Les justes, d’Albert Camus

Résultat de recherche d'images pour "les justes camus folio"La pièce se déroule dans l’appartement de terroristes. Nous sommes en 1905, en Russie impériale. Un groupe appartenant au parti socialiste révolutionnaire prévoit un attentat à la bombe contre le grand duc Serge, un despote, oncle du tsar Nicolas II.

La situation historique est réelle, les personnages ont réellement existé, tout comme que le nom même du jeune poseur de bombe, Kaliayev.

Révoltés contre l’injustice de la tyrannie dans laquelle est assouvi leur peuple, ce groupe de jeunes gens essaie de faire taire ses doutes envers l’acte ultime qu’est le meurtre et le sacrifice de leur propre vie à une cause qu’ils estiment juste.

Stepan, de retour de bagne, est le plus extrémiste, sans concession

Où trouverai-je la force d’aimer ? Il me reste au moins celle d’haïr. Cela vaut mieux que de ne rien sentir

Kaliayev, le poète :

J’aime la beauté, le bonheur ! C’est pour cela que je hais le despotisme. Comment leur expliquer ? La révolution, bien sûr ! Mais la révolution pour la vie, pour donner une chance à la vie, tu comprends ?

C’est lui qui sera pressenti pour lancer la bombe et se sacrifiera à la cause. Même s’il est prêt à aller jusqu’au bout, on sent tout au long de ce texte très fort, que le doute l’assaille. Le meurtre d’un homme pour sauver un peuple est-il aussi juste que cela ? Ne deviennent-ils pas eux me^me ce qu’ils détestent par dessus tout et combattent ? Combattre la violence par la violence est-elle la seule solution ?

Annekov, le chef du groupe

Dora, la  soeur du chef, qui fabrique les bombe et tombe amoureuse de Kaliayev.

Les relations entre chacun des personnages sont compliquées, faussées par l’acte qu’ils sont en train de préparer et des doutes qu’ils n’arrivent pas à faire taire.

Qui ne reculera pas au dernier moment ? Lequel d’entre eux n’aura pas le bras qui tremble ? Qui est prêt à sacrifier sa vie pour la cause, être pendu ?

Chacun sert la justice comme il peut. Il faut accepter que nous soyons différent. Il faut nous aimer, si nous le pouvons ?

Dora : Ouvre les yeux et comprends que l’Organisation perdrait ses pouvoirs et son influence si elle tolérait, un seul moment, que des enfants fussent broyés par nos bombes. Stepan : Je n’ai pas le coeur pour ces niaiseries. Quand nous nous déciderons à oublier les enfants, ce jour-là, nous serons les maîtres du monde et la révolution triomphera.

L’effet de groupe et de son influence se ressent terriblement dans ce texte. L’amour n’y a pas sa place. Les personnages perdent leur libre arbitre et même leur liberté pour continuer à être respectés et intégrés dans l’Organisation. Pourtant, individuellement, de manière solitaire, auraient-ils agi de la même façon ?

Un texte d’une force exceptionnelle, émouvant et fort, qui ne peut être chroniqué sans en livrer des passages, tant les mots, dans leur apparente simplicité, nous traversent. La fin justifie-t-elle les moyens ? Un texte brûlant d’actualité, hélas, et qui n’a pas pris une ride. Un texte redécouvert avec beaucoup de plaisir suite à la lectreu de Libérez l’ours de Carole Trébor qui y faisait référence et ùm’a pouss à la relecture de ce livre lu dans mes années lycée.

A lire absolument, mais plutôt au lycée ou à l’âge adulte.

 

Un monde horribilis, six courtes pièces d’humour noir, de Claude Broussouloux

Un monde obscur…monde.png

Claude Broussouloux nous présente six pièces à l’humour très noir où s’entremêlent des situations plus sombres les unes que les autres : un restaurant où la nourriture peut vous réserver des surprises, une opération chirurgicale qui tourne au vinaigre, une discussion mouvementée qui remet en cause la guerre de cent ans… Rien ni personne n’est préservé. Un humour cash qui nous tombe dessus et qui nous laisse pantois. Des chutes toujours aussi surprenantes, un style direct et qui nous charme toujours autant.

