Le miel de la rue Jean Moulin, de Rémi Courgeon

Dans la rue Jean Moulin, la ruche de Monsieur Pierrot est en plein effervescence. La reine des abeilles a lancé un défi à ses ouvrières : pour les dix ans de la ruche, il  va falloir faire un miel de mille fleurs différentes… Mais où trouver mille fleurs différentes en pleine ville ? Heureusement que la rue Jean Moulin est un lieu de toutes les diversités culturelles, cela va peut-être pouvoir aider !

Un petit texte court et sympathique d’un auteur d’albums de jeunesse que j’aime particulièrement et qui signe ici son premier roman. La narratrice est une des abeilles, qui raconte sa petite histoire à la première personne : Num

Je suis une abeille et je m’appelle Num. C’est l’abréviation de « numéro 157 ». Nous, les abeilles dela ruche de monsieur Pierrot, on porte toutes des numéros, mais comme c’est trop long à prononcer, on s’appelle toutes Num.

J’ai lu avec un petit pincement au coeur ce petit roman, car il a fait remonter quelques souvenirs de mes courtes années passées dans la ville de Ris Orangis dans l’Essonne en banlieue parisienne, ville où se trouve cette fameuse rue Jean Moulin. Et pourquoi la rue Jean Moulin de Ris Orangis est-elle le théâtre de ce roman ? Et bien parce qu’elle accueille, côte à côte, une église, un temple, une synagogue et une mosquée et est le symbole de la diversité culturelle et du respect mutuel, de la mixité acceptée et paisible.

Un roman abondamment illustré en couleur où, page 14, l’auteur-illustrateur n’a pas pu s’empêcher de glisser le petit tigre Timoto, personnage d’une série d’albums pour jeunes enfants !

Les fleurs, il n’y en a pas deux pareilles. Elles ont toutes des formes, des couleurs, des odeurs différentes, des origines multiples, un peu comme les gens.

 

Poules, renards, vipères – trilogie de Paul Ivoire

Poules, renards, vipères, 1. Albin, de Paul Ivoire

Dans ce pays-là, poules, renards et vipères tentent de survivre en habitant chacun dans un territoire défini où les autres ne peuvent pas pénétrer. Au carrefour de ces trois territoires se trouve le Triangle sans Nom, seul lieu où les clans peuvent se rencontrer et donc risquer leur vie… Albin, un jeune poussin est un jour poussé à franchir la limite pour y récupérer une plume argentée qui lui est chère qui s’est envolée au delà de la frontière… Il y rencontre Zora la renarde et Célis la vipère. Loin de s’entretuer, ils décident de se lier d’amitié. De retour chez lui, Albin se rend compte qu’un immense complot se trame qui menace la paix toute relative de ce pays…

C’est La guerre des clans ou les Royaumes de feu pour lecteurs plus jeunes ou moins adeptes du grand nombre de pages ! Pour survivre, il faut accepter de s’allier malgré les différences. Un roman à l’écriture fluide et facile, mais aux thématiques nombreuses et riches : amitié, solidarité, entraide, mais également manipulation, complot, coup d’état, etc. C’est la version du jeu « pierre, feuille, ciseau » du point de vue du monde animal : le renard est l’ennemi de la poule, la poule est l’ennemie de la vipère, la vipère l’ennemie du renard. Alors, quand ils se retrouvent ensemble, aucun n’est plus fort que l’autre, chacun est en danger et doit s’accepter pour ne pas mourir.

Notre petit poussin Albin est un personnage courageux à qui il va arriver de nombreuses aventures auxquelles il n’était pas préparées. Il saura néanmoins y faire face grâce à son intelligence et sa bienveillance. Il côtoiera nombre d’autres personnages qui seront là pour l’épauler et le guider : outre Zora et Célis, Melle Kiglousse l’institutrice, Filvite le messager du gouverneur, Plume la fille du gouverneur, le comte d’Ergot le vieux géographe… Emprisonné, poursuivi, il n’aura de cesse de faire éclater la vérité et confondre les traîtres.

