La petite fille et la mort, de Rodolphe, ill. Tom Tirabosco

Il est l’heure de partir…

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Cloé est une petite fille heureuse qui vit dans une grande maison avec ses parents, ses deux frères et ses grands-parents qui occupent avec le chat le second étage. C’est l’hiver, il fait bon d’être à la maison, dehors le vent souffle, il pleut. Un soir, on sonne et Cloé qui est la seule à avoir entendu, se précipite pour ouvrir. Mais derrière la porte, se dresse une étrange créature vêtue de noir, les doigts crochus, qui brandit une faux. Sous sa capuche, Cloé découvre une tête de mort recouverte d’une fine peau. Effrayée, Cloé s’interroge. Le terrifiant visiteur lui annonce qu’il représente la mort et que l’heure est venue pour un des membres de la famille de le suivre. Il a un ordre de mission mais avec la pluie, le nom de la personne qu’il doit emmener est effacé. Alors qui doit partir ? Cloé ne comprend pas, c’est le choc.

La mort fait partie de la vie et parfois les enfants sont aussi confrontés à ce malheur, à la perte d’un être cher. La vie est injuste et on ne se résout jamais à voir partir ceux qu’on aime. La mort fauche à tout âge. Mais ce livre me laisse un peu perplexe car je ne sais pas comment il peut être perçu par les plus jeunes enfants. Le visage de la mort est effrayant même si le récit rend la personne qui l’incarne humain.  Il est possible que ce livre ait pour but aussi, peut-être, d’aider les parents à parler de la mort à leurs enfants, un sujet pas toujours facile à traiter… Mais je trouve néanmoins la façon d’aborder ce thème, quelque peu brutale. A noter les illustrations en couleur qui renforce ce côté macabre.

Après avoir été testé par plusieurs élèves, ce livre a finalement été retiré du fonds du CDI, l’intérêt qu’il représentait n’étant clair pour personne…

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J’ai quinze ans et je ne veux pas mourir, de Christine Arnothy

Le droit à la vie…

Afficher l'image d'origineChristine Arnothy a quinze ans en 1945. Elle est Hongroise, issue d’une famille bourgeoise, elle doit vivre dans une cave pour se protéger des nazis venus occuper la ville.

C’est le témoignage poignant et émouvant d’une adolescente qui ne veut pas mourir. Trop jeune pour que sa vie s’arrête, trop jeune pour vivre les atrocités d’une guerre. Elle a dû rester enfermée pendant deux longs mois. Les rares moments où elle pouvait sortir c’était pour aller chercher de la nourriture et là elle voyait la dure réalité des combats en marchant entre les cadavres de chevaux et d’hommes.

A la libération, le calvaire a continué puisque les sauveurs vont être plus cruels que les Allemands. Christine et sa famille vont devoir fuir leur pays quelques années après et trouveront asile en Autriche dans un camp de réfugiés. Christine trouvera son salut en travaillant en France comme nurse mais elle enchaînera les galères. D’ailleurs elle écrira une suite « il n’est pas si facile de vivre », où on sentira que sa reconstruction est difficile car marquée à jamais par toutes les atrocités qu’elle a vécues. Elle a vingt ans. Elle veut partir en France. Elle est étouffée par la présence de ses parents et elle décide de mener sa vie seule.

J’ai quinze ans et je ne veux pas mourir raconte la guerre sans critique politique, le récit est dramatique et nous montre toute la cruauté des combats. Les scènes violentes ensanglantent la jeune fille qui s’accroche à ses lectures pour ne pas sombrer. Elle avait emporté un livre de Balzac et de Dickens. Elle n’a que quinze, elle ne peut pas mourir..Elle est jeune, la guerre ne peut pas l’arracher à la vie .. La guerre qui lui a volé son adolescence ne peut pas non plus la détruire..

Tout son témoignage repose sur ce qui se passe autour d’elle mais ne s’étend pas aux combats, c’est le récit de son quotidien dans cette cave.

