Temps de cerveau disponible, de Dominique Corazza

Un recueil de nouvelles qui donne à réfléchir, -si tant est qu’il reste du temps de cerveau
disponible-, sur la société de consommation et ses dérives.

#1 Temps de cerveau disponible
Un collège financé par des sponsors et dirigé par une grande firme, où les élèves peuvent
gagner des points de consommation pour leur famille, en passant des évaluations – des quiz –
sur les spots publicitaires qui tournent en boucle dans les haut-parleurs et sur les écrans en
classe. Quand un élève sort du lot pour ses mauvais résultats, le directeur s’interroge.
Comment une telle abstraction est-elle encore possible, malgré le matraquage sonore et
visuel ?

#2 Légitime défense
Un supermarché dans une zone urbaine. La société est scindée en deux groupes : les
consommateurs qui ont encore les moyens d’acheter vs les « zombies » qui n’ont plus accès au
monde de la consommation et tentent de survivre en marge du système. Les supermarchés ont
développé leur propre milice contre les attaques régulières des zombies. Les vigiles sont armés
et les caddies sont équipés de boucliers et de matraques, que les clients utilisent pour se
défendre en cas d’assaut. De chaque côté, des pacifistes et des extrémistes…

#3 Les gloutons
Des créatures à la forme vaguement humanoïde, inventées dans un mystérieux laboratoire,
peuplent les zones commerciales. Ils sont appelés les gloutons, car ils dévorent tous les
déchets dont la société de consommation ne sait que faire. Faut-il s’inquiéter quand ils entrent
peu à peu dans les foyers, facilement adoptés par les enfants qui les adorent, et les parents qui
voient en eux de gentils baby-sitters ?

#4 Les recycleurs
On a trouvé la solution pour lutter à la fois contre le traitement des déchets, l’obésité et la crise
du logement : les recycleurs.
À partir d’un certain seuil d’IMC*, les personnes en surpoids sont écartées de la société et
deviennent ce qu’on peut appeler « une poubelle organique » : dans des centres de recyclage,
ils ingèrent les déchets et les aliments périmés qui une fois évacués, sont réutilisés en
nourriture pour animaux. Que reste-t-il d’humanité quand on travaille dans une telle usine… ?

Mon avis :
Des nouvelles qui bousculent. Et qui donnent une vision avant-gardiste de notre société de
consommation, de ce vers quoi elle pourrait évoluer en grossissant le trait de ses travers. Une
dérive annoncée, en quelque sorte. Dominique Corazza dénonce notre comportement et
pousse le lecteur à la réflexion en décrivant des mises en situations futuristes certes, mais
basées sur la société actuelle, bien réelle, que l’on connaît.
Une écriture empreinte de lucidité, implacable, qui provoquera forcément une émotion chez le
lecteur. La stupeur parfois, la consternation souvent et le dégoût enfin. Attention aux âmes
sensibles !

Nathalie, ex-Assistante pédagogique !

 

Les lettres de mon moulin, de Alphonse Daudet

Le moulin de mon coeur

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Les lettres de mon moulin est un recueil de nouvelles. Ce sont de jolies petites histoires qui portent haut la Provence et d’autres régions parcourues, qui parlent des hommes, de la nature, de la vie tout simplement. Alphonse Daudet a quitté la capitale pour s’installer en Provence. Il a acheté un moulin en ruine, dans la vallée du Rhône. C’est un moulin qui trouve grâce à ses yeux et qui deviendra son lieu de vie, son lieu d’inspiration à ses travaux de poésie. Au fil des pages, les anecdotes se succèdent, des récits prennent vie en mêlant tendresse, mélancolie ou malice. De La chèvre de monsieur Seguin au Curé de Cucugnan en passant par La mule du Pape, Alphonse Daudet nous emmène faire de belles promenades ensoleillées qui sentent bon la garrigue, à la rencontre de gens ordinaires. Un vrai régal de rêve et de magie qui entoure les gestes simples de la vie. Un voyage dans le temps plein de sensibilité qui mérite le détour. Un beau retour sur des souvenirs d’enfance pour tous ceux qui comme moi ont étudié ce recueil au collège.

Alphonse Daudet se pose ici en beau conteur, près duquel on prendrait plaisir à s’asseoir, comme dans les soirées d’antan.

