Le monde à l’envers, de Claude Broussouloux

Marcher sur la tête pour mieux comprendre

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Le monde à l’envers est un recueil de douze petites pièces de théâtre qui traite de sujets du quotidien mais en en détournant le sens. Chaque personnage est détourné de sa vraie fonction. Le médecin devient malade, le gardien de prison devient truand, une fille super belle veut participer au concours de miss laideur. L’auteur dénonce certaines absurdités de notre monde pour essayer de remettre les choses dans le droit chemin, pour casser certains mythes aussi. Les situations sont cocasses, pleines de subtilités. Un ouvrage intéressant, humoristique qu’il serait bon de tester avec des élèves qui s’initieraient au théâtre !

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Libérez l’ours en vous, de Carole Trébor

Kolia, lycéen entrant en classe de 1ère L, a quitté sa Russie natale huit ans auparavant avec sa petite soeur, son père et sa belle-mère qui a imposé ce choix de vie à toute la famille. Sa mère était décédée dans un accident… Et il y a laissé là-bas un être qui lui était très cher : sa grand-mère, décédée d’un cancer voilà 4 ans… Maintenant, il vit en Ardèche. Tous ces événements de sa vie l’ont particulièrement marqué et l’ont rendu sensible et à fleur de peau.. Ses relations avec son père et sa belle-mère sont très conflictuelles et la seule chose qui lui permet de garder pied  est le club de théâtre du lycée dont il fait partie depuis longtemps avec ses amis Lisa, Cyril, Olivier, Natacha et les autres et qui est tenu par Patricia Valente, une professeur de français passionnée. Pourtant, en cette veille de rentrée, leur petit monde va s’écrouler : le groupe d’adolescents vient de recevoir un mail de leur professeur adorée : une grave maladie l’empêche de reprendre les cours à la rentrée. Elle en a au moins pour 6 mois de traitement mais ne veut pas les abandonner car ils avaient prévu de faire participer leur troupe au concours lycéen. Alors, elle a demandé au surveillant, Christophe, élève à l’école dramatique, de prendre le relais de club durant son absence et de monter Les Justes de Camus. Mais le projet va être bousculé. Le mari de Patricia leur propose de monter, en secret,  la pièce semi-autobiographique que Patricia a écrite : Merci l’ours… Il va falloir être prudent pour qu’elle ne se rende compte de rien, elle qui prend si souvent des nouvelles d’eux et de leur avancée dans la mise en scène de la pièce prévue.

Un roman sur des adolescents menant leur passion envers et contre tout, mais aussi un roman sur les relations familiales, souvent difficiles avec les parents mais privilégiées avec les petites soeurs, un roman sur la transmission, l’amitié, l’amour, l’exil.  Pour les passionnés de théâtre.

Et un grand merci à Carole Trébor pour sa dédicace !

Ombres noires pour Noël rouge, de Sarah Cohen-Scali

Un sombre Noël

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C’est Noël, Sandra et Franck se sont donnés rendez-vous. La soirée est froide mais agréable. Tandis que les amoureux se baladent, Franck est stoppé net en voyant un père Noël debout sur un toit. Rapidement, ils le prennent en photo pour immortaliser cet instant magique. Mais soudain c’est la panique, ce bonhomme rouge semble vouloir se jeter dans le vide. Sandra donne l’alerte, une troupe de badauds finit par arriver. Mais au même moment une alerte au feu retentit, le premier étage de la maison sur laquelle se trouve le père Noël se transforme en brasier. Les flammes se propagent. Les pompiers arrivent et après de longs instants d’angoisse sauvent le vieil homme. Mais si tout finit bien pour lui, il n’en est pas de même pour l’homme qui habitait cette demeure. Il est décédé dans l’incendie et les hommes du feu ont découvert des allumettes dans les poches du père Noël. Tout l’accuse mais Sandra et Franck sont persuadés de son innocence. Une enquête commence et le commissaire Diane Chabault qui la dirige est persuadée que tout ceci n’est qu’une mise en scène pour faire accuser ce vieil homme. Pourquoi et qui lui en veut au point d’imaginer un tel scénario macabre ?

Une histoire policière bien mouvementée qui va nous emmener dans les profondeurs du métro, dans le monde des sans abris et surtout va nous permettre de rencontrer les membres d’une organisation de justiciers. Diane Chabault est très perspicace et le lecteur prend plaisir à la suivre dans son enquête. Alors attention, une grande aventure jonchée de cadavres et de mystères nous attend.

