Le diable et son valet, d’Anthony Horowitz

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Le diable et son valet, d’Anthony Horowitz

le-diable-et-son-valet-bisCette histoire se passe au XVIème siècle en Angleterre. Tom, un garçon du peuple, travaille dans l’auberge « La tête de cochon », un lieu misérable où Tom est battu par les Slope, les aubergistes. Un jour, son destin va changer, grâce à un mystérieux voyageur nommé William Hawkins. Tom va bientôt se retrouver dans une troupe de théâtre, mais l’ambiance y est étrange. Le soir de la première, devant la reine, le danger est tout proche…

Un récit d’aventure au contexte historique bien décrit, qui mêle faits réels et fiction. Ce livre m’a plu, il y a plein de rebondissements, les émotions sont bien décrites et des passages font frissonner…

Chloé, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de mumu58 :

Un fabuleux destin…

Angleterre, 1593. Tom, orphelin, travaille dur pour des aubergistes qui, malgré les pénibles labeurs accomplis, le considèrent comme un bon à rien. Un voyageur venant de Londres s’arrête à l’auberge. Très vite, il remarque le jeune garçon. Il a l’air de s’intéresser à Tom. Il informe les aubergistes de son intention d’emmener Tom mais ceux-ci s’y opposent. Une violente bagarre éclate, l’étranger empoigne alors le jeune garçon, le met sur son cheval et part. En chemin, le voyageur tombé en embuscade, est tué, laissant Tom seul face à son sort. La fuite du jeune garçon l’entraîne au Lion Rouge, une taverne de Enfield. Le soir de sa venue, une troupe de comédiens donnent une représentation. Le lendemain, le groupe reprend la route pour Londres emportant Tom avec lui. Tom va devoir se débrouiller dans une ville où il faut se méfier de tout le monde mais où il pourrait aussi devenir ce qu’il voudrait. Le rêve de ce garçon est de devenir acteur, il veut faire du théâtre. Une rencontre va lui donner la chance de sa vie mais va aussi l’entraîner dans des histoires pour le moins surprenantes.

Ce roman nous entraîne dans l’Angleterre du XVIème siècle, dans l’Angleterre de la reine Elisabeth. Il fait référence à des personnages ayant existé. On va même y croiser Shakespeare dans ses débuts. Les premières pages du récit nous font penser aux Ténardier dans les Misérables de Victor Hugo, un couple d’aubergistes qui exploite Cosette. L’auteur nous fait des descriptions très nettes de Londres à cette époque. Le lecteur trouvera même un plan de Londres en 1558, à l’arrière de la couverture. Les images, les odeurs sont si précises que nous n’avons pas de peine à les imaginer.

…Des chevaux caracolaient dans la boue. Des carrioles cahotaient en grinçant. Des chiens aboyaient, des vaches meuglaient, fâchées d’être menées au marché. Dans les ateliers ouverts sur la rue, des ferronniers à demi nus jouaient du marteau et beuglaient leurs instructions à des apprentis empressés. Des menuisiers en tablier de cuir sciaient et coupaient du bois. Un groupe de marins déjà à moitié ivres passa en zigzaguant, riant et chantant à tue-tête.

Et puis il y avait l’odeur. L’odeur des légumes et des épices du marché. Des fruits, frais ou avariés. L’odeur des gens, sales et suant. L’odeur des animaux.

La construction de ce roman est intéressante car le dernier chapitre apporte la réponse aux interrogations du premier chapitre et en milieu de lecture on comprend le titre donné à cette histoire. L’auteur énonce les problèmes de société de cette époque comme le travail des enfants adoptés, les maladies, les inégalités… Les chapitres sont courts et accessibles.

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La quête d’Ewilan, 3. L’île du destin, de Pierre Bottero

Retrouvailles…

Après avoir libéré les Spires et les Sentinelles, la fabuleuse équipe se sépare dans la tristesse pour partir reprendre leur chemin. Mais le hasacouv48106323[1]rd et les épreuves aidant, c’est au final tous ensemble qu’ils repartent à l’assaut des routes pour retrouver et délivrer les parents d’Ewilan exilés et retenus prisonniers par Eléa la Sentinelle félonne.

La magie est au rendez-vous et l’équipe se renforce encore de Mathieu et de Siam la compagne de Chiam. Entre la terre et Gwendalavir, l’épopée se poursuit au rythme des rencontres, des combats, des épreuves et des métamorphoses.

