La maîtresse est contrôlée par des aliens

La maîtresse a des ennuis, de Pamela Butchart

la-maitree-a-des-ennuisDepuis ce matin, la maîtresse est vraiment bizarre : elle est devenue gentille ! Et puis, elle leur passe des films, leur fait faire de la méditation, elle se maquille, elle emmène un ours en peluche sur son bureau … La réponse va venir de Perrine : « Je crois qu’en fait, la maîtresse, c’est une alien ! Elle doit avoir un bébé alien dans l’oreille. » […]. « A tous les coups, elle prépare une invasion extraterrestre ! C’est pour ça que le directeur a les oreilles qui sifflent ! ». Comment cette histoire va-t-elle finir ?  Les élèves de la classe n’en mènent pas large…

Je suis aujourd’hui très heureuse de présenter un titre de ce nouveau venu dans le monde de l’édition : Poulpe fictions (un  nom que j’aime bien, en plus !) fête ses quelques semaines d’existence à peine. Des romans qui s’adressent à des jeunes de 8 à 12 ans, frais, drôles et décalés.

Ce titre nous embarque dans l’imagination débordante d’un groupe de copains de classe de primaire qui cherchent à résoudre l’énigme de la soudaine gentillesse de leur maîtresse ! Mais pour prouver que les aliens sont passés par là, ce ne sera quand même pas chose facile ! Le rythme du récit est très dynamique et ne laisse pas place à l’ennui. De plus, le texte aéré, les illustrations en noir et blanc nombreuses et humoristiques, les différences de police de caractère et de typographie rendent la lecture extrêmement facile pour les jeunes lecteurs. C’est gai et coloré, à l’image de la première de couverture. En tant qu’adulte, on se doute un peu vite du déroulement de l’action, mais les enfants prennent un plaisir indéniable à cette lecture un peu loufoque ! Ma fille de 8 ans me l’a d’ailleurs bien vite piqué, et ça, c’est un signe qui ne trompe pas !

 

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Le livre des étoiles, 1. Quadehar le Sorcier, de Erik L’Homme

Le livre des étoiles, 1. Quadehar le Sorcier, de Erik L’Homme

Guillemot habite dans le pays d’Ys, un pays qui se trouve entre le monde incertain (monde magique peuplé de créatures bizarres) et le monde certain (celui des hommes, c’est-à-dire le nôtre). Grâce à Quadehar, son maître sorcier très puissant, il va apprendre à se servir de sa magie… et ses dons s’avèrent exceptionnels. Il découvre l’histoire du livre des étoiles, à utiliser les graphèmes, ou encore le « wird ». Où ces histoires le mèneront-ils ? Car depuis qie le livre des étoiles a disparu et que l’Ombre, un sorcier maléfique du pays incertain s’intéresse à lui, la communauté est en danger. 

Une lecture qui m’a changé car je n’ai pas trop l’habitude de lire des livres fantastiques où, en plus,  le héros est un garçon ! J’ai beaucoup aimé le carnet de Guillemot à la fin de l’ouvrage.

Un livre plein de suspens, mais assez complexe qui peut être difficile à lire dans le déroulement de l’histoire mais avec des personnages attachants. Mais j’ai hâte de lire le tome 2.

Chloé, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de Mu :

Guillemot, un garçon du pays d’Ys, pays qui se trouve à mi-chemin entre le monde réel et le Monde Incertain, est élevé par sa mère, depuis que son père s’est fait Renonçant, (c’est-à-dire qu’il a quitté le pays d’Ys pour retourner dans notre monde). Guillemot rêve de devenir chevalier. Mais un jour,  le sorcier Quadehar va lui proposer de devenir son apprenti et lui apprendre la magie. Lorsque l’une de ses camarades, Agathe, est enlevée par des créatures du monde Incertain, il décide de monter une expédition avec ses amis et de passer la Porte qui le mène dans cet autre monde.  Ce ne sera pas sans danger.

