Thésée, Ariane et le Minotaure, de Evelyne Brisou-Pellen

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Élevé par son grand-père et sa mère, tout jeune adolescent, Thésée découvre qu’il est le fils du roi Égée, le roi d’Athènes. Il part alors dans une épopée dangereuse, combattant et débarrassant les paysans des géants, brigands de grand chemins, monstres, comme par exemple Periphétès, la truie Phaïa, ou encore Sciron. Mais, une fois auprès de son père, un autre problème se pose : tous les neuf ans, le roi d’Athènes doit envoyer 7 jeunes filles et 7 jeunes garçons se faire dévorer par le Minotaure comme sacrifice. Mais cette année, Thésée fera partie du voyage. Il est déterminé à tuer le Minotaure avant de s’enfuir. Mais, la douce Ariane va perturber son plan…

Je suis fan de mythologie, j’ai complètement dévoré ce livre. Je le conseille, il n’est pas très long et est vraiment passionnant.

 

Eléa, 5ème – membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Cette édition propose le texte intégral complété d’un dossier pédagogique à destination des collégiens. 

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Les contes du chat perché, de Marcel Aymé

 La ferme enchantée…chat

Je ne peux pas commencer cette chronique sans vous faire part du sentiment qui m’enveloppe rien qu’à l’évocation du titre. Me revoilà plongée dans mes années collège, en 6ème. Les contes du chat perché a été la première œuvre étudiée en classe, une belle rencontre avec Delphine, l’aînée, et Marinette, la blonde. Deux sœurs qui ont «le pouvoir» de discuter avec des animaux dotés de la parole. Et ce petit détail n’a l’air d’étonner personne. Les parents détestent les bêtes et sont très sévères avec leurs progénitures. Les deux fillettes ont un chat Alphonse, qui sera une carte maîtresse pour elles dans les moments difficiles. Alors qu’elles ont cassé un plat, elles sont envoyées chez leur tante, une femme odieuse, méchante. Alphonse, qui d’un passage de patte derrière les oreilles déclenche la pluie, va provoquer un véritable déluge pour qu’elles repartent chez elles. Mais ce changement de temps va détruire les récoltes et les parents qui rendent le chat responsable, veulent le noyer. Alphonse va souvent mettre en garde les fillettes mais elles soupirent en se disant qu’à l’écouter, elles ne feraient jamais rien. Parfois, il est de bon ton de tenir compte des conseils. Tous ces animaux qui peuplent la ferme, vivent dans la crainte de passer à la casserole. Ils changent au fil des contes, certains partent, meurent ou sont mangés. Ils n’hésitent pas à aider Delphine et Marinette et vont même les remplacer dans leurs taches. En effet, les enfants vont à l’école mais doivent participer activement aux travaux de la ferme. Pourtant, elles préfèrent s’amuser avec les animaux, ce qui n’est pas du goût des parents.

Les Contes du chat perché regorgent d’humour. Les animaux parlent et peuvent dialoguer avec les humains. Les situations sont cocasses dès que les parents s’absentent. La ferme familiale devient alors un terrain de jeu, un vrai théâtre. Delphine et Marinette sont pleines d’imagination, ce qui parfois leur joue des tours. Marcel Aymé, sans être moralisateur, transmet des messages sur la justice, la différence, la nature, la tolérance envers les animaux, avec des enfants plus à l’écoute que les adultes. On notera aussi que souvent dans les contes, tout est beau, mais là l’auteur montre aussi que la vie n’est pas si simple. L’écriture est facile à comprendre, amusante et s’adresse autant aux enfants qu’aux adultes.

Ces nouvelles réunies dans ce recueil sont parfois divisés en deux tomes : Les contes rouges du chat perché et Les contes bleus du chat perché.

