Disparue sans laisser de traces, de Mano Gentil

Disparue sans laisser de tracesEdgar est un jeune garçon qui regarde beaucoup de séries policières. Alors, quand sa camarade Xénia disparaît, il joue au détective amateur.  

On a hâte de savoir ce qu’il est advenu de Xénia… L’auteur nous laisse envisager plusieurs scénarios et on dévore le livre pour avoir enfin la réponse ! Un texte simple, sans temps mort, vite lu, sans violence mais avec du suspens, idéal pour petits lecteurs et amateurs d’enquêtes policières, dans la collection « Premier polar » des éditions Oskar.

Nathalie, maman d’une ex-dévoreuse de livres d’Arsène !

Je voulais juste être libre, de Claire Gratias

Manon L. a 16 ans. D’une grande beauté, c’est une adolescente effacée, studieuse, qui vit sous la coupe d’une mère autoritaire. Rien de ce qui fait le quotidien d’une adolescente « normale » ne lui est permis : s’amuser, se maquiller, choisir ses habits, aller au cinéma, sortir avec un garçon  ou feuilleter un magazine de mode ! Sa mère semble avoir peur de sa beauté et cherche par tous les moyens à l’effacer en annihilant sa personnalité. Elle a peur d’une chose, viscéralement : que sa fille devienne une fille de « mauvaise vie ». Pourquoi ? Quelle est son histoire ? Les pièces du puzzle se mettent en place au fur et à mesure du récit et des témoignages des personnages qui prennent tour à tour la parole pour donner leur point de vue sur « l’affaire ». Car un jour, Manon L., cette fille sage et sans histoire, s’enfuit…

 

Ce roman noir très original et totalement prenant est une réécriture de Manon Lescaut de l’Abbé Prévost, oeuvre littéraire classique du 18ème siècle. Ecrit en 5 « actes », ce roman à plusieurs voix se lit comme une enquête policière où les témoignages mis bout à bout permettent au lecteur de comprendre peu à peu l’histoire et la personnalité de Manon L. Chaque acte s’ouvre sur une citation de l’oeuvre de l’Abbé Prévost qui permet au lecteur averti de faire le lien avec le texte classique.

Une immersion dans l’univers émotionnel d’adolescents actuels transposé en une romance-tragédie qui n’a rien à voir avec les romans d’amour pour ados dont on a l’habitude. Des thèmes forts sont abordés comme les relations toxiques parents-enfants, la notion de choix, de liberté, d’indépendance.

A découvrir !

Carnaval à Bruxelles, de Pascale Fonteneau

De drôles de vacances se profilent à Bruxelles….. Théo se voit contraint et forcé d’accueillir et de s’occuper de Lucas, un cousin français qu’il connait à peine. Au final, cela ne posera pas beaucoup de problèmes puisqu’il sera très vite intégré à son groupe d’amis dont l’un des membres, Hilke, a une énigme à résoudre…: une connaissance, un guitariste du métro et son chien ont disparu.

La Dream Team au complet sera prête à prendre presque tous les risques pour éclaircir le mystère de cette disparition et bien d’autres qui, au fur et à mesure de leurs initiatives, verront le jour. De plans en projets, de rebondissements en trouvailles, de stratégies en mensonges, la catastrophe sera évitée de justesse et la résolution de l’énigme initiale ne manquera pas de surprendre.

Une lecture rapide et facile avec un style qui maintient le suspens et l’envie de connaitre le dénouement.

Broussaille, tome 3. La nuit du chat, de Franck et Bom

Retour sur soi…

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Alors que Broussaille discute avec la concierge, son chat en a profité pour se sauver. Lui, un chat d’appartement lâché en pleine ville, c’est la catastrophe ! Après avoir passé au peigne fin les moindres recoins de l’immeuble, le jeune garçon décide d’aller à sa recherche, de nuit. Sac à dos, lampe torche, croquettes, le voilà prêt pour son escapade nocturne. Inquiet, Broussaille se remémore le jour où il l’a recueilli et comment ils ont devenus amis. Plein de tristesse, de nostalgie, il s’enfonce dans les bas fonds de cette ville si angoissante. Il va faire des rencontres furtives, improbables qui auront grand effet sur lui. Broussaille va alors réfléchir sur sa vie, son avenir et prendra une grande décision.

L’auteur évoque des moments du quotidien, à deux, en famille ou seul. Des tranches de vie qui se succèdent et qui font prendre conscience à notre héros qu’il n’a encore rien construit et qu’il est peut être temps d’y penser.

