Les tours du bois-Maury, 1. Babette – de Hermann

Aymar, le chevalier au grand coeur

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Avec Hermann, le lecteur se retrouve au Moyen-âge, période de souffrance où on se bat, on torture, on meurt de faim. Aymar de Bois Maury est un chevalier, dépossédé de ses terres, qui erre et qui n’a de cesse de se battre pour récupérer son domaine et connaître ses origines. C’est un homme bon, courageux qui combat l’injustice. Il est accompagné de son fidèle écuyer Olivier, tout dévoué à sa cause. De l’Europe à la Palestine, tous deux font un long voyage à travers le monde, côtoient la misère, font de belles rencontres, apportent leur aide à ceux qui en ont besoin.

Aymar de Bois Maury va notamment voler au secours de Germain, un maçon dont la belle, Babette, une paysanne, a été violentée par un chevalier, grossier et loin des codes de la chevalerie. Celui-ci va trouver la mort, un épieu planté dans le dos. Germain est accusé de meurtre et remis au Jugement de Dieu : sa main plongée dans la braise devra guérir au bout de 3 jours sinon ce sera la pendaison. Qui a tué le chevalier ? Aymar arrivera-t-il à prouver l’innocence de Germain avant l’exécution de la sentence.

Aymar de Bois Maury va traverser un Moyen-âge tourmenté, rude, noir, plein de désespoir. Il a conscience de son rang mais sera toujours du côté du faible qu’on méprise, qu’on accable. Il rêve d’un avenir meilleur.

Vous aimez l’Histoire, l’aventure, cette bd est pour vous. Hermann nous fait entrer dans un Moyen-âge de sang où la violence est omniprésente. Les paysans sont malmenés par des seigneurs sans scrupules et exploités par une Eglise, au pouvoir absolu, qui profite de leur ignorance. Dans ce volume, Hermann décrit des personnages proches de la terre dont le seul but est de survivre.Toutes les vies n’ont pas la même valeur à cette époque. Les illustrations traduisent très bien cette ambiance, ces moments durs et parfois tragiques.

Garfield, de Jim Davis

C’est l’histoire d’un chat….

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Jim Davis a grandi dans une ferme, entouré de félins. Après s’être essayé à la création d’une première série qui fut un échec, Jim Davis se met alors à réfléchir à une bande dessinée qui pourrait plaire au public américain. C’est ainsi qu’en s’inspirant de son enfance, il crée Garfield avec les traits de caractère de son grand-père James A. Garfield. La bande dessinée sera publiée pour la première fois le 19 juin 1978.

Garfield est un chat roux, gros, gourmand et égoïste. Il adore manger, surtout les lasagnes. Mais ne lui présentez pas de la nourriture pour chat, il déteste ! Il est friand de ce qu’on appelle la «malbouffe», hamburgers, pizza, bonbons…Manger et dormir sont d’ailleurs ses activités préférées. C’est le félin le plus paresseux de l’histoire de la BD. Il est parfois à la limite de l’énervant et du politiquement incorrect.

Il fait souvent enrager son maître Jon, qui l’adule, et attaque souvent Odie, le chien de la maison. Garfield se sent supérieur à tout le monde, il a un humour cynique. Il a horreur du lundi, du facteur et des anniversaires. Eh oui, Garfield a peur de vieillir et chaque année c’est le drame.

La famille de ce gros chat qui compte près d’une quarantaine de membres est très délirante.

Jim Davis multiplie les gags qui tournent autour de ce chat orange et, à travers lui, critique nos modes de vie.

Garfield a fait l’objet d’adaptations au cinéma et en romans parus dans la bibliothèque rose. A ce jour, 63 albums ont été publiés. Grand succès pour Garfield qui est traduit en 28 langues, dans 111 pays. En France, il est publié chez Dargaud.

Le CDI possède 4 albums : Tiens bon la rampe ; Garfield est  un drôle de pistolet ; Garfield se prend au jeu ; Ma soupière préférée

 

 

Les enfants de la Résistance, 3. Les deux géants – 4. L’escalade

Les enfants de la Résistance - Tome 3 et 4 - Benoît Ers - Vincent Dugomier

Découvrez la suite des aventures de notre sympathique petite bande,  François, Eusèbe et Lisa. D’apprentis résistants courageux et engagés qui n’ont pas froid aux yeux et commencent à se rendre compte que leur petit réseau clandestin prend de l’ampleur et est reconnu par leurs paires. Les risques qu’ils prennent vont être de plus en plus grands. Depuis que le père de François a été arrêté et exécuté, nos amis ont la conviction qu’ils sont dans le droit chemin et qu’ils doivent continuer la lutte contre l’ennemi. Sur l’Histoire avec un grand H, se superpose la petite histoire individuelle : après la mort du père, à qui revient la ferme familiale ? Le parrain de François, pétainiste convaincu, semble tout à coup s’intéresser un peu trop à leurs affaires …

Une bande dessinée bien documentée, au graphisme soigné, aux personnages très attachants, accessible et qui se lit très facilement sur un épisode douloureux de l’Histoire de France. A lire dès 11-12 ans.

