Esprits maléfiques, 1. la maison des possédés, d’Ellen Oh

 

Harper, jeune collégienne de 12 ans, vient de quitter New-York pour emménager à Washington… Ses parents ont acheté une très vieille maison au « charme gothique » indéniable qu’ils sont en train de retaper : une ambiance propre à un véritable film d’horreur… Et quand des faits étranges commencent à se produire, que des accidents  se succèdent, que son petit frère de 5 ans change de comportement et se montre de plus en plus agressif, il y a de quoi se poser des questions.  Aidée de sa nouvelle amie Dayo, Harper va tenter de percer le mystère de cette maison hantée, mais également revenir sur des faits étranges et inexpliqués, des secrets et mystères de son propre passé.

 

 

Un récit sur les fantômes et la possession qui utilise toutes les ficelles du genre pour happer le lecteur.  Entre le récit à la troisième personne s’insère judicieusement le journal intime (« débile »comme elle l’appelle elle-même) de Harper.  Bien dosé entre passé et présent, quotidien et surnaturel,  cultures américaine et coréenne, amitié et liens familiaux, ce roman plein de rebondissements se laisse lire sans difficultés.

Un personnage principal attachant et crédible, qui dévoile peu à peu ses atout mais aussi ses failles. La tension est palpable tout au long du roman qui est le premier tome d’une série mais qui peut aussi se lire seul puisque ce premier volet comporte une fin à lui-même (ce qui ne nous empêche pas d’être impatient de suivre avec l’héroïne de nouvelles aventures au pays des morts).

Série Mort de peur, aux éditions Milan

 

Résultat de recherche d'images pour "pacte bradman"Pacte mortel, de Tony Bradman

Jake en a marre… Il n’y en a toujours que pour sa petite soeur, Anna. C’est vrai qu’elle a failli mourir étant petite, mais quand même, lui, existe aussi. Il est jaloux et en veut à ses parents. Et la  sortie familiale organisée par son père pour visiter un monument historique local constitué de vieilles pierres est la goutte qui fait déborder le vase. Jake est insupportbale, détestable avec la pauvre petite Anna. Mais tout à coup, les choses prennent une tournure étrange.Alors que Anna touche la Pierre du Coeur, une lumière blanche aveugle Jake et le voilà transporté dans un monde parallèle. bientôt, il se rend compte que c’est James, l’ami imaginaire d’Anna qui a pris sa place au sein de sa famille… Que s’est-il passé ?

Jake est-il si abominable que sa petite soeur n’en veut plus comme frère ? Comment en est-il arrivé là ? Peut-il encore revenir en arrière et se faire pardonner ?

 

Mort de peur, Tome 2 : Magie noire par BradmanMagie noire, de Tony Bradman

Mégane refuse l’évidence : ses parents se sont séparés, son père s’est remis en couple avec une autre femme Sarah, et sa mère et elle vont devoir quitter leur maison pour vibvre en appartement… Alors lorsqu’une Voix se fait entendre pour l’inciter à pratiquer un rite vaudoue contre Sarah, elle est tentée… Après tout, tout est de sa faute, non, et elle la déteste ! Il suffit de trouver une poupée qui lui ressemble un peu, et y planter des aiguilles… Elle ne fait rien de mal, rien directement en tout cas… Mais où cela va-t-il la conduire ?

 

 

Mort de peur, Tome 3 : Poursuite infernale par BradmanPoursuite infernale, de Tony Bradman

Alors qu’il vient, pour la énième fois de se faire harcelé et agressé par des camarades d’école au moment de la sortie de classe. Alors qu’il longe les murs pour rentrer chez lui, il tombe sur une équipe de tournage d’un film qui l’embauche pour un rôle de figurant : il s’agit de jouer une victime poursuivie par un tueur. Il a la tête de l’emploi ! Mais cela ne va-t-il pas révéler quelque chose de plus profond en lui ?