A découvrir et à lire sans hésitation ! Merci à Judith, élève de 6ème pour avoir proposé ce titre au comité de lecture du blog ! Un bon achat pour tous les CDI de collège et BCD d’école.

Ce roman fait partie d’une trilogie : tome 2, Zora – tome 3, Célis que j’ai commencé à peine refermé le tome 1, grâce aux éditions Poulpe fictions qui n’ont pas hésité à nous offrir l’intégrale et que nous remercions vivement pour leur générosité  (si j’étais devenue éditrice, j’aurais vraiment aimé avoir l’idée d’un nom pareil pour ma maison d’édition !). Ils sont toujours partant pour soutenir notre projet de promotion de la lecture en milieu rural ! Une édition destinée aux 8-14 ans qui fait fureur dans notre CDI !

De toute façon, lorsqu’on lit le  premier volet, on est curieux de savoir la suite et on est tellement attaché aux personnages qu’on aurait du mal à les quitter comme ça. Les illustrations en noir et blanc, si soignées et attendrissantes, y sont aussi pour beaucoup. Mon fils de 6 ans, qui ne lit pas encore vraiment, a feuilleté page par page les trois tomes pour en regarder les images.

Les deux tomes suivants ne sont pas la même histoire racontée d’un point de vue différent comme cela se fait parfois, mais bien la suite, racontée depuis un autre point de vue. Et les aventures s’enchaînent sans temps mort et avec une vraie fin qui vous attend au bout de cette trilogie !

 

Tome 2 : Zora  – résumé de l’éditeur : Albin et Zora s’apprêtent à redescendre du mont Chicken avec Filvite et le comte d’Ergot. Ils habitent bien sur une île et la montée des eaux de l’océan menace le territoire des vipères ! Il faut à tout prix convaincre les trois royaumes de s’unir pour éviter la catastrophe, mais Griffsec et Hagard le Solitaire, un renard cruel, ont d’autres idées en tête… 

 

 

 

Tome 3 : Célis – résumé de l’éditeur : Les trois royaumes des poules, des renards et des vipères savent désormais qu’ils habitent sur une île et que la montée des eaux les menace. Alors que les trois peuples œuvrent de concert pour construire une digue, Grinoir et Hagard aident Griffsec à s’échapper de la prison des Trois Crêtes pour mettre au point leur vengeance. Grâce à leurs forces combinées, ils reprennent rapidement le contrôle du Triangle sans Nom. Mais Célis, Zora, Albin et leurs amis ne s’avouent pas vaincus et préparent une contre-attaque. 

 

 

Les fables de La Fontaine

 

Issu d’une famille bourgeoise, Jean de La Fontaine devient avocat au Parlement et comme beaucoup d’artistes, il recherche la protection des grands. Ses contes et surtout ses fables lui assurent une célébrité immédiate.

Qui n’a pas en tête quelques vers des fables de La Fontaine, Le corbeau et le renard restant la fable la plus souvent apprise en classe. La Fontaine dénonce la société, les lois qui ne sont là que pour favoriser les riches. Il ne croit pas beaucoup à la bonté de l’homme et se montre très pessimiste quant à son évolution. Pour se moquer, il décide d’imaginer des fables dont la particularité sera de mettre en scène des animaux qui parlent, qui vivent à moitié comme des hommes. Les animaux vont instruire les hommes. On trouvera toujours une morale qui sera placée à la fin pour certains écrits ou au début pour d’autres voire parfois, dissimulée à travers un personnage. Le roi et sa cour restent également la cible de l’auteur qui montre un vif intérêt pour les problèmes politiques.

C’est en 1668, que seront publiées pour la première fois les Fables de La Fontaine. 243 fables seront mises en vers. Les fables restent des récits incontournables de la langue française que beaucoup d’écoliers continuent à apprendre. Jean de La Fontaine s’est inspiré des textes du fabuliste grec de l’Antiquité, Esope.