Le lecteur va se rendre compte aussi que tout peut devenir malsain et désordonné après la guerre.Les gens souffrent et essaient de survivre en pillant, en devenant méchants à leur tour. Il n’y a plus de code moral, c’est l’instinct animal qui prend le dessus.

quelques passages :

….. »Dans l’intervalle, entre les coups directs atteignant la maison, je pensais à mon livre, me disant que, même s’il restait intact, je ne connaîtrais jamais la fin du roman, puisque tous en bas, dans cette cave, nous allions mourir «

« les jours se traînèrent. Nuits de cauchemars, combat contre un monde de fantômes. Mon pays de rêve s’était évanoui. Le sommeil ne me menait plus vers l’apaisement, mais vers les paysages lunaires du mal et de l’horreur »

« une âpre fierté m’envahit à l’idée qu’à quinze ans, j’allais mourir d’une mort de grande personne »

Là on sent que Christine grandit et mesure combien la situation est grave. Plus d’espoir de s’en sortir…

La première partie s’achève sur cette phrase de Christine :

« Comme ce serait bon de naître »

La jeune vie de l’adolescente n’est faite que d’angoisses, d’atrocités, de scènes d’horreur. Elle n’a que quinze ans et elle est fatiguée ….Fermer les yeux, faire comme si rien ne s’était passé, commencer à vivre…avoir l’esprit vide…

II faut savoir que Christine Arnothy a fui en emportant son journal cousu dans son manteau. J’imagine que si il avait été découvert elle n’aurait pas survévu à ces écrits..

Elle a eu une vie très dure mais elle a toujours affronté les difficultés pour pouvoir un jour réaliser son rêve: écrire son livre. Elle veut devenir écrivain donc elle doit s’en sortir et je pense que le but qu’elle s’est fixée va l’aider malgré tout à se battre et à espérer.

J’ai lu cette autobiographie quand j’avais l’âge de l’auteur et je dois dire que son histoire m’a émue, touchée. J’étais adolescente, j’avais le même âge que Christine donc je me suis identifiée totalement à elle . J’ai reçu son témoignage comme une confidente et je l’ai accompagnée pas à pas dans toute ses périodes de galères. On vit la guerre de l’intérieur, à travers une adolescente qui a toute l’innocence de son âge et qui va vite grandir . On peut faire un léger parallèle avec « le  journal d’Anne Frank » adolescente de treize ans, qui aura moins de chance car elle décèdera du typhus dans un camp de concentration.

Ces deux jeunes filles ont abordé l’atrocité de la guerre et leurs ouvrages constituent de précieux témoignages. Toutes les deux voulaient devenir écrivains.

Je conseille également de lire « il n’est pas si facile de vivre » qui se termine ainsi et résume l’état d’esprit de Christine qui a peut être enfin trouver la paix…

…. Moi je trouve que c’est naturel. Je voulais nourrir mon enfant, je voulais lui faire boire ma vie…. C’est l’accomplissement miraculeux. C’est le bonheur. Tout le bonheur ?….

Lisez ce livre sans modération…

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La verluisette, de Roberto Piumini

De l’ombre à la lumière…

Résultat de recherche d'images pour "la verluisette"Madurer, 11 ans, est un enfant malade condamné à rester dans sa chambre. Le soleil, la poussière nuisent à sa santé, il ne peut donc plus sortir. Son lieu de vie doit également être dépourvu de fenêtres. Son père, le vizir Ganouan, est désespéré et décide de faire appel à un peintre, Sakoumat, pour embellir d’images et de couleurs les murs du palais. Madurer n’est pas un enfant triste, il est, malgré tout ce qu’il vit, plein de vitalité. Sakoumat va l’ouvrir sur un monde extérieur merveilleux qui va prendre vie du bout de ses pinceaux. L’artiste va faire entrer le côté de l’existence dont ne peut plus profiter l’enfant.

La Verluisette est un beau conte d’amitié entre un enfant dont la vie se résume aux murs de sa demeure et un peintre qui dévoilera toute sa magie d’artiste pour lui offrir un monde qui lui sera propre. Une belle leçon de vie pleine de poésie. Aujourd’hu , il existe une maladie rare qui contraint les enfants à ne sortir que la nuit car la lumière directe leur brûle la peau. La sortie de jour est un vrai parcours du combattant car ils doivent porter une combinaison comme celle des cosmonautes, seul moyen efficace de lutter contre les rayons ultra-violets. Comme Madurer, leur vie est compliquée mais ils font preuve d’une énergie et d’une volonté qui forcent l’admiration.

