Les enfants de la résistance, tome 1. Premières actions / tome 2, Premières répressions – de Benoît Ers et Vincent Dugomier

Les enfants de la Résistance, tomes 1 & 2 - Benoît Ers - Vincent Dugomier Plongez au cœur de la Seconde guerre mondiale, dans une France occupée. Trois adolescents de 13 ans vont prendre leurs responsabilités. Puisque beaucoup de villageois vivent bien avec les Nazis, ils vont monter les habitants contre l’occupant en imprimant des tracts et en sabotant des installations militaires. Afin de contacter la résistance, de nombreux sacrifices seront néscessaires, auront-ils la force de continuer la lutte ?

 Bande dessinée intéressante qui convient à tous lecteurs dès  11 ans. Dommage que les tomes soient courts ! L’univers et l’ambiance sont amplifiés par des dessins plaisants et en couleurs. Je recommande ce livre pour tous les passionnés de la Seconde guerre mondiale.

Aymeric, 3ème – membre des dévoreurs de livres d’Arsène

Cette édition réunit en un volume les tomes 1 et 2

Les enfants de la résistanceLes enfants de la résistanceLes enfants de la résistancePremières répressions

Et l’avis de Mu :

22 juin 1940, l’armistice est signé entre le gouvernement du maréchal Pétain et le représentant de l’armée allemande, en présence d’Hitler. C’est le début de l’Occupation allemande. Dans un petit village français, deux  adolescents de 13 ans, François et Eusèbe, sont témoins de l’arrivée de troupes allemandes mais aussi de l’exode massif de populations. Ils voient surtout d’un très mauvais oeil la résignation des habitants. Ils décident de mener quelques petites actions contre l’ennemi. Bientôt rejoints par Lisa, une jeune orpheline qui se dit Belge de langue allemande, notre bien sympathique petit trio va faire montre de courage et ne reculera pas devant le danger pour aller au bout de ce qu’ils estiment juste.   Cette série est une très bonne entrée en matière pour mieux comprendre les mouvements de Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Ici, ceux qui paraissent gentils sont parfois méchants et inversement. Très subtilement, on se rend compte que dans la vie tout n’est pas tout blanc ou tout noir, les nuances existent aussi. Un dossier didactique de 7 pages clôt chaque tome pour donner toutes les informations importantes pour mieux comprendre le contexte.

Les filles de la pluie, de Jérôme Leroy

Nous sommes en l’an 175 après le Grand Bouleversement. Depuis peu, Malika rêve de soleil, de sable, de mer… Et pourtant, elle ne les a jamais vu. Dans son monde, tout cela n’existe plus. La population, que l’on appelle les « Pluvieux », vit sous la pluie et le brouillard depuis des décennies déjà, accablée par le travail, la pollution, le manque de liberté. Cet Etat autoritaire contrôle tout grâce à une Milice efficace, une nourriture contrôlée, des écrans qu’il est interdit d’éteindre. Il envoie les personnes âgées dans des Jardins-Clinique où l’on ne peut leur rendre visite, les réfractaires au régime dans des Centres Médicaux ; on ne peut pas choisir son époux ni le moment d’avoir des enfants. La jeune Malika et sa copine Chloé se posent beaucoup de questions, ont des doutes sur la parole de ce régime, et leurs visites fréquentes à la grand-mère de Malika, Assia, dans le Vieux quartier ne font que les conforter dans leurs réflexions. Alors, le jour où elles se rendent compte qu’elles sont suivies, leur sang ne fait qu’un tour… La Milice les a repérées et elles risquent bien d’être arrêtées d’un moment à l’autre….

La collection « Des histoires de futurs » des éditions Syros rend accessible aux plus jeunes des textes de science-fiction de qualité. Ici l’auteur nous fait percevoir un monde futur où tout ce qui fait la beauté du nôtre n’existe plus. On arrive très bien à s’imaginer cette pluie incessante, cette pollution qui oblige la population à vivre sous des capuches et avec un masque toujours à proximité. En à peine plus de 100 pages rythmées et efficaces, on découvre donc une dystopie crédible qui se lit facilement.

