Be safe, de Xavier-Laurent Petit

Etat-Unis, années 2000.

Oskar, lycéen,  et son grand frère Jérémy adorent jouer ensemble de la musique dans leur garage.  Pas très intéressé par l’école, Jérémy a arrêté ses études à 16 ans, en espérant trouver du travail, mais depuis deux ans, rien ne se profile à l’horizon. Un jour, sa route croise celle d’agents recruteurs  de l’armée qui lui font miroiter qu’en s’engageant, il pourrait apprendre un vrai métier et construire des ponts. Jérémy se laisse tenter… et signe un contrat d’engagement pour quatre ans… Il vient d’être majeur et sa décision est donc irrévocable. Deux semaines plus tard, il rejoint un camp miliaire pour une formation de base. Il s’y fait remarquer pour ses talents de tireur d’élite et va bientôt recevoir un ordre de mission pour rejoindre les zones de conflit soi-disant pour des opérations sans risque de maintien de l’ordre…

Un sujet grave traité avec beaucoup de sensibilité : recrutements de tout jeunes adultes avec des promesses non tenues de l’armée, la confrontation à la violence des conflits, à la mort de camarades et à la violence psychologique de la mort que l’on donne dans un but de survie. Mais cette histoire de guerre est vécue et restituée à travers le regard du jeune frère. Sa passion pour la musique va le rapprocher d’une  jeune fille dont le frère est également sur les zones de conflits et ensemble, ils vont poser des notes sur leurs émotions afin de faire passer un message de paix autour d’eux. « Be safe »qui peut se traduire par « fais gaffe », « sois prudent », c’est ainsi que Jérémy signe les mails secrets qu’il envoie à son frère pour lui raconter la vraie version de son quotidien, non la version édulcorée qu’il transmet à ses parents. Sur fond de musique, d’amour, de secrets de famille, de relations fraternelles, ce roman est un petit coup de coeur pour moi. Le sujet de départ  qui pourrait en rebuter certains est traité d’une manière intelligente, sous différents points de vue avec des personnages secondaires riches et des petites histoires parallèles qui font que l’on ne s’ennuie pas une seconde. 

Le Monde d’En Haut, de Xavier-Laurent Petit

Faits comme des rats

La Terre a été tellement polluée qu’en 2028, les Hommes ont dû trouver refuge à 300 mètres sous terre. Ils y ont construit des villes souterraines, dont Suburba, où la vie a pu se réorganiser. En 2096, un groupe clandestin s’est créé, l’AERES.  Leur but : remonter vivre à la surface, vers la liberté. Dirigé par des scientifiques, ils sont persuadés que la Nature y a repris ses droits et que la Terre est nouveau viable. Ils montent des actions coup de poing, des attentats sur les capteurs d’énergie de la ville. Lukas, étudiant à l’Institut technologique, en fait partie. Il ne sait pas que celui-ci a été infiltré par des agents du gouvernement, hostile au projet. Lorsque la petite sœur de Lukas, Elodie, découvre par hasard la vérité sur son frère, elle se met à l’espionner…

Ce livre fait partie de la Sélection du Ministère de l’Education nationale. Il a le mérite de permettre aux plus jeunes d’aborder le genre de la science-fiction. Les thèmes traités sont riches et permettent une réflexion sur des notions intéressantes : la pollution de notre planète, les secrets d’Etat et le rôle du gouvernement, pris entre ses aspirations de pouvoir et le bien-être qu’il est censé apporter à la population qu’il dirige, la désinformation, la révolte, la résistance, le militantisme. Court, ce petit roman se lit facilement, même si l’histoire aurait mérité un peu plus de dynamisme. Malgré la richesse des thèmes, l’action et le nombre de rebondissements, une écriture fluide, je ne sais pas trop pourquoi, mais je n’ai pas réussi à être emballée. Il manquait peut-être un démarrage plus rapide et une petite touche d’originalité…

« On sait bien qu’à la surface de la Terre, les pluies chargées d’acide sulfurique ont tout ravagé, on sait bien que l’eau est bourrée de mercure et de nitrate, on sait bien que l’air y est irrespirable à cause du plomb, du dioxyde d’azote et de je ne sais quelles autres saloperies »
« La vérité, c’est que le gouvernement de Suburba a peur de perdre le pouvoir si la population retourne s’installer dans le Monde D’en Haut ».