Section 13, tome 1. Jack et le bureau secret, de James R. Hannibal

Le père de Jack, 13 ans, a disparu à Londres. Avec sa mère et sa soeur Sadie, 8 ans,  ils sont installés dans une petite chambre d’hôtel le temps de poursuivre les recherches. Sa mère doit d’ailleurs se rendre dans les hôpitaux remplir divers formulaires et doit laisser ses enfants seuls. Une consigne : « Quoi qu’il arrive, ne sortez pas de cet hôtel. Compris ? […]. Je vais à la recherche de votre père. »

Pourtant, lorsqu’en allant chercher à manger dans le hall de l’hôtel Sadie croit apercevoir son père, elle ne réfléchit pas et se lance à sa poursuite… Et lorsque Jack se rend compte de cela, il quitte également précipitemment l’hôtel… Ses pas le conduisent au Bureau des Objets Perdus où il doit remplir des formulaires étranges… Sa rencontre avec Gwen, jeune employée du bureau va sonner le début de nombreuses aventures plus incroyables les unes que les autres, à la recherche de leur père…

Scarabées mécaniques, drones, labyrinthes, sous-sols, pouvoirs extraordinaires, organisation secrète, disparitions, ce mélange bien dosé d’action, d’aventure, d’imaginaire donne le rythme à ce récit qui se déroule sur fond historique du grand incendie de Londres de 1666 (qui a réellement eu lieu et crée l’ambiance de ce livre). Le rythme ne laisse pas de répit car toute l’histoire se déroule sur une seule et même journée…

A quand la suite ?

La couverture est particulièrement réussie et  une carte de Londres en début d’ouvrage séduira les adeptes ( n’est-ce pas Guillaume ?)

 

Six of crows, 2. La cité corrompue, de Leigh Bardugo

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Nous retrouvons à nouveau  Kaz et son équipe dans ce tome 2 de Six of Crows !

De retour du Palais de Glace,  Kaz et ses compagnons vont devoir affronter de nouveaux problèmes, le premier étant de retrouver Inej, enlevée par Van Eck… l’araignée prise au piège. Kz perd là une de ses meilleure équipière,  mais peut-être pas que… Kuwei étant retenu par Kaz, cela va mettre le feu aux poudres, rassemblant les puissances  Grisha pour retrouver l’otage si précieux, le fils du créateur du jurda parem, cette drogue qui enflamme le Barrel et la ville de Ketterdam. Kaz va donc imaginer un plan énorme qui pourrait bien leur permettre de finir leur vie plein aux as… Mais s’ils échouent, cela mettra fin à tout leur petit monde… Vont-ils réussir à sauver Inej ? Pourront-ils se battre contre les puissances qui vont leur faire face ? Et Kaz arrivera-t-il à ses fins ?

Après plus de deux ans à attendre cette suite, pas de déception ! Le tome 2 est à la hauteur du tome 1… Incroyable ! Les personnages et l’histoire sont ennivrants, pas moyen de s’en détacher. L’auteur nous impressionne. De l’action, des plans extraordinaires, et surtout la complexité de ce monde qu’elle a imaginé et de ses personnages. Pour ma part, je suis une grande admiratrice du personnage de Kaz qui cache bien son jeu. Un tome 2 plein de suspens qui nous amène jusqu’à la fin en nous posant constamment des questions tout au long de ses chapitres

Alors, pas besoin de le dire, foncez sur ce tome 2 et dévorez-le !

Johanne, 2de – 15 ans, ex-membre des dévoreurs de livres d’Arsène

 

Et l’avis de Mu :