La balafre, de Jean-Claude Mourlevat

Apparitions…

Résultat de recherche d'images pour "la balafre"Olivier doit quitter son quotidien pour 10 mois suite à une mutation de son père. La petite famille se retrouve dans un hameau perdu. Un soir, alors qu’il se promène seul dans la rue, un chien se jette avec une rare violence sur la grille intérieure d’une maison abandonnée, en aboyant. Olivier, tremblant,  court se réfugier chez lui. Mais à la maison, aucun de ses parents n’a rien vu, ni entendu… Comment cela est-il possible ? Pour en avoir le coeur net, il décide de rester un week-end seul à la maison, alors que ses parents sont en déplacement… De retour d’une promenade à vélo, le chien réapparaît devant lui, bientôt accompagné d’une fillette de 4 ans… Ceux-ci se volatilisent sous ses yeux. Toutes ces images le hantent, il ne comprend pas ce qui lui arrive, ses résultats scolaires chutent, son moral bascule… Il ne ressortira pas indemne de toute cette histoire, et sera marqué à vie, littéralement, une balafre traversant son visage, témoin de ces événements.

Comme d’habitude, Jean-Claude Mourlevat nous dresse là, avec son merveilleux talent de conteur, une histoire prenante, à la chute inattendue, à la lisière du fantastique, du roman historique et policier. Même si la couverture a un peu vieilli, le texte, lui, n’a pas pris une ride, c’est là qu’on sait quand on a affaire à un grand écrivain ! L’intrigue ne nous lâche pas, les visions et les questionnements du jeune garçon, l’introduction qui nous dévoile déjà le drame qui préfigure, symbolisé par la cicatrice, font que ce court roman, très accessible et très bien construit, nous hante nous-même longtemps. Un roman où le fantastique se mêle à l’Histoire, celle de la Seconde Guerre mondiale, de la Résistance, de la collaboration, des délations, des Juifs, des déportations. Un roman à lire sans hésitation, proposé dès 10 ans, mais que je suggèrerai plutôt à partir de 12 ans. Et surtout, ensuite, découvrez tous les autres livres que le CDI possède du même auteur : La rivière à l’envers (1. Tomek – 2. Hannah), Le combat d’hiver, L’enfant océan, Le Chagrin du roi mort

Lettres de jeunes résistants, de Guy Krivopissko

La victoire ensanglantée

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Qui étaient-ils ? Que vivaient-ils ? Que ressentaient-ils ? Guy Krivopissko, conservateur du Musée de la Résistance nationale de Champigny-sur-Marne et professeur d’histoire nous livre les conditions morales dans lesquelles ont été écrites les lettres. En amont de ces écrits, il nous donne des renseignements sur l’âge, la nationalité, les convictions politiques et les conditions de la disparition de chaque victime.

C’est un livre fort en émotion. Un recueil de 11 lettres et 4 poèmes de jeunes résistants qui s’adressent pour la dernière fois à leurs proches, qui leur annoncent leur mort imminente. Trop jeunes pour mourir mais qui n’avaient de cesse de défendre dignement leur patrie. Heureux du devoir accompli que la mort n’effraie pas et qui trouvent les mots pour réconforter leur famille. Des jeunes courageux fusillés, déportés, emprisonnés, pour le combat qu’ils ont mené.

Extrait de la lettre de Henri Fertet condamné à mort, une lettre poignante :

Chers parents,

Ma lettre va vous causer une grande peine, mais je vous ai vus si pleins de courage que, je n’en doute pas, vous voudrez bien encore le garder, ne serait-ce que par amour pour moi.

Vous ne pouvez savoir ce que moralement j’ai souffert dans ma cellule, [ce] que j’ai souffert de ne plus vous voir, de ne plus sentir sur moi votre tendre sollicitude que de loin…..