Un classique de la littérature française qu’on aura plaisir à découvrir ou à redécouvrir.

Les bottes de sept lieues et autres nouvelles, de Marcel Aymé

Le monde de l’enfance…

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Les bottes de sept lieues

Des bottes magiques qui prennent la forme des pieds de celui qui les chausse et qui lui permettent de parcourir une distance incroyable en un minimum de temps. Quelle aubaine ! C’est l’histoire d’une bande de copains qui se sont donnés rendez-vous devant une boutique de bric-à-brac. Celle-ci regorge d’objets en tout genre, tous accompagnés d’une référence historique. Et c’est là que les garçons sont attirés par une très très belle paire de bottes tout en cuir, lesquelles, dit-on, permettent,à celui qui les met, de franchir sept lieux d’un coup ! Chacun se met à rêver à ce qu’il ferait s’il possédait ses bottes. Un en particulier, Antoine, enfant pauvre qui rêve d’une autre  vie pour lui et sa mère, Germaine. Des bottes que les enfants veulent à tout prix. Leur vœu sera t-il exaucé ?

A et B

A et B est une histoire de  rivalité entre deux classes : la A où les élèves apprennent le latin et la B qui initie aux mathématiques. Il est fréquent que les sections soient mises en concurrence. Notamment entre les scientifiques et les littéraires. Pour quelles raisons ? Pourquoi un élève qui étudie la littérature serait plus nul qu’un élève qui s’oriente en mathématiques ? Doit-on juger les capacités en fonction des orientations ?

Le proverbe

Lucien, 13 ans, n’a pas fait le devoir de français donné par son professeur, huit jours auparavant. Son père entre dans une grande colère. Il somme son fils de se mettre au travail même s’il doit y passer la nuit. Le sujet à traiter est un proverbe : « rien ne sert de courir, il faut partir à point ». Lucien qui n’est pas bon élève n’arrive à rien mais il sait qu’il peut attendrir son père pour avoir de l’aide. Il se met donc à pleurer silencieusement. Emu, le père s’avance en faisant comprendre à Lucien qu’il est sévère pour le stimuler. C’est une preuve d’amour. Il se penche alors sur l’énoncé qui lui paraît peu clair et peu accessible. Il se doit d’épauler son fils, donc  il faut surtout qu’il se montre efficace ! Après beaucoup de questionnements, il réussit à noircir six pages et tend fièrement son chef d’oeuvre à Lucien. Qu’en sera-t-il après la correction du professeur ? Lucien a-t-il eu raison de faire confiance à son père ?

Des petits nouvelles bien sympathiques avec pour chacune d’elles une morale. Ces petites histoires faciles à lire et amusantes  ont toutes pour héros des enfants. Ce livre contient un supplément, une sorte de rallye-lecture pour tester ce que le lecteur a retenu.

La Rose noire, 5 récits du Moyen Age – recueil de nouvelles

Transportez-vous au coeur du Moyen-Age, de ses mystères, de ses croyances !

Résultat de recherche d'images pour "la rose noire rageot"Ce recueil de nouvelles comprend : La rose noire, de Alain Surget ; Les treize coups de minuit, d’Evelyne Brisou-Pellen ;  L’épée de la Pucelle, de Christian Grenier ; Le puits maudit,  de Aubert e tCavali ;  La clé de feu,  de Jean Molla, pour la plupart des valeurs sûres de la littérature jeunesse, donc.

Ces cinq récits, de cinq auteurs différents ont la puissance des croyances du calendrier catholique médiéval ô combien présent dans ces années où l’Eglise toute puissante dictait sa loi et détenait le savoir, son savoir distillé au rythme des fêtes du moment. A lire absolument pour les climats dérangeants, une ambiance lourde où les épidémies et la mort faisait partie de l’ordinaire et du quotidien de chacun.

A la fin de l’ouvrage, une biographie des auteurs nous en apprend plus sur chacun en évoquant leurs parcours respectifs.

