Réseau clandestin et liberté.

La bonne couleur, de Yaël Hassan.

Max a 15 ans et vit dans un monde soumis à la dictature. L’entraide est bannie, des livres qui vont à l’encontre de la pensée actuelle ont écouleur300-1b4e3té détruits…
A l’école, des  couleurs d’uniformes différentes ont été choisies selon si l’on est considéré comme l’élite (violet) ou bien comme exclus de tous et « nul » (brun). Max, qui était excellent jusqu’à aujourd’hui, se retrouve avec un uniforme brun et est donc sujet à des humiliations et des exclusions. Il porte cet uniforme parce qu’il s’était lié d’amitié avec Félix, le vieil antiquaire qui habitait en dessous de chez lui et a été dénoncé.  Il s’intéressait à de nombreux objets qui étaient dans sa boutique mais surtout au récit du vieil homme sur la vie d’avant que Max trouvait bien mieux. Magda, sa maman, les surprend une nuit et Félix se fait arrêter. Il a juste le temps de glisser à Max Seul dans Berlin, un livre sur la résistance allemande antinazie. On apprend quelques temps plus tard que le vieux Félix est mort… un suicide, est-ce vraiment le cas ? En même temps on nous raconte la libération de Jo, le père de Max, qui fait partie du réseau de Félix.
Va-t-il poursuivre son travail, que vont-ils mettre en place? Reviendra-t-on à une démocratie ?
L’auteure de ce livre nous montre une société où tout le monde est surveillé et fiché : les élèves selon leur mérite sont classés par ordre de couleur. Le titre pourrait, si on ne lit pas le livre, nous faire directement penser à une histoire de couleur de peau. L’auteure crée un personnage, Max, qui est un enfant qui refuse de rentrer dans le moule, et qui réagit. D’un autre coté, un vieil homme, Félix, qui est présent pour transmettre son savoir sur le passé à une génération future pour que celle-ci puisse assurer la suite et amener à un monde plus serein.
Ce livre est un livre très intéressant et facile d’accès pour  les élèves. Même si par moment il est un peu compliqué de se situer dans l’histoire parce qu’il y a de nombreux retour en arrière.
Ce livre a obtenu le prix NRP en 2006.

 

Journal, Anne Frank

A découvrir dans le cadre de la commémoration des 70 ans de la libération du camp d’Auschwitz et de la venue de Mme Obeuf, ancienne déportée, mardi 10/02

Entre les murs

La jeune Anne Frank fête ses 13 ans en juin 1942. Jusque-là, malgré les lois antisémites qui la contraignent à se rendre au lycée juif et qui ont obligé la famille à quitter l’Allemagne pour les Pays-Bas avant la guerre, la jeune fille mène la vie de n’importe quelle adolescente de son âge, partagée entre le collège et les discussions avec ses amies à propos de ses résultats scolaires et des garçons. Pour son anniversaire, le 12 juin, elle reçoit un carnet dont elle va se servir de journal intime.

A peine un mois plus tard, les persécutions contre les Juifs s’intensifient. Les Allemands qui ont envahi les Pays-Bas deux ans ont désormais pour ordre de rafler tous les Juifs. La famille Frank, accompagnée par une autre famille, les Van Daan, ainsi que d’un ami dentiste, M. Dussel, vont devoir se réfugier dans l’Annexe, un minuscule appartement caché au-dessus de la société du père d’Anne. Dès lors, une vie coupée du monde, silencieuse, secrète, va s’organiser dans l’Annexe afin d’échapper à l’ennemi. La petite société va être ravitaillée par des amis du père d’Anne. La jeune Anne va alors confier, jour après jour, ses craintes et ses espoirs, dans son carnet nommé Kitty.

Le Journal d’Anne Frank est un des livres qui ont marqué mon adolescence. Le récit de cette jeune fille qui parvient à conserver la fraîcheur de son âge malgré le danger et la mort qui peuvent frapper à chaque instant dans cette vie de clandestinité est particulièrement poignant. Plus poignant encore lorsque l’on connaît la triste fin de la famille. En effet, le 4 août 1944, après plus de deux ans à survivre cachées, les deux familles seront dénoncées et déportées dans le camp de concentration d’Auschwitz en septembre. Otto Frank, le père, sera le seul survivant. Anne mourra du typhus après son transfert à Bergen-Belsen dans les premiers mois de l’année 1945. Son carnet avait été retrouvé et mis de côté par une voisine et fut rendu à son père qui décida de le publier pour témoigner. Si ce texte est devenu si célèbre, ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un simple journal intime. Certes, Anne évoque sa vie de jeune fille. Mais ses écrits sont avant tout un témoignage sur la vie clandestine (avec tous les problèmes et les tensions qu’une telle contiguïté peut provoquer), sur l’occupation allemande, la montée du nazisme, les bombardements… A lire absolument ! Le livre étant en série au CDI, vous n’avez aucune excuse de passer à côté !

