L’enfant du désert, de Pierre Rabhi et Claire Eggermont, ill. Marc N’Guessan

Pour une sobriété heureuse…

Pierre Rabhi est né en 1938 dans un village du désert algérien. Quelques années après le décès de sa mère, il a été confié par son père à un couple d’instituteurs, des Colons blancs. Ainsi, il se sentait tiraillé entre deux cultures souvent bien opposées, deux religions différentes. Devenu petit employé de banque, il quitte bientôt l’Algérie pour la France où il trouve un emploi d’ouvrier dans une usine.  Ces conditions de vie aliénantes le font beaucoup réfléchir au sens de la vie : « Avec l’argent, on peut tout acheter, pensa Pierre, sauf la joie. » Avec Michèle, sa compagne, ils rêvent de changer de vie, de se rapprocher de valeurs qui leur ressemblent :

Un rêve se mit à germer en eux : quitter la ville, s’installer à la campagne et cultiver la terre pour se nourrir, cela devenait comme une obsession déraisonnable mais que rien ne pourrait plus dissiper. Le sort en était désormais jeté.

C’est le début d’une grande aventure d’agroécologie qui respecte la Nature et les Hommes.

Un texte biographique qui retrace l’histoire de Pierre Rabhi, un homme engagé qui a prôné toute sa vie une politique de « sobriété heureuse ». Un album joliment illustré, qui permet d’initier les jeunes à l’écologie de manière douce et intéressante. Destiné aux lecteurs à partir de 8 ans, il peut être judicieusement intégré à la liste thématique de français de 3ème : « Hommes et femmes rebelles ».

Pierre Rabhi, après être devenu agriculteur en Ardèche, a transmis son savoir-faire jusqu’en Afrique, a fondé le mouvement Colibri,  a participé à des conférences, etc…

 

The Grisly Goat, de Christine Kiffer et Ronan Badel

The Grisly Goat - bilingue anglais

Il s’agit d’un album bilingue anglais qui raconte l’histoire de Lapin qui aperçoit des yeux rouges cachés dans son terrier…et se retrouve terrifié ! Il va appeler divers animaux à la rescousse, avec plus ou moins de succès ! Un récit sympathique sur l’entraide et la solidarité, et qui montre qu’il n’y a pas besoin d’être fort pour être courageux !

J’ai beaucoup apprécié cet album, qui peut être adapté à différents lecteurs, car il est bien illustré, mais permet aussi de bien travailler son anglais. Le choix de mettre la traduction seulement à la fin peut être gênant pour les débutants qui en ont besoin à chaque page, mais permet aux élèves d’un niveau intermédiaire de vraiment lire en anglais, sans avoir la tentation de se raccrocher sans cesse à la traduction. Le jeu des sonorités est intéressant et agréable à l’oreille, alors je vous conseille sincèrement de le lire à voix haute ! Ce serait dommage de passer à côté !

Le géant, la fillette et le dictionnaire, de Jean Leroy – ill. de Stéphane Poulain

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

C’est l’histoire d’un géant qui découvre grâce à un dictionnaire qu’un ogre est un personnage légendaire qui mange les enfants ! Il décide alors de s’en cuisiner un aux carottes… Mais il n’est pas sûr que les deux aillent bien ensemble, alors, il décide qu’il les mangera plutôt avec leur légume préféré. Problème : la petite fille qu’il a trouvé n’en aime aucun ! Elle n’aime que les bonbons !  Soudain, des soldats ayant l’ordre d’arrêter les mangeurs d’enfants débarquent ! Quelle embrouille !

 

Un livre amusant ! J’ai beaucoup aimé aussi les illustrations qui ont des effets intéressants, en particulier le sol, avec ses fissures qui ressemblent à de l’argile séchée et le grand format qui fait que le géant envahit les pages !

Ce livre grand format et coloré peut convenir aux enfants dès 8 ans !

Noé, 6ème – 11 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Les chaussures, de Gigi Bigot et Pepito Matéo – ill. Isabelle Chatellard

« Elles », ce sont les chaussures…

Perdues, ne voulant plus avancer… Pourquoi ? C’est la guerre. Après une vie glorieuse, on leur a demandé de raser les murs, puis de ne plus sortir du tout, puis de se cacher, et finalement de partir.

Un album tout en finesse et en suggestions, où les chaussures sont une métaphore de l’enfance. Ni date, ni lieu. Nous sommes dans « les rues d’une ville sans nom ».