Jonathan Livingston le goéland, de Richard Bach

On a tous un peu de Jonathan Livingston…

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Dépasser ses limites, aller plus loin, oser… Oublier les contraintes, changer de vie, ne pas se laisser enfermer par la routine, découvrir autre chose. Jonathan l’a fait. Voler pour être libre, voilà ce que ce goéland a décidé. Il ne veut pas vivre comme ceux de son clan, résignés, selon des règles et des lois bien établies. Alors, jour après jour, il s’entraîne à voler plus vite, plus haut au désespoir de ses parents. Pour les autres goélands, voler n’est utile que pour se nourrir et rien d’autre. Ils décident de s’assembler en Grand Conseil et d’exclure Jonathan. Celui-ci est affligé, il se rend compte que ses semblables le rejettent sans comprendre. Il est ainsi condamné à vivre seul sur les falaises lointaines. Tous lui tournent le dos. Jonathan quitte donc ce clan.

Un soir alors qu’il se pense seul, deux majestueux oiseaux brillants viennent à lui et l’emmènent plus hauts dans les cieux. Il est loin de sa terre, de son ancienne vie. Jonathan change, devient majestueux, il a trouvé une nouvelle famille qui partage les mêmes idées que lui. Jonathan n’en finit pas d’apprendre et de se perfectionner. Il a trouvé son maître, Sullivan, qui est admiratif. Avec le plus ancien, Chiang, il va apprendre la confiance, l’amour, la liberté. Et puis, le jour vient où, à son tour, Jonathan le goéland transmet son savoir…Un éternel recommencement.

Ce récit est en trois parties, la première relate la soif de changement de Jonathan, la seconde son exil et dans la troisième on découvre le goéland en maître d’apprentissage.

Cette histoire peut largement s’adapter à l’homme.

C’est parce que des hommes veulent en savoir toujours plus que le monde mute et progresse. Rester à faire les mêmes choses, refuser d’évoluer fait stagner. Un petit bémol cependant car, pour pouvoir agir, il faut être libre mais la société ne nous offre pas toujours cette possibilité. Il y aura toujours des contraintes. Montrer à l’autre qu’il faut qu’il change ne plaît pas forcément. Cela peut attiser colère ou jalousie. Nous sommes responsables de nos vies que nous construisons aussi sur des savoirs, sur des manières d’être, transmises par nos parents, qui les ont reçus de leurs parents et que nous enseignons à notre tour à nos enfants…..Chacun veut léguer un savoir et c’est logique.  Mais avoir notre propre ouverture d’esprit, notre propre opinion est aussi une forme de liberté. Chacun doit vivre selon un idéal, nous sommes tous différents et il faut réussir à rester soi-même. Si on pousse le raisonnement, on peut préciser que tout progrès peut aussi donner du pouvoir et que le pouvoir mis entre les mains de gens mal intentionnés peut être dangereux …mais ceci est un autre débat….

Je trouve que Jonathan Livingston le goéland peut être comparé à un conte philosophique.

Le paradis, c’est simplement d’être soi-même parfait.

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L’apprentie sage -femme, de Karen Cushman

Leçon de vie…

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L’histoire se passe en Angleterre, au Moyen-âge. Une jeune fille d’une douzaine d’années, affamée, sale, tremblante, est découverte dans un tas de fumier par la sage-femme du village. Moyennant gîte et couvert, elle se met au service de cette femme qui a besoin d’une apprentie. Celle-ci est très autoritaire et voit bien le profit qu’elle pourra tirer d’une telle situation. La gamine fait toutes les plus sales corvées et suit Jane la sage-femme dans toutes ses interventions. Celle-ci va l’appeler Cafard. L’enfant redouble d’efforts dans son travail pour être sûre de pouvoir rester…Au fil du temps, elle observe les gestes de Jane lors des accouchements et apprend vite. Un jour, alors que Jane s’absente, Cafard intervient auprès d’une femme et fait naître avec succès son enfant. La nouvelle fait le tour du village et sa maîtresse rentre dans une colère noire l’accusant de lui prendre sa clientèle.