Le CDI possède plusieurs éditions de ces fables en livres petit format, classées au rayon Poésie :

Après vous, M. de La Fontaine… « Contrefables », de Gudule

La raison du plus fort n’est plus la meilleure !

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Qui ne connaît pas les fables de La Fontaine ? Dès notre plus jeune âge, on apprend qu’un corbeau a perdu un fromage, qu’une grenouille jalouse un bœuf au point de vouloir lui ressembler, que le lièvre s’est fait battre à la course par une tortue, bref autant d’histoires que de personnages ! Des récits croustillants et ironiques où la force et la ruse sont toujours victorieuses. Un petit manque d’humanisme quand même. Après tout, Jean de La Fontaine ne faisait que dépeindre la société. Et si on bousculait tout ça ? Ainsi le loup deviendrait aussi doux que l’agneau qu’il comptait dévorer, il deviendrait reconnaissant de ce qu’a fait pour lui la cigogne. En rêve peut-être ?

Un peu osé comme pari ! Eh bien, Gudule l’a fait, et de très belle manière. L’auteur a revisité près de 23 fables. Elle n’a en rien modifié le contenu de l’histoire mais elle a tout simplement imaginé une suite où le faible serait mieux défendu. La médiocrité, la méchanceté, la tromperie n’ont plus leur place. Enfin une justice pour les plus malchanceux ! Gudule se fait l’avocate des plus démunis, de ceux qui n’ont que leur gentillesse et leur loyauté pour se défendre. Après vous, M. de La Fontaine est un petit bijou. Gudule a un vrai talent d’écriture nous faisant presque oublier l’original. Qu’il serait bon que la réalité dépasse les contrefables de Gudule…..

Prunelle, de Yvon Mauffret

Une belle promesse…

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Prunelle nous plonge au coeur de la Bourgogne, dans la Puisaye, au nord de la Loire. Paysages verdoyants, belles forêts où les animaux peuvent encore vivre en toute liberté. Depuis quelques jours, un froid sec recouvre la région mais une agréable chaleur enveloppe la maison de Louis Simoneau, garde-chasse. Le feu crépite dans la cheminée, agréable moment que partagent sa femme et sa fille Anne-Lise. Louis va nourrir les sangliers et Anne-Lise ne raterait pour rien au monde ce moment. Aujourd’hui, c’est mercredi, elle va pouvoir monter dans la vieille camionnette de son père et parcourir la végétation couverte de givre. La jeune fille adore les animaux et elle céderait sa place à personne ! Sans leur intervention, les bêtes auraient du mal à passer l’hiver. Chaque jour, le père et la fille sont heureux de retrouver Prunelle, une laie que la grand-mère d’Anne-Lise a sauvée alors qu’elle n’était qu’un jeune marcassin. Une fois adulte, elle a regagné les bois mais elle est toujours restée fidèle à la famille. Le rôle d’un garde-chasse est aussi d’organiser des battues. En effet, des chasses sont programmées et c’est lui qui doit les orchestrer. Quand Monsieur Poiret-Moulin propriétaire du château et patron de Louis arrive, Anne-Lise comprend que le chant de ce doux paysage et de cette nature si apaisante va disparaître sous les tirs d’hommes sans scrupule. Des bêtes vont être abattues en masse et portées comme des trophées. Anne-Lise en est malade, mais si son père refuse de préparer cette grande chasse, il sera licencié. Tant pis, la jeune fille décide malgré tout, de mettre tout en œuvre pour compromettre la journée festive de Monsieur Poiret-Moulin. Pourra -t-elle éviter ce qui se prépare ?

Prunelle est une belle histoire de profonde amitié entre des hommes et des animaux. Des défenseurs de la nature qui vont vite se trouver confrontés à des hommes qui tuent pour le plaisir. Et cette histoire se passe près de chez nous, en Puisaye, étonnant hasard, n’est-ce pas ? 