Effectivement, après deux ans, ce tome était très attendu ! Et il est vraiment à la hauteur de nos espérances. On retrouve avec une joie certaine cet univers très particulier qu’a su créer l’auteur, violent, original, dense et intense, avec des personnages très réussis. Malgré le temps qui a passé, le premier tome était si fort que l’on retourne sans peine, à pieds joints, dans ce tome 2 sans quasiment avoir rien oublié du tome précédent. Les personnages à fleur de peau, des malfrats sans foi ni loi, qui bravent tous les dangers et tous les interdits pour arriver à leur fin savent néanmoins être attachant dans leurs failles. Les plans sont machiavéliques et d’une imagination assez exceptionnelle. On est également heureux que Leigh Bardugo ne soit pas tomber dans le piège de la trilogie où souvent le tome 2 est une transition un peu lente. Ici, le rythme est toujours aussi soutenu et la fin juste comme il faut. Malgré tout, elle peut ouvrir à d’autres tomes parallèles qui nous font espérer que l’auteur aura envie de reprendre sa plume pour nous mener dans ces bas-fonds de Ketterdam au milieu de sa vie de règlements de comptes entre gangs, de vengeances et de maisons closes avec une touche de fantastique un peu steam-punk si particulier. Une parfaite réussite tant dans le style d’écriture que dans l’histoire elle-même ! On ne lâche pas le livre tant les rebondissements inattendus nous tiennent en haleine, mais en même temps, parfois, on essaie de freiner le rythme car on ne veut pas avoir à refermer définitivement le livre. A chaque fois que l’on pense que l’auteur nous amène sur un chemin, il s’en ouvre un autre qui remet tout en question. Un véritable coup de coeur qui se confirme. A quand l’adaptation cinématographique ? Lecture à réserver aux plus aguerris de nos lecteurs de 3e ou aux lycéens et adultes. Des scènes assez violentes pourraient heurter les plus sensibles. Leigh Bardugo a écrit également la trilogie des Grishas – pour adultes- ,  avant Six of crows, d’où vient cet univers si particulier… J’ai vraiment envie de les lire, dès que ce blog me laissera un peu de répit pour mes lectures plus personnelles…

Le château des étoiles, vol 3 : les chevaliers de mars, de Alex Alice

Dans les entrailles de la planète rouge

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Nous avons quitté Séraphin, Sophie et leurs amis qui avaient fait une découverte importante sur la lune. De retour sur terre, ils racontent ce qu’a été leur voyage spatial et se réfugient dans un manoir breton. En effet, leur engin fait des envieux… il est donc plus que prudent de le mettre à l’abri. Le père de Séraphin, Archibald, est en voyage à Londres pour une réunion qui rassemble les savants de tous les pays. Il est question de persuader toutes les puissances du monde d’adopter l’éther pour l’évolution de la science. Mais Archibald est victime d’un attentat, le manoir est déjà menacé. La course à l’éther est relancée et la paix sur terre est compromise. L’ éthernef doit décoller avec des invités à bord mais parmi eux se trouve un clandestin.

Ce nouveau tome va nous conduire sur la planète Mars. Un beau voyage dans l’espace où se mêlent actions, émotions, de beaux combats sur mer et dans les airs. Nous nous laissons entraîner à merveille dans les aventures de nos héros. Le scénario est fort.

Quant aux illustrations, elles sont toujours aussi envoûtantes, superbes. Le lecteur plonge dans cette nouvelle histoire où les scènes sur Mars sont d’une grande beauté. Un très bel album, une couverture qui donne envie et qui invite à découvrir sans modération cette nouvelle aventure. Vivement le tome 4 !

Le château des étoiles, vol. 2 : 1869 : la conquête de l’espace, de Alex Alice

Afficher l'image d'origineA la conquête de l’espace

Nous retrouvons nos héros, Séraphin , Hans, Sophie et Archibald à bord de l’Ethernef. Un voyage forcé pour échapper aux hommes de Bismark. N’oublions pas qu’ils ont à bord le Roi Ludwig. Ils poursuivent leur ascension dans le ciel avec la ferme intention de prouver leur théorie : franchir le mur de l’éther et aller à la quête de l’immensité.
Mais tout ne se passe pas comme prévu et ils sont obligés d’atterrir sur la lune. Campement improvisé. Archibald va s’efforcer de trouver une solution pour repartir car il est décidé à ramener tout le monde sur terre. Mais le variateur qui dirige l’engin et qui est essentiel pour programmer un retour a disparu. Le mystère reste entier. D’autant que les changements climatiques ne vont pas favoriser leur condition de survie. Les vivres vont commencer à manquer et nos héros être en désaccord.
Et contre toute attente, Archibald va être confronté à la résistance de son fils et du roi. En effet, Séraphin n’a de cesse de penser à sa mère et veut comprendre pourquoi elle a disparu. Pour lui , ce voyage le rapproche d’elle et il ne veut pas renoncer si près du but. Pour le roi, il y voit une opportunité de pouvoir suprême.
Mais le roi manque à l’appel….Où est-il ? Pourquoi s’est-il évaporé ? Tous partent à sa recherche mais ce qu’ils vont découvrir va les laisser sans voix…

