Plastique apocalypse, de Arthur Ténor

SOS, Terre en détresse…..

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Un scientifique a mis au point une invention dans le but d’éliminer tous les déchets plastiques de la surface de la Terre. Un moment historique que Richard Buttler, le président de Bio Tech Ingénierie, s’empresse de partager lors d’une émission télévisée, transférée pour l’événement dans une salle de recherche du laboratoire de la société. Dimitri Karadine, le chercheur, a inventé une bactérie dévoreuse de matière plastique : le Plastivorax. Ce germe est conçu pour tout engloutir, se multiplier et se désagréger en quelques minutes, une fois rassasié. Une démonstration est réalisée en direct, c’est l’euphorie ! Cependant à aucun moment quelqu’un a pensé que le Plastivorax pouvait résister à la mort programmée. Quelques jours après la diffusion de la nouvelle, un incendie a détruit le laboratoire de recherche, un airbus s’est abîmé en mer avec à son bord Richard Buttler. Dimitri est effondré. Dans la soirée, son fils Alexandre remarque un fait étrange, le clavier de son ordinateur se ramollit, puis finit par fondre. Dans le salon, la télévision est presque toujours allumée. Une image se fige alors sur un site industriel, duquel s’élève une forte fumée grise. C’est la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine qui est prête à exploser ! Triste réalité où la nature a pris le pas sur l’Homme. En effet, le Plastivorax s’est étendu, attaquant tous les circuits électriques, ce qui  entraîne des explosions et des incendies à répétition. C’est le chaos, une panique générale s’empare de la population. Tous les réseaux de communication sont coupés, la circulation terre, mer et air est inexistante. La planète entière attaquée par la bactérie est paralysée, les scènes de pillage se multiplient, les gens se piétinent, se battent. C’est la loi du plus fort qui l’emporte, les hommes deviennent des barbares. La civilisation est anéantie… Le mode de vie actuel est le seul responsable de cette catastrophe planétaire. Le Plastivorax arrêtera sa progression quand il n’aura plus rien à se mettre sous la dent, quand il n’y aura plus sur son passage de matériaux à base de pétrole, quand il n’y aura plus rien contenant du plastique. Tout ce qui fait le confort des humains, leur petit bonheur matériel de tous les jours, tout disparaît  ! C’est une véritable descente aux enfers. L’homme a orchestré sa propre perte, sa disparition. Toujours innover, toujours aller plus loin, s’enrichir, STOP DANGER ! Une société de consommation toujours avide de nouveautés, du gâchis, des déchets, la pollution… Que va-t-il advenir de cette population qui essaie de survivre, d’échapper à la bactérie ? Trente ans après ce cataclysme, Alexandre est à son tour papa. Il a survécu. Et il repense à sa vie d’avant : Internet, la télévision, une vie à 100 à l’heure, les réseaux de communication de plus en plus performants, la pollution, une surconsommation, avoir toujours plus et mieux. Et là que reste t-il ? Un grand retour en arrière s’est opéré. Plus de véhicules à moteur, plus de télévisions ni d’internet. Une nouvelle ère est née. L’air est frais, respirable, on utilise les énergies renouvelables, le soleil, on réalise ses propres plantations, on n’a plus d’écrans, on lit. On respecte la nature, l’environnement, on se passe du pétrole. On construit un nouvel avenir, on retourne aux vraies valeurs. La terre ne doit plus être une poubelle, il faut en prendre soin pour qu’elle dure. Il faut tirer des leçons des erreurs du passé, pour construire un avenir sain.

Dans Plastique apocalypse, Arthur Ténor aborde le thème de l’écologie en soulignant l’importance des comportements individuels et collectifs des hommes. L’écologie doit être notre cheval de bataille. Une prise de conscience collective est nécessaire pour préserver une planète en danger. Cette histoire est poussée à l’extrême, le début peut paraître un peu lourd mais il nous met devant une évidence : l’Homme est un danger pour lui-même, défiant constamment la nature qui reprend ses droits dans la douleur. Faut-il une catastrophe pour que chacun puisse enfin comprendre qu’agir pour le bien-être de la planète est indispensable à notre survie… Imaginez la cellule de crise qui s’installe déjà dans votre cuisine quand votre ami du quotidien, le micro-onde vous lâche au moment de chauffer votre café du matin. Et surtout, quand il faut faire appel à l’artillerie lourde qu’est la casserole !!! C’est la panique, on rage, à peine si encore on sait se servir de ladite casserole. C’est triste quand même. Réfléchissez bien à votre comportement du quotidien, si un jour il fallait renoncer à tout ça, pour le bien-être de l’Humanité, pour sa sauvegarde. Un Plastivorax peut à tout moment surgir….