 

Jours de neige, de Claire Mazard

Tranches de vie

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Jours de neige est un recueil de six petites histoires sur des faits de société ou plus exactement sur le comportement de l’homme. Comme, par exemple, la télévision et son impact, un écran qui est, pour certains, le seul lien humain… Il y a Lucienne qui est toute excitée d’assister à une émission télévisée, elle va enfin approcher sa star favorite. Mais la réalité est tout autre. En fait, les spectateurs sont la tirelire de l’audiovisuel qui fait vivre ce monde de paillettes. Ce monde cruel où le sentiment n’a pas sa place. L’envers du décor est terrible. Lucienne, comme tant d’autres, nourrissent l’espoir de voir des célébrités du petit écran qui en ont que faire des petites gens. On suit aussi Flora dont la vie a basculé et qui se retrouve dans la rue. Personne ne fait attention à elle, la « souillonne » , dont les seuls compagnons de route sont la solitude, le désespoir. L’ histoire d’une oubliée. Et puis il y a Jim qui ne sait plus quoi faire pour épater sa fille, une enfant « roi » pourrie gâtée ! Le stress du monde du travail est mis en avant également. Autant de sujets qui font réfléchir sur l’image de la société et son manque de communication.

Le lecteur pénètre dans la vie de monsieur et madame tout le monde. Chacune de ces histoires met l’accent sur le relationnel, le rapport à l’autre. On voit la vie telle quelle est, avec ses injustices, ses inégalités. Certains personnages jouent dans la démesure, d’autres espèrent juste un regard, une parole, sortir de leur solitude. Pas facile d’exister…

Ces nouvelles sont courtes et percutantes avec des chutes parfois tragiques et d’autres pleines d’espoir. Elles se passent toutes au moment des fêtes de Noël, tout un symbole…

L’auteur nous contraint à poser un regard sur les comportements que nous pourrions adopter dans ce genre de situation et d’en faire, pourquoi pas, la critique. Un beau moment de lecture tellement touchant et si réaliste….

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La dernière pluie, de Jean-Pierre Andrevon

L’arche de Seb’

XXIème siècle, l’effet de serre est devenu trop important; après un automne sec, la pluie commence à tomber partout dans le monde, mais ne s’arrête pas… C’est là que nous retrouvons Sébastien, jeune adolescent coincé en France, alors que tout le pays commence à sombrer sous les eaux, nous suivrons sur plusieurs semaines la vie du garçon et de sa famille jusqu’à la finalisation de leur projet: surmonter le déluge.la-derniere-pluie-558672-264-432

Premier roman de l’anthologie écologique SF, Demain la Terre, et on peut dire que ça commence fort: effet de serre au maximum, mythe biblique, univers contemporain & engagements éthiques sont au rendez-vous. En effet, le texte est introduit par une «préface» de citations expliquant le réchauffement climatique et ce qu’est un modèle climatique. En plus d’un effet de serre gargantuesque, l’auteur se permet d’utiliser une référence biblique pour mener son histoire tout en y incorporant des questions éthiques d’actualité; par exemple, les protagonistes principaux sont végétariens. J.P. Andrevon montre à travers les personnages secondaires une partie plus sombre de l’être humain, une partie égoïste, jalouse aussi. Le choix d’une narration à la première personne sert à augmenter l’intensité de l’histoire, bien que certaines expressions auront peut-être mal vieillies. On est clairement devant une œuvre engagée, qui saura ébranler le sentiment d’immunité des lecteurs face aux catastrophes. Une lecture recommandée dès la 6ème.

TL;DR:

  • Points forts:
    • on plonge facilement dans ce roman grâce à un univers identique au nôtre et une situation cohérente.
    • un engagement efficace, qui fait réfléchir.
  • Point faible:
    • un vocabulaire qui aura peut-être vieilli.

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Le train perdu et autres histoires mystérieuses, choisies par Christian Poslaniec

Errance fantastique

Afficher l'image d'origineCe recueil de nouvelles comprend : Un gentil petit bled, de Sophie Cathala ; Le cache-nez de caoutchouc, de  Michel Carrouges ; Le Vinci disparu, de J.G. Ballard ; Une aile de papillon mort, de Thmoas Owen ; Le train perdu, de claude Farrère ; L’arbre du Portugais, de Bernard Cassac.

Les amateurs de fantastique adoreront ce cheminement où le temps et l’espace se trouvent rétrécis ou sans fin. L’absurde surgissant dans la vie quotidienne vous garde prisonnier prisonnier de situations des plus banales mais auxquelles vous ne pouvez échapper. A réserver à des élèves de 4ème/3ème, les récits sont divers de par leur situation et leurs auteurs. A découvrir en tout cas… une errance bien agréable.