A travers les non-dits, sont évoqués des thèmes très graves comme la guerre et l’exode, mais également l’entraide et la solidarité. Car les chaussures finiront par trouver un cordonnier pour les réparer et une petite fille pour les porter. Les illustrations aux tons sépia, aux contours anguleux, aux ombres menaçantes donnent à cet album au message historique une sorte de portée universelle à l’image d’un conte. Et à la limite de la poésie…

Marche aujourd’hui marche demain, à force de marcher les souliers sont arrivés dans une ville où les maisons blessées se remettaient debout tant bien que mal, où les trottoirs défoncés guidaient malgré tout les pas sans se tromper à travers le dédale des rues cabossées.

 

Les auteurs reversent leurs droits à la CIMADE (le Comité Inter-mouvements auprès des evacués).

Mes recettes fastoches

Un besoin de se mettre en cuisine pour se détendre, d’occuper un après-midi pluvieux, de passer un moment avec un apprenti cuisinier, d’épater ses convives, de découvrir une entrée, un plat ou un dessert, d’utiliser un ingrédient du placard ou du frigo, de tester une recette ? Eh bien, pas de souci et rien de plus facile….!  Partez à la découverte des 35 recettes fastoches classées par univers différents, et passez de l’incroyable spirale de pomme de terre au gâteau de pâtes, des sucettes meringues aux croque-étoiles. Au final, presque autant de plaisirs sucrés que salés mais aucune chance de ne pas trouver de quoi sortir ni son tablier ni tout son matériel de marmiton en herbe !

Bon appétit !

Mon papa pirate, de Davide Cali

 

Moussaillons, embarquez à bord de l’Espoir !

Lorsque son papa revient à la maison, en Italie, une fois par an pour l’été, il raconte à son fils ses histoires de pirate. La mer, les trésors volés, les hommes d’équipage aux noms d’aventuriers : le Tatoué, le Barbu, Riquiqui, Bourrasque, etc. Pourtant, l’année de ses neuf ans, le papa n’est pas revenu et la maman a reçu un mystérieux télégramme. Ils devaient rejoindre le papa… en train… vers une destination qui ne voit pas la mer… Que lui est-il arrivé ? Est-il toujours vivant ? La réalité se révèlera pourtant différente de ce qu’imaginait le garçon.

Un album émouvant aux illustrations soignées aux couleurs chaudes qui rassurent. Le personnage du père est touchant, qui, pour protéger son fils de la réalité de sa vie, invente un univers extraordinaire fait d’aventures et de dangers. Et pourtant, c’est dans sa réalité qu’il puise toute son imagination en l’arrangeant simplement à sa façon pour transmettre à son fils un message d’espoir, de tendresse, d’amour et de courage.

Un très beau texte sur la transmission et l’amour filial dont il n’est pas possible de révéler le vrai sujet sans perdre un peu de poésie.

A lire sans hésitation !

 

Les mascarades d’Arlequin, de Pierre Crooks – ill. Nicolas Lacombe

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Arlequin est tout coloré, joyeux et un peu menteur et imposteur. Quand il  voit Pierrot tout triste dans son habit très sombre, il décide de l’aider à chercher Colombine, une jeune fille que voudrait bien épouser Pierrot… et qu’Arlequin décide de séduire le premier !

-Je viens avec toi. Nous sommes amis, mais aujourd’hui, je vais m’amuser à conquérir son coeur. Je serais ton rival le plus beau, le plus fort et le plus intelligent.

Tout au long de leur périple, Arlequin va chercher à se débarrasser de Pierrot : il décide de le confier à un médecin… mais c’est loupé, Pierrot continue  à chercher Colombine avec Arlequin, qui essaie ensuite de le faire soldat puis ministre ou encore lui donner rendez-vous avec la Mort… Arlequin va-t-il arriver à ses fins et réussir à conquérir Colombine et se débarrasser d’Arlequin ?

Un magnifique album, avec de très belles, colorées  et originales illustrations faites avec la technique du scotch.

Pour tout âge et toute expérience !

Judith, 6ème

Une aventure qui a pour cadre Venise et  qui emmène le lecteur, à travers les pérégrinations de nos deux héros, à la rencontre des plus emblématiques personnages de la Comedia Dell’ Arte : le docteur Cassandre, le général Matamore, Scaramouche, le roi Pantalon. La technique du scotch pour les illustrations donne un rendu qui oscille entre rêve et réalité et qui vous pouvez découvrir en visitant le site de l’illustrateur, Nicolas Lacombe