 

 

Une petite série de  romans qui utilise le genre de l’horreur, très attractif pour les jeunes adolescents afin de mettre en évidence des sentiments qu’ils vivent, dont ils se sentent coupables pour leur faire comprendre que ces sentiments sont humains et peuvent simplement être acceptés et corrigés. J’appréhendais un peu cette lecture que je pensais malasaine et voulait vérifier en tant qu’adulte la portée du message, et en fait, c’est réussi car ce n’est pas seulement un roman d’horreur, c’est ancré sur une difficulté du quotidien d’adolescents qui ne trouvent pas la force de la surmonter seul et le passage dans le fantastique leur ouvre des portes pour changer le présent dans le bon sens grâce à une prise de conscience réelle. C’est peut-être une façon d’exorciser ses pensées malsaines et y faire face. Peut-être le moins réussi est Magie noire, car la prise de conscience du mal n’est pas ancrée dans le fantastique mais dans une phrase que prononce la mère : « la vérité, c’est que depuis longtemps les choses n’allaient pas si bien que ça entre ton père et moi, même avant que Sarah entre en scène. »… Mégane aurait-elle été capable d’arrêter sans cette révélation qui est tombée à pic ?

La dame blanche, de Philippe Napoletano

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog.

Un match de handball se prépare, garçons contre filles. Les meilleurs formeront une équipe mixte pour participer à un tournoi…

Le jour du départ, dans le bus qui doit les conduire sur les lieux du match, l’ambiance est bizarre, presque tout le monde dort.

Soudain le conducteur freine brusquement. Le bus s’arrête net, une fumée blanche pénètre dans le bus.

Peu à peu, la fumée prend forme et devient presque humaine. Puis, c’est le trou noir.

Quand les jeunes enfants se réveillent,  ils sont retenus prisonniers dans un vieux manoir ! Affamé, ils ont peur…

Que va-t-il leur arriver ?

Une histoire fantastique  à ne pas lire le soir,  pour les sportifs et les courageux.

Une histoire pour ceux qui aiment le sport, en particulier le handball. Et pour ceux qui aiment l’esprit de compétition mise à rude épreuve. Car bientôt, les adolescents vont être confrontés à de terribles épreuves où il faudra que l’esprit d’équipe survive coûte que coûte… jusqu’au sacrifice de l’un d’entre eux ?

Une aventure fantastique, sordide, ensanglantée remplie d’affreux monstres, une dame blanche immatérielle et d’étranges vieillards qui font peur, à l’image de la couverture du livre…

A lire dès la 6ème pour les adeptes des livres d’horreur et du fantastique !

Mais moi, personnellement, je n’ai pas trop aimé  (j’ai trouvé qu’il parlait un peu trop longtemps, au début, du match de handball qui n’ était pas finalement  si important) tout simplement parce que ce n’est pas trop mon genre de lecture.

Alors, venez l’emprunter au CDI pour nous donner votre avis !

 

Judith, 6ème – 11 ans, membre des dévoreurs de livres d’Arsène.

 

L’auto-stoppeur, 9 nouvelles noires pour nuits blanches, d’Anthony Horowitz

Angoissant…

l-auto-stoppeurNeuf nouvelles plus glaçantes les unes que les autres à dévorer le soir sous sa couette, à la lueur d’une lampe de poche !

L’auto-stoppeur : Alors qu’ils rentrent de promenade, après avoir passé une journée en famille  pour fêter l’anniversaire des quinze ans de Jacob, le père s’arrête pour prendre un autostoppeur… Installé à l’arrière, à côté de Jacob, celui-ci se sent menacé par le comportement étrange de l’homme… Sa famille est–elle en danger ? Que doit-il faire ?

