin Hunter !

 

Dans la savane , un lion est mort. Son fils, recueilli par des babouins, promet de le venger.

Un an plus tard, Grand Cœur accompagné de ses amis Épine et Olive, traverse une période agitée. Il doit partir suite à la mort « héroïque » de leur chef. Il rencontre un lion solitaire, un vieil ami de son père. Avec lui, il va réapprendre à être un lion pour espérer reprendre un jour la Tribu de Vaillant, la tribu de son père. Va-t-il y arriver ? Vous le découvrirez en lisant Bravelands !

J’ai beaucoup aimé ce livre, du même auteur que « la guerre des clans »( que j’avais littéralement adoré !!!), même si je trouve néanmoins qu’il est un peu moins passionnant que « la guerre des clans ». En revanche, on reste toujours dans le concept des animaux – thème chère à l’auteure-. Des personnages attachants et pratiquement aucun temps mort

Je le recommande aux amoureux de la savane.

Eléa, 5ème – membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

La curieuse histoire d’un chat moribond, de Marie-Renée Lavoie

  Ti-Chat s’est perdu dans la forêt « à cause d’une grosse mouche moche aux pattes pleines de crottes avec des yeux de merlan frit ».  Après avoir marché longtemps, il s’effondre de fatigue.

Heureusement, il est trouvé par une fillette qui arrive à convaincre ses parents qu’il n’est pas mort et qu’il faut l’emmener pour prendre soin de lui. Il découvre alors les délices du thon en boîte et d’un foyer aimant. Mais notre petit chat est bien fragile, ne grandit pas et ses huit vies risquent d’être mises à rude épreuve dans ce monde brutal !

Il fait alors la connaissance de Prémâché, un gros  chat si amoché qu' »on aurait dit qu’on lui avait prémâché la tête et qu’on l’avait recrachée » qui va le prendre d’affection, mais aussi de Billy le voisin et… d’une armée d’araignées !

De très nombreuses illustrations humoristiques en noir et blanc ponctuent ce roman tout mignon pour jeunes lecteurs, sur le thème de la solidarité et de l’amitié.

 

Les contes du chat perché, de Marcel Aymé

 La ferme enchantée…chat

Je ne peux pas commencer cette chronique sans vous faire part du sentiment qui m’enveloppe rien qu’à l’évocation du titre. Me revoilà plongée dans mes années collège, en 6ème. Les contes du chat perché a été la première œuvre étudiée en classe, une belle rencontre avec Delphine, l’aînée, et Marinette, la blonde. Deux sœurs qui ont «le pouvoir» de discuter avec des animaux dotés de la parole. Et ce petit détail n’a l’air d’étonner personne. Les parents détestent les bêtes et sont très sévères avec leurs progénitures. Les deux fillettes ont un chat Alphonse, qui sera une carte maîtresse pour elles dans les moments difficiles. Alors qu’elles ont cassé un plat, elles sont envoyées chez leur tante, une femme odieuse, méchante. Alphonse, qui d’un passage de patte derrière les oreilles déclenche la pluie, va provoquer un véritable déluge pour qu’elles repartent chez elles. Mais ce changement de temps va détruire les récoltes et les parents qui rendent le chat responsable, veulent le noyer. Alphonse va souvent mettre en garde les fillettes mais elles soupirent en se disant qu’à l’écouter, elles ne feraient jamais rien. Parfois, il est de bon ton de tenir compte des conseils. Tous ces animaux qui peuplent la ferme, vivent dans la crainte de passer à la casserole. Ils changent au fil des contes, certains partent, meurent ou sont mangés. Ils n’hésitent pas à aider Delphine et Marinette et vont même les remplacer dans leurs taches. En effet, les enfants vont à l’école mais doivent participer activement aux travaux de la ferme. Pourtant, elles préfèrent s’amuser avec les animaux, ce qui n’est pas du goût des parents.