Cet ouvrage  comprend les tomes 3 : Les deux géants et 4 : L’escalade réunis en un seul volume

Le tome 5 : Le pays divisé est sorti en janvier 2019.

Astérix et Cléopâtre, de René Goscinny

Une reine d’Egypte aussi belle que rebelle

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Ne supportant plus les critiques de César sur son peuple égyptien, sa culture, Cléopâtre fait le pari que son peuple peut faire de grandes réalisations. Elle ordonne donc à Numérobis, l’architecte, de construire un palais, en moins de trois mois. Mais celui-ci s’avère être un piètre entrepreneur. Il risque d’être jeté en pâture aux crocodiles si sa mission n’est pas remplie. Il va donc demander de l’aide à Astérix et Obélix pour ne pas être réduit en bouillie.

Astérix et Cléopâtre, publié en 1965, est le 6ème album de la série de bandes dessinées de René Goscinny et Albert Uderzo (illustrations). Un scénario plein d’humour, avec jeux de mots et situations comiques. C’est le début des histoires d’Astérix, les personnages, les illustrations vont évoluer au fur à mesure du temps. Quatre personnages vont former le pilier de chaque album, Astérix, Obélix, Panoramix et Idéfix qui seront systématiquement présents dans tous les albums.

Astérix est apparu en 1959. Après la mort de Goscinny en 1977, Uderzo continue seul puis passe la main en 2013 à Jean-Yves Ferri et Didier Conrad. La série met en scène un petit village gaulois qui poursuit seul la lutte contre l’envahisseur grâce à une potion magique préparée par le druide. A ce jour, on dénombre 37 albums.

Les enfants de la résistance, tome 1. Premières actions / tome 2, Premières répressions – de Benoît Ers et Vincent Dugomier

Les enfants de la Résistance, tomes 1 & 2 - Benoît Ers - Vincent Dugomier Plongez au cœur de la Seconde guerre mondiale, dans une France occupée. Trois adolescents de 13 ans vont prendre leurs responsabilités. Puisque beaucoup de villageois vivent bien avec les Nazis, ils vont monter les habitants contre l’occupant en imprimant des tracts et en sabotant des installations militaires. Afin de contacter la résistance, de nombreux sacrifices seront néscessaires, auront-ils la force de continuer la lutte ?

 Bande dessinée intéressante qui convient à tous lecteurs dès  11 ans. Dommage que les tomes soient courts ! L’univers et l’ambiance sont amplifiés par des dessins plaisants et en couleurs. Je recommande ce livre pour tous les passionnés de la Seconde guerre mondiale.

Aymeric, 3ème – membre des dévoreurs de livres d’Arsène

Cette édition réunit en un volume les tomes 1 et 2

Les enfants de la résistanceLes enfants de la résistanceLes enfants de la résistancePremières répressions

Et l’avis de Mu :

22 juin 1940, l’armistice est signé entre le gouvernement du maréchal Pétain et le représentant de l’armée allemande, en présence d’Hitler. C’est le début de l’Occupation allemande. Dans un petit village français, deux  adolescents de 13 ans, François et Eusèbe, sont témoins de l’arrivée de troupes allemandes mais aussi de l’exode massif de populations. Ils voient surtout d’un très mauvais oeil la résignation des habitants. Ils décident de mener quelques petites actions contre l’ennemi. Bientôt rejoints par Lisa, une jeune orpheline qui se dit Belge de langue allemande, notre bien sympathique petit trio va faire montre de courage et ne reculera pas devant le danger pour aller au bout de ce qu’ils estiment juste.   Cette série est une très bonne entrée en matière pour mieux comprendre les mouvements de Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Ici, ceux qui paraissent gentils sont parfois méchants et inversement. Très subtilement, on se rend compte que dans la vie tout n’est pas tout blanc ou tout noir, les nuances existent aussi. Un dossier didactique de 7 pages clôt chaque tome pour donner toutes les informations importantes pour mieux comprendre le contexte.