Rien n’est acquis, tout reste à faire et pourtant, rien ne saurait arrêter les amis partis en quête de vérité et de retrouvailles.

Mais sauront-ils arriver à bon port malgré toutes les embûches qui se dresseront sur leur passage et ce port sera t’il aussi sûr qu’ils pourraient le souhaiter ? Rien n’est moins certain lorsque l’on sait qu’Eléa ne reculera devant rien pour mettre un terme à leur voyage et à leur vie.

Destin inattendu…

Le Maître de la septième porte, d’Evelyne Brisou-Pellen

Parce qu’ « aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années », Kélacien dit Kéla, sans l’ombre d’un doute, sera un dcouv-septiemeporte[1]escendant digne et fier de cette grande lignée du royaume celme.

Oui mais voilà : Kéla a été élevé loin de tout par son grand-père Silien et rien ne l’a préparé au fabuleux destin et à l’incroyable aventure qui l’attendent. Les voilà tous les deux partis à la rencontre de leur destinée imposée par leur lignée royale. Nul ne peut s’affranchir de son devoir lorsqu’il engage la vie d’autrui et c’est ainsi que l’enfant sans âge, va devoir affronter aux côtés de son Maître, les plus grands périls et les plus grandes découvertes qui lui permettront de tracer les lignes du
passé, du présent et de l’avenir de sa jeune vie.

Un roman un peu noir et totalement initiatique qui mène au cœur du mystère, de la magie, de l’aventure, de la vie et de la mort. L’histoire d’un jeune garçon et de son grand-père qui partent à la redécouverte d’un monde totalement oublié pour le sauver lui et les peuples en voie d’extinction qu’ils retrouvent après de si nombreuses années. Une histoire au-delà des frontières du réel qui aborde d’une façon étonnante des phénomènes de société bien actuels.

Vango – Un prince sans royaume – tome 2, Timothée de Fombelle

Traque cosmopolite bis

A la fin du premier tome, Vango découvrait que ses parents avaient été tués dans leur bateau au large des îles Eoliennes par un certain Cafarello. Dans ce second tome, le jeune homme va tout faire pour venger les siens…

Nous retrouvons notre héros à New-York, en 1929, en compagnie de son ami, le père Zefiro. Ce dernier a quitté malgré lui son monastère secret de Sicile afin de tuer Voloï Viktor, terrible marchand d’armes, et tenir ainsi la promesse faites à trois amis, vingt ans plus tôt, dans les tranchées de Verdun.

Sans que Zefiro ni Vango n’en soient conscients, les destins de Cafarello et de Viktor sont étroitement liés. Vango, lui, est toujours traqué, à la fois par la police française, par les hommes de Viktor – ce dernier ayant établi un lien entre notre héros et Zefiro (lui aussi traqué par Viktor) – et par de mystérieux russes… Dans le même temps, son histoire d’amour avec la belle Ethel est mise en danger par toutes ces courses-poursuites à travers le monde.

Plus nous avançons dans le roman et plus toutes les histoires vont se recouper. Les fils de l’intrigue semblent s’entrecroiser toujours davantage et il faudra vraiment attendre l’avant-dernier chapitre, porteur d’ultimes rebondissements, pour connaître le dénouement.

Ce roman d’aventure tient donc le lecteur hors d’haleine pendant presque 1000 pages (environ 500 pages par tome). Non seulement le rythme de l’action ne ralentit jamais mais il est même sans cesse relancé (on notera l’arrivée de nouveaux personnages et la réapparition de certains à la toute fin du roman par exemple). Les réponses ne sont jamais apportées d’un seul bloc, il faut donc assembler les pièces du puzzle; ce système pousse à toujours vouloir poursuivre la lecture.

J’ai vraiment aimé ce second tome qui insiste sur l’entraide entre générations et civilisations différentes. Une fois que les personnages semblent avoir réglé leurs problèmes personnels, ils vont se lier pour résister ensemble à l’invasion de la France par l’Allemagne. Il s’agit donc d’un texte non seulement divertissant – certains passages sont franchement comiques – mais porteur de valeurs. De la littérature dite « jeunesse », certes, mais qui mérite de ne pas rester cantonnée à ce titre !