Les Contes du chat perché regorgent d’humour. Les animaux parlent et peuvent dialoguer avec les humains. Les situations sont cocasses dès que les parents s’absentent. La ferme familiale devient alors un terrain de jeu, un vrai théâtre. Delphine et Marinette sont pleines d’imagination, ce qui parfois leur joue des tours. Marcel Aymé, sans être moralisateur, transmet des messages sur la justice, la différence, la nature, la tolérance envers les animaux, avec des enfants plus à l’écoute que les adultes. On notera aussi que souvent dans les contes, tout est beau, mais là l’auteur montre aussi que la vie n’est pas si simple. L’écriture est facile à comprendre, amusante et s’adresse autant aux enfants qu’aux adultes.

Ces nouvelles réunies dans ce recueil sont parfois divisés en deux tomes : Les contes rouges du chat perché et Les contes bleus du chat perché.

Contes pour enfants pas sages, de Jacques Prévert

Et si les animaux prenaient le pouvoir ?

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Contes pour enfants pas sages est un recueil de petites histoires d’animaux. Jacques Prévert met en scène des animaux qui n’ont pas peur de parler. Ils crient haut et fort pour dénoncer la cruauté du monde adulte et défendre les enfants. Chaque conte fait réfléchir et malgré un ton léger, le lecteur découvrira des sujets graves et sérieux comme l’esclavage, l’abandon des enfants, le racisme… Jacques Prévert attaque les hommes à travers la parole des bêtes. L’humour et la fantaisie restent néanmoins présent pour dresser le tableau d’un monde de folie, un monde pas sage du tout !

The Grisly Goat, de Christine Kiffer et Ronan Badel

The Grisly Goat - bilingue anglais

Il s’agit d’un album bilingue anglais qui raconte l’histoire de Lapin qui aperçoit des yeux rouges cachés dans son terrier…et se retrouve terrifié ! Il va appeler divers animaux à la rescousse, avec plus ou moins de succès ! Un récit sympathique sur l’entraide et la solidarité, et qui montre qu’il n’y a pas besoin d’être fort pour être courageux !

J’ai beaucoup apprécié cet album, qui peut être adapté à différents lecteurs, car il est bien illustré, mais permet aussi de bien travailler son anglais. Le choix de mettre la traduction seulement à la fin peut être gênant pour les débutants qui en ont besoin à chaque page, mais permet aux élèves d’un niveau intermédiaire de vraiment lire en anglais, sans avoir la tentation de se raccrocher sans cesse à la traduction. Le jeu des sonorités est intéressant et agréable à l’oreille, alors je vous conseille sincèrement de le lire à voix haute ! Ce serait dommage de passer à côté !

Le miel de la rue Jean Moulin, de Rémi Courgeon

Dans la rue Jean Moulin, la ruche de Monsieur Pierrot est en plein effervescence. La reine des abeilles a lancé un défi à ses ouvrières : pour les dix ans de la ruche, il  va falloir faire un miel de mille fleurs différentes… Mais où trouver mille fleurs différentes en pleine ville ? Heureusement que la rue Jean Moulin est un lieu de toutes les diversités culturelles, cela va peut-être pouvoir aider !

Un petit texte court et sympathique d’un auteur d’albums de jeunesse que j’aime particulièrement et qui signe ici son premier roman. La narratrice est une des abeilles, qui raconte sa petite histoire à la première personne : Num

Je suis une abeille et je m’appelle Num. C’est l’abréviation de « numéro 157 ». Nous, les abeilles dela ruche de monsieur Pierrot, on porte toutes des numéros, mais comme c’est trop long à prononcer, on s’appelle toutes Num.

J’ai lu avec un petit pincement au coeur ce petit roman, car il a fait remonter quelques souvenirs de mes courtes années passées dans la ville de Ris Orangis dans l’Essonne en banlieue parisienne, ville où se trouve cette fameuse rue Jean Moulin. Et pourquoi la rue Jean Moulin de Ris Orangis est-elle le théâtre de ce roman ? Et bien parce qu’elle accueille, côte à côte, une église, un temple, une synagogue et une mosquée et est le symbole de la diversité culturelle et du respect mutuel, de la mixité acceptée et paisible.

Un roman abondamment illustré en couleur où, page 14, l’auteur-illustrateur n’a pas pu s’empêcher de glisser le petit tigre Timoto, personnage d’une série d’albums pour jeunes enfants !

Les fleurs, il n’y en a pas deux pareilles. Elles ont toutes des formes, des couleurs, des odeurs différentes, des origines multiples, un peu comme les gens.