L’ascenseur : Comment un garçon turbulent de 11 ans peut-il disparaître dans un ascenseur bondé, durant les 58 secondes que dure le trajet entre le sous-sol et le rez-de-chaussée… La police enquête…

Le son du meurtre : Kate Evans, une adolescente de treize ans est quasiment sourde de naissance.  Elle entend bien certains sons mais est incapable de suivre une conversation. En cours, elle est assistée par un appareil acoustique. Pourtant, lorsqu’un nouveau professeur vient prendre ses fonctions, des sons stridents insupportable retentissent à son approche et Kate commence à entendre des voix…

Brûlé : Alors que sa mère est sur le point d’accoucher, Tim, 13 ans, est confié pour les vacances à sa tante Sara et son oncle Nigel. Trois semaines  à la Barbade, dans un bel hôtel avec possibilité de pratiquer surf, voile, ski nautique… Cela peut paraître merveilleux. Pourtant, entre l’oncle Nigel et son obsession du bronzage et tante tante Sara plutôt réticente à se voir confier son neveu… quelque chose cloche…

Vol 715 : En se réveillant ce matin-là, la jeune Judith Fletcher est persuadée d’une chose : elle et sa famille ne doivent pas prendre ce Vol 715  qui doit les ramener du Canada  à Londres ce jour même. Elle a fait un rêve … Mais ses parents vont-ils se laisser convaincre ?

Le Paradis d’Howard : Howard Blake, quinze ans, vient de mourir, heurté par un bus… Son parcours de petit délinquant va-t-il malgré tout lui permettre d’accéder au Paradis ?

Abonné absent : Linda James meurt foudroyée une nuit d’orage, alors qu’elle téléphonait abritée sous un chêne. Malgré tout, le téléphone fonctionne toujours, et une fois reprogrammé, il est remis en vente… Qui en sera le prochain propriétaire ?

Twist Cottage : Ben a été élevé par son père Andrew depuis le décès de sa mère un an après sa naissance. Mais un jour, son père décide de se remarier… Le quotidien, jusqu’à présent heureux, va se transformer en enfer… Alors que Louise, la nouvelle épouse les incitent à déménager, ils vont acheter le « Twist Cottage », une curieuse et vieille bâtisse biscornue et isolée…

La plus courte histoire d’horreur jamais écrite : A toi de jouer et de trouver l’énigme qui se cache dans cette  nouvelle…

Un recueil de neuf nouvelles mettant chacune en scène des adolescents et destiné aux lecteurs à partir de 13-14 ans. Chaque nouvelle suit le principe de la nouvelle à chute qui étonne à chaque fois par une conclusion inattendue. L’humour est grinçant et la plupart  des textes effleure le genre du fantastique. Un recueil bien écrit, idéal pour les amateurs de frissons ! Mes préférées : L’auto-stoppeur, Brûlé, Twist Cottage. Et vous ?

Merci à Léna, l’élève qui m’a conseillé l’achat de ce livre pour le CDI !

 

 

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Hôtel des frissons, 1 et 2, de Vincent Villeminot

Un hôtel dans une rue oubliée…

Hôtel des frissons, 1. Le collectionneur, de Vincent Villeminot

Un  nouveau client vient d’arriver… Avec ses innombrables boîtes  à chapeau, il a investi tout le deuxième étage de l’hôtel. Et d’après ce qu’ont compris Margaux, 9 ans, la fille du propriétaire et son ami Tristan, 10 ans,  le fils du cuisinier, mieux vaut ne pas s’y aventurer… Mais que faire de la boîte tombée du chariot ?

Hôtel des frissons,  2. La chambre froide de Vincent Villeminot

Tristan a piqué le trousseau de clé de son père et emmène Margaux dans la chambre froide pour un goûter mémorable. Mais des bruits bizarres se font entendre, et tous ces animaux morts suspendus à leurs crochets, ce n’est pas très engageant ! Il lui montre même un passage secret qui leur permettent de quitter la pièce, ni vu ni connu,  en lui faisant bien promettre d’oublier ce qu’il vient de lui montrer… Mais la curiosité de Margaux est piquée au vif !