Tobie Lolness – La vie suspendue, Timothée de Fombelle

Fable verte

Tobie Lolness va bientôt avoir 13 ans mais ne mesure pas plus d’un millimètre et demi. Il appartient à un peuple mystérieux, qui habite le grand chêne depuis la nuit des temps.

Le roman s’ouvre sur une chasse à l’homme. Tobie, tremblant de peur et épuisé, se cache au creux d’une écorce. Depuis des jours, il est traqué par son peuple. Pourquoi ? Nous le découvrirons au fur et à mesure de la lecture, grâce à de nombreux flash-back apportant des informations quant à la situation de notre jeune héros.

Le père de Tobie, Sim Lolness, est un chercheur reconnu et apprécié par ses pairs. Un jour, il réalise une découverte qui, placée entre de mauvaises mains, pourrait bien conduire à la destruction du grand chêne et donc à l’extinction du peuple de l’arbre. Mais l’horrible Jo Mitch, aussi bête qu’avide et cruel, veut s’emparer de la découverte. Sim refuse de la communiquer à qui que ce soit. Accusée de « dissimulation d’information capitale » par le conseils des sages, la famille est contrainte à l’exil vers les Basses-Branches, une région de l’arbre peu hospitalière, synonyme de déchéance quand l’on vit dans la région des Cimes.

Tobie a 7 ans lorsqu’il arrive dans les Basses-Branches. Il s’acclimatera rapidement à sa nouvelle vie et bientôt plus aucune parcelle de cette région de l’arbre n’aura de mystère pour lui. Lors de ces expéditions, il rencontrera de nombreux habitants, parfois un peu bourrus, mais au fond fort sympathiques, avant de faire la connaissance de celle qui changera sa perception de la vie, la jolie Elisha Lee. Les deux enfants vont vite se lier d’amitié et devenir inséparables.

Quelques jours avant ses 13 ans, la grand-mère de Tobie, une femme riche, méchante et très avare et qui vit toujours dans les Cimes, décède. Maïa, la mère de Tobie, souhaite lui faire ses adieux. La famille, prévenue quelques jours auparavant qu’elle était de nouveau admise dans les hauteurs de l’arbre, décide donc de faire le voyage. En remontant l’arbre, Sim Lolness ne peut que constater que ce qu’il avait prédit des années plus tôt est en train de se réaliser. A force de constructions et de créations de tunnels, l’arbre est en train de mourir. Les Lolness ne reconnaissent plus ce monde dominé par l’argent et la peur de l’autre. Enfin arrivés dans leur ancienne cité, ils ne tarderont pas à tomber dans le piège tendu par le cruel Jo Mitch qui règne désormais en tyran sur l’arbre et sème la terreur. Seul Tobie parviendra à s’enfuir, laissant malgré ses parents aux mains du sinistre individu et entamant une aventure hors du commun pour échapper aux hommes de main de Mitch et à tout son peuple gouverné par la peur… Le jeune garçon va alors tout mettre en oeuvre pour retrouver ses parents et tenter de rester en vie !

Tobie Lolness est donc à la fois un passionnant roman d’aventure mais également une fable, une réflexion sur la nature, les désastres que l’homme peut causer à l’environnement mais aussi sur la montée du totalitarisme et du racisme dans la société. Le grand chêne apparaît donc vite comme une métaphore de notre planète et Timothée de Fombelle introduit dans ce microcosme imaginaire de nombreux sujets d’actualité comme la déforestation, le réchauffement climatique ou encore la peur de l’étranger.

J’ai vraiment adoré ce livre livre riche en rebondissements et qui a le mérite de faire réfléchir les ados tout en les divertissant. En outre, les illustrations de François Place sont très jolies et contribuent à rendre cette lecture des plus agréables. J’ai donc hâte de lire le second tome, Les Yeux d’Elisha, puisque  -sans vous révéler la fin- le premier se termine sur un rebondissement poussant Tobie à repartir à l’aventure…

Océania, tétralogie d’Hélène Montardre

Contre vents et marées…

Océania, 1. La prophétie des oiseaux,d’Hélène Montardre

L’histoire se passe dans un futur qui semble proche. Flavia, une jeune fille de 16 ans vit avec son grand-père, Anatole – guetteur d’oiseaux – , qui l’a élevée après la mort de ses parents, 2 scientifiques célèbres, victimes d’un attentat alors qu’ils se rendaient en Amérique lorsqu’elle était bébé. S’il n’est pas fait mention de l’endroit exacts où ils vivent, le décor laisse imaginer qu’il s’agit d’un petit village isolé de Bretagne. Flavia et Anatole sont quasiment les derniers habitants de cette partie de la France. Toute la population a déserté les zones côtières en raison de la montée rapide de l’océan. Les autorités, n’ayant pas pris en comptes les multiples alertes des scientifiques, n’ont pas jugé utile de dresser une digue semblable à celle qui protège l’Amérique. Résultat : Anatole le sait bien, son observation attentive des oiseaux ne lui laisse aucun doute, les jours sont comptés avant que l’océan ne recouvre la terre. D’ailleurs, les Pays-Bas viennent tout juste d’être submergés…