Vango – Entre ciel et terre – tome 1, Timothée de Fombelle

Traque cosmopolite

Devant Notre-Dame de Paris, en ce jour d’avril 1934, c’est l’effervescence. la foule se presse pour assister à l’ordination des jeunes séminaristes. Au milieu du groupe, un tout jeune homme, Vango, est subitement interpellé par un gendarme. Sans lui répondre, il prend la fuite. Le commissaire Boulard lance tout un escadron à sa poursuite. Vango escalade la cathédrale et échappe de justesse à une balle. Celle-ci n’a pas été tirée par les forces de l’ordre…

Au milieu de la foule, une jeune fille a observé toute la scène. Elle connaît Vango. Elle a vu qui lui a tiré dessus, l’homme au visage de cire. Le soir même, Ethel, la jeune fille aux yeux verts, retrouve le commissaire Boulard dans un restaurant. Elle lui apporte le portrait-robot du tireur. Le gendarme lui apprend que celui qu’il poursuivait est accusé d’un meurtre.

Au même moment, Vango court sur les toits de Paris. Il est bien décidé à prouver son innocence. Pour cela, il doit se rendre au séminaire et trouver le père Jean. Pendant que nous suivons notre héros dans son escapade nocturne, nous apprenons qu’il a été diagnostiqué paranoïaque quelques années plus tôt. Lorsqu’il parvient enfin chez son vieil ami, il découvre l’inimaginable : une scène de crime. Seuls les mots « Fugere Vango » (fuir Vango) son inscrit sur un cahier. Et s’il avait bien tué le père sans qu’il n’en ait conservé le souvenir, s’il était bien coupable du meurtre dont on l’accuse, sans le savoir ?

L’action va ensuite se compliquer énormément. Le récit fait un bon en arrière afin de nous expliquer d’où vient Vango et qu’est-ce qui l’a conduit à vouloir devenir prêtre. Le passé de héros dans les Iles Éoliennes sera le fil conducteur du roman. En parallèle, nous allons suivre la fuite et la traque de Vango, qui, après avoir quitté Paris, se retrouve en Allemagne et cherche à embarquer à bord du Graf Zeppelin, sous le commandement du docteur Eckener, pour échapper à ses poursuivants.

Nous n’avons pas encore passé les cents premières pages de ce premier tome mais je préfère m’arrêter là en ce qui concerne le résumé. La suite de ce roman d’aventures pour jeune public est digne d’un grand film d’espionnage. La traque du héros va nous conduire de Paris à la Sicile, en passant par l’Ecosse, la Russie et l’Allemagne. Toute l’histoire se passe alors qu’Hitler et son national-socialisme gagne du terrain en Allemagne, laissant fertiliser dans son sillage des comportements de plus en plus nauséabonds… Vango doit donc fuir, mais cette fuite va bientôt se transformer en quête, une quête d’identité, une recherche de sa vérité.

Ce roman est vraiment captivant. Dès la première ligne, on meurt d’envie de savoir où va nous mener notre héros. L’écriture est soignée, le style très entraînant ne laisse aucun temps mort. Le fond de l’histoire est à ce point travaillé que les adolescents, à qui le livre est destiné, n’auront aucune peine à se familiariser avec la montée du nazisme ou même l’histoire d’un monastère top secret ! Décidément, la littérature jeunesse française a trouvé son maître en Timothée de Fombelle !

A la croisée des mondes, de Philipp Pullman

A la poursuite des Enfourneurs…

Cette trilogie est composée de :

  • Les Royaumes du Nord
  • La Tour des Anges
  • Le Miroir d’Ambre.

Dans le monde de Lyra, cLes royaumes duNordhaque personne est accompagnée de son daemon, un morceau de personnalité, de conscience séparée du corps et incarnée par un animal. Celui-ci peut changer de taille jusqu’à l’âge adulte, après quoi il se stabilise sous une unique forme. A Oxford, Lyra, et Pan son daemon, vivent au Jordan College parmi les Erudits. Mais aux leçons et aux sermons des Erudits, elle préfère les bagarres et les jeux avec Roger, son meilleur ami, et les enfants des gitans. Leur insouciance est cependant de courte durée. Une menace rôde : on les appelle les Enfourneurs et ils kidnappent les enfants. Lorsque Roger est à son tour enlevé, Lyra part à sa rescousse. Elle découvre alors l’existence de la Poussière, des micro-particules particulièrement présentes autour des enfants. D’après le Magisterium, église radicale mais très influente, la Poussière est mauvaise, dangereuse, et il faut l’éradiquer par tous les moyens. C’est là la mission de Mme Coulter, qui recueillera Lyra avant de révéler sa nature malfaisante. Ce sont ensuite les gitans qui aideront Lyra et qui la mèneront dans le Grand Nord. C’est de là qu’à priori provient la Poussière et c’est là qu’elle fera la rencontre de Lee Scoresby, un aéronaute qui voyage en montgolfière et de Iorek Byrnison, un ours en armure ou Panserbjorn, qui veut lui récupérer son trône.

