Les pilleurs de sarcophages, d’Odile Weulersse

L’Egypte des pharaons…

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En 1550 avant J.C, Tétiki, un jeune garçon égyptien, habite sur l’île d’Eléphantine. Son père Ramose est le nomarque d’Eléphantine. Un jour, les Hyksos, qu,i à cette époque contrôlent environ la moitié de l’Egypte, viennent voir le père de Tétiki pour lever une armée contre le Pharaon en échange d’or. Ils veulent piller la tombe de Taa (un ancien pharaon).

Tétiki, accompagné de Penou ( un nain), son compagnon depuis longtemps, et de Didiphor (le singe) tente le tout pour le tout pour mettre le trésor de Taa à l’abri des Hyksos.

Kanefer (scribe), un homme qui les avait accompagnés, les a trahis : il a tué un homme faisant partie de la mission, a volé une partie des trésors et accusé Tétiki devant le grand vizir d’avoir pillé le sarcophage.

A partir de ce moment, Tétiki est recherché, retrouvé et mis en prison alors qu’il est pourtant innocent. Tétiki va-t-il résister au chantage, aux menaces ? Va-t-il dévoiler l’endroit où il a caché le sarcophage de Taa? Va-t-il retrouver son père ? Est-il un pilleur de tombe ?

Ce livre est une belle aventure historique, qui nous plonge dans l’Egypte ancienne des Pharaons. L’auteure nous fait part de nombreux points culturels : les temples et leurs trésors, l’embaumement des morts, le « ka » ( à découvrir dans le livre), la danse du Soleil …  Elle nous montre aussi la différence entre l’île d’Eléphantine et Thèbes, différence dûe a des croyances liées aux différents dieux. Odile Weulersse maîtrise le sujet et nous embarque au pays des pharaons.

Pour ceux intéressés et à qui ce roman aura plu, il y a encore deux tomes qui suivent les périples de Tétiki et ses amis.

A découvrir dès le CM2 !

 

 

 

 

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La bibliothécaire, de Gudule.

Apprendre à aimer lire et écrire

Guillaume, un jeune garçon qui est souvent endormi en classe, se retrouve interrogé par son maître pour raconter le sujet de ses rêveries.

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Il raconte que tous les soirs, il regarde une vieille dame écrire et écrire encore et encore et que quand elle éteint la lumière, il voit, sortir de l’immeuble, une belle jeune fille. Le professeur, épaté par son histoire, lui dit, avec humour, qu’il devrait faire autant d’efforts à l’écrit qu’à l’oral.

Après la classe, Doudou, son meilleur ami, lui fait de nombreuses éloges sur son histoire, et Guillaume lui répond que ce ne sont pas des histoires mais ce qu’il vit tous les soirs.

Alors intrigué, une nuit, il décide de suivre la jeune fille dans la rue et de voir ce qu’elle fait. Elle se rend dans la bibliothèque pour trouver « LE GRIMOIRE ». La jeune fille n’est autre que… la vieille dame, Ida, qui veut écrire ses mémoires.

Guillaume et Doudou vont aider Ida à retrouver le grimoire en partant dans un long voyage dans les livres de la bibliothèque, en croisant Alice aux pays des Merveilles, Poil de Carotte, le Petit Prince etc… Vont-ils le retrouver?

Ce livre est vraiment passionnant et nous entraîne dans une aventure un peu spéciale, puisque nous entrons dans l’univers des livres et des auteurs. Les enfants discutent avec des personnages inventés et leur demande conseil. Il est plein d’humour et de fraîcheur.

Il pourra plaire aux élèves qui sont réticents à la lecture, comme Guillaume, et qui ne trouve pas d’intérêt à cela. Car il ne faut pas l’oublier, la lecture est un vrai voyage…

 

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Fifi Brindacier, de Astrid Lindgren

Fifi la rebelle

Elle a deux nattes, elle est rousse, elle a des taches de rousseur, des chaussures trop grandes, des vêtements originaux, elle est joyeuse, spontanée… trop spontanée ! Je vous présente Fifi Brindacier. Elle a 9 ans et habite seule dans une villa, délabrée appelée Drôlederepos. Pas de père ni de mère, elle vit avec un cheval et un singe, monsieur Nilsson. Son père, ancien marin, a péri en mer mais elle préfère penser qu’il a échoué sur une île et qu’il est devenu un pirate cannibale et sa maman, quant à elle, est devenue un ange du ciel. Elle va faire la connaissance de Annika et de son frère Tommy, ses jeunes voisins. Fifi va entraîner ses nouveaux amis dans 11 aventures trépidantes.