Afin d’offrir la possibilité d’un avenir meilleur à sa petite-fille, Anatole la pousse à participer à un jeu télévisé (dans le genre du « Maillon faible ») dont l’enjeu est une place à bord de L’Espérance, le dernier transatlantique à partir pour l’Amérique avant que le continent ne ferme ses ports. Mais l’excellente culture générale de Flavia ne lui suffira pas à faire face au cynisme de ses concurrents. Et après un bref périple à Paris au cours duquel elle a pu prendre conscience de l’état critique de la société (surpopulation dans la ville, nombreux sans-domiciles fixes, règne du chacun pour soi…) – qu’elle ignorait (la télé ne passe quasiment plus car là où elle vit, le câble n’a pas été installé et les liaisons satellites sont coupées depuis bien longtemps). Mais son grand-père, bien décidé à l’envoyer en Amérique, la confie à son vieil ami, le Capitaine Blunt, un marin chevronné qui officie comme passeur de clandestins entre les deux continents.

Après un voyage mouvementé, rescapée d’une terrible tempête, Flavia parvient au Nouveau Monde. Elle est recueillie par Chris, un garçon de 18 ans. Ils tombent tous les deux immédiatement amoureux l’un de l’autre. Le jeune homme lui apprend vite que New-York est très contrôlée et que malgré son passeport, Flavia ne pourra pas circuler librement sans visa. Effectivement, la ville est étroitement surveillée, des patrouilles circulent nuit et jour dans les rues pour traquer les immigrés clandestins. Flavia parviendra-t-elle à s’intégrer sur ce continent qui semble si fermer sur lui-même ? Réussira-t-elle à rencontrer l’homme dont son grand-père lui a donné l’adresse ? Et parviendra-t-elle à comprendre ce que signifie le mystérieux code qu’il lui a confié ?

Ce livre, très rapidement lu malgré ses 330 pages, est captivant. Dès les premières pages, on accroche au personnage de Flavia, une jeune fille intelligente, curieuse de tout, courageuse mais qui a aussi ses faiblesses et ses humeurs. Si l’histoire d’amour et d’aventure est très bien ficelée – on a envie de lire le deuxième tome tout de suite – c’est le côté anticipation qui a surtout retenu mon intérêt. La vision du futur fait assez froid dans le dos : la nature semble vouloir reprendre ses droits sur des hommes qui se voilent la face. Les sociétés se totalitarisent de plus en plus pour faire face à l’angoisse de la population : les médias sont contrôlés, l’information censurée, les intellectuels et les étrangers sont pourchassés… Cette vision, si catastrophique soit-elle, n’est jamais exagérée. On voit comment la situation empire petit à petit sans que personne ne semble s’en apercevoir, comment on peut manipuler des peuples entiers sans que ceux-ci n’aient la moindre réaction et en pensant que toutes les nouvelles atteintes à leur liberté visent à leur offrir davantage de sécurité…

Le CDI possède également la suite de cette tétralogie :

tome 2. Horizon blanc  – Présentation de l’éditeur : « Revenue en Europe sur les traces de son passé, Flavia découvre un continent pris dans les glaces. Accompagnée d’Anita, de Roberto et d’oies des neiges, elleRésultat de recherche d'images pour "horizon blanc oceania" gagne en traîneau la base secrète de Landvik, et remet à des scientifiques la clé alpha riche des savoirs de l’humanité. Mais cette clé ne peut être lue sans… sa sœur jumelle, Amalia ! Tandis que Chris l’attend à New York avec Amalia, Flavia se confronte à son passé familial. Puis elle monte sur le brick goélette Samantha pour rejoindre celui qu’elle aime et celle qu’elle rêve de connaître… »

tome 3. Sur les ailes du vent – Présentation de l’éditeur : « Malmené par les courants et guidé par les oies, le brick goélette Samantha conduit Flavia dans les eaux turquoise du Pacifique jusqu’à l’île préservée de Laluk. Là elle découvre la vérité sur son passé… »

tome 4. Le Murmure des étoiles – Présentation de l’éditeur : « Sillonnant le Pacifique Nord sur le brick goélette Samantha, Flavia, sa mère Eva et leurs proches sont faits prisonniersOceania, Tome 4 : Le murmure des étoiles par Montardre par Peter Mallox, qui cherche à s’emparer de la clé alpha renfermant le secret d’une énergie nouvelle. Celle-ci est jetée à l’eau par Eva. Flavia et Chris s’échappent sur un scooter des mers et rejoignent l’Europe par le détroit de Béring. Leurs amis américains, eux, empruntent la voie des airs. Tous rejoignent la base scientifique de Landvik et finissent par sauver l’Arctique de la surexploitation. Grâce à Tommy, unique dépositaire du secret de l’énergie des astres, l’humanité peut envisager un avenir différent… »