Les lettres de mon moulin, de Alphonse Daudet

Le moulin de mon coeur

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Les lettres de mon moulin est un recueil de nouvelles. Ce sont de jolies petites histoires qui portent haut la Provence et d’autres régions parcourues, qui parlent des hommes, de la nature, de la vie tout simplement. Alphonse Daudet a quitté la capitale pour s’installer en Provence. Il a acheté un moulin en ruine, dans la vallée du Rhône. C’est un moulin qui trouve grâce à ses yeux et qui deviendra son lieu de vie, son lieu d’inspiration à ses travaux de poésie. Au fil des pages, les anecdotes se succèdent, des récits prennent vie en mêlant tendresse, mélancolie ou malice. De La chèvre de monsieur Seguin au Curé de Cucugnan en passant par La mule du Pape, Alphonse Daudet nous emmène faire de belles promenades ensoleillées qui sentent bon la garrigue, à la rencontre de gens ordinaires. Un vrai régal de rêve et de magie qui entoure les gestes simples de la vie. Un voyage dans le temps plein de sensibilité qui mérite le détour. Un beau retour sur des souvenirs d’enfance pour tous ceux qui comme moi ont étudié ce recueil au collège.

Alphonse Daudet se pose ici en beau conteur, près duquel on prendrait plaisir à s’asseoir, comme dans les soirées d’antan.

Un classique de la littérature française qu’on aura plaisir à découvrir ou à redécouvrir.

Le voyage à rebours, de Sharon Creech

Dis, quand reviendras- tu ?

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Salamanca, treize ans, a grandi dans une ferme, à la campagne. Mais elle et son père vont déménager en ville, après que la mère les ait quittés pour réfléchir sur son existence. La jeune adolescente est anéantie et se persuade qu’elle reviendra un jour. Son père, terrassé par la douleur, ne cesse de lui répéter le contraire. Salamanca va alors entreprendre un long voyage pour tenter de ramener sa maman. Un pari fou en réalité pour cette jeune adolescente. Beaucoup de questions se bousculent dans sa tête. Pourquoi une mère qu’elle chérit tant, a-t-elle pu faire ça ? Tout quitter, pour qui, pour quoi ? Ils étaient bien tous les trois. Ils étaient heureux. Maintenant, le quotidien est devenu triste et douloureux. Salamanca va traverser le nord des Etats-Unis en camping-car avec ses grands-parents. Un couple complètement déjanté, plein de folie. Ils vont suivre un itinéraire guidé par les différentes cartes postales envoyées par la mère de Salamanca. Mabel, sa meilleure amie vit la même épreuve. Sa mère a quitté le foyer familial du jour au lendemain, sans explication. Les deux histoires vont s’entremêler. Au fur à mesure de ce périple, la jeune fille évoque beaucoup de souvenirs, des moments de son enfance qu’elle partage avec ses grands-parents. Elle leur raconte également la vie de Mabel, qui est un peu la sienne. Les deux amies essaient désespérément de découvrir les raisons pour lesquelles leurs mères se sont volatilisées du jour au lendemain. Alors, elles s’inventent des histoires plus rocambolesques les unes que les autres. Un mystère plane autour de ces deux disparitions qui laissent les familles en plein désarroi.

Le voyage à rebours est un roman plein d’émotions, de sensibilité dans lequel l’auteur a su ménager le suspens. La chute n’en reste pas moins brutale. On s’attache très vite aux personnages tout en partageant la tension et l’inquiétude qui grandissent au fur et à mesure que le temps passe. Les grands-parents sont très touchants et apportent une note de couleur au récit. Salamanca va progresser vers l’âge adulte en laissant derrière elle son âme d’enfant. Les épreuves qu’elle traverse vont la faire grandir et lui faire prendre conscience que la vie peut être injuste.