Les jeunes lecteurs avides de frissons seront servis ! L’endroit qui sert de décor à l’histoire, cet hôtel sordide dans une rue oubliée, est vraiment fait pour vous mettre dans l’ambiance… Car pour adhérer à l’histoire, il faut accepter le côté un peu sordide, qui, même si on arrive à bloquer un peu notre imagination, nous est renvoyé par les illustrations ! En effet, le petit résumé de présentation ne dévoile pas le fond de l’histoire, qui tend vers le conte ou le fantastique avec des histoires de loup-garou ou d’ogre… et le lecteur n’est pas au bout de ses surprises. J’avoue que personnellement, ça m’a laissé un peu perplexe, mais j’attends avec impatience de connaître le retour de mes lecteurs ! Original… mais on ne pouvait en attendre moins de l’auteur, Vincent Villeminot.

Toutes les maisons des alentours sont fermées. Leurs fenêtres ont été murées. Un vent méchant bat l’endroit toute l’année. S’il doivent passer par là, les habitants de la ville pressent le pas. […]. Pourtant, l’hôtel, lui, semble intact. La nuit, la façade est dorée, brillamment éclairée.

 

 

Le singe, de Stephen King.

167164-gfQuand sonnent les cymbales

Lorsque Dennis trouve dans un carton au fond du grenier, un singe mécanique, la terreur refoulée de Hal, son père, refait immédiatement surface. Pourquoi ? Pourquoi ce singe est-il là ? Pourquoi le retrouve-t-il après tout ce temps ? Pourquoi le cycle menace-t-il de recommencer ?

En manque de lectures, à la recherche d’un des rares livres non chroniqués, je me suis aventuré dans les rayonnages du CDI, me demandant si celui-ci possédait quelques œuvres du maître de l’horreur contemporaine, Stephen King. Simplement caché entre ses comparses, semblant patienter tranquillement, rangé pour être découvert, Le singe m’attendait…

Nouvelle publiée dans le recueil Brume en 1985, Le singe est un récit d’horreur où le passé et le présent semblent se mêler et parfois, se confondre. Le style de King des années 80 est aisément identifiable. Comme toujours, l’histoire prend place dans des situations d’actualité, graves et complexes, comme la perte de l’emploi, la précarité et leurs conséquences sur la famille. Le suspens nous tient en haleine, l’horreur – mélange de fantastique et de situations quotidiennes – fascine et amplifie nos inquiétudes. Il m’est difficile de vous en dire plus sans spoiler l’histoire. Comme beaucoup des écrits de King, et particulièrement ceux des eighties*, le style est particulier et ne conviendra pas à tous les lecteurs. Accessible dès la 4ème, je le conseille à nos lecteurs qui souhaitent découvrir un peu le genre horrifique contemporain.

Le chenal

Cette nouvelle se trouve à la suite du singe, elle fait partie des textes mis en avant à la sortie de Brume. Bien que courte, elle est assez prenante et traite de l’Amérique profonde, de pratiques encore en place à l’époque dans certaines contrées oubliées par les mégalopoles. On y suit une vieille femme appelée par la Mort à travers les fantômes de proches disparus. Des sujets très lourds y sont rapidement abordés. Cependant, le thème principal de la nouvelle est la fin de la vie. Tout tourne autour de la mort et son acceptation, une œuvre intelligente qui pousse à la réflexion. Difficilement accessible avant la 3ème de mon point de vue, certains passages pourraient secouer les âmes sensibles.

TL;DR:

  • Points forts:
    • un style unique, celui de Stephen King.
    • une angoisse et un suspens prenant.
  • Points faibles:
    • un style unique, qui rebutera peut-être certains lecteurs.
    • Le chenal comporte des passages durs, pouvant ne pas convenir à tout le monde.

À noter que pour les amateurs de films d’horreurs, un nouvelle adaptation du roman Ça, de Stephen King, sortira le 20 septembre. En attendant, vous pourrez retrouver la bande-annonce ici: https://www.youtube.com/watch?v=xnxX1rr03gM.

*terme anglais faisant référence aux années 80.

