Gothique…

Tizombi, 1. Toujours affamé, de Cazenove et William

Tizombi - Tizombi, T1Un jour, la jeune Margotik fugue de chez elle et trouve refuge dans un cimetière. C’est là que vit Tizombi et toute sa bande de zombies. Leur occupation principale : dévorer tout ceux qui se présente à eux, en particulier les cadavres du cimetière ! Comment Margotik va-t-elle faire pour les dissuader de l’engloutir ? En proposant d’écrire un livre sur Tizombi, tout simplement… car Tizombi c’est le dernier zombie à être né zombie  !

Une bande dessinée des plus gothiques, à l’humour  noir, écrit sous forme de plusieurs petits sketchs même si l’histoire elle-même se suit.   Les scènes de cadavres dévorés sont des plus parlantes ! Sanglant et divertissant avec des personnages haut en couleur… A destination d’un public averti pour les dessins.

Pour les amateurs du genre !

 

 

Boulard le rebelle flegmatique

Boulard en mode surdoué -tome 4- de Mauricet, Erroc

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Thierry Boulard est un ado mais aussi le plus mauvais des lycéens. Il n’arrive pas à avoir son bac donc refait sans cesse une année. Une catastrophe ambulante, avec une dégaine atypique : casquette rouge à l’envers vissée sur le crane, mèche blonde rebelle. Mais ce qui étonne tout le monde c’est qu’il a été diagnostiqué surdoué par la psychologue scolaire! Surdoué de quoi, on se le demande ! Mais difficile d’assumer ce nouveau statut de génie, lui qui est la honte  de ses parents, qui ne supporte pas son petit frère. Boulard est au bord du gouffre mais il tient grâce à l’amour qu’il porte à Chloé, sa petite amie qui a quitté le lycée pour la fac.

Boulard en mode surdoué est une succession de petites scénettes « gentillettes ». Les illustrations colorées et déjantées donnent du rythme aux histoires. Une couverture amusante. Je ne connais pas les tomes précédents mais ce tome 4 me laisse quelque peu sur ma faim. Les gags sont bien construits mais m’ont fait juste sourire. Je n’ai pas accroché. On suit Boulard en dehors de son lycée ça rappelle un peu la série Soda avec Kev Adams qui incarne cet ado fâché avec les études. Mais je n’enlèverai pas le plaisir de retrouver cette bande dessinée aux fans de Boulard.

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Jack et le jardin maléfique…

Jack le téméraire, 1. Dans les griffes du jardin maléfique, de Ben Hatke

La maman de Jack et Maddy doit cumuler plusieurs travails, l’été, pour subvenir aux besoins de sa petite famille. Alors, c’est Jack qui est responsable de sa soeur… ce qui ne l’enchante guère, d’autant qu’elle ne parle pas ! Enfin, c’est ce qu’il croit jusqu’à ce que, au marché au puces, elle l’incite à échanger un coffret de graines contre… les clés de voiture de leur mère. C’est le début d’une aventure incroyable qui va transformer leur vie. Maddy, en cultivant son nouveau jardin, reprend goût à la vie, mais bientôt, de drôles de créatures, des plantes étranges et inquiétantes se mettent à apparaître dans le jardin. Mais est-il encore possible de faire marche arrière et arrêter ce phénomène  extraordinaire mais particulièrement dangereux ?

Le premier tome d’une série qui revisite avec brio le conte célèbre de Jack et le haricot magique avec un univers riche et inquiétant. Suspens, action, courage, amitié, magie, de nombreux ingrédients sont là pour plaire au jeune lecteur amateur de récits fantastiques, à la limite du conte et de l’héroic fantasy.  Les personnages sont attachants, les dessins colorés et dynamiques. Une jeune fille qui n’a pas froid aux yeux, la voisine Lilly, va se mêler à ce duo et mettre son grain de sel,  pour aider grâce à ses dons pour la bagarre, mais surtout  pour inciter nos jeunes héros à dépasser leurs limites et vivre une aventure hors du commun. Pour les distraire d’un quotidien finalement assez sombre et ennuyeux , avec une mère se tuant au travail, une soeur autiste, un père absent…

Un deuxième tome est déjà prévu.

Petit vampire, acte 1. Le serment des pirates, de Joann Sfar

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog.