Un livre d’héroïc fantasy pur, dans un monde où chevalerie, monde réel, monde magique et créatures maléfiques se côtoient. Dans cette trilogie, la mise en place de l’histoire permet de mieux appréhender les différents mondes. Il est vrai que l’histoire peut paraître complexe à des non-initiés, mais elle est riche et haletante. Je pense qu’il faut que j’achète quand même les deux tomes suivants afin d’avoir la trilogie complète… Y aura-t-il des révélations sur le père ??? 

Science versus vérité

Celle qui sentait venir l’orage d’Yves Grevet

Résultat de recherche d'images pour "celle qui sentait venir l'orage"En 1897, fin du 19ème siècle en Italie, la famille Schillaci est frappée par un terrible drame, elle est accusée de crimes odieux. Les parents sont arrêtés, condamnés à mort et pendus sur la place de Comacchio au milieu d’une foule euphorique et haineuse. Deux jours après, Frida Schillaci, seize ans, s’enfuit car la foule réclame sa tête, considérée comme la « fille des démons », « la fille des monstres ». Elle n’a pas revu ses parents vivants et sont morts depuis leur arrestation. Accueillie par la famille Gentile un mois plus tôt lorsque ses parents ont été arrêtés, elle ne peut continuer à vivre chez eux car des personnes sont venues la réclamer le soir de l’exécution. La famille Gentile décide de l’envoyer à Bologne chez le docteur Grüber, un ami à eux, réputé et fasciné par le cas de Frida. Déguisée en bourgeoise blonde, Frida quitte le Nord-Est de l’Italie, sa région natale, à bord d’une diligence pour se rendre à Bologne et échapper au danger. Elle espère pouvoir trouver refuge chez le docteur Grüber. Convaincue que ses parents n’ont jamais commis de crimes, elle envisage de faire éclater la vérité.

Celle qui sentait venir l’orage est un roman fascinant où l’auteur met au cœur de l’histoire la science et plus particulièrement l’eugénisme, les études sur la criminologie dans un décor de l’Italie du 19ème siècle. Une Italie conservatrice et politiquement agitée avec une science incertaine qui évolue. Yves Grevet inscrit son histoire dans ce contexte historique pour livrer un roman d’enquête à suspens à destination des adolescents et des jeunes adultes.

Le couple Schillaci est considéré comme diabolique et leur fille, Frida, comme la fille des monstres. Considérée comme dangereuse car fille de parents diaboliques, Frida découvrira très vite que le riche docteur Grüber fera d’elle un objet d’étude sur la criminologie en portant sur elle des conclusions hâtives et infondées. La jeune fille, courageuse et sincère, ayant déjà subi l’enfer dans un pensionnat religieux auparavant, se rend rapidement compte qu’elle n’est pas en sécurité chez le docteur au vu des tests qu’elle passe et des personnages malveillants qui l’entourent dans la demeure. Mais Frida n’est pas stupide et dangereuse comme le prouve scientifiquement le docteur Grüber.

Yves Grevet oppose dans ce roman les hommes de pouvoir et les gens des milieux isolés et montre que ceux qui détiennent le pouvoir et une certaine notoriété ne sont pas forcément détenteurs de la vérité. Ils sèment la peur en trouvant le parfait bouc émissaire : une famille vivant dans les marais isolés d’une province italienne. L’auteur livre par ailleurs une réflexion sur la peur, la peur de l’autre, la peur de celui qui est différent, que l’on ne connait pas.

Celle qui sentait venir l’orage est aussi le journal intime de Frida, écrit au présent avec le « je » où le lecteur arrive à percevoir avant elle qu’elle est victime d’une étude génétique sur la criminologie et que le docteur Grüber est un personnage malfaisant et démoniaque. Immergé avec Frida dans la demeure du docteur, le lecteur se sent enfermé et ressent les sentiments et émotions de Frida, la peur, la colère, la tristesse mais aussi le désir de vengeance.