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Blaise Cyrano, le raté magnifique, de Arthur Ténor

Beauté d’âme…

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Blaise de Cyrano est élève de 3ème au collège Jean Rostand. Il est amoureux de la langue française qu’il manie à merveille. Contrairement à ses amis qui ne connaissent que le langage SMS, lui, se lance dans des phrases bien construites, avec des rimes, souvent cinglantes. Tout le monde est en admiration devant une telle prouesse. Ses camarades le surnomment d’ailleurs « Monsieur Molière ». Blaise, dont le tempérament vif le met parfois dans des situations délicates, est pourtant un adolescent mal dans sa peau. En effet, le jeune garçon a quelque chose de spécial qui ne passe pas inaperçu et qui intrigue. Il affiche un visage plutôt déconcertant en raison d’un menton anormalement allongé. Mais voilà Blaise est amoureux de Roxane, une amie d’enfance, qui n’a d’yeux que pour Christian Neuvillette un beau garçon, certes, mais aux capacités intellectuelles limitées. Comment Blaise peut-il rivaliser ? Il se résout à cacher ses sentiments. Il n’ose pas avouer à son amie qu’il l’aime car il est trop laid. Cependant, par amour pour Roxane, il va aider son rival à écrire des lettres enflammées. Christian n’est pas du tout doué pour les belles déclarations et en plus il a des problèmes avec Deguiche qui le malmène. Là encore, Blaise se porte à son secours et va s’engager à le protéger.

Arthur Ténor a créé un personnage, Blaise, sur le modèle de Cyrano de Bergerac. A la différence de Cyrano dont le nez a fait la renommée, Blaise se trouve affublé d’un menton hors norme. Pourquoi pas. Je n’ai pourtant pas adhéré au style d’écriture que j’ai trouvé sans relief et lassant. Le fait de faire parler l’adolescent de cette manière ne m’a pas convaincue. Cet avis n’engage que moi. Blaise est un héros tourmenté qui néanmoins reste sensible au fait que Roxane s’intéresse à lui. Enfin quelqu’un qui n’est pas effrayé par sa particularité physique et qui reconnaît en lui des qualités. Le jeune garçon n’est pas habitué à de tels égards. En période de l’adolescence, le physique compte énormément. Tout est fait dans la société pour que le beau et le paraître soient en première ligne. Est ce vraiment ça l’essentiel ? La beauté intérieure, comme on dit, a plus de valeur. Il faut croire que non. Le titre très paradoxal « Un raté magnifique » évoque cette notion de beauté intérieure mais elle ne suffit pas. Comment s’assumer dans de telles conditions ? Alors certains essaient de compenser les différences physiques par l’humour ou en mettant en avant des capacités que les autres n’ont pas. Mais rien n’est perdu, il y a toujours une âme sensible et honnête qui vous aime pour ce que vous êtes.

Harry Potter et l’enfant maudit. Partie un et deux de J.K. Rowling, John Tiffany et Jack Thorne

Et si… ?

Résultat de recherche d'images pour "harry potter et l'enfant maudit"Presque dix ans après la publication du dernier tome de Harry Potter, Harry Potter et les reliques de la mort, J.K. Rowling propose aux mordus de cet univers magique, qui a bercé plusieurs générations, une pièce de théâtre offrant une suite aux aventures de Harry Potter, une huitième histoire.

Ce livre correspond à l’édition du texte intégral de la pièce de théâtre dont la première représentation a eu lieu à Londres en Juillet 2016. Une conception originale de J.K. Rowling.