Petit vampire, acte 1. Le serment des pirates, de Joann Sfar

petitvampire_couv_bdefUne femme et son enfant essaient d’échapper à un méchant monsieur qui veut les tuer pour avoir brisé son coeur. Une fois qu’il les a capturés, l’homme veut les offrir au dieu du Néant. La maman désespérée promet sa vie en échange de celle de son enfant. L’âme d’un mort l’entend et vient les secourir, les ramenant dans son vaisseau fantôme. Le mort rend alors les deux humains éternels. C’est ainsi que naît Petit vampire. Mais, trois cent ans plus tard, Petit vampire se sent seul et s’ennuie, enfermé dans sa grande villa, au milieu de ses camarades morts-vivants et autres monstres. Il décide de s’échapper pour … partir à l’école se faire des amis de son âge… Car avoir 10 ans éternellement n’est pas toujours très drôle.

Des couleurs et des dessins très fidèles à l’univers de l’histoire,  peut-être plus proche du « Petit Prince » dans les personnages tout en longueur que de Donjon  zenith, série à laquelle a participé Sfar dans le scénario mais dessinée par Trondheim. Une histoire dynamique, pleine de suspens, j’adore !

Bruno, 5ème – membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de Mu :

Alors que Pandora et son fils vont être jeté au dieu du Néant par le prince, pare qu’elle lui a brisé le coeur,  ils sont sauvés par l’âme d’un mort qui leur promet la vie éternelle… et la jeunesse éternelle ! Cela n’est pas pour déplaire à sa mère, mais Petit Vampire devra supporter toute sa vie-mort ses dix ans ! Enfermé dans un manoir lugubre et délabré, entouré de gentils monstres, sa seule occupation est le ciné-club. Au bout de 300 ans, il s’ennuie ferme et aimerait tant sortir découvrir le monde et des copains de son âge. Mais que cachent sa mère Pandora et le capitaine des morts devenu son compagnon ? En quoi le monde extérieur peut-il être dangereux pour un mort-vivant ? Bravant les interdits, il va bien vite le découvrir… au détriment de la sécurité de tous… Car le Gibbous rôde et attend…

Voici donc de nouvelles aventures de Petit vampire, dont le CDI possédait déjà deux anciens titres : Petit vampire fait du kung-fu et Petit vampire et la société protectrice des chiens. Dans ce premier tome de la trilogie prévue, on découvre les origines de Petit Vampire, et comment il est devenu ce qu’il est.

Des personnages très attachants, des monstres colorés et bien sympathiques, une bande dessinée à la fois joyeuse et noire dans un imaginaire dense qui ravira les fans de Joann Sfar.

 

Donjon, 3. La princesse des barbares, de Sfar et Trondheim

 

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Les finances vont mal ! Alors que le Gardien et le personnel du Donjon se réunissent pour parler affaires, Herbert notre canard, critiquant les dessins réalisés par le Gardien, se fait virer de la salle. En sortant, il lance à l’assemblée que ça ne l’étonne pas que moins de gens risquent leur peau pour trois sacs d’or… ce n’est pas comme s’ils avaient une princesse à sauver ! Ces derniers mots réjouissent le gardien : voilà la solution à ses problèmes ! Il charge Herbert de faire courir le bruit qu’une princesse est détenue dans le Donjon : des lettres sont écrites par Herbet et Marvin, se faisant passer pour la princesse Isis de Céphalonia qu’il faut délivrer contre une grande récompense ! Un bon moyen d’attirer du monde au Donjon…mais l’affaire va prendre un tour inattendu !

J’ai trouvé ce livre toujours aussi bien que les précédents, avec des personnages hauts en couleur ! Vous aussi, vous voulez tenter votre chance et sauver la princesse ? Alors lisez ce livre pour savoir comment vous y prendre !

Bruno,5ème – membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

La guerre de Catherine, de Julia Billet et Claire Fauvel

Les dévoreurs de livres dArsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

La guerre de Catherine, de Julia Billet et Claire Fauvel

Catherine est une jeune enfant juive. Au début de l’histoire, elle se trouve dans un internat cachant des Juifs. Elle yapprend la photographie et prend de nombreuses photos grâce à un appareil qu’on lui a donné. Mais bientôt, elle va devoir fuir, d’abord dans un couvent, où elle s’attache à une petite fille et rencontre un jeune photographe infirme, puis chez des fermiers, puis enfin, infiltrés chez des résistants. Partout, elle emmènera son appareil photo pour témoigner de cette guerre. Retrouvera-t-elle son photographe dont elle s’est éprise  ? Survivra-t-elle ?

J’ai beaucoup aimé cette bande dessinée qui nous apprend le quotidien de ces nombreux enfants juifs que l’on a essayé de sauver durant la Seconde guerre mondiale. Un livre enrichissant, des dessins délicats et un texte facile à lire.

