Not so Happy…

U4. Yannis, de Florence Hinckel

Nous remercions vivement les éditions SYROS/NATHAN pour l’envoi en avant-première des épreuves reliées non corrigées de cette tétralogie.

01 novembre. Marseille.
Yannis, adolescent de 15 ans, vit dans un appartement du quartier du Panier. Ses parents et sa petite sœur, Camila, viennent de décéder du terrible virus U4 qui, en quelques jours seulement, a frappé le monde entier, tuant tous les adultes et les enfants. Seuls ont survécu des adolescents de 15 à 18 ans. Pour Yannis, il est impossible d’enterrer les siens. Alors, puisque personne n’a survécu dans son immeuble, il y met le feu afin de brûler tous les cadavres. Mais, selon sa croyance, les âmes ne sont en paix que si les corps sont enterrés. Dès lors, ses parents et sa sœur vont le hanter, leurs fantômes l’accompagner.
Sans domicile, il se rend compte que la ville n’est plus que chaos. Des adolescents sans scrupules ont pris le pouvoir et sèment terreur et cadavres dans les rues. Lorsque son seul ami encore vivant est tué, sous ses yeux,Yannis décide de fuir la ville pour rejoindre Paris. C’est là qu’est fixé le rendez-vous de Khronos -maître du jeu WOT- à ses experts ; le 24 décembre, pour remonter le temps et sauver le monde. Aujourd’hui que toutes les communications sont coupées, qu’il n’y a plus d’électricité, ce rendez-vous devient son dernier espoir. Commence un long et dangereux périple à travers les montagnes en compagnie de son chien, Happy.

Yannis – personnage très attachant- est un être sensible, doux, pacifiste. Le monde ultra-violent dans lequel il évolue semble pour lui une souffrance permanente. Le mot solidarité n’y a quasiment plus aucun sens et Yannis ne peut s’adapter. Est-ce son origine étrangère qui le rend également étranger au monde ? Quand la violence lui devient trop insupportable, il se dédouble en son avatar de jeu, Adrial, bien plus courageux et combatif que lui. « C’est Adrial qui a donné le signal du départ à Happy. C’est lui qui est sorti de ma chambre, et qui a affronté l’horreur et la puanteur du salon ». A travers les yeux de Yannis, l’horreur de ce monde post-apocalyptique est poignante et sans concession. « Aujourd’hui, alors que je suis des yeux ce cadavre qui danse au gré des vaguelettes, je parle à la Mort. Elle, dont j’osais à peine prononcer le nom avant est comme une amie maintenant. Hey, la Mort, ça va ta vie ? Combien de gens t’as embrassés, aujourd’hui ? Ah ouais, quand même… ». Ce jeune garçon rêveur va très vite mûrir et devenir adulte. Ce sont les rencontres qu’il va faire – en particulier féminines (Koridwen et Stephane) – qui vont lui donner le courage de résister et d’avancer.
Comme dans le précédent tome lu – Koridwen– les personnages des quatre opus de la série U4 vont se croiser à un moment de l’histoire pour évoluer vers leur propre destinée. Comme pour les autres livres, cet opus peut se lire indépendamment, mais complète les autres récits sans trop en dévoiler. Une part de fantastique est également présente, à travers la présence des fantômes. Autant le personnage de Koridwen était « nature », sans compromis, autant le personnage de Yannis doute, cherche à comprendre l’autre, accepte ses faiblesses et celles des autres. Il refuse l’autorité et recherche uniquement la liberté. Seuls les militaires, dans des combinaisons de protection sont les adultes survivants et visibles. Mais essaient-ils vraiment de protéger la population ou essaient-ils de prendre la pouvoir ? Yannis n’attendra pas la réponse pour refuser leur protection.
« Je m’appelle Yannis. Ce rendez-vous, j’y vais pour rester libre ».
Un beau personnage, un roman très prenant. A lire sans hésitation…à partir du 27 août, date de la sortie officielle de la tétralogie.

Ma prochaine lecture U4 : Stéphane, personnage qui m’intrigue depuis le premier roman lu de cette tétralogie. J’ai hâte de pouvoir vous en parler !

6 réflexions sur “Not so Happy…

    • D’un point de vue technique, le projet est incroyable et a dû demander des heures de consultation entre chacun des écrivains. Mais chaque personnage est différent et colle à l’écriture de son auteur. Par moment, les mêmes dialogues sont repris dans les ouvrages mais avec un point de vue différent. Vraiment, je vous assure, ça tient la route ! Et grâce à ce projet, j’ai découvert Vincent Villeminot et son écriture corrosive que je ne connaissais pas.

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