Fifi est super drôle, une imagination débordante, ne connaît pas les bonnes manières et n’a peur de rien. Super dégourdie, elle sait cuisiner, grimper aux arbres, faire du feu ! Elle a le sens de la justice et donne le tournis tant elle ne tient pas en place. A 9 ans et grâce à son père elle a fait le tour du monde et aime raconter à ses amis les anecdotes de ses voyages. Elle est très indépendante et donc ne se formalise avec aucune règle puisque personne est derrière elle. Elle ne va pas à l’école, contrairement à Annika et Tommy qui ont reçu une éducation et qui ne peuvent pas toujours faire ce qu’ils veulent. Les enfants sont surpris et émerveillés par sa façon de vivre et quelque part l’envient car elle est plus libre qu’eux. Fifi incarne l’enfance joyeuse, insouciante, innocente.

On s’attend toujours au pire avec Fifi qui fait beaucoup de bêtises et c’est ce qui la rend drôle. Jamais punie, très aventurière et délurée, elle plaira à nos jeunes lecteurs.

Mon enfance a été bercée par le personnage de Fifi Brindacier et je n’ai jamais lu le livre !Je n’en connaissais que la série télévisée que j’avais adorée. Aujourd’hui, grâce à cette lectur,e j’ai retrouvé la magie qui opérait en moi.

Vipère au poing, de Hervé Bazin

Le visage de la haine

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Jean et Ferdinand Rezeau sont élevés par leur grand-mère paternelle, dans le domaine familial. Leur père, enseignant dans une université à Shanghai, vit avec sa femme et mère des enfants, en Chine. Le décès de l’aïeule contraint le couple à revenir vivre en France. Les garçons sont impatients de retrouver leurs parents surtout depuis qu’ils savent qu’ils ont un petit frère, Marcel qu’ils ne connaissent pas encore. Mais les retrouvailles ne vont pas être à la hauteur de leurs espérances. L’accueil de leur mère et de leur petit frère est glacial, seul le père manifestera un geste tendre. A ce moment, leur vie va prendre un nouveau visage, le visage de la haine et de la tyrannie. Jean qui est le narrateur sera le plus détesté des trois. La mère sera surnommée Folcoche, la contraction de folle et cochonne. Elle va faire vivre un véritable enfer à ses progénitures devant un père démissionnaire et dominé par son épouse. Elle veut tout gérer, tout imposer d’une main de fer. Un rapport de force va naître entre Jean et Folcoche, une guerre impitoyable va commencer.

Comment imaginer qu’une mère puisse se comporter comme un monstre. Sous prétexte de représenter l’autorité, jusqu’où peut-elle aller ? On reste pantois devant l’enfant qui subit mais qui reste debout. La haine entre une mère et son fils est si forte qu’elle nous transperce. La cruauté de cette génitrice dépasse l’entendement. Les enfants vont lutter, espérant en secret que leur marâtre meure et pouvoir en être enfin débarrassés. C’est une enfance privée de tendresse, marquée par les coups et les brimades. Au fil du temps, Jean va s ‘endurcir, il ne faut pas fléchir et tenir tête même dans la souffrance. Vipère au poing est avant tout un cri poussé contre l’éducation du moment. La souffrance, le désamour, les atrocités des actes sont ressentis d’une manière très forte par le lecteur. Un livre poignant qui fait partie des classiques, un incontournable. Pour moi c’est un coup de cœur qui date de mes années collège. J’ai vraiment été transportée par ce récit qu’on dit autobiographique. Cette histoire est violente mais reste d’actualité. La maltraitance, la cruauté de parents à l’égard de leurs enfants alimentent beaucoup trop de faits divers.