Yves Grevet livre une histoire romanesque avec une série de personnages fascinants, une enquête à suspens et invente une sublime héroïne, Frida, jeune italienne à la peau dorée faisant preuve d’un courage psychologique hors pair. L’auteur n’omet pas de parler d’amour qu’il mettra sur le chemin de Frida. Bien que le contexte historique puisse freiner certains jeunes lecteurs, il ne faut en aucun s’arrêter sur ce détail. Aucune connaissance sur l’Italie du 19ème n’est nécessaire pour la compréhension et l’immersion totale dans ce fabuleux roman. Quatre cents pages que l’on dévore en quelques heures !

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C’est la fête !

Vendredi 16 juin, l’équipe du comité de lecture du blog s’est retrouvée au presque complet autour d’un goûter pour fêter les 1 000 articles publiés depuis la création du Coin lecture d’Arsène, et les 40 000 visites ! Nous remercions tous les partenaires et lecteurs qui soutiennent notre projet pédagogique en lisant nos chroniques ou en nous faisant des dons ! Très bel été à tous. Nous vous rappelons que le 7 juillet, ce sera les vacances scolaires et mes chroniqueurs prendront des vacances bien méritées. Des chroniques seront planifiées et publiées encore durant tout le mois de juillet pour une pause nécessaire en août pour reprendre avec une énergie renouvelée à la rentrée de septembre ! Restez-nous fidèles !

A nouveau un immense merci à Didier Vernier, notre cuisinier… Vous avez vu le magnifique gâteau qu’il nous a confectionné !!!

Un espace vide plein de ressources

Le zéro d’Oxymoron, de Pierre Moessinger

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Oxymoron, mathématicien dans la Grèce Antique, fut le premier à additionner des loups et des chèvres. Jusqu’à présent, il n’était pas concevable d’additionner ce qui ne se ressemblait pas. Par exemple, un loup additionné à une chèvre n’était pas possible car le loup mangeant la chèvre il ne pouvait que faire un. Oxymoron ne se lassait pas de dire qu’additionner c’est assembler. Mais beaucoup avait du mal à le suivre. Alors, quand il fut question de soustraire ce fut encore une autre paire de manche… Surtout quand le zéro fit son apparition ! Effectivement, soustraire deux quantités égales donne rien… Mais, là encore, la notion de rien perturbe car pour beaucoup il y a toujours quelque chose quelque part. Oxymoron s’arrache les cheveux en entendant de telles « niaiseries ». Sa théorie est remise en cause et fait peur. Il sera même exclu de l’Académie. Quelques siècles plus tard, ses idées sont reprises et l’utilité du zéro est reconnue.

Les personnages sont pures fiction mais les réflexions sont bien réelles.

Il faut dire que c’est difficile de concevoir que rien c’est quand même quelque chose alors que le zéro non.

Ce livre est plutôt un conte philosophique alimenté de discussions de sages, chacun argumentant à sa façon. On s’aperçoit combien le zéro était source de tracasseries.

La lecture est facile malgré le sujet car le ton est léger sur fond d’une petite histoire très abordable avec de belles illustrations sur l’Antiquité.

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Star trip, d’Eric Senabre

Les dévoreurs de livres dArsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Star tripEté 1968, aux Etats-Unis. May, une jeune adolescente de 15 ans, dépérit d’ennui dans son village perdu au fin fond de ldaho. Son petit frère, Sam, handicapé, est fan de science-fiction. Ils avaient prévu de passer des vacances d’été « spéciales science-fiction », Mais après le départ rapide des parents pour une mission secrète, les vacances sont annulées… May, aidée de son petit ami Will, va tout faire pour le distraire. Mais un matin, May retrouve l’acteur de la série favorite de Sam « Star Trip » dans la grange… Sam voit son rêve se réaliser… rejointe par un Indien chaman un peu fou, notre petite bande va entamer un road trip rempli d’humour et de rebondissements.

J’ai dévoré ce livre ! Une pépite ! L’histoire est fluide et on s’attache aux personnages haut en couleur. Plein d’humour et de fraîcheur, ce livre nous transporte jusqu’à la fin dans une histoire au rythme effréné  ! Et, en final, je vous informe de l’apparition d’un personnage connu assez étonnant !

A emmener d’urgence dans ses bagages de l’été !