Mamie Ouate en Papoâsie de Joël Jouanneau et Marie-Claire Le Pavec

Une étoile pour Mamie Ouate

ouate.jpg

Kadouma, noir, grand et fort a longtemps pensé qu’il était seul sur Blupblup, sa minuscule île de Papoâsie. Et bien non ! Une vieille dame, blanche et toute petite, a débarqué avec en tête, de capturer le Virginia, un papillon femelle très rare, si rare qu’il en existe qu’un. Elle s’appelle Mamie Ouate et elle ment tout le temps et de manière naturelle. Elle plante son laboratoire ambulant sur l’île, bien déterminée à mener à bien sa mission ou pas. Elle est la seule à savoir que le Virginia s’est réfugié sur Blupblup, ou pas. Elle se dit entomologiste, experte en papillons ou pas. Quelle est la vérité ? Avec Mamie Ouate on ne sait jamais à quoi s’en tenir ! Mais il faudra bien que ces deux spécimens cohabitent. Comment Kadouma va s’accommoder de la présence de cette intruse ? D’autant plus que la nourriture vient à manquer et que l’île n’est plus approvisionnée…

Une rencontre improbable… Tout oppose nos protagonistes et pourtant leur différence va les rapprocher, cette différence sera leur force. Ils vont devoir s’entraider, car réunis sur une île déserte. Kadouma deviendra même le bras droit de Mamie Ouate. Une amitié, une complicité va petit à petit les unir.

L’accent est mis aussi sur le mensonge définit par mamie Ouate comme une vision du monde, une manière culturelle de manipuler les pensées. La vie est toute tracée mais un mensonge peut quelque fois aider à survivre, à sortir d’une situation délicate, utiliser le mensonge parce qu’on ne peut pas faire autrement. A nous ensuite d’écrire la suite…

Joêl Jouanneau s’amuse également des stéréotypes, à travers le personnage de Kadouma qui n’est pas l’image du sauvage, cannibale avec un os dans le nez que les gens civilisés avaient l’habitude de se représenter. Mamie Ouate et Kadouma sont touchants, plein de tendresse , inséparables ou pas…

Pipistrello et la poule aux œufs d’or, de Elzbieta

poule

Un mariage compromis…

Pomdarinette doit épouser le prince Pomdarino. Alors que cet événement devrait la rendre heureuse, la future princesse est triste. Le père du prince veut qu’elle apporte en dot une poule aux œufs d’or. Alors qu’elle erre comme une âme en peine à travers la lande, un crapaud intrigué par ses sanglots, lui demande les raisons de tant de tourments. Pomparinette se confie et à son grand étonnement le crapaud lui apprend la présence d’une telle poule, chez Pipistrello, un bandit chauve-souris. Propriétaire d’un grand château, il a besoin d’une femme de ménage. Pomdarinette va alors se faire engager dans l’espoir de trouver la poule aux œufs d’or. Mais tout ne va pas se dérouler comme prévu. L’effroyable Pipistrello a de grands projets pour Pomdarinette qui court un réel danger. Qui va la sauver ? Va-t-elle pouvoir se marier avec Pomdarino ?

Pipistrello et la poule aux œufs d’or est une tragicomédie en douze tableaux. Une pièce de théâtre qui s’adresse aux jeunes lecteurs qui tomberont sous le charme des illustrations colorées et enfantines. Un texte adapté, facile à comprendre, une galerie de drôles de personnages. C’est génial de faire découvrir ainsi  le théâtre aux plus jeunes  !

Les mathématiques en scène, collectif – sous la direction de Dominique Mégrier

Jouer avec les mathématiques…

scene.jpg

Dominique Mégrier est comédienne et professeur de théâtre. Elle est persuadée que l’art et la culture peuvent faire bon ménage et ainsi sauver de biens des maux ceux qui s’y collent. Les mathématiques en scène en est la preuve. Tout peut se jouer, une mise en scène pour résoudre des énigmes, des opérations, pour comprendre les nombres. Un bon moyen pour se réconcilier avec les mathématiques, une façon très originale d’aborder le monde du calcul. On ne s’attend pas du tout à rencontrer des mathématiques comme fil conducteur de pièces de théâtre et pourtant le résultat en vaut la chandelle. Le théâtre au service des sciences, pari réussi.