L’histoire est menée encore avec beaucoup de rythme conduite par des enfants toujours aussi dynamiques et plein d’espoir.On va dire qu’ils ont l’innocence de leur jeunesse. En particulier le personnage de Hans qui en toute situation ne pense qu’à manger et vient mettre de l’humour dans ce dédale de catastrophes qui vont s’enchaîner. On pourrait un peu les comparer à Robinson Crusoé mais sur la lune.
De superbes illustrations qui accrochent le lecteur et qui le plongent dans cette galaxie, dans cet infini haut en couleur. Des détails extrêmement précis et en prime on peut même admirer les plans de l’engin. Vraiment fabuleux !!! Mais en aucun cas cette bande dessinée se veut technique.
Un voyage extraordinaire avec des personnages touchants.

N’est ce pas le rêve de tout être humain de décrocher la lune, d’avoir la tête dans les étoiles ? Pour preuve, Jules Verne dans « De la terre à la lune » et Tintin dans « Objectif lune » entre autre. Tout le monde l’a imaginé et la quête de l’espace reste toujours aussi fascinante.

Nous pourrons suivre les aventures des Chevaliers de l’Ether dans  de nouveaux épisodes : « Les chevaliers de Mars » que nous espérons pouvoir vous proposer au CDI lors de leur sortie !

 

Cité 19, 2. Zone Blanche, de Stéphane Michaka

Quand le rêve tourne au cauchemar

Alocite-19,-tome-2---zone-blanche-723835-250-400rs que Faustine continue son enquête dans le Paris du XIXème siècle pour retrouver le meurtrier de la Cité, elle croise à nouveau la route des Veilleurs. Cette fois, ils lui montrent des images de personnes endormies et branchées à d’étranges machines. Soudain, parmi elles, elle croit se reconnaître et son trouble ne fait que s’amplifier lorsque les Veilleurs la traitent de « dormeuse ». Elle commence à douter d’avoir réellement remonter le temps. Le temps, justement, semble s’écouler d’une étrange manière et, plus attentive, Faustine note plusieurs anomalies temporelles : des anachronismes, comme des zeppelins ou la construction de la Tour Eiffel quelques années trop tôt.

Partis à la recherche de leur amie, Morgane et Vikram ont, eux aussi, atterri dans la capitale des années 1870. Si Vikram, de par sa couleur de peau, est pris pour un indigène de l’exposition universelle, Morgane a vite été prise sous l’aile de la veuve Sablé, la patronne d’une maison de tolérance, autrement dit une maison close.

Ce deuxième tome nous entraîne dans un Paris moins brillant, moins glorieux, moins attirant. Si aujourd’hui cette époque nous fait penser à une ville en pleine modernisation et aux multiples découvertes de la science, on en oublie la misère du peuple et le but réel des travaux entrepris à l’époque de la capitale. On aperçoit aussi l’intérieur des laboratoires de l’expérience Cité 19 et le rôle de chacun pour encadrer le rêve des cobayes. Ce deuxième opus tend donc radicalement vers la science-fiction, toujours mélangée à la mouvance Steampunk très en vogue en ce moment J’ai particulièrement aimé la seconde partie où le rêve perd de sa tranquillité à cause des anachronismes, des anomalies, des cauchemars… C’est très déroutant !

Cité 19, 1. Ville noire, de Stéphane Michaka

Meurtres à travers les siècles

Alors que Faustine rCité-19end visite à son père, garde au musée d’Orsay, elle trouve l’appartement vide : les pièces sentent le renfermé et le courrier et les prospectus s’entassent comme si personne n’y avait mis les pieds depuis un bout de temps. Au moment de partir, elle se heurte à deux policiers qui lui annoncent un peu abruptement le décès de son père. Il sont justement venus lui demander de se rendre à la morgue afin d’identifier le corps. Malgré l’insistance des deux agents, Faustine reste persuadée qu’il ne s’agit pas de son père. Qui plus est, elle est certaine que derrière toute cette mascarade se cachent les Illuministes : un groupe de passionnés du XIXème siècle qui organisent des ballades nocturnes historiques dans Paris et dont Faustine a retrouvé un flyer chez son père. Lorsqu’elle pense reconnaître l’un d’entre eux, elle le suit jusque dans une bouche de métro mais tombe sur les rails … et se réveille 150 ans plus tôt.