Les filles de la pluie, de Jérôme Leroy

Nous sommes en l’an 175 après le Grand Bouleversement. Depuis peu, Malika rêve de soleil, de sable, de mer… Et pourtant, elle ne les a jamais vu. Dans son monde, tout cela n’existe plus. La population, que l’on appelle les « Pluvieux », vit sous la pluie et le brouillard depuis des décennies déjà, accablée par le travail, la pollution, le manque de liberté. Cet Etat autoritaire contrôle tout grâce à une Milice efficace, une nourriture contrôlée, des écrans qu’il est interdit d’éteindre. Il envoie les personnes âgées dans des Jardins-Clinique où l’on ne peut leur rendre visite, les réfractaires au régime dans des Centres Médicaux ; on ne peut pas choisir son époux ni le moment d’avoir des enfants. La jeune Malika et sa copine Chloé se posent beaucoup de questions, ont des doutes sur la parole de ce régime, et leurs visites fréquentes à la grand-mère de Malika, Assia, dans le Vieux quartier ne font que les conforter dans leurs réflexions. Alors, le jour où elles se rendent compte qu’elles sont suivies, leur sang ne fait qu’un tour… La Milice les a repérées et elles risquent bien d’être arrêtées d’un moment à l’autre….

La collection « Des histoires de futurs » des éditions Syros rend accessible aux plus jeunes des textes de science-fiction de qualité. Ici l’auteur nous fait percevoir un monde futur où tout ce qui fait la beauté du nôtre n’existe plus. On arrive très bien à s’imaginer cette pluie incessante, cette pollution qui oblige la population à vivre sous des capuches et avec un masque toujours à proximité. En à peine plus de 100 pages rythmées et efficaces, on découvre donc une dystopie crédible qui se lit facilement.

Les Koboltz, tome 2. Mission Québec, de Benoit Grelaud

Cap sur le Canada !

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Nous retrouvons avec plaisir les Koboltz, ces petits personnages plein d’énergie qui ont à cœur de sauver la planète de la pollution. Ils vivent dans des souterrains car la surface de la Terre est devenue pour eux un réel danger. Les hommes mettent à mal l’environnement et les Koboltz se donnent pour mission de lutter pour sa survie. Et pour la première fois, ce peuple va partir de France pour aller au Canada où l’extraction du pétrole est une vraie catastrophe pour la nature. Mais il n’y aura pas que ça. En effet, les Koboltz croiseront la route de trappeurs qui n’hésiteront pas à attraper les animaux mais pas pour les protéger !

Le lecteur va de nouveau être entraîné dans une aventure fantastique portée avec éclat par des personnages plein d’humour, d’idées et d’enthousiasme. Une réelle sensibilisation aux problèmes de l’environnement. On apprend d’ailleurs beaucoup de choses sur les animaux, sur les installations pétrolières. Un tome 2 très instructif et qui donne autant de plaisir que le tome précédent. Les illustrations sont superbes et donnent un réel cachet à ce volume si soigné. Au début du récit, l’auteur fait une brève présentation des Koboltz, suffisamment complète pour attaquer le tome 2 sans avoir lu le premier.

L’oeil d’Eunice, de Calouan

Une terre au stéthoscope…

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Eunice , 15 ans, est une jeune parisienne dont le père, radiologue, a décidé de s’associer à son ami d’enfance qui exerce dans le sud. Toute la famille part donc s’installer dans une luxueuse propriété au cœur du Luberon. L’intégration n’est pas facile pour cette adolescente. Elle, la citadine qui vient de Paris et qui débarque en pleine campagne est méprisée par certains et enviée par d’autres. Mais Eunice ne désespère pas et se dit qu’il faut laisser le temps au temps. Elle a néanmoins remarqué Maxime, un garçon de sa classe qui habite à côté de chez elle. Il ne la laisse pas indifférente mais il joue les « monsieur muscles » devant les filles avec son ami Joris. Ce qui a le don d’agacer la jeune fille. Maxime, enfant du cru, est fils de cultivateur. En attendant, elle fait de longues ballades avec son chien pour tuer sa solitude. Mais au cours d’une promenade, elle est intriguée par un tas de détritus à proximité du hangar de ses voisins. En s’approchant, elle découvre des emballages de pesticides. Il y en a de nombreux et certains sont même enfouis sous des pierres et de la terre. Elle déchiffre quelques inscriptions et met dans sa poche quelques morceaux de plastique. Elle fait des recherches sur internet et prend connaissance alors des risques encourus par les agriculteurs et les viticulteurs du coin qui utilisent ce genre de produits. Quand elle apprend que le père de Maxime est atteint d’une grave infection, elle se pose des questions. Ses problèmes de santé pourraient-ils avoir un lien avec la manipulation des produits chimiques ? Elle décide de faire part de sa découverte à Joris. Elle s’interroge sur le fait d’en parler à Maxime. Après tout, il est le principal concerné avec ce qui arrive à son père. Maxime est perplexe en écoutant Eunice et contre tout attente il estime qu’il est peut-être temps de penser à un autre type d’agriculture. Agriculteurs de père en fils,  le travail de la terre mène les hommes de la famille. Il sait qu’il va s’attirer les foudres de son père et de son grand-père mais peu importe, il faut changer la manière de faire avant que la terre ne les ronge. Les trois adolescents mènent une enquête acharnée et ont la conviction qu’il faut informer les adultes et surtout les convaincre qu’utiliser des pesticides pollue les sols, l’air et a un impact négatif sur la santé. Une prise de conscience qui fera peut-être changer les comportements pour la garantie d’une vie plus saine.