Death note, de Tsugumi Oba et Takeshi Obata

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Death Note

Ecrit  par Tsugumi Ohba et dessiné par Takeshi Obata, Death note est un manga thriller mélangeant le fantasy et l’horror. Il existe également en série animée.

Light Yagami, un étudiant sérieux et compétent, trouve un jour, à la sortie des cours, un carnet nommé « Death Note ». Il découvre que ce cahier appartenant au dieu de la mort Ryuk, a la capacité de tuer toute personne dont le nom est inscrit à l’intérieur.

Le jeune homme décide donc de nettoyer la Terre de tous les malfaiteurs et autres criminels grâce à ce livre. On apprend aussi l’existence de L, un mystérieux détective.

Un combat mortel va alors s’enclencher entre les forces de la police et Light.

Ce manga est très captivant et le suspens ainsi que l’étonnement sont toujours très présents. Assez sombre, il s’adresse plutôt aux lecteurs de fin de collège.

C’est si prenant, qu’à la fin de chaque tome, on a  forcément envie de lire la suite. Mais sachez que le CDI possède uniquement le tome 1.

Léa, 4ème – 13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

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Bienvenue à Mariefred

couv_pax_tome1_slalomPax, 1. Les ténèbres avancent, de Asa Larsson & Ingela Korsell, Illustrations de Henrik Jonsson

Viggo et Alrik, respectivement en  6° et 4°, sont ballottés de familles d’accueils en famille d’accueils ; c’est ainsi qu’ils se retrouvent à Mariefred, petit village perdu de Suède. Après une rentrée chaotique, ils découvrent une étrange bibliothèque renfermant bien des secrets… Pour eux, commence une nouvelles vie.

En voyant la couverture on sait directement à quoi s’attendre: une saga de livres qui s’appuie sur l’écriture mais aussi sur une illustration assez sombre. On y découvre un jeune duo dynamique, classiquement composée de la dichotomie physique/intellect. L’écriture est clairement dirigée vers un jeune public, d’ailleurs, l’agencement du livre avec les illustrations des moments clefs en planche de BD est très originale et servira sûrement d’accroche aux lecteurs occasionnels. On trouve du fantastique contemporain assez classique, toutefois parsemé de touches macabres. On voit bien que c’est Henrik Jonsson, qui a travaillé sur Batman, qui illustre les quelques planches du livre, qui représentent un atout de cette saga. Le style est léger, et l’on appréciera les réparties recherchées des personnages, ce qui comblera leur personnalité un peu trop plate, à mon goût. Le livre s’achève sur un très bon cliffhanger, qui nous donne envie de lire la suite.

TL;DR:

  • Points forts:
    • Les planches de BD ! Avec un trait particulier et une très bonne représentation des scènes cruciales, les illustrations et le texte deviennent vraiment complémentaires.
    • Le fantastique, n’est pas que merveilleux et laisse très bien place au cauchemar.
    • Quelques réparties vraiment marrantes.
  • Points faibles:
    • Des personnalités un peu trop plates.
    • Un duo vu et revu.
    • Certaines amorces sont trop classiques pour qui a déjà lu ce genre de livres.

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Les rêves dans la maison de la sorcière, de Mathieu Sapin et Patrick Pion – adaptation d’un récit de Lovecraft

Dans les entrailles d’un monde parallèle

Afficher l'image d'origineWalter est un brillant étudiant en mathématiques. Il habite une chambre de bonne où, il y a deux siècles, vivait Kéziah Mason. A cette époque, celle-ci fut considérée comme une sorcière car elle avait émis des théories mathématiques selon lesquelles on pouvait franchir les frontières du monde spatial grâce à des angles. Elle mettait en parallèle les mathématiques et l’architecture. Elle fut jugée, emprisonnée puis disparut mystérieusement de sa cellule. Seules quelques formules écrites avec un liquide visqueux rouge ont été retrouvées sur les murs.

Walter, intrigué, s’est mis à faire des recherches sur son procès dans les archives . Il semblerait même que le spectre de la vieille femme ait été aperçu dans les quartiers de la ville, un rat effrayant sur son épaule….On dit que son esprit n’a jamais quitté cette chambre.