Dix neuf ans plus tard, Harry Potter est marié à Ginny Weasley et père de trois enfants : James, Lily et Albus Severus Potter. Hermione et Ron ont une fille, Rose et quant à Drago Malefoy, il élève seul son fils Scorpius. Début de la pièce, Albus Potter se rend pour la première fois à Poudlard avec la même hantise que son père à son âge, que le choixpeau magique l’envoie à Serpentard. Harry tente de le rassurer tant bien que mal. Les relations entre Harry et Albus vont devenir tendus et compliqués au fil de l’histoire. Un jour, Amos Diggory, accompagné de sa nièce Delphi, rend visite à Harry pour lui demander une faveur, celle de faire revenir son fils Cédric Diggory tué lors du tournoi des trois sorciers par Voldemort. Car une rumeur circule : le ministère de la Magie possèderait un retourneur de temps. Cependant, Harry refuse de prendre des risques importants pour le satisfaire. Albus écoute la conversation et discute, caché d’Amos et de son père, avec Delphi. Le jeune sorcier va vouloir aider Amos, en tentant de ramener Cédric à la vie. Albus entraîne son meilleur ami dans cette aventure, Scorpius Malefoy. Les deux jeunes sorciers commencent alors un voyage dans le temps où passé et présent s’entremêlent. Ils ne mesurent guère l’ampleur des conséquences que leurs actes vont et peuvent causer.

Un plaisir avant tout de se promener à nouveau à Poudlard et dans l’univers magique de Harry Potter. Retrouver Harry, Ron et Hermione puis les personnages secondaires, professeur McGonagall, Neville Londubat et même Drago Malefoy. Un petit pincement au cœur pour les personnages morts qui nous hanteront éternellement…

Nous comprenons d’entrée de jeu qu’Albus est différent de son frère James et de sa sœur Lily, tous deux à Gryffondor. Albus porte un lourd fardeau qu’il ne parvient pas à chasser de son esprit : son père se nomme Harry Potter et il porte les noms de deux grands sorciers, Albus Dumbledore et Severus Rogue. Avec Harry, ils ne se comprennent pas. Le jeune Albus va alors se rebeller contre son père en tentant d’aider Amos Diggory.

Reproches, disputes, incompréhension, peur de ne pas être à la hauteur, les relations d’Albus et et de Harry se construisent autour de ces sentiments. Harry, orphelin, semble trouver des difficultés dans son rôle de père qu’il ne parvient pas à surmonter.

Avec cette huitième histoire, J.K. Rowling semble vouloir contenter le lecteur en racontant des fins que cette saga aurait pu avoir. Monde noir et sordide gouverné par Voldemort avec Dolores Ombrage nommée directrice de Poudlard, Ron et Hermione faisant chacun leur vie de leur côté, etc. Le retourneur de temps et les aventures vécues dans ce voyage dans le temps par Scorpius et Albus n’apparaissent que comme des prétextes afin de proposer un « catalogue de fins » à la grande saga Harry Potter. Le sentiment que l’auteure ait commencé à écrire cette pièce en se demandant « et si… ? » Par ailleurs, nombreuses sont les incohérences que je ne dévoilerai dans cette chronique pour ne pas spoiler les lecteurs. Des incohérences faisant perdre la légitimité de cet écrit.

Peu originale par ailleurs, J.K. Rowling n’invente rien de nouveau si ce n’est les enfants de nos trois héros. Elle nourrit cette pièce de théâtre d’intrigues similaires vécues dans les tomes précédents et peu développées. Revenir sur la mort de Cédric Diggory pimente le début de la pièce, sensation d’enthousiasme ne durant que quelques minutes. Très vite l’histoire s’essouffle. Nous pensions que la boucle était bouclée avec Voldemort, avec Harry et ses parents mais non, J.K. Rowling continue de creuser les ténèbres de Harry Potter que nous pensions enterrés depuis maintenant dix ans.

Quelques avantages toutefois pour nos jeunes lecteurs, ce livre se lit vite et donne envie de lire et regarder à nouveau les premiers Harry Potter ! Donc je le conseille quand même aux élèves mordus de cette saga !

Le diable et son valet, d’Anthony Horowitz

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Le diable et son valet, d’Anthony Horowitz

le-diable-et-son-valet-bisCette histoire se passe au XVIème siècle en Angleterre. Tom, un garçon du peuple, travaille dans l’auberge « La tête de cochon », un lieu misérable où Tom est battu par les Slope, les aubergistes. Un jour, son destin va changer, grâce à un mystérieux voyageur nommé William Hawkins. Tom va bientôt se retrouver dans une troupe de théâtre, mais l’ambiance y est étrange. Le soir de la première, devant la reine, le danger est tout proche…

Un récit d’aventure au contexte historique bien décrit, qui mêle faits réels et fiction. Ce livre m’a plu, il y a plein de rebondissements, les émotions sont bien décrites et des passages font frissonner…