Pour chaque pièce, des contraintes ont été données à l’auteur : le nombre de pages, le thème mathématiques, le style d’écriture, l’action et la citation. Ce recueil ne se substitue pas aux leçons mais peut compléter ou consolider des acquis. Il se lit avec plaisir et avec une certaine curiosité.

Roi fatigué cherche royaume pour vacances suivi de La leçon de piano, de Jacky Viallon

Lever de rideau !

Petites comédies de Jacky Viallon

  • Roi fatigué cherche royaume pour vacances

roi.jpg

Nous nous trouvons face à deux royaumes. Suivant l’endroit où nous nous trouvons, soit ça saute dans tous les sens, soit ça lambine ou ça traîne. Au nord, se trouve le royaume des Ressorts dirigé par un roi. Il mène la vie dure à ses sujets qui travaillent sans relâche. Une tâche en amène une autre, le roi déborde d’énergie. Au sud, le royaume des Gnian-Gnians est sous l’autorité d’une reine. On peut dire que la vie coule paisiblement, sans trop d’efforts. Repos est le mot d’ordre. La reine est trop cool et le peuple très mou. Mais le roi donne des signes de fatigue, ce rythme effréné l’use, il a besoin de vacances. A la recherche d’un royaume calme et reposant, il passe donc une annonce. En lisant son journal, la reine tombe sur cette information et décide d’y donner suite. Le roi et la reine vont décider d’échanger leur royaume.

Roi fatigué cherche royaume pour vacances est une petite comédie très drôle, pleine de rythme, très bien conçue pour un jeune public. Tout y est détaillé : les accessoires pour les décors, les costumes. Les mises en scène sont bien expliquées, la gestuelle est très importante et peut même remplacer du texte. En fait, c’est une pièce de théâtre qui peut facilement être reproduite par un jeune public lors d’atelier et pourquoi pas pour une fête d’école. Si on pousse un peu les portes et qu’on va au-delà de l’histoire, un petit message se cache derrière tout ça. Est-il facile de cohabiter quand on ne se ressemble pas ? Peut-on s’aimer ? Tout est bon à prendre, il me semble. Les différences aident à changer sa façon d’être, à se corriger. Soyons gnian-gnian mais pas trop, puisons dans l’énergie des Ressorts mais à petite dose !

  • La leçon de piano

Charles est un jeune pianiste. Sa mère, quelque peu envahissante, exhibe l’aptitude de son fils à cet art. Elle reçoit dans son salon une amie et veut absolument que Charles fasse une démonstration de son talent. Celui-ci se montre très réticent. Il n’a visiblement pas envie de jouer, de se montrer en spectacle. Il boude, ce qui met mal à l’aise sa maman qui est au bord de la crise de nerfs. Et pourtant l’apparition du père va tout faire basculer.

La leçon de piano tout comme la comédie précédente, est fraîche et pleine d’humour. Le personnage de la mère et ses lapsus constants, donnent le rythme à l’histoire tout en contrastant avec la réserve de Charles. Cette histoire met en avant la fierté d’une mère pour son fils. En tant que parents, il est normal d’invoquer les prouesses de nos jolies petites têtes blondes. Mais nos enfants n’ont pas forcément envie d’être en première ligne, de se comporter comme un singe savant. Rien de tel pour les rebuter. Alors soyons fiers de nos progénitures mais à petite dose et sans excès.

Le monde à l’envers, de Claude Broussouloux

Marcher sur la tête pour mieux comprendre

monde.jpg

Le monde à l’envers est un recueil de douze petites pièces de théâtre qui traite de sujets du quotidien mais en en détournant le sens. Chaque personnage est détourné de sa vraie fonction. Le médecin devient malade, le gardien de prison devient truand, une fille super belle veut participer au concours de miss laideur. L’auteur dénonce certaines absurdités de notre monde pour essayer de remettre les choses dans le droit chemin, pour casser certains mythes aussi. Les situations sont cocasses, pleines de subtilités. Un ouvrage intéressant, humoristique qu’il serait bon de tester avec des élèves qui s’initieraient au théâtre !

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer