Bo , l’enfant pluie, de Günter Preuss

A la recherche de l’or bleu…

Au milieu du désert africain de Kalahari, le climat est rude, l’atmosphère pesante et le soleil, telle une hache incandescente, rend la vie, la survie très difficile ; la faune, la flore et  les Bochimans – peuple vivant de la pêche et de la chasse-  sont en souffrance. Tout le monde est dans l’attente de la Grande Pluie qui redonnerait vie à la nature et qui permettrait aux hommes, aux femmes et aux enfants de ne pas mourir de soif.

Parmi le groupe des Bochimans vivent deux amis, Bo un jeune garçon, futur chasseur futé et courageux et son amie Ada tout aussi courageuse et intelligente que lui ; les deux amis subissent la chaleur accablante, le manque d’eau mais, malgré leur épuisement, ils cherchent des solutions pour tenter de sauver au moins quelques membres de leur tribu. Un jour, Ada remarque que tout le monde souffre sauf les babouins, quel est donc leur secret ?

Après être allé secrètement chercher des conseils auprès du Grand Chef Ouh-Ouh, Bo fera tout ce qui lui est possible pour éclaircir ce mystère, quitte à désobéir à son père, à mettre sa vie en danger et à mettre en péril ses chances de devenir un chasseur reconnu et respecté de tous.

 

Une histoire agréable à lire qui fait prendre conscience que tout le monde ne vit pas dans le même confort et les mêmes richesses naturelles.

 

 

La guerre des clans, 2. A feu et à sang, de Erin Hunter

 

La guerre des clans, cycle I, livre 2. A feu et à sang, d’Erin Hunter

Résultat de recherche d'images pour "a feu et à sang"Coeur de Feu est enfin devenu un valereux guerrier du clan du Tonnerre après de nombreux jours d’apprentissage auprès d’Etoile Bleue. Mais le clan du Vent a disparu, chassé de son territoire par celui de l’Ombre. Mais son chef, Etoile Brisée, martyrise sa tribu et a tué son père pour devenir le chef et son clan ne se porte pas bien, aussi bien physiquement que moralement. Après une assemblée agitée, Coeur de Feu et Plume Grise sont chargés de retourner chercher le clan du Vent mais la saison des neiges approche à grandes pattes et le temps presse. Mais les deux autres tribus ne vont-elles pas essayer de s’interposer pour avoir un plus grand territoire de chasse ? Ou vont-elles  attaquer le clan du Tonnerre pendant que deux de leurs guerriers sont partis ?

Ce deuxième tome du cycle 1 est tout aussi plaisant à lire que le premier, peut-être même plus ! Notre héros, Coeur de Feu vit de grands moments, épaulé par son clan mais il se trouve que certains membres ont toujours une rancoeur envers son passé de chat domestique, surtout Griffe de Tigre, le lieutenant d’Etoile Bleue, qui n’aime en aucun cas Coeur de Feu. Notre chat roux préféré excellait dans tous les domaines : la chasse comme la guerre. L’auteure décrit très bien toutes les scènes ce qui nous permet de nous les imaginer à la perfection. J’ai toujours envie de continuer à lire cette magnifique série car il n’y a vraiment aucune longueur dans toutes ces actions. Vivement que le C.D.I possède les tomes suivants !

Guillaume, 13 ans – 3ème, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Au ventre du monde, de Gilles Barraqué

Histoire de la fille-garçon

Paohétama vit au-ventre-du-monde,M98570sur l’île de Notre Terre avec son grand-père, Ipomatomé, le maître pêcheur. Elle a perdu ses parents alors qu’elle était encore très jeune. Son grand-père se fait vieux et il sent qu’il ne lui reste plus beaucoup de temps. Il aimerait partager ses connaissances sur la pêche et former son successeur… mais il ne peut choisir Paohétama car les filles n’ont pas le droit de pêcher. C’est tapu. Avec l’accord du chef du village et de son sorcier, il décide de transformer sa petite fille en garçon et ainsi de lever le tapu. Désormais, Paohétama est la fille-garçon. Avec son crâne rasé, elle se bagarre avec les garçons, se baigne avec eux… et apprend à pêcher. Ipomatomé va tout lui enseigner : Comment récupérer la nacre, pêcher les poissons, élever les coquillages mais aussi à reconnaître les dangers : le vent qui tourne, les hommes-cochons qui habitent sur Autre-Terre. Mais avant toute sortie en mer, il faut penser à remercier le grand dieu Oana qui les laisse se servir. Mais Oana se laissera-t-il berner par la supercherie du maître pêcheur ?

Voici un livre qui sent bon l’exotisme. Les descriptions des paysages et profondeurs marines sont magnifiques et nous font voyager. On y découvre une tribu et ses coutumes. La vie y est paisible et pourtant dure. On s’attache beaucoup à Paohétama qui partage avec nous ses doutes et ses appréhensions. Ce livre n’est certes pas aussi rythmé qu’un roman d’action mais on se laisse vite prendre par l’histoire. Dans la seconde partie de l’oeuvre, la fille-garçon va se lancer un défi et le rythme s’accélère un peu : elle part en effet découvrir d’autres îles, cela rappelle les romans d’explorateurs. J’ai aussi beaucoup apprécié la morale que l’on découvre au fil de l’intrigue : se méfier des on-dit souvent là pour nous faire peur alors qu’il n’y a justement aucune raison d’avoir peur. L’idéal serait bien entendu de se plonger dans ce livre sur la plage au soleil mais vous pouvez aussi le lire chez vous.

Niourk, de Stefan Wul

Planète radioactive

En 500 ans, notre planète a totalement changé. Les hommes sont retournés dans un état primitif et vivent comme des hommes préhistoriques. La tribu de Thôz – le chef – vit dans l’ancienne mer des Caraïbes, asséchée, au milieu des squelettes de baleine, entre la chaîne Cuba au Nord, les monts Haït à l’Est et le massif Jamaï. Dans la tribu se trouve l’enfant noir, mis à l’écart à cause de sa différence. Un jour, le Vieux Sage, Celui-qui-sait-tout, « parti vers la ville des Dieux », Santiag. A son retour, l’enfant noir devra être sacrifié. Mais il ne revient pas. L’enfant noir suit alors ses traces et le retrouve dans les ruines de la ville abandonnée. Mort. L’enfant noir décide alors de prendre sa place et de devenir Le Vieux Sage, en mangeant sa cervelle. Mais pendant son absence, le feu a fait rage près du campement de la tribu qui a été obligée de fuir. L’enfant noir part alors à sa recherche, accompagné d’un ours. Puis, la tribu décide de se lancer dans un périple de plusieurs mois pour rejoindre l’immense ville abandonnée de Niourk.
Ce roman de Stefan Wul est devenu un classique de la littérature de science-fiction. Je l’ai lu il y a environ deux ans, et lorsqu’un élève de 3ème m’a demandé si la chronique était sur le blog – il l’a commencé mais n’a pas réussi à le terminer- , je lui ai proposé de la faire… Je pensais que je pourrais faire cela vite fait avec mes souvenirs, mais en le refeuilletant, je me suis rendu compte qu’il était plus riche que ce que mes souvenirs me laissaient. Il a donc fallu que je le relise. Et j’avoue avoir mis un certain temps. Le style est simple mais assez froid. Le but de l’écrivain n’est donc pas que l’on s’attache à tel ou tel personnage. D’ailleurs l’enfant noir évolue sans nom tout au long du récit et les personnages parlent d’eux-mêmes à la troisième personne ce qui met entre eux et le lecteur une certaine distance. C’est la situation en tant que telle qui est intéressante, faite de nombreux non-dits. Les Hommes ont détruit la planète et vivent désormais comme des hommes préhistoriques se nourrissant grâce à la chasse, et devant combattre des monstres – poulpes mutants suite à la pollution radioactive. La ville de Niourk est celle de New York et les Dieux sont les personnages représentés sur les nombreux panneaux publicitaires qui restent dans les villes fantômes abandonnées par les hommes « civilisés » de la société de consommation quelques siècles plus tôt.
Ce livre n’est pas de celui qu’on dévore et qu’on ne peut lâcher, surtout à la deuxième lecture. J’avoue avoir eu du mal à le finir la deuxième fois. Pourtant, lorsqu’on le referme, il reste une impression très profonde et une sorte de malaise. Les thématiques sont très riches : les dangers du nucléaire et de la pollution radioactive (publié en 1957, l’auteur devait avoir en mémoire le drame du bombardement atomique d’Hiroshima. Il préfigure aussi les catastrophes nucléaires de Tchernobyl et Fukushima et leurs conséquences). La mer s’est asséchée, les espèces ont évolué en monstres. La place et le pouvoir de la consommation dans la société actuelle, Le personnage de l’enfant noir, quant à lui, évoque le passé des Caraïbes comme terre d’esclavage. Atavisme de la population noire ayant vécu sur ces îles des siècles plus tôt.
Proposé en lecture dès 11 ans sur la quatrième de couverture, je conseille néanmoins ce livre qu’à partir de la 3ème, et pour lecteurs avertis. Assez long, dense, fait de très nombreux non-dits, il ne se lit pas forcément facilement. De plus certains passages sont assez violents et « glauques » : lorsque l’enfant noir mange la cervelle du Vieux, lorsqu’un bébé de la tribu est emporté par le courant alors qu’il se trouvait dans les bras de sa mère, lorsque les poulpes attaquent la tribu, les attachent et les choisissent lentement pour les dévorer sous les yeux de leurs compagnons !

Le CDI possède également la bande dessinée d’Olivier Vatine, abordable dès la 5ème.