Chloé, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de mumu58 :

Un fabuleux destin…

Angleterre, 1593. Tom, orphelin, travaille dur pour des aubergistes qui, malgré les pénibles labeurs accomplis, le considèrent comme un bon à rien. Un voyageur venant de Londres s’arrête à l’auberge. Très vite, il remarque le jeune garçon. Il a l’air de s’intéresser à Tom. Il informe les aubergistes de son intention d’emmener Tom mais ceux-ci s’y opposent. Une violente bagarre éclate, l’étranger empoigne alors le jeune garçon, le met sur son cheval et part. En chemin, le voyageur tombé en embuscade, est tué, laissant Tom seul face à son sort. La fuite du jeune garçon l’entraîne au Lion Rouge, une taverne de Enfield. Le soir de sa venue, une troupe de comédiens donnent une représentation. Le lendemain, le groupe reprend la route pour Londres emportant Tom avec lui. Tom va devoir se débrouiller dans une ville où il faut se méfier de tout le monde mais où il pourrait aussi devenir ce qu’il voudrait. Le rêve de ce garçon est de devenir acteur, il veut faire du théâtre. Une rencontre va lui donner la chance de sa vie mais va aussi l’entraîner dans des histoires pour le moins surprenantes.

Ce roman nous entraîne dans l’Angleterre du XVIème siècle, dans l’Angleterre de la reine Elisabeth. Il fait référence à des personnages ayant existé. On va même y croiser Shakespeare dans ses débuts. Les premières pages du récit nous font penser aux Ténardier dans les Misérables de Victor Hugo, un couple d’aubergistes qui exploite Cosette. L’auteur nous fait des descriptions très nettes de Londres à cette époque. Le lecteur trouvera même un plan de Londres en 1558, à l’arrière de la couverture. Les images, les odeurs sont si précises que nous n’avons pas de peine à les imaginer.

…Des chevaux caracolaient dans la boue. Des carrioles cahotaient en grinçant. Des chiens aboyaient, des vaches meuglaient, fâchées d’être menées au marché. Dans les ateliers ouverts sur la rue, des ferronniers à demi nus jouaient du marteau et beuglaient leurs instructions à des apprentis empressés. Des menuisiers en tablier de cuir sciaient et coupaient du bois. Un groupe de marins déjà à moitié ivres passa en zigzaguant, riant et chantant à tue-tête.

Et puis il y avait l’odeur. L’odeur des légumes et des épices du marché. Des fruits, frais ou avariés. L’odeur des gens, sales et suant. L’odeur des animaux.

La construction de ce roman est intéressante car le dernier chapitre apporte la réponse aux interrogations du premier chapitre et en milieu de lecture on comprend le titre donné à cette histoire. L’auteur énonce les problèmes de société de cette époque comme le travail des enfants adoptés, les maladies, les inégalités… Les chapitres sont courts et accessibles.

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A la rencontre des grands écrivains français, de collectif.

La littérature comme vous ne l’avez jamais vue !

A la rencontre des grands écrivains françaisPrésenté comme un coffret, ce livre est magnifique, d’une grande richesse. Des pages jaunies, des documents enveloppés de papier calque, des rabats sous forme de petits livres, des brouillons de lettres, de superbes photos en noir et blanc, tout y est pour nous plonger dans l’univers des écrivains français. Ce livre est une bible qui renferme le trésor de la littérature.

Avant de parvenir entre les mains du lecteur, le livre n’était que brouillon, avant d’être présentée au public, la pièce de théâtre n’était qu’une ébauche que l’auteur a travaillé et retravaillé. Les écrivains se sont succédés au fil des époques et leurs œuvres leur ont survécu. Les pensées se sont modifiées et le style a évolué.

On part du Moyen Age puis on traverse les siècles du XVIème jusqu’au XXème. Une véritable encyclopédie qui nous fait pénétrer dans l’intimité des auteurs. On n’a jamais l’occasion de lire des texte , des œuvres avec « l’écriture originale « et là c’est génial de découvrir la plume de l’écrivain, ses ratures, le produit brut. 80 auteurs sont ainsi présentés : Rousseau, Maupassant, Balzac, Hugo, Simenon, etc.

Un ouvrage qui sera très utile aux collégiens qui, je suis sûre, seront séduits par sa qualité et sa beauté… et qui convient à tout âge !