Au temps de nos grands-parents ou de nos arrière grands-parents, les familles avaient des jardins potagers. Ils mangeaient ce qu’ils cultivaient. Les chevaux labouraient les champs, pas de grande technologie, pas de machines sophistiquées. Et puis pour ceux qui allaient sur les marchés, peu importe les invendus, ceux-ci étaient consommés. Avec l’apparition des premiers tracteurs, la production a augmenté avec l’espoir de vendre plus. Les hommes de la terre ont peu à peu utilisé des produits pour mieux entretenir leurs cultures, pour les préserver des maladies. Ils se sont endettés pour acheter des machines agricoles performantes. Bref l’agriculture a changé. De nos jours, ne pas savoir ce qui sera vendu est source d’inquiétude.

Calouan n’est pas moralisateur et à travers l’Oeil d’Eunice il parvient à nous faire prendre conscience des dangers auxquels nous sommes exposés. Un joli récit mené par des adolescents concernés, qui veulent pousser les adultes à changer. A souligner les belles illustrations en noir et blanc qui accompagnent de belle manière le texte. Un livre pédagogique à laisser entre toutes les mains.

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Céleste, ma planète, de Timothée de Fombelle

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Dans un monde futur. Un garçon solitaire, délaissé par sa mère qui travaille beaucoup, décide de ne jamais être amoureux car cela ne lui cause que des problèmes. Mais, quand il la voit, c’est le coup de foudre : Céleste. Il sait que c’est elle qu’il aime… Mais un jour, elle ne revient plus au collège. Il décide de la retrouver, mais ne sait pas encore dans quelles aventures il s’embarque…

Ecrit à la première personne, un peu comme un journal, le garçon, dont on ne sait pas le nom, raconte cette histoire incroyable. Un livre très facile à lire, qui fait beaucoup réfléchir sur l’écologie et l’avenir de notre planète.

Chloé, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de mumu58 :

Une planète qui saigne

La planète est polluée. L’air devient étouffant, à la limite du respirable. Les gens habitent dans des tours de plus de 300 étages, en espérant avoir un meilleur oxygène. Ils évitent d’avoir un contact avec l’extérieur donc chacun prend les ascenseurs pour se déplacer d’une tour à l’autre. Dans la tour Immencity, à deux blocs de l’école vit le narrateur. Un jeune garçon de 14 ans dont la mère trop occupée par sa vie professionnelle reste distante. Il vit seul. Le jour de ses 14 ans, Elle lui est apparue un matin, dans l’ascenseur. Une jeune fille qui vit au sommet de la tour 330. Elle sent bon la terre chaude. Elle intègre le collège du narrateur mais, au moment du déjeuner, elle disparaît. Elle, qui fait tourner la tête à notre jeune collégien, s’appelle Céleste. C’est un véritable coup de foudre, lui qui s’était juré de ne plus tomber amoureux. Elle le hante, son absence lui est insupportable, sa présence est pour lui plus que vitale. Pourquoi un tel ressenti ? Celui-ci décide alors de partir à sa recherche mais découvre qu’elle est malade.

Allongée sur le sol, grelottante, le visage rongé de petites taches, les bras et les jambes enveloppées dans des bandelettes, Céleste me regardait.

Ce qui est troublant, c’est qu’elle porte sur son corps les stigmates du mauvais traitement infligé à la planète bleue. A chaque fois que l’environnement est malmené, son corps est meurtri et se couvre de taches. Elle souffre de la maladie de notre Terre. Ca veut dire que si on soigne la Terre , Céleste guérira ?

Céleste, ma planète est une belle histoire d’amour qui est un réel combat écologique. Un roman futuriste qui fait prendre conscience des conséquences catastrophique de la mise à mal de la planète. Céleste est le miroir de la Terre. On ressent sa fragilité, son impuissance. Le narrateur mène un dur combat mais ne veut pas s’avouer vaincu. Il prend le problème à bras le corps et se jette dans la bataille. 

si un humain souffrait autant que la planète, on ferait tout pour le sauver !