Il y a une suite, la mort du petit cheval où nous retrouvons Jean, adulte.

La mort du petit cheval, de Hervé Bazin

Madame mère a perdu…

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Jean a grandi, il a dix huit ans, mais reste marqué par tant d’années de tyrannie. Il va vivre loin des siens, chez un parent éloigné, où il découvrira ce qu’est l’affection. Mais Folcoche n’est jamais loin pour pourrir sa vie. Elle ne veut pas qu’il soit heureux. Jean va donc couper les liens avec sa famille et se lancer dans l’existence. Malgré des périodes difficiles, il est libre. Il va faire seul son apprentissage, découvrir l’amour, essayer de se construire une vie. Difficile quand les traces de violence sont encore là, quand l’esprit et le corps souffrent encore. Mais Jean se bat et résiste devant une Folcoche qui continue à montrer les crocs. Jean est adulte maintenant donc plus armé pour répondre aux bas coups de sa mère. Il va néanmoins se rendre compte qu’il est comme « elle », agressif et haineux parfois. Ceci va le bouleverser et lui faire peur donc il va réagir pour ne pas se forger un avenir véreux. Les portraits dressés par Hervé Bazin restent encore très acerbes mais on sent que Folcoche perd de sa puissance. La mort du petit cheval nous montre également qu’à l’âge adulte, l’être humain ne va pas forcément reproduire ce qu’il a vécu. Jean va savoir aimer, donner de l’affection.

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Le monde de Charlie, de Stephen Chbosky

Dans la tradition du roman de jeunesse américain.

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Charlie, jeune garçon nord-américain, est un lycéen comme un autre ; c’est-à-dire qu’il n’est comme aucun autre de ses camarades. Cependant, ces derniers trouvent qu’il en fait toujours « trop » – trop bizarre, trop sensible, trop violent, trop gentil – ou alors pas assez … Ses faux-pas et ses sentiments, c’est lui-même qui nous les présente, à travers les lettres qu’il envoie.

Charlie se retrouve donc, à son entrée en Seconde, en marge des autres. Heureusement, il n’y est pas seul et se lie d’amitié avec une bande de Terminales déjantés : il y a Patrick, dit « Rien du tout », la jolie Sam, qui semble inaccessible, Mary Elizabeth, punk et féministe dans l’âme, Brad, le capitaine de l’équipe de football qui préfère les garçons, et Bob, toujours un peu ailleurs à cause des drogues qu’il prend.

Grâce à eux et à son professeur d’anglais qui lui présente ses doubles littéraires (Sal Paradise, Holden Caulfield, Scout Finch, Peter Pan et même Hamlet), Charlie va passer une année magique, pleine de découvertes, de douceur et de réflexion. Pourtant, même avec eux, il reste en retrait ; spectateur de sa propre vie, il ne parvient pas à être le garçon intelligent et impliqué qu’il laisse entrevoir dans ses lettres. Quel est alors le réel problème de Charlie, celui qu’il cache derrière ses observations, parfois naïves mais toujours si pertinentes, sur le monde qui l’entoure et sur le futur qui l’attend ?

 

« Ya cette histoire que nous raconte [mon père], des fois. Une histoire géniale. C’est en rapport avec le championnat régional de baseball, quand il était au lycée. […] Des fois, quand je vais voir un match de foot avec Patrick et Sam, je repense à tout ça. Je regarde le terrain et je pense au garçon qui vient juste de marquer un essai. Je me dis que pour ce garçon, c’est « son heure de gloire » et qu’un de ces jours, ce moment sera juste une histoire de plus, puisque tous ceux qui marquent des essais ou qui font des tours de circuit deviendront des pères. Et quand leurs enfants regarderont les albums de photo du lycée, ils se diront que leur père était costaud, « beau garçon » et qu’il avait l’air beaucoup plus heureux qu’eux. J’espère juste que je n’oublierai pas de dire à mes enfants qu’ils sont aussi heureux que j’en aurais l’air sur mes vieilles photos. Et qu’ils me croiront. »

 

     A travers les lettres qu’il écrit à un inconnu, Charlie, à la fois narrateur et personnage, nous donne à voir le garçon qu’il pense être : dans un langage souvent léger, il nous raconte des choses qui le sont beaucoup moins.

