Le prix de chaque jour, de Mireille Disdero

L’autre côté du miroir…

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Quelle que soit l’épreuve qu’il faille combattre dans notre vie, le traumatisme est présent et souvent difficile à surmonter. On pense au passé, on n’évoque pas l’avenir car c’est trop douloureux. Comment faire pour oublier, quand la blessure est toujours là pour nous rappeler que tout s’effondre.

Laurie, 16 ans, se souviendra à jamais de son retour de vacances. Elle avait des projets plein la tête, des rêves comme toutes les adolescentes de son âge. Elle était avec sa mère. Mais il y a eu ce choc, ces tôles froissées, ces cris, le sang, la peur, les larmes……

A l’hôpital, Laurie est face à ce miroir qui lui renvoie une image en demi-teinte, un visage dont un côté reste sans expression, comme figé. C’est le drame pour Laurie qui est abasourdie. Ce n’est plus elle. Comment va t-elle faire pour vivre avec cette figure cassée, une figure qui n’exprimera sans doute plus rien … comme laissée en veille.

Le prix de chaque jour est un beau roman tendre et émouvant. Il met en scène un moment important de la vie de Laurie. Un moment qui va bouleverser son existence sans la détruire, car une rencontre va l’aider à comprendre que, quoiqu’il arrive, la vie est belle et vaut la peine d’être vécue. Un moment ressenti de l’intérieur, avec les émotions d’une jeune victime qui trouve les mots pour exprimer ses doutes, ses angoisses mais aussi ses espoirs.

Les beaux lendemains de Saint-Chanas, de Véronique Lesimple

Au revoir les fantômes…

1919…. La France encore meurtrie par des années de guerre essaie de renaître de ses cendres. Les hommes, des survivants de combats acharnés, meurtris par leurs blessures morales et physiques, errent dans une vie qui ne leur appartient plus, dans une vie pleine de fantômes et de cauchemars. Armand, jeune lieutenant, est de retour et trouve un poste de régisseur dans un château, dans la Drôme, grâce à un ami d’enfance. Un domaine qui perd pied depuis la mort du baron, délaissé par les occupants qui ont sombré dans la douleur et le chagrin. Seul, le personnel essaie tant bien que mal de s’occuper de la propriété. A son arrivée, Armand fait la connaissance de Louise, une veuve inconsolable, murée dans sa souffrance, qui ne quitte plus sa chambre et d’Hubert son frère, qui a perdu la vue dans les tranchées. Ce dernier végète dans un état dépressif depuis plus d’un an, attendant que la mort vienne le chercher. Tous deux n’ont plus la force d’affronter la réalité et se laissent aller dans leur malheur. Charles, le petit garçon de Louise émeut Armand. Du haut de ses quatre ans, ce pauvre petit bonhomme, orphelin d’un père et délaissé par sa mère est le seul qui anime les couloirs lugubres et sans âme de la bâtisse. Armand a le sentiment que son travail l’aidera à chasser ses angoisses, à surmonter son traumatisme et peut être à se reconstruire. Lui qui a vu tant d’hommes mourir, tant de compagnons tomber au front…Il pourra compter sur mamie Rose, la dévouée cuisinière, au service de la plus grande famille de la région depuis tellement d’années.La guerre l’a endurci, les combats ont brisé sa jeunesse. Il essaie d’entrevoir son avenir sans trop y croire. Mais là, à Saint-Chanas, il compte bien aider les châtelains à remonter la pente, à reprendre pied dans la vie. Malgré toute sa bonne volonté et sa détermination, réussira t-il à leur redonner le goût de vivre ?