Les nuits de Walter sont sujettes à des crises. En effet celui-ci est hanté par le visage de Kéziah Mason, quelque chose l’attire dans les abîmes de la nuit. La théorie de cette sorcière a une emprise sur lui. Il ne fait plus la différence entre rêve et réalité. Il va même dévier ses savoirs mathématiques pour vérifier les thèses de Kéziah Mason.

Walter ne dort plus, il est perturbé et ne sait plus très bien à quel monde il appartient. Il pense devenir fou et tout ceci le coupe de l’extérieur, il n’a pas d’amis. Il y a bien Mérédith qui essaie tant bien que mal de lui faire garder les pieds sur terre…sans résultat. Il est persuadé que lui aussi trouvera le passage vers l’autre monde : « Walter… je m’inquiète pour toi… Tu devrais voir » « Je n’ai pas le temps Mérédith ! Je suis sur le point de découvrir la frontière entre l’univers connu et la 4ème dimension. Laisse moi travailler ! »

Il faut souligner que Walter fait de grandes études qui l’épuisent. On peut se demander aussi si ses délires ne sont pas le fait d’une fatigue intense ? Est-il vraiment guidé par l’esprit de cette vieille sorcière ? Walter est tout maigre, tout pâle, sa chambre est envahie par des papiers gribouillés de formules ! Un savant fou ?

Dès le début de la bande dessinée, on est pris dans les vertiges de Walter avec cette noirceur dans l’illustration quand il est dans sa chambre. Les magnifiques planches qui traduisent la confusion de l’étudiant, son passage dans un autre monde au moment des rêves, m’ont rendue admirative du travail de l’illustrateur. Ces traits de crayon appuyés, sur un fond blanc donnent totalement cette sensation de malaise, de trouble. Les effets donnés au regard de Walter sont prodigieux. Personnellement, j’ai été absorbée par ses yeux hagards. Ils ont une telle intensité ! Les couleurs sont diverses pour contraster avec les différents états d’âme d’un héros très seul. Il n’y a donc pas beaucoup de dialogues et les vignettes violettes de récit renforcent cette sensation d’isolement. On a l’impression que le lecteur est son unique interlocuteur. Les rares moments où Walter parle avec une personne de l’extérieur, ces vignettes sont encore présentes et accentuent le fait que le héros n’a que la vieille femme en tête et ses théories. J’ai tellement été prise par l’histoire que j’avais l’impression que le narrateur et moi ne faisions qu’un. En fait la sorcière absorbe Walter qui absorbe le lecteur à son tour. Ceci peut paraître farfelu mais c’est mon ressenti.

Petit à petit, Walter est persuadé d’avoir découvert le passage dans l’autre monde et là toute l’action s’accélère jusqu’au dénouement que l’on peut qualifier de mystérieux. Nous avons là un héros qui sombre dans la folie et qui emmène le lecteur à se poser des questions sur ce qu’il vit ou ce qu’il imagine.On ne sait plus… Il ne fait rien pour que son délire cesse, au contraire il se laisse happer.

Pour ceux qui, comme moi, ne connaissent pas Lovecraft, cette bande dessinée est très accessible.

Mais, en refermant ce livre, on veut en savoir plus sur cet univers étrange et sur toutes les questions qu’il a fait surgir en nous. Alors, je suis allée demander quelques éclaircissements auprès de Louis, alias L. chroniqueur du blog, grand adepte de Lovecraft et de son univers.

Comment définir l’univers de Lovecraft ?