L’auteur nous transporte dans une intrigue troublante et pleine de mystère. Les jeunes lecteurs ne pourront pas rester indifférents à ce conte plein poésie.

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Rencontre du 3ème type

Les sentinelles du futur, de Carina Rozenfeld

Nous sommes en 2359. La Terre est exsangue… Tout a été tellement pollué par l’homme que plus rien ne pousse… La fin du monde n’est pas loin… Pourtant, à l’Académie fréquentée par Elon, des Sentinelles voyagent dans le futur et annoncent que l’Espoir vient de là. En effet, ils ont découvert un tunnel leur permettant d’aller dans le monde 300 ans exactement plus tard, et la Terre y est à nouveau couverte de végétation, belle. Les guerres n’ont plus lieu et les armes ont été détruites. Comment la tendance a-t-elle pu s’inverser ? Où se trouve la solution ?

Mais un jour, les Sentinelles du futur reviennent avec l’annonce d’une catastrophe. La planète a été attaquée par des extraterrestres et les habitants, déboussolés, n’ont aucun moyen de défense. Les membres de l’Académie décident de leur proposer leur aide, leurs avions et leurs armes.
Un roman de science-fiction qui fait voyager dans le temps. La construction du récit n’est pas simple, puisque l’on passe de l’année 2359 à l’année 2659 mais les personnages se croisent. L’attaque des extra-terrestres va nous révéler bien des surprises car le message que veut faire passer l’auteur est en fait avant tout celui de l’entraide, de la solidarité, de l’amitié. L’histoire d’amour à travers les siècles donne aussi un peu de piment au récit. Mais personnellement, même si le livre se lit vite et bien, qu’on ne s’ennuie pas vraiment, je n’ai pas totalement accroché. Le message positif est un peu trop facile, les allers-retours entre le passé et le futur laissent un sentiment de flou, les technologies, qui sont les mêmes à 3 siècles d’intervalle m’ont laissé perplexe et les personnages manquent un peu de profondeur. Le message écologique m’a également gêné : la Terre sera sauvée grâce au clonage des espèces végétales et à des expérimentations scientifiques…

Ce roman a été retenu pour le rallye-lecture intercollège, niveau 5ème… Aux élèves de nous dire ce qu’ils en pensent !

Loumyx – intégrale, de Francesca Santi et Luca Saponti

L’homme et la machine

Afficher l'image d'origineLes hommes ont tellement abusé des ressources de leur planète Terre que celle-ci est devenue impropre à la vie. Seule une poignée d’entre eux ont survécu et ont pu trouver refuge sur la planète Liff. Là, ils ont reconstruit un semblant de civilisation, aidés sans contrepartie par des Golems, des robots habitants la planète avant leur arrivée. Ces Golems sont les seuls capables d’extraire le minéral, le Loumyx, permettant l’utilisation d’une énergie propre. Pourtant, deux adolescents, Rand et sa copine Aura vont être les témoins d’un trafic, d’un complot autour des Golems. Lorsqu’Aura est enlevée, Rand va tout faire pour la délivrer. Accompagné de son père et de ses amis, il va s’aventurer dans le dangereux bois des soupirs, protégé par Niall, l’esprit de la forêt. Ce qu’ils vont découvrir dépassera leur imagination. Les parents d’Aura, les deux scientifiques décédés, accusés d’avoir porté le coup fatal à la Terre en agonie par leur projet Collapsus sont-ils réellement fautifs ? Quel rôle joue le gouverneur Sayel dans toute cette histoire ? La triste expérience de la planète Terre va-t-elle servir d’exemple aux hommes ou vont-ils reproduire les mêmes erreurs que par le passé ? L’avidité d’une poignée d’entre eux va-t-elle mettre en danger la population toute entière ?
Des thématiques peut-être pas très nouvelles en science-fiction : des hommes avides, des militants écolo, la pollution, l’énergie propre, la reconstruction d’une nouvelle planète, les complots, les enfants comme dernier recours pour sauver l’humanité, etc. Mais ça fonctionne bien. Les dessins sont beaux, les personnages -surtout non humains -intéressants : les Golems, géants de fer pacifistes, Mamie, robot programmée pour aimer, l’esprit de la forêt et toutes les créatures qui l’entourent…
Un grand merci aux éditions Clair de lune pour nous avoir offert l’intégrale de cette série.
Mon grand regret, néanmoins  : les explications parfois un peu approximatives qui compliquent la compréhension de l’histoire et les coquilles (fautes de frappe) qui se sont glissées dans le texte. Peut-être cela pourra-t-il être corrigé lors d’une prochaine impression ?