Les beaux lendemains de Saint-Chanas est une merveilleuse histoire humaine. Sous la plume de Véronique Lesimple, les portraits d’hommes et de femmes brisés par les ravages d’une guerre se succèdent et nous font comprendre combien le quotidien de l’après-guerre a été éprouvant. La perte d’un père, d’un époux, d’un fils, la fin tragique pour de nombreux soldats, ont plongé les familles dans les entrailles d’une existence qui devait continuer malgré tout. Et que dire de tous ces mutilés, de tous ces survivants dont le retour dans les foyers ne fut pas simple. Ils reviennent mais ont du mal à retrouver leur place, à être compris par des proches qui paraissent si loin de la réalité de leur souffrance. Plus rien ne sera comme avant, le passé sera leur seul compagnon de route, un compagnon solitaire hanté à jamais par les horreurs des combats.
La reconstruction psychologique est le thème principal de ce roman. Les personnages sont attachants et émouvants, ils se dévoilent au fur à mesure que progresse l’histoire. Le lecteur se plonge vite dans cette ambiance d’après-guerre avec une population qui essaie d’avancer, avec un mode de vie qui se modernise. L’électricité fait son apparition ainsi que l’eau courante et le téléphone. On prend plaisir à partager les balades en automobile qui révolutionnent le quotidien. Un souffle nouveau comme une bouffée d’oxygène qui viendrait balayer les stigmates encore profonds des atrocités des quatre dernières années. Renaître pour faire vivre les souvenirs, renaître pour dire oui à la vie.

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Vol 508 à la vie à la mort, de Pascale Perrier

Une marche miraculeuse…

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Le 24 décembre 1971 à la veille de Noël, Juliane, 17 ans, prend un avion de ligne avec sa mère à Lima, en direction de Pucallpa, en Amazonie péruvienne. Elle rejoint son père biologiste pour passer les fêtes. Le vol ne doit durer qu’une heure. Trente minutes après le décollage, l’appareil pris dans un orage, se disloque et s’écrase en pleine forêt. La jeune fille toujours attachée à son siège, part en chute libre avant de s’immobiliser sur le sol. Elle est la seule survivante des 92 passagers et membres de l’équipage. Pendant onze jours, elle erre dans la jungle pour trouver un village tout en cherchant de quoi se nourrir et se soigner. Une histoire inspirée de faits réels.

La jungle d’ordinaire hostile, va devenir une bulle de protection pour cette adolescente tombée du ciel. Alors qu’elle est seule, livrée à elle-même, cet environnement lui donne de l’eau, de l’ombre, lui sauve la vie. Juliane connaît cet endroit car ses parents, des chercheurs, y avaient installé une station biologique dans les années 60. Juliane est née au Pérou où toute la famille s’est installée.

Quand elle reprend conscience, après l’accident, elle se dit qu’attendre les secours lui sera fatal. Son père lui a toujours expliqué qu’il faut trouver un cours d’eau et le suivre quand on est perdu en pleine jungle. Elle décide alors de marcher. Elle est blessée, elle souffre psychologiquement et physiquement mais pourtant elle s’accroche. Au cours de sa progression, elle va tomber sur des restes de l’avion et va trouver des bonbons qui seront sa seule nourriture pendant ses 11 jours de dérive. Elle doit s’accrocher pour tenir, elle doit s’accrocher pour s’en sortir. Elle sait qu’elle ne doit pas s’arrêter, s’arrêter c’est mourir. Elle a ce sentiment troublant qu’il faut qu’elle fasse quelque chose. Et puis ce silence…Un silence pesant qui la poursuit, un silence qui contraste avec le fracas de la tempête, avec le vacarme étourdissant qui a précédé la catastrophe…Que dire de ces visions d’horreur, quand Juliane tombe sur des morceaux de l’avion, quand elle voit des cadavres.. Elle se résout à ne plus chercher de survivants, à arrêter de crier pour trouver quelqu’un. Elle est seule et ne peut compter que sur elle. Juliane fait aussi une promesse : si elle s’en sort, elle passera sa vie à défendre cette forêt qui la protège. Julianne est impressionnante de courage, de ressources. Elle fait preuve d’un sang froid indescriptible.Tout ce qu’elle a appris de son père lui permet de rester en vie. Elle se bat. Mais survivre c’est aussi être entre la douleur de la perte de tous ces passagers, en particulier sa maman et la culpabilité d’être en vie. Pourquoi elle et pas les autres ?

Une histoire vraie qui bouleverse. Un miracle dont Juliane ne sortira pas indemne. Sa culpabilité d’être en vie, les derniers mots de sa mère pendant le crash, les cauchemars qui ont accompagné sa reconstruction ont laissé des traces que le temps peut atténuer mais ne peut pas effacer. Pascale Perrier a écrit Vol 508 à la vie à la mort à la première personne donc tous les ressentis de Juliane sont percutants, le lecteur reste dans les pas de l’adolescente.

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