Bref, un livre à lire !

Johanne, 3ème – 14 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

 

Et l’avis de Mu :

La guerre à travers un objectif

Alors que la Seconde guerre mondiale commence, Rachel, jeune adolescente juive, est confiée par ses parents à la Maison des Enfants de Sèvres, une école très spéciale, novatrice, basée sur une pédagogie ouverte. Rachel y est heureuse, malgré son éloignement de ses proches, et consacre tout son temps libre à la photographie, passion que lui a transmis le mari de la directrice, Pingouin. Mais les déportations de Juifs sont de plus en plus nombreuses. Dans un premier temps, Rachel va devoir changer de nom : elle est désormais Catherine. Mais bientôt, même sous son pseudonyme, elle n’est plus en sécurité. Elle doit fuir, elle et tous les autres enfants juifs, mais séparemment pour leur garantir plus de sécurité. Avant de partir, Goéland, la directrice lui offre le Rolleiflex, l’appareil photo qu’elle emmenait partout avec elle, avec comme consigne de collecter des images en regardant le monde « avec des yeux d’artiste, de citoyenne de la République des Enfants, comme témoignage de cette sombre période ». C’est le début d’un long périple, fait de douleurs et de rencontres.

Une bande dessinée dont chaque vignette se lit comme une photographie, témoignage de la fuite, de  l’engagement d’une jeune adolescente juive, et du réseau de la Résistance. Les situations sont captées avec courage et émotion. Un joli témoignage vu de manière originale, à travers un objectif, d’une période douloureuse de notre Histoire où le but ultime est la liberté, tout autant physique que morale. Même s’il s’agit d’une fiction, l’auteure s’est appuyée sur les souvenirs de sa propre mère, ce qui rend l’histoire encore plus touchante. Le lieu de la situation initiale, la Maison des enfants de Sèvres, est un lieu qui a vraiment existé. Il est très intéressant de découvrir cette école pionnière qui a mis en avant une pédagogie totalement révolutionnaire, tout cela en temps de guerre. Cette bande dessinée est elle-même adaptée du roman La guerre de Catherine de Julia Billet, publié aux éditions L’Ecole des loisirs et qu’il serait très intéressant de lire !

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Marée noire

Bleu pétrole, de Gwénola Morizur, ill. Fanny Montgermont

bleu-petroleAvez-vous déjà entendu parler du naufrage de l’Amoco Cadiz ? C’était en 1978. Ce pétrolier s’échouait sur les plages de Bretagne et déversait 220 000 tonnes de pétrole brut sur près de 400 km de côtes… Une catastrophe écologique sans précédent.

Cette bande dessinée retrace cet événement à travers les yeux de Bleu, la fille du maire. A l’histoire d’actualité se mèle l’histoire familiale, une famille de paysans dont le père est devenu maire d’une petite commune bretonne, Ploudalmezau, et a décidé de se battre jusqu’au bout contre les autorités, contre la firme américaine, propriétaire  du chargement du pétrolier. Un procès qui dura 14 ans et qui fut le premier grand procès en environnement « et se solde par une victoire historique, même si les indemnisations perçues quinze ans après la pollution ne sont pas à la hauteur des dommages subis. Ce combat démontre surtout l’intérêt de l’action collective et met fin à l’impunité des pollueurs ».

Une histoire légèrement romancée mais qui prend appui sur des témoignages forts d’une famille  qui vécut les événements de l’intérieur, recueillis des années plus tard par la petite fille, scénariste de cette bande dessinée. Un point de vue intéressant et un parti pris de mélanger sciemment l’Histoire avec l’histoire des hommes.  La détermination, le courage sans faille de ce jeune maire qui fit de ce combat le combat de sa vie est exemplaire et donne une vraie leçon de vie mais ce point de vue est également mis en parallèle avec l’histoire du fils parti en Afrique dans l’humanitaire et qui ne comprend pas forcément l’intérêt de cette bataille, ce qui apporte une nouvelle profondeur au récit. Les illustrations tout en douceur  et très réalistes sont tout à fait adaptées à cette histoire et une très belle double page sur le naufrage du navire attire particulièrement l’attention. Un dossier très intéressant « Aux origines de l’histoire » sur l’élaboration de l’ouvrage et sur les faits  et les étapes du procès  complète le récit.

Depuis, il y eut deux autres très grosses marées noires : l’Erika en 1999 et le Prestige en 2002.

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