     Si sa vie peut sembler un peu éloignée de celle d’un collégien amandinois, et si elle ne peut être considérée comme un modèle à suivre, les moments de tendresse, d’amitié, de doute et de questionnement devraient pouvoir parler à n’importe quel adolescent d’hier ou d’aujourd’hui. Peut-être alors pourrions-nous faire comme le héros de ce roman au sujet de ses lectures et « prendre ce que l’auteur écrit en l’envisageant par rapport à [sa] vie à [soi], un peu comme un tamis ».

     Attention ! Lecteur averti, fin de 3ème.

 

Nitocris, reine d’Egypte, de Viviane Koenig

Vengeance en Egypte ancienne

Afficher l'image d'origineDevenir reine, Nitocris n’y avait jamais songé. Or, le meurtre de son frère le Pharaon Mérenrê va tout changer. Elle n’aura de cesse de découvrir les responsables de cet odieux crime et de les punir de manière exemplaire. Entre chagrin et colère Nitocris se met en danger et ne devra se fier à personne. Elle se montrera bien plus forte que ce dont elle se croyait capable. La vengeance d’une femme qui perd tous ceux qu’elle aime est terrible.

Elle se fera couronner première femme pharaon d’Egypte. A travers une fresque historique très détaillée sur le mode de vie de l’époque (on est en 2180 avant J.C), on suit l’enquête jusqu’au dénouement qui a fait entrer dans l’histoire cette reine méconnue aujourd’hui.

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Le Faucon malté, Anthony Horowitz

Chers chocolats

logo_12483Herbert et son jeune frère Nick, âgé d’à peine 13 ans, sont restés vivre à Londres tandis que leurs parents ont mis les voiles pour l’Australie. Afin de tenter de gagner sa vie, Herbert a créé une agence de détective privé sous le nom de Tim Diamant. Malheureusement, strictement personne ne fait appel à lui et les deux frères croulent sous les dettes. Jusqu’au jour où un nain, nommé Johnny Naples, fait irruption dans leurs vies. L’homme semble aux abois et demande à Tim de conserver précieusement un paquet pour lui. Pour cela, il lui offre une rondelette somme d’argent et en promet davantage à son retour. Après s’être fait cambrioler, les garçons décident d’ouvrir le paquet que le jeune Nick avait fort heureusement gardé sur lui. Il s’agit d’une vulgaire boîte de chocolats maltés ! En quoi des chocolats peuvent-ils susciter tant de convoitises ? C’est la question à laquelle nos enquêteurs devront répondre. Mais pour Tim et Nick, les ennuis ne font que commencer…

Je me rappelais avoir adoré ce livre dans ma jeunesse. Sa relecture a été un vrai plaisir d’autant que depuis j’ai étudié et lu de nombreux classiques du roman policier dont le fameux Faucon de Malte ou Faucon Maltais de Dashiell Hammett, un chef-d’oeuvre du roman noir dont s’est inspiré Horowitz pour son titre et la tonalité de son texte. Nous avons justement affaire ici à une parodie de roman policier avec le personnage du privé, une intrigue compliquée, et une série de bandits tous plus acharnés et décidés les uns que les autres à mettre la main sur le pactole. Sauf que dans notre cas, Tim est une caricature de détective : sans aucune jugeote et ayant peur de son ombre, le seul endroit où il se sentira bien sera derrière les barreaux d’une prison ! C’est donc son jeune frère Nick, qui n’a lui pas froid aux yeux, qui va se charger de l’enquête quitte à devoir y laisser sa peau.

Vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer en lisant ce policier riche en rebondissements et bourré d’humour. Je vous encourage comme Nick à tenter de percer l’énigme des chocolats et pour les adultes à découvrir toutes les petites références aux premiers romans noirs américains. Coup de coeur !

Pour info, Horowitz a reçu de nombreux prix pour ce roman. Il est également l’auteur de L‘île du Crâne et de la série Alex Rider que vous trouverez au CDI et scénariste de multiples séries tv ou films dont le prochain Tintin adapté au cinéma qui sortira en 2016.