…. Papa, je t’en supplie, prie, songe que si je meurs, c’est pour mon bien. Quelle mort sera plus honorable pour moi ? Je meurs volontairement pour ma Patrie. Nous nous retrouverons bientôt tous les quatre, bientôt au ciel. Qu’est-ce que cent ans ?

Maman rappelle-toi :

“Et ces vengeurs auront de nouveaux défenseurs Qui, après leur mort, auront des successeurs.”

Adieu, la mort m’appelle, je ne veux ni bandeau, ni être attaché. Je vous embrasse tous. C’est dur quand même de mourir.

Mille baisers. Vive la France.

Je hâte le pas. Mon écriture est peut-être tremblée ; mais c’est parce que j’ai un petit crayon. Je n’ai pas peur de la mort ; j’ai la conscience tellement tranquille.

Les lettres sont comme une sorte de testament et certains s’excusent même auprès de leur proche de la peine que leur mort pourra leur causer. C’est édifiant et ça fait froid dans le dos, ces jeunes donnent l’impression d’avoir un sang froid hors norme devant ce néant qui arrive. Pour chacun la mort a un sens. En fait, ils appréhendent plus la détresse dans laquelle leur famille sera plongée que leur propre disparition . Ils consolent et réconfortent ceux qui restent. Tous ces jeunes ont combattu pour une liberté commune, liberté que nous savourons de nos jours.Tous ont foi dans un monde meilleur, tous gardent confiance en l’avenir. En lisant toutes cse lettres, j’ai eu l’impression qu’ils ressentaient comme une délivrance. Comment peuvent-ils être aussi sereins…

Je ne sais pas quelle attitude j’aurai adoptée dans de telles circonstances mais j’imagine que la panique m’aurait gagnée, une terreur horrible et indescriptible.

Tous ces jeunes à peine sortis de l’adolescence avec un esprit d’homme et de femme unis dans la résistance jusqu’à la mort.

Un livre bouleversant. Tous ces courriers et poèmes donnent le vertige. Il ne faut jamais oublier tous ces êtres humains d’hier qui ont payé de leur vie pour notre liberté d’aujourd’hui.

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Souvenirs d’un résistant déporté

Ma guerre,  de la Rochelle à Dachau, de Guy-Pierre Gautier et Tiburce Oger

8 mai 2015. Guy-Pierre, grand-père du dessinateur, 91 ans, attend, tête nue, sous la pluie, devant le monument aux morts de la Roche-sur-Yon, la remise de la croix de la légion d’honneur qui lui est attribuée. Que se passe-t-il dans sa tête à ce moment-là ? Les souvenirs ressurgissent, atroces,

Témoignage vibrant d’un résistant, d’un survivant des camps de concentration. Engagé à 17 ans dans la résistance, dans la brigade « Liberté », arrêté, interrogé (pour ne pas dire torturé), il sera bientôt emmené dans un wagon à bestiaux à Allach, près de Dachau, camp de concentration nazi. Un quotidien d’horreurs plus terribles les unes que les autres où survivre un jour de plus est le seul objectif que l’on peut se fixer.

C’est son petit-fils qui a su recueillir cette parole pudique et dure à la fois, pour que se transmette à jamais la mémoire de cette terrible page d’Histoire. Le récit à la première personne d’un rescapé qui à travers son histoire personnelle nous donne bien plus qu’une leçon d’Histoire. Une leçon de vie. Les illustrations sont d’une grande force et le travail de reconstitution très sérieux.

Poignant. Une grande réussite.

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Théo, petit-fils de héros anonymes, de Vanina Brière