Arkane, tome 1. La désolation, de Pierre Bordage.

Arkane, tome 1 : La Désolation par BordageIl y a fort longtemps, alors que le pays d’Arkane s’appelait encore le Tagre, l’Odivir sortit de son lit et submergea la totalité de la population. Sauf sept familles que les déesses du fleuve avaient décidé d’épargner. Celles-ci allèrent sur une colline que l’eau n’avait pas recouverte et décidèrent d’y bâtir la cité d’Arkane… A ce jour, ces sept familles règnent toujours malgré les coups d’Etat, les crises économiques et tous les problèmes qui incombent au pouvoir. Mais les familles ont toujours été sept et jamais une d’elles n’a été évincée par les six autres. Malheureusement, aujourd’hui, c’est ce qui arrive à la maison du Drac, et Oziel est la dernière représentante de cette famille quasiment éteinte. Elle va alors devoir se démener pour restaurer le pouvoir perdu du Drac…

Dans ce premier tome, Pierre Bordage nous relate l’histoire de plusieurs personnages en même temps : celle d’Oziel du Drac qui doit échapper à ses poursuivants de l’Aigle, celle de Renn, apprenti enchanteur de Pierre dans les massifs de L’Ostian, ainsi que celle de Noy du Corridan qui est au coeur des complots de la maison de l’Orbal auxquels il doit échapper. Malgré quelques passages inadaptés à la lecture jeunesse (un peu trop cru et violent) et qui sont destinés à un lecteur averti, l’intrigue et le suspens sont  au rendez-vous dans ce premier tome de la série Arkane qui s’annonce très intéressante. Un premier tome très entraînant qui m’a donné l’envie de lire la suite… non …  de la dévorer !

 

Les fourmis, de Bernard Werber

Sept cents millions de fourmis, et eux, et eux, et eux …

Après l’héritage de son oncle, l’entomologiste Edmond Wells, Jonathan emménage dans la maison qu’il lui a légué. LA consigne est simple : ne surtout pas entrer dans la cave ! Pourquoi ? Le jour où le chien y disparaît, Jonathan n’a d’autre choix que s’aller y voir… Sa femme et son fils remarquent très vite son changement de comportement. Il y passe des jours entiers sans donner signe de vie, en revient épuisé et meurti… Que s’y passe-t-il donc de si terribel qu’il ne veuille révéler ? Et pourquoi y descend-il tout ce matériel ?

Voilà un roman qui patientait depuis longtemps sur mes étagères et que je m’étais promis de lire un jour. C’est chose faite !

Le temps que vous lisiez ces lignes, sept cents millions de fourmis seront nées sur la planète. Sept cents millions d’individus dans une communauté estimée à un milliard de milliards, et qui a ses villes, sa hiérarchie, ses colonies, son langage, sa production industrielle, ses esclaves, ses mercenaires… Ses armes aussi. Terriblement destructrices.

Premier volet d’une trilogie « Le Jour des fourmis » et « La Révolution des fourmis » on y découvre le monde fascinant des fourmis à travers l’histoire du peuple bélokanien : son mode de communication, sa société ultra-organisée, les dangers qui les guettent, ses stratégies de survie. C’est intéressant, mais j’avoue que ça n’a pas été le coup de coeur attendu. Bien entendu, je suis consciente que l’histoire du peuple des fourmis est riche et bien construite mais cela n’a pas été suffisant pour moi. L’histoire se découpe nettement en deux : la partie sur les fourmis, que j’ai trouvé quand même longuette  et celle sur la famille et l’histoire de la cave dont j’ai trouvé les disparitions assez répétitives.

En tout cas, ce livre sera plutôt destiné à un public lycéen et adulte, ou à de très bons élèves de 3ème intéressés par le genre de la science-fiction et les fourmis.

Je souhaiterais vivement avoir des retours de lecture contradictoire en commentaire pour enrichir cet avis tout personnel.