L’univers de Lovecraft c’est avant tout notre monde au XXe siècle, selon un certain point de vue… Là où certaines sciences balbutient pour expliquer l’origine de l’humanité & de certains phénomènes, dans l’ombre et les énigmes se cachent la vérité : nous ne sommes pas seuls. Nos pires cauchemars, nos craintes inconscientes, nos rites païens, tout cela provient d’êtres dont l’origine est bien au delà du système solaire ; voyageurs inter-dimensionnels, manipulateurs de rêves, maître des abysses, voici les Grands Anciens. Évidemment, cette vérité n’est pas à la portée de la compréhension humaine, et malheureux sont ceux qui sombrent dans la folie après avoir accidentellement écarté le rideau de l’ignorance… L’œuvre de Lovecraft se compose de poèmes et d’arcs narratifs dont les deux principaux sont le Mythe du Cthulhu et le Cycle du rêve. Ces arcs nous permettent d’arpenter l’univers lovecraftien de la Terre contemporaine aux astres ancestraux.

En quoi l’adaptation est-elle fidèle à cet univers ?

La narration propre au roman graphique reproduit le style narratif des nouvelles de Lovecraft, nous plongeant dans son ambiance sombre et oppressive, les illustrations sont fidèles à la charte descriptive de Lovecraft.

Quel est ton avis sur cette adaptation, en tant que féru de Lovecraft?

Je trouve cette adaptation très intéressante, le contraste visuel entre réalité physique et passages oniriques retranscrit très bien la réalité de l’histoire. Toujours au niveau graphique, les changements opérés sur le personnage principal selon les situations retranscrit l’altération mentale qu’il subit durant le récit, il en va de même pour l’environnement qui traduit sa vision du monde.

Peux-tu développer l’histoire des angles?

Les angles de la chambre sont particuliers, ils sont une porte d’entrée dans l’univers non-euclidien, entre occultisme et sciences dépassant notre compréhension. Ce n’est pas tant les architectures étranges rappelant R’lyeh que les dimensions peuplées, inconcevables pour l’esprit humain.

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Angles Of R’lyeh par Marc Simonetti

Comment définir la folie dans l’univers Lovecraft ?

La santé mentale de Lovecraft n’a rien à voir avec la folie au sens clinique du terme, c’est plutôt la manière de concevoir le monde qui nous entoure. Quelqu’un qui devient, accidentellement ou non, initié au mythe des Anciens voit sa santé mentale décliner car voit l’occulte et les ténèbres là où le reste de la société voit des hasards et probabilités, et c’est exactement ce qu’il arrive à nos protagonistes.

 

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Univers virtuel malsain

Réseau(x), de Vincent Villeminot

telechargementTout le monde est présent sur le réseau social DKB, DreamKatcherBook où chacun peut poster des photos, des vidéos.. tout cela caché derrière un pseudo. Sur la page nocturne, MDp, MyDarkPlaces, les gens peuvent même y raconter leurs rêves ou leurs cauchemars. C’est ce que fait Sixtine, alias SixieDreamy, qui  malheureusement passe toutes ces nuits à cauchemarder. Un jour, un de ses mauvais rêves, un rêve où elle assassine quelqu’un, est posté sous forme de vidéo … Cela attire l’attention de la police qui craint un snuff movie. Mais très vite, une autre affaire va venir occuper la police. César Diaz, alias Nada#1, est en train de programmer une nouvelle action de PIFR, Play It For Real : les organisateurs choisissent un lieu et invitent le public à venir rejouer pour de vrai des séquences de jeux vidéos.

Ce livre est très difficile à résumer. Il y beaucoup de noms, de pseudos et on se retrouve vite perdu. Il y est question de la jeunesse et de la cybercriminalité et la quatrième de couverture me donnait très envie de le lire. Aucune date précise n’est indiquée mais l’on peut supposer que tout cela se passe quelques années dans notre futur et les dangers des réseaux sociaux sont poussés à l’extrême. Malheureusement, je dois l’avouer, je n’ai pas pu finir ce roman qui m’a mise très mal à l’aise. L’univers dans lequel on plonge est en effet très violent et très malsain : armes, assassinats, masques de licorne, cauchemars… Bref, j’ai préféré arrêter. A réserver donc à des élèves de 3ème ou de lycée qui ne craignent pas les ambiances un peu glauques.