La promesse de l’aube de Romain Gary

A ma mère…

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La promesse de l’aube est un roman autobiographique dans lequel Romain Gary dresse le portrait de sa mère, une russe juive, Mina Kacew. Une mère hors norme, extravagante, battante, intransigeante, exigeante, une mère aimante. Une mère dévouée à son fils, qui ne vit que pour lui, voyant pour lui un avenir glorieux. Un amour sans borne, un amour démesuré, un amour fusionnel, un amour éprouvant, trop lourd à porter pour ce petit garçon, dont le seul but dans la vie sera de ne pas décevoir sa maman. Romain est élevé par sa mère, qui a fui la Russie. Une enfance pauvre mais durant laquelle il ne manquera de rien.Très courageuse, Mina fait toujours en sorte de trouver les moyens de s’en sortir, elle veut que son fils s’élève au-dessus de la médiocrité, qu’il devienne quelqu’un de respectable, quelqu’un dont le monde parlera. Elle émigre en France, à Nice. Elle a beaucoup d’ambition pour lui, une ambition sans limite. Elle trace la voie et lui, doit y sceller ses pas. Elle lui façonne une vie, lui inculque également l’amour de la France. Ce gamin n’a pas le choix et durant toute son existence, il fera ce que sa mère exige de lui, même au péril de sa vie. Romain Gary a eu une vie extraordinaire grâce à cette femme qui l’a porté à bout de bras. Il a vécu pour accomplir les rêves immenses de sa mère. Il l’admire et il est prêt à tout pour elle. Il faut qu’il soit le héros qu’elle espère qu’il devienne.

La promesse de l’aube, un roman fort, bouleversant, un amour dévorant qui fera de l’auteur la personne que l’on connaît. Une belle histoire qui fait sourire, qui fait pleurer. Une fin qui nous serre les tripes. Un tandem auquel on s’attache, avec lequel on aurait encore aimé faire un bout de chemin. Que dire de cette mère, cette force inépuisable, ce courage à tout épreuve, son fils le combat de sa vie, cette mère qui aura mis son existence à faire que son petit gars devienne quelqu’un de bien, de célèbre. Epoustouflante d’énergie, de volonté… Avant d’être Romain Gary, il est Roman Kacew, un fils qui donnera tout à sa mère, conscient de son sacrifice, il fera tout pour lui faire honneur.

Comment peut-on se construire lorsque la mère est si présente, si étouffante? Y a-t-il de la place pour une autre femme, tant l’amour de cette mère a été fort ? Une adaptation cinématographique sortie en décembre 2017 m’a donné envie de lire ce roman. J’ai été totalement captivée et émue par l’un et l’autre.