La fillette va réussir petit à petit à se faire une place, elle, la « sans nom « , la « sans famille », elle si souvent moquée ! Elle va apprendre un métier, avoir des projets. Mais rien ne se fera facilement, les embûches, les obstacles seront son quotidien mais c’est une battante. Elle fera des rencontres qui vont l’aider.

Dans ce roman, la quête de l’identité est mise en avant et pour notre héroïne cela passe par un prénom qu’elle se choisira. Ensuite le savoir, l’apprentissage, la transmission sera très important si elle veut s’en sortir. L’auteur, très intéréssée par l’époque médiévale retranscrit avec justesse le Moyen-Age et la culture populaire

Souvent adapté au théâtre, ce roman a obtenu la récompense du prix littéraire Newbery en 1996, récompensant le meilleur livre jeunesse américain.

Mythes du monde entier illustrés, Collectif – ill. Anja Klauss

Il était une fois la vie

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L’homme a inventé des histoires pour trouver des explications aux choses de la vie. Pour nous faire comprendre ce qui nous entoure, des fables et des mythes ont été créés partout dans le monde. Au fil du temps, ces contes ont évolué et sont restés très captivants.

Mythes du monde entier illustrés nous livre dix-huit de ces contes qui évoquent tous une partie de l’origine de la vie. Comment sont arrivées les saisons, comment les animaux ont été choisis pour représenter chaque nouvelle année chinoise, l’origine des vents ?

Ce livre est magnifique avec de superbes illustrations colorées, une couverture « matelassée » qui donne du cachet à l’ouvrage. Une réelle invitation au voyage de l’Afrique au Japon, en passant par l’Irlande, le Brésil, l’Australie ! Un beau moment de lecture à partager sans modération.

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Quelle chance ce manque de pot ! de Catherine Zarcate

La faute à pas de chance

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Ali Cogia est cordier dans une ville d’Orient. Il fabrique des cordes pour le matériel de pêche. Mais malgré un travail acharné, Ali est pauvre, il gagne difficilement sa vie. Il a une femme et beaucoup d’enfants. Mais malgré tout, il est heureux, sa maison est toujours remplie de rires, c’est le bonheur. Ali est un homme courageux, honnête et sérieux.

Un jour, deux marchands qui passent par là, s’arrêtent devant sa boutique et s’assoient. Ils sont en pleine discussion. Un sujet les oppose. Pour rendre riche un homme pauvre, il suffit de lui donner de l’argent. L’un est d’accord, l’autre pas. Ils décident alors d’en avoir le cœur net. Ils vont choisir un homme pauvre, lui donner de l’argent et voir ce qui va se passer. Ali est connu pour être un homme de condition modeste donc les marchands ne vont pas plus loin et s’adressent à lui. Fortement étonné par leur démarche, le cordier a un mouvement de recul, se méfie et refuse. Mais les deux hommes lui expliquent que c’est un pari et qu’il doit accepter. Ali finit par accepter l’argent et au bout de six mois, les marchands repasseront pour voir comment a évolué sa situation.

Mais Ali ne va pas avoir beaucoup de chances et commence pour lui une série de catastrophes plus cocasses les unes que les autres. Alors quelle va être maintenant la vie de cet homme ?

Quelle chance ce manque de pot ! est un conte sur le rapport des hommes à l’argent. Je devrais dire plutôt certains hommes. L’argent est le symbole de pouvoir mais perd on pour autant les valeurs qui ont pu être les nôtres, les valeurs que nos parents nous ont inculquées ? Avoir de l’argent est-ce devenir mauvais et insensible ? Catherine Zarcate nous montre avec ce récit que la richesse ne détruit pas tout et que l’on peut rester généreux et simple. Ici, les hommes riches sont merveilleux et ne pensent qu’à faire le bien autour d’eux. Ce conte est rassurant et nous donne confiance en l’être humain.

A souligner les illustrations en noir et blanc qui accompagnement d’une belle façon le texte.

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