L’incroyable voyage de Coyote Sunrise, de Dan Gemeinhart

L'incroyable voyage de Coyote Sunrise

Coyote, adolescente de douze ans vit dans un bus scolaire aménagé avec son père, Rodéo. Ils parcourent les Etats-Unis, au gré de leurs envies, au hasard de leurs rencontres. Le seul lien qui relie Coyote à sa vie d’avant, ce sont les appels téléphoniques qu’elle passe à sa grand-mère tous les samedis. Mais un jour, celle-ci lui annonce que le parc à côté de chez elle, où Coyote passait du temps pendant son enfance, va être détruit pour construire un carrefour… Le mercredi… Pour Coyote, cette perspective est inenvisageable… trop de souvenirs y sont attachés, et elle a quelque chose à y récupérer, absolument… quelque chose d’important, de vital, de sa vie d’avant. Comment faire sans que Rodéo ne se doute de la destination finale de ce nouveau voyage, lui qui refuse obstinément de « rentrer à la maison » ? Et quelles blessures Coyote et son père fuient-ils à travers leurs incessants mouvements ?

Un véritable road trip à travers les Etats-Unis, où l’on s’immisce dans les secrets de famille de Rodéo et Coyote, deux personnages extrêmement attachants qui cherchent par tous les moyens à guérir de leurs blessures passées. Leur complicité n’a d’égal que l’amour inconditionnel qu’ils se portent. Chacun est là pour l’autre, dans le respect de la liberté, de la personnalité et des failles de chacun. Coyote est un personnage fort, elle est courageuse, déterminée, extrêmement humaine. Ce road trip hippie un brin loufoque malgré la gravité du sujet, aux personnages secondaires très travaillés, est une invitation au voyage et à l’ouverture sur l’autre. Ce sont les relations humaines qui servent de guide à chacun. Ce roman est une leçon de tolérance où de nombreux thèmes sont abordés comme le deuil, l’homosexualité, ou encore la violence conjugale. Malgré le drame qui se profile dans l’histoire de chacun des personnages, l’écriture est optimiste, l’histoire un peu folle et décalée, et on referme les 400 pages en ayant l’impression d’être un peu plus vivant qu’avant…

Oh, boy !, de Marie-Aude Murail

Oh, boy !Trois enfants sont orphelins depuis quelques heures. Siméon Morlevent, 14 ans, lui, c’est le surdoué. Morgane Morlevent, 8 ans, celle qu’on oublie tout le temps. Venise Morlevent, 5 ans, une bouille de princesse. Ils se font le «jurement» qu’on ne les séparera jamais. 

Leur sort est entre les mains d’une assistante sociale et d’une juge des tutelles, qui doivent décider qui des deux tuteurs potentiels obtiendra leur garde. Sachant que ces derniers ignoraient jusqu’alors l’existence de leurs demi-frère et sœur. Alors comment Josiane Morlevent, ophtalmologue psycho-rigide et Barthélémy Morlevent, jeune homme fantasque qui fuit les responsabilités, vont-ils prendre cette nouvelle ? L’histoire captivante d’une fratrie soudée et touchante, frappée par l’adversité, qui se met en quête d’une famille. 

Un roman très agréable à lire, et qui se dévore d’une traite. On découvre et on s’attache à ces enfants orphelins qui s’unissent et font bloc dans l’épreuve. Et comment ne pas s’attacher aussi à ce grand-frère sans filtre, haut en couleurs ? Barthélémy devient vite le pilier, celui autour de qui le récit s’articule. Ce sont ses propres mots « Oh, boy ! » qui donnent le titre au roman. Et puis l’émotion va crescendo. Tout en abordant des thèmes sensibles tels que l’homosexualité, l’adoption, la maladie, la mort, la violence conjugale, Oh, Boy ! est une pépite où l’humour est habillement distillé.

À lire sans hésiter !