Peuple du ciel, de J .M.G Le Clezio et Georges Lemoine

Voyage intérieur

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Peuple du ciel est l’histoire de Petite Croix, une fillette qui grimpe tous les matins au sommet de la colline. Elle s’assoit par terre et laisse s’écouler les heures au rythme de la course du soleil. Une question lui revient sans cesse depuis de nombreuses années : qu’est-ce que le bleu ?
On ne sait rien d’elle. Seules les illustrations nous apprennent qu’elle est indienne et au bout de quelques lignes on devine quelque chose de spécial. Je laisse le lecteur découvrir la particularité de cette fillette, je ne veux pas en dévoiler d’avantage au risque de casser le charme du récit.
Petite Croix a l’habitude d’aller au bout du village quand le soleil tape très fort. Elle reste là sans bouger pour faire un angle bien droit avec la terre, d’où l’origine de son surnom. Elle rentre alors en communion avec la nature. Elle rêve de s’évader dans ce bleu à la rencontre du peuple du ciel. Elle aime quand elle est seule avec le silence. Un silence que l’on perçoit, qui est tellement riche de rencontres pour qui sait l’entendre. Tour à tour, la lumière, le vent, les nuages, le soleil, les insectes vont faire découvrir à Petite Croix la beauté du monde. Elle va décrire les odeurs, les sons, les émotions qu’elle ressent au contact de ces éléments. On partage avec elle toutes les sensations que procurent ces doux instants de plénitude. Une envie de liberté, d’amour de la nature. La magie opère sous la plume de Le Clezio.
Je vous invite à faire comme Petite Croix. Vous vous asseyez sur le haut d’une colline, d’un rocher. Vous fermez les yeux et vous vous laissez porter. Votre regard n’est plus votre guide, vos sens sont en éveil et vous vous laissez porter par vos émotions. Tout n’est alors que paix et sérénité. Vos yeux ne sont plus le miroir de ce qui vous entoure.
Comme Petite Croix, on veut que ces moments magiques ne finissent pas mais la dure réalité va briser ce calme.
On  comprend que tout peut basculer quand un soldat vient à la rencontre de Petite Croix. Celle-ci est toujours assise en équerre, son visage, cuivré à force de faire face au soleil, se tourne vers lui. Elle lui demande de lui raconter ce qu’il voit. Mais il ne sait pas expliquer, son esprit est ailleurs, son esprit est lié à la guerre, aux combats que se livrent les hommes au-dessus des villages.
Les avions tournent lentement dans le ciel, si haut qu’on les entend à peine, mais ils cherchent leur proie. Le feu et la mort sont partout, autour du promontoire, la mer elle-même brûle comme un lac de poix. Les grandes villes sont embrasées par la lumière intense qui jaillit du fond du ciel.
S’en suit l’apparition du dieu Saquasohuh qui annonce rien de bon, un mauvais présage puisque lorsqu’il apparaît sur terre, il annonce une danse de la mort. La fillette redoute un malheureux événement.
Le vent tourne sur lui-même de toutes ses forces et ce n’est plus une danse , c’est comme la course d’un cheval fou….
C’est le chaos, une nature meurtrie, un séisme dans le cœur de Petite Croix.
Cette nouvelle met en avant deux aspects. D’un côté il y a les peuples indiens qui habitent sur les plateaux du Nouveau Mexique. Des peuples pauvres coupés de la civilisation, dont le quotidien est lié à des croyances comme ici le dieu qui apparaît en fin de récit pour annoncer un drame. Un géant mythique. Il y a aussi le sage, le vieux Bahti qui a expliqué le monde à la petite fille dès son plus jeune âge. C’est un conteur. La fillette garde une attitude immobile, figée, patiente tournée vers le ciel.
De l’autre côté, ce soldat américain qui vit dans une réalité bien sombre, celle des combats et de la guerre de Corée. Ici l’annonce du drame ce sont ces avions qui rodent , chargés de bombes. Des géants d’acier bien réels. L’attitude de la fillette est alors désordonnée, en proie à la panique. Elle passe d’un monde à un autre.
J’ai aimé Peuple du ciel pour la sérénité qu’il procure et pour cette fillette attachante dans sa quête du bleu. Il ne faut pas chercher de l’action, il n’y en a pas. J’aime cette écriture qui sait transmettre l’émotion, qui décrit avec beaucoup de sensibilité le monde et la nature. Je conseille cette nouvelle à des lecteurs sensibles à ce qui les entoure. Je ne peux pas dire que ce récit soit difficile à comprendre mais il faut faire preuve de réflexion pour l’aborder.

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Sélection du comité de lecture-élèves

Bonjour,

Les élèves membres du comité-lecture ont fait leur petite sélection à destination de leurs camarades et enseignants. Voici les résultats pour la période de septembre-octobre et de novembre-décembre 2017.

coups de coeur comité lecture sept oct 2017

coups de coeur comité lecture nov déc 2017

Vous souhaitant d’excellentes lectures !

J’en profite pour remercier encore une fois très chaleureusement nos éditeurs-partenaires qui nous envoient régulièrement des ouvrages et sans qui ce projet pédagogique ne pourrait pas exister !

Nous signalons également à nos lecteurs et partenaires que cette année, nous allons pouvoir nous rendre en visite au Salon du Livre jeunesse de Montreuil le jeudi 30 novembre ! Vous trouverez sur le blog un petit compte rendu à notre retour ! Peut-être nous y croiserons-nous !