Il y avait une fois -acte 1- , de Caroline Robert

Vent de panique au royaume

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Il y avait une fois est en fait une parodie de conte. Il était une fois, une reine qui donne naissance à une adorable petite fille, Aurora. Toutes les fées du royaume se penchent sur son berceau pour lui faire un don. Toutes, c’est vite dit. Parmi elles, la fée Artémis qui trouve ce genre de cérémonie absurde et ennuyeuse. Quand son tour arrive, elle offre à Aurora, l’intelligence. Il est temps que les traditions changent, être belle, avoir une belle voix ne permettent plus de découvrir le monde, tandis que l’intelligence mène loin. Tout le monde est scandalisé, être intelligente est, au contraire, une malédiction ! Aucun prince ne voudra l’épouser et le roi d’ordonner de brûler tous les livres et les instruments développant l’esprit. La chef des fées bannit Artémis du cercle des fées et lui interdit d’approcher la princesse Aurora. Dépitée, Artémis s’en va. Alors qu’elle se baigne dans un lac, elle s’aperçoit qu’elle a perdu sa pierre de fée. La voilà démunie de tout pouvoir. Ce n’est vraiment pas son jour ! Son ami, Marlin l’enchanteur qui passait par là, lui donne une idée : cambrioler l’académie de magie et atteindre la salle des objets magiques.La mission va être périlleuse mais Artémis a plus d’un tour dans son sac.

Caroline Robert veut en finir avec le mythe du conte. Une belle princesse, un peu potiche, qui va se marier à un prince, qui va avoir beaucoup d’enfants et blablabla. Happy end bien sûr mais que fait la princesse dans la vie ? Pas grand chose. Une vie d’ennui. Quand elle est menacée, c’est toujours son beau prince qui la sauve car dans les contes, une femme ne sait pas se défendre ! Et bien ça va changer. L’auteur garde cet univers magique mais les femmes sont des personnages forts qui n’ont besoin de personne pour s’en sortir, elles sont plus indépendantes. Beaucoup de références à Harry Potter, Charmed, Le silence des agneaux, le petit chaperon rouge avec de superbes illustrations très colorées, très expressives.

Paris 2119, de Zep et Bertail

Paris en 2119, c’est-à-dire dans 100 ans…

Dans ce monde-là, à part une poignée d’irréductibles, tout le monde se déplace en Transcore, un moyen de transport ultra-rapide utilisant la téléportation. Pourtant, Tristan refuse cette évolution de la société et continue à prendre ce mode de transport ringard qu’est le métro, utilisé encore seulement par quelques nostalgiques comme lui ou les laissez pour compte de la société. Mais un jour, il est témoin de faits qu’il n’aurait pas dû voir et cherche à comprendre. Ce qu’il va découvrir risque bien de le mettre en danger.

Zep, connu par les plus jeunes pour être  le « papa » de Titeuf, signe ici une bande dessinée  plutôt destinée aux adultes, voire aux lycéens. Strictement rien à voir avec  le jeune personnage à la mèche blonde, et j’ai été bien heureuse et très surprise par cette découverte. Un scénario bien construit et profond, des illustrations sombres, aux traits justes, une représentation de Paris qui nous parle encore que ce soit celle des monuments, du métro ou des bas-fonds (cent ans, c’est dans pas si longtemps…). L’ensemble permet de réfléchir à l’importance des relations humaines et du temps qui passe.

« Le temps du voyage n’est-il pas nécessaire pour appréhender une nouvelle destination »?

Une phrase qui fait écho en moi et qui évoque, malgré moi, des souvenirs lointains : la première fois que je me suis rendue en Russie, seule, à 18 ans, c’est exactement la question que je me suis posée et qui m’a fait opter pour … le train ! Deux jours de voyage dans un train russe à traverser l’Allemagne, la Pologne, la Biélorussie… Une expérience inoubliable durant laquelle les personnes rencontrées, les paysages traversés nous permettent  de nous approprier lentement le lieu vers lequel on chemine. Le temps a alors une réelle signification.

Mais assez parlé de moi ! Pourtant, c’est cette notion philosophique qu’aborde cette bande dessinée. Mais également, comme la plupart des récits de science-fiction, la question cruciale des dérives potentielles de tout progrès scientifique. Que voulons-nous pour le monde de demain ?  Quelle place laissons-nous aux relations humaines ? Et quel est le prix de la liberté ?

A lire sans hésiter mais pas pour les collégiens à cause des quelques scènes de nus, et même si « Progrès et rêves scientifiques » est au programme de français de 3ème.

Un one-shot efficace mais qui appellerait quand même bien une suite ! Ne pourrait-on pas le faire devenir une trilogie ? …tant de choses pourraient encore être dites !

 

Et merci à l’éditeur pour la délicieuse tablette de chocolat noir artisanale et française « Petits carreaux de Paris »  -au design rappelant le carrelage de métro parisien-  glissée dans le colis du service de presse  : un joli clin d’oeil pour la bande dessinée ! « En 2119, vous serez plutôt métro ou téléportation ? « .