Ce roman particulièrement réussi est un mélange de plusieurs genres littéraires différents. Si l’histoire commence à notre époque par une enquête policière, on se retrouve bien vite embarquée avec l’héroïne dans la Paris du 19ème siècle. A l’aspect historique et policier se joint une ambiance Steampunk mystérieuse avec beaucoup de sociétés secrètes qui nous rappellent un peu les romans de Dan Brown. Mais le début de la seconde partie nous offre un contraste saisissant avec la première et nous plonge cette fois dans un roman de science-fiction. Nous y perdons un peu nos repères, nous sommes quelque peu perdus mais l’intrigue est tellement haletante qu’on se laisse emmener sans vraiment savoir où l’on va. Et c’est ce qui fait la force du livre : impossible de deviner ce qui se trame réellement derrière tous les mystères que l’auteur sème sur la route de Faustine. On se pose énormément de questions : Comment a-t-elle pu remonter le temps ? Qu’est-il arrivé à son père ? Quel est cet être mi-homme mi-animal qui assassine sur l’île de la Cité ? Qui sont les Veilleurs ? …. Cet excellent roman nous laisse en haleine avec encore beaucoup d’interrogations en attendant le tome 2 !

Le château des étoiles, 1. 1869 : la conquête de l’espace, de Alex Alice

Le rocher du cygne et ses explorateurs

Séraphin n’ealbum-cover-large-23827st encore qu’un jeune garçon lorsqu’il assiste au décollage de sa mère en montgolfière. Aventurière intrépide, elle espère pouvoir s’élever assez haut pour découvrir l’éther, une substance invisible mais qui serait présente en altitude. Les hommes cherchent à prouver son existence depuis plus de 2000 ans, depuis que Socrate lui-même l’a mentionnée dans l’une de ses œuvres. Sa maman réussit bel et bien à la découvrir, mais, hélas, elle périt peut après et ne pourra jamais en faire part ni à sa famille ni à la communauté scientifique. Depuis lors, Séraphin est passionné par l’éther et tout ce qui y touche : étoiles, planètes …. Un an plus tard, son père, lui aussi scientifique et inventeur, reçoit une lettre anonyme d’une personne qui prétend avoir retrouvé le carnet de bord de son épouse. La lettre, à laquelle est joint un billet de train, l’invite à se rendre à Füssen en Bavière en Allemagne. Mais dès la gare de Lille, d’étranges gentlemen armés de canes-épées essayent de les empêcher de prendre leur correspondance.

Sur fond de Révolution Industrielle, une période passionnante pour ses inventions et ses découvertes, l’auteur nous invite aussi à découvrir l’Allemagne romantique que les illustrations très réussies retranscrivent à merveille. En tant que professeur d’allemand, c’est l’une des nombreuses choses qui m’ont plu : voyager au cœur de la Bavière, la plus grande mais aussi la plus typique de par ses traditions des régions allemandes et surtout voyager par procuration à l’intérieur même de son emblème, le château Neuschwanstein. On y découvre Louis II, un monarque que les historiens qualifient bien souvent de fou car plus intéressé par les contes et les légendes que par la gestion de son royaume. Il s’agit là d’un personnage capital de l’album. J’ai aussi beaucoup aimé l’évocation de l’histoire mouvementée de l’Allemagne de l’époque qui n’est pas encore un pays unifié mais plusieurs provinces indépendantes et concurrentes. Mais au-delà de la matière que j’enseigne, il y a aussi l’histoire : les expériences menées, les échecs, les complots… tout cela rappelle la mouvance Steampunk. Ce fut pour moi d’ailleurs un coup de coeur lorsque, intriguée par la couverture,  je l’avais emprunté à la médiathèque et c’est pourquoi je tenais absolument à ce qu’il fasse partie du fond du CDI. Ce premier tome se finit en apothéose avec un suspens insoutenable qui nous laisse hébété en attendant de connaître la suite. Preuve s’il en est de son succès, je n’ai pour l’instant pas réussi à emprunter le seconde opus à la médiathèque car il est, depuis son achat, régulièrement sorti.