Le devoir de mémoire, souvenons-nous des héros du passé

Afficher l'image d'origineNous sommes le 6 juin 2014 et Théo, dix ans, est chez ses grands-parents, Raymond et Madeleine, avec sa grande soeur, Sarah. Cette date particulière correspond au 70ème anniversaire du Débarquement en Normandie qui a eu lieu durant la seconde mondiale, le 6 juin 1944. Raymond et Madeleine, les grands-parents de Théo et Sarah, se rendent tous les ans à la prison de Caen pour rendre hommage au père de Raymond, Marcel Martin, assassiné par les nazis en 1944. Mais le 6 juin 2014, à l’occasion du 70ème anniversaire, une cérémonie est organisée au mémorial pour rendre hommage aux civils qui sont morts pendant la bataille de Normandie. C’est l’occasion pour les grands-parents de Théo de lui parler des héros de sa famille. Tout excité et curieux de savoir, Théo est très attentif à la cérémonie qui se déroule au mémorial. En rentrant chez ses grands-parents, il veut en savoir plus sur le père de Raymond. Nous retournons alors en 1944, propulsé dans le climat glaçant et épouvantable de la guerre, nous vivons avec lui le malheur qui s’est abattu sur sa famille, particulièrement sur son père, résistant arrêté par les Allemands en 1944 et exécuté parmi les 80 fusillés à la prison de Caen le jour du débarquement.

 

Ce livre rend compte des atrocités de la seconde guerre mondiale et rend hommage aux fusillés ainsi qu’aux victimes du 6 juin 1944. Il est plus particulièrement focalisé sur les fusillés de la prison de Caen qui ont connu un sort terrible lors du débarquement en Normandie. A la fin de l’histoire, quelques pages sont consacrées à ces victimes et racontent les conditions atroces de la tuerie des détenus de la Gestapo. Par crainte qu’ils soient libérés par les alliés, ces derniers devaient embarquer dans un train à destination du Reich. Or, la gare a été bombardée par les avions alliés. Les Allemands ont choisi de les abattre et les corps n’ont jamais pu être retrouvés.

 

Ce roman illustre parfaitement le devoir de mémoire et montre l’importance de le respecter. Il est à mettre en lien ou à compléter avec Si c’est un homme de Primo Levi et L’armée des ombres de Jospeh Kessel. Je conseille aux enseignants de le recommander aux élèves de 3ème car il s’apparente aussi à une ressource pédagogique intéressante pour introduire ou approfondir un cours en éducation morale et civique, en histoire-géographie ou encore en français avec le thème de la résistance.

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Le « salon des rêves », Comment le peintre Joseph Steib fit la guerre à Adolf Hitler, de François Pétry

L’art en guerre

Joseph Steib naît en 1898 à Mulhouse en Alsace. En 1939, sa région est annexée par l’Allemagne nazie. Durant toute la durée de l’occupation, il va utiliser ses talents de peintre pour dénoncer les atrocités commises par les nazis. Son œuvre ne sera redécouverte qu’en 1987 mais est aujourd’hui l’objet de plusieurs expositions.

Cjoseph-steib-le-salon-des-reves-un-peintre-de-la-resistance-9782809912821_0e livre d’art présente ses œuvres selon trois grands thèmes : le quotidien de la guerre, le personnage d’Hitler et la libération. En effet, ses œuvre s’avérèrent parfois prophétiques puisqu’il avait peint la chute du régime d’Hitler et la libération de l’Alsace et de la France. Steib ne peint pas son propre quotidien mais au contraire met en avant le peuple, non seulement le peuple alsacien mais aussi tous les peuples opprimés. Comment parvient-il à résister à travers sa peinture ? Il ose par exemple représenter les trois couleurs du drapeau français, alors interdites, par des moyens détournés (habits, tentures …) ou encore tourner en dérision les slogans nazis dans ses compositions. Mais la résistance ultime s’exprime au travers la représentation même du personnage d’Hitler, l’unique responsable de cette guerre pour l’artiste. Non seulement le Führer est dépeint comme un monstre, comme le mal suprême, mais sa mort est elle-même mise en scène. Mon œuvre préférée reste Le Conquérant, un portrait d’Hitler, une composition à la manière d’Arcimboldo, faite d’animaux dangereux et de vermines. En parallèle, j’ai aussi beaucoup aimé les scènes de célébration de la victoire avec les costumes alsaciens et les couleurs vives, surtout du bleu, du blanc et du rouge évidemment.

Un artiste avec un rêve peut avoir la force d’une armée.