Johanne, 3ème – 14 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

 

Et l’avis de mumu58 :

Des étoiles plein les yeux !

Nous sommes en 1968 aux USA. May, 15 ans, va devoir s’occuper de son petit frère Sam, après le départ précipité de ses parents pour une mission secrète. Sam, handicapé depuis qu’il est tombé d’un toit, est fan de la série de sciences fiction Star trip. Il passe tout son temps à regarder les épisodes qu’il connaît par cœur. Pour le distraire, May a l’idée de fabriquer en secret la réplique de la navette de Star Trip dans la grange de la maison. Partie en ville avec son petit ami Will, elle tombe par hasard sur une séance de dédicaces de Benjamin Spike, le héros principal de la série. Bouleversée, May va lui demander de rendre visite à Sam qui ne peut se déplacer. Le comédien refuse catégoriquement, il se montre même très désagréable. Déçue et très désappointée, May en reste là. Le lendemain, alors que l’adolescente se remet au travail, elle voit une forme étrange sur le plancher de la navette. Elle s’approche et quelle n’est pas sa surprise de voir Benjamin Spike en personne ! Et là débute une histoire folle qui va conduire nos héros dans un voyage peu commun et captivant qui va vite les dépasser.

L’auteur nous plonge dans l ‘univers des années 60 avec des références musicales de l’époque, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Un petit clin d’oeil aussi en passant à la série Star Trek de 1966. Des personnages hauts en couleur et déjantés, de l’humour, de l’émotion, tous les ingrédients qui font de ce roman un beau moment de lecture, d’évasion. On aime May, cette adolescente qui pour compenser l’absence de ses parents, va se lancer le défi fou d’entraîner son frère dans un voyage qu’il n’oubliera jamais. Elle qui rêve aussi d’autres horizons va vivre la plus palpitante période de sa vie. C’est aussi une belle histoire sur les liens forts qui unissent un frère et une sœur. Chaque personnage est une pièce maîtresse de l’histoire. On les aime, ils nous touchent. Lorsqu’on finit Star Trip, on a vraiment l’impression d’avoir vécu dans un autre temps.

Qui suis-je ?

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Chaîne de vie, de Roger Judenne

Chaîne de vie par JudenneLou pense être la fille biologique de son père mais va découvrir par inadvertance qu’elle est née par insémination artificielle. Elle se referme sur elle-même et rentre en conflit avec sa mère. Mais, quand sa maman lui explique les choses, elle commence à faire des recherches afin de retrouver le donneur.

J’ai bien aimé ce livre car c’est une histoire qui peut toucher le lecteur et peut amener à une réflexion positive celui qui connaît la même situation.

Manon, 3ème – 14 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de mumu58 :

Lou, adolescente de douze ans, découvre par hasard que son père n’est pas son père biologique. Elle pense dans un premier temps qu’elle a été adoptée et reproche à ses parents de ne pas lui en avoir parlé. Elle se braque, les relations sont tendues voire difficiles. Sa maman va alors lui révéler qu’elle a été inséminée avec le sperme d’un donneur anonyme. Quelle confusion pour cette adolescente ! Lou reste très sceptique et ne veut plus rien entendre. Effondrée, l’adolescente lâche prise et écoute les explications de ses parents. La situation lui paraissant plus simple, le mystère de sa naissance se dissipe peu à peu. Néanmoins, elle décide de faire des recherches sur internet pour mieux comprendre l’insémination artificielle. Elle va pouvoir alors comprendre comment elle a été conçue. Elle se rend compte qu’elle n’est pas un cas unique et qu’elle peut avoir des frères ou des sœurs car le nombre d’enfants issus du sperme d’un même donneur peut être de huit. Elle décide donc de passer une annonce à la recherche d’éventuels profils ayant le même donneur qu’elle.

L’histoire est originale, le thème abordé n’est pas courant en littérature jeunesse. Une lecture facile et compréhensible. Il est évident que pour bien se construire tout être humain a besoin de connaître ses origines et qu’il est souvent préférable de ne pas cacher aux enfants d’où ils viennent.