Lettres à une disparue, de Véronique Massenot

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Lettres à une disparueMélina est une maman qui habite dans un pays d’Amérique latine soumis à la dictature. Elle pleure depuis des années la disparition de sa fille Paloma, enlevée par des militaires avec son mari et sa petite-fille de 3 ans. Elle espère un jour qu’elles reviendront vivantes à la maison. Alors, Mélina décide de lui écrire des lettres imaginaires dans l’espoir de pouvoir lui donner un jour en main propre. Les reverra-t -elle un jour vivantes ?…
Le livre m’ a beaucoup plu, il est plein d’émotions !  Nous y découvrons la souffrance de vivre avec un être porté disparu et la violence d’un régime dictatorial.  On ressens bien la tristesse de Mélina car en lisant les lettres cela fait comme si elle nous les envoyaient. C’ est un bon coup de cœur que je recommande vivement !

Lenny, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Le voyage à rebours, de Sharon Creech

Dis, quand reviendras- tu ?

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Salamanca, treize ans, a grandi dans une ferme, à la campagne. Mais elle et son père vont déménager en ville, après que la mère les ait quittés pour réfléchir sur son existence. La jeune adolescente est anéantie et se persuade qu’elle reviendra un jour. Son père, terrassé par la douleur, ne cesse de lui répéter le contraire. Salamanca va alors entreprendre un long voyage pour tenter de ramener sa maman. Un pari fou en réalité pour cette jeune adolescente. Beaucoup de questions se bousculent dans sa tête. Pourquoi une mère qu’elle chérit tant, a-t-elle pu faire ça ? Tout quitter, pour qui, pour quoi ? Ils étaient bien tous les trois. Ils étaient heureux. Maintenant, le quotidien est devenu triste et douloureux. Salamanca va traverser le nord des Etats-Unis en camping-car avec ses grands-parents. Un couple complètement déjanté, plein de folie. Ils vont suivre un itinéraire guidé par les différentes cartes postales envoyées par la mère de Salamanca. Mabel, sa meilleure amie vit la même épreuve. Sa mère a quitté le foyer familial du jour au lendemain, sans explication. Les deux histoires vont s’entremêler. Au fur à mesure de ce périple, la jeune fille évoque beaucoup de souvenirs, des moments de son enfance qu’elle partage avec ses grands-parents. Elle leur raconte également la vie de Mabel, qui est un peu la sienne. Les deux amies essaient désespérément de découvrir les raisons pour lesquelles leurs mères se sont volatilisées du jour au lendemain. Alors, elles s’inventent des histoires plus rocambolesques les unes que les autres. Un mystère plane autour de ces deux disparitions qui laissent les familles en plein désarroi.

Le voyage à rebours est un roman plein d’émotions, de sensibilité dans lequel l’auteur a su ménager le suspens. La chute n’en reste pas moins brutale. On s’attache très vite aux personnages tout en partageant la tension et l’inquiétude qui grandissent au fur et à mesure que le temps passe. Les grands-parents sont très touchants et apportent une note de couleur au récit. Salamanca va progresser vers l’âge adulte en laissant derrière elle son âme d’enfant. Les épreuves qu’elle traverse vont la faire grandir et lui faire prendre conscience que la vie peut être injuste.

L’île des disparus, 1. La fille de l’eau, de Camilla et Viveca Sten

Les humains n’ont pas de branchies…

Tuva, 12 ans, est une adolescente solitaire qui ne se sent jamais à sa place au milieu de ses camarades. Elle habite sur une île d’un archipel de Stockholm en Suède et se sent bien dans ce havre de paix entouré d’eau. Pourtant, depuis quelques temps des choses étranges viennent bousculer l’ordre établi : des gens disparaissent mystérieusement en mer. Bientôt, c’est un camarade de classe de Tuva, Axel,  qui disparaît lors d’une course d’orientation en forêt, un jour de brouillard. Tuva est alors témoin de phénomènes étranges : elle croise le chemin de Rasmus, l’ami avec qui Axel consitutait le binôme pour la course. Il semble hypnotisé et s’enfonce dans la forêt, dans une mauvaise direction, comme entraîné par des forces supérieures, guidé par de petites lumières qui scientillent autour de lui. Elle le sauve de justesse et se retrouve alors en première ligne de l’enquête menée par la police.

L’archipel de Stockholm, avec l’eau omniprésente et son brouillard semble le lieu idéal pour planter le décor angoissant de cette intrigue qui mèle thriller et fantastique dans un contexte de croyances nordiques  ancestrales.

Un roman pour adolescents écrit à quatre mains par un des grands noms de la littérature policière suédoise adulte actuelle – Viveca Sten – et sa fille Camilla Sten. Une ambiance et un décor particuliers où le chant des sirènes guident le lecteur vers un monde parallèle peuplé de monstres marins, de lutins, d’elfes, de changelins. Un premier tome qui, pour notre plus grand soulagement, se suffit à lui-même, ce qui ne nous empêche pas de vouloir lire la suite pour apprendre de nouvelles révélations.

A la fin de l’ouvrage, quelques pages très instructives nous alertent sur le problème environnemental de la mer Baltique, une petite mer intérieure faisant partie des mers les plus polluées au monde.