Difficile de résumer ce livre sans trop découvrir l’histoire pour ne pas vous gâcher la lecture et le plaisir de la découverte. Car c’est de découverte en découverte, de surprise en surprise et de mystère en mystère que vous irez en vous lançant dans cette épopée. Difficile aussi de le classer tant il mélange les genres : aventure, fantastique en passant par la science-fiction et le steampunk. Sans s’éparpiller pour autant, Philipp Pullman, déjà auteur de la série Sally Lockhart, réaliser un véritable chef d’oeuvre que je lis et relis avec chaque fois autant de joie. Il n’y a d’ailleurs pas d’âge pour lire cette trilogie. Les plus jeunes aimeront l’aventure et l’action ainsi que le côté farouche et rebelle de Lyra. Les plus grands seront eux conquis par les créatures fantastiques, les objets mystérieux et le suspens. Tandis que les adultes apprécieront les énigmes scientifiques, le mélange des univers et les thèmes abordés (rite de passage, le Bien et le Mal …).

A dévorer donc ! Et de préférence avant le film, qui manque de magie et m’a personnellement un peu déçue. Et si l’épaisseur du livre vous inquiète, sachez qu’une adaptation en BD a vu le jour en septembre. Si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à nous le dire afin que nous la commandions.

Tobie Lolness – Les Yeux d’Elisha, de Timothée de Fombelle

Puisque certains élèves ont terminé le tome 1 et sont déjà en train de dévorer le tome 2, en voici la critique.

 

Difficile de raconter la suite d’un livre sans révéler la fin du premier et donc ôter une part du mystère pour ceux qui n’ont pas encore lu le début… Je me lance, en espérant ne pas trop altérer le suspens !

A la fin du premier tome, La vie suspendue, Tobie apprenait que ses parents étaient encore en vie et pensait qu’Elisha, la jeune fille dont il était amoureux, l’avait trahi. Tous les habitants de l’arbre vivaient dans la peur, sous le joug de l’affreux Jo Mitch et de Léo Blue, l’ex-meilleur ami de Tobie.

Sim et Maïa Lolness sont donc bel et bien vivants mais prisonniers de Jo Mitch- qui veut récupérer le secret d’une machine inventée par Sim pour creuser son immense tunnel plus vite. Néanmoins, avec l’aide des vieux sages, le père de Tobie va tenter d’organiser leur évasion sous couvert de cours du soir.

La belle Elisha, de son côté, est faite prisonnière par Léo Blue qui souhaite l’épouser. Elle refuse évidemment le mariage avec ce traître et use de nombreux subterfuges pour faire reculer la date fatidique.

Tobie, lui, quitte le peuple de l’herbe, les Pelés, avec lequel il a vécu ces derniers temps. Au fur et à mesure qu’il remonte dans l’arbre, il constate les dégâts causés par les travaux démesurés de Mitch : les Pelés, enfermés dans des cages, servent d’esclaves, la population vit dans une grande misère et l’Arbre paraît dans un état pitoyable.

Toujours recherché comme ennemi public numéro un, il est obligé de cacher son identité. Petit à petit, il va toutefois réussir à retrouver des connaissances sur lesquelles il pourra compter pour porter secours à Elisha et à ses parents.

Ce second tome met davantage l’accent sur les personnages et leurs sentiments que sur l’action. Si l’on suit la fuite d’Elisha et le duel entre Tobie et Léo avec intérêt, notre attention se porte plutôt sur le parcours et les motivations de chacun. Personne n’est totalement bon ou méchant – si ce n’est le cruel Jo Mitch -, si bien que l’on assiste à de nombreux retournements de situation.

La suite des aventures de Tobie Lolness demeure donc très agréable à lire en mêlant aventure et sentiments. Par ailleurs les diverses réflexions d’ordre écologique et politique sont toujours bien présentes et permettront aux jeunes adolescents de réfléchir sur différents problèmes de société tout en se divertissant. Voilà donc un roman intelligent et toujours joliment illustré par François Place.

Autre-monde – L’Alliance des Trois, Maxime Chattam

Tous pour un…

Matt, Tobias et Newton sont trois adolescents new-yorkais, amis depuis l’enfance. Bien qu’ils aient des caractères très différents, ils passent la plupart de leur temps libre ensemble. Un jour, juste après Noël, une terrible tempête éclate. Les garçons sont obligés de regagner chacun leur domicile. Ils conservent le contact via MSN et s’interrogent sur les dérèglements climatiques et les étranges phénomènes qu’ils ont remarqués ces derniers temps. Tout à coup, l’électricité est coupée.

La grande tempête a tôt fait de recouvrir le pays de neige et de plonger la ville dans l’obscurité. Matt commence à s’inquiéter sérieusement. D’habitude, les coupures de courant ne durent jamais si longtemps. Alors qu’il regarde par la fenêtre de sa chambre, il voit d’étranges éclairs bleus ramper le long des immeubles telles de longues mains squelettiques à la recherche de proies. Après leur passage, tous les adultes ou presque ont disparu, comme aspirés par la force électrique. Ceux qui restent ont muté en d’horribles monstres. Matt s’empresse de rejoindre Tobias. Ils se retrouvent alors livrés à eux-même sur une Terre complètement ravagée, très différente de ce qu’il connaissait.

Très vite, ils comprennent qu’ils doivent se méfier des adultes rescapés qui les poursuivent. Dans un milieu très hostile – la flore s’est développée d’une façon exceptionnelle, recouvrant tous les édifices – ils prennent la route pour tenter de trouver d’autres survivants. Après de nombreuses péripéties, ils vont être accueillis par les Pans, une communauté d’adolescents qui s’est organisée autour du charismatique Doug. Les enfants ont investi une île où ils vivent en autarcie à l’abri des Gloutons (adultes mutants, hideux, pas très malins mais violents) et des Cyniks (adultes très violents et pervers qui capturent les enfants).

Sur l’île, la jolie Ambre a observé des phénomènes très étranges chez ses congénères. Chaque enfant semble développer des capacités hors du commun, comme s’ils avaient subi une altération de leur être après la tempête. Ainsi, certains sont capables d’allumer du feu ou de modifier le courant d’une rivière à la seule force de leur pensée. Pendant que la vie suit son cours dans la communauté, Matt, Tobias et Ambre découvrent que des traîtres cherchent à leur nuire…

Maxime Chattam pose les bases d’une tétralogie d’aventure fantastique très prenante. On s’attache très vite aux personnages et l’intrigue est sans cesse relancée par des rebondissements. L’île sur laquelle vivent les enfants n’est pas sans faire allusion à Sa Majesté des mouches ou à Peter Pan. Si les questions d’ordre écologique en toile de fond ne sont peut-être pas traitées de manière aussi fine que l’on pourrait l’espérer, ce roman d’anticipation permettra aux jeunes de prendre conscience de l’influence souvent néfaste de l’homme sur la planète. Le livre plaira autant aux adultes qu’aux ados qui adorent ! (testé et approuvé par un de mes 3ème qui déteste par principe tout ce que je lui propose habituellement !) Bref, j’attends de lire le deuxième tome, Malronce, avec impatience.

Océania, tétralogie d’Hélène Montardre

Contre vents et marées…

Océania, 1. La prophétie des oiseaux,d’Hélène Montardre

L’histoire se passe dans un futur qui semble proche. Flavia, une jeune fille de 16 ans vit avec son grand-père, Anatole – guetteur d’oiseaux – , qui l’a élevée après la mort de ses parents, 2 scientifiques célèbres, victimes d’un attentat alors qu’ils se rendaient en Amérique lorsqu’elle était bébé. S’il n’est pas fait mention de l’endroit exacts où ils vivent, le décor laisse imaginer qu’il s’agit d’un petit village isolé de Bretagne. Flavia et Anatole sont quasiment les derniers habitants de cette partie de la France. Toute la population a déserté les zones côtières en raison de la montée rapide de l’océan. Les autorités, n’ayant pas pris en comptes les multiples alertes des scientifiques, n’ont pas jugé utile de dresser une digue semblable à celle qui protège l’Amérique. Résultat : Anatole le sait bien, son observation attentive des oiseaux ne lui laisse aucun doute, les jours sont comptés avant que l’océan ne recouvre la terre. D’ailleurs, les Pays-Bas viennent tout juste d’être submergés…

Afin d’offrir la possibilité d’un avenir meilleur à sa petite-fille, Anatole la pousse à participer à un jeu télévisé (dans le genre du « Maillon faible ») dont l’enjeu est une place à bord de L’Espérance, le dernier transatlantique à partir pour l’Amérique avant que le continent ne ferme ses ports. Mais l’excellente culture générale de Flavia ne lui suffira pas à faire face au cynisme de ses concurrents. Et après un bref périple à Paris au cours duquel elle a pu prendre conscience de l’état critique de la société (surpopulation dans la ville, nombreux sans-domiciles fixes, règne du chacun pour soi…) – qu’elle ignorait (la télé ne passe quasiment plus car là où elle vit, le câble n’a pas été installé et les liaisons satellites sont coupées depuis bien longtemps). Mais son grand-père, bien décidé à l’envoyer en Amérique, la confie à son vieil ami, le Capitaine Blunt, un marin chevronné qui officie comme passeur de clandestins entre les deux continents.

Après un voyage mouvementé, rescapée d’une terrible tempête, Flavia parvient au Nouveau Monde. Elle est recueillie par Chris, un garçon de 18 ans. Ils tombent tous les deux immédiatement amoureux l’un de l’autre. Le jeune homme lui apprend vite que New-York est très contrôlée et que malgré son passeport, Flavia ne pourra pas circuler librement sans visa. Effectivement, la ville est étroitement surveillée, des patrouilles circulent nuit et jour dans les rues pour traquer les immigrés clandestins. Flavia parviendra-t-elle à s’intégrer sur ce continent qui semble si fermer sur lui-même ? Réussira-t-elle à rencontrer l’homme dont son grand-père lui a donné l’adresse ? Et parviendra-t-elle à comprendre ce que signifie le mystérieux code qu’il lui a confié ?

Ce livre, très rapidement lu malgré ses 330 pages, est captivant. Dès les premières pages, on accroche au personnage de Flavia, une jeune fille intelligente, curieuse de tout, courageuse mais qui a aussi ses faiblesses et ses humeurs. Si l’histoire d’amour et d’aventure est très bien ficelée – on a envie de lire le deuxième tome tout de suite – c’est le côté anticipation qui a surtout retenu mon intérêt. La vision du futur fait assez froid dans le dos : la nature semble vouloir reprendre ses droits sur des hommes qui se voilent la face. Les sociétés se totalitarisent de plus en plus pour faire face à l’angoisse de la population : les médias sont contrôlés, l’information censurée, les intellectuels et les étrangers sont pourchassés… Cette vision, si catastrophique soit-elle, n’est jamais exagérée. On voit comment la situation empire petit à petit sans que personne ne semble s’en apercevoir, comment on peut manipuler des peuples entiers sans que ceux-ci n’aient la moindre réaction et en pensant que toutes les nouvelles atteintes à leur liberté visent à leur offrir davantage de sécurité…

Le CDI possède également la suite de cette tétralogie :

tome 2. Horizon blanc  – Présentation de l’éditeur : « Revenue en Europe sur les traces de son passé, Flavia découvre un continent pris dans les glaces. Accompagnée d’Anita, de Roberto et d’oies des neiges, elleRésultat de recherche d'images pour "horizon blanc oceania" gagne en traîneau la base secrète de Landvik, et remet à des scientifiques la clé alpha riche des savoirs de l’humanité. Mais cette clé ne peut être lue sans… sa sœur jumelle, Amalia ! Tandis que Chris l’attend à New York avec Amalia, Flavia se confronte à son passé familial. Puis elle monte sur le brick goélette Samantha pour rejoindre celui qu’elle aime et celle qu’elle rêve de connaître… »

tome 3. Sur les ailes du vent – Présentation de l’éditeur : « Malmené par les courants et guidé par les oies, le brick goélette Samantha conduit Flavia dans les eaux turquoise du Pacifique jusqu’à l’île préservée de Laluk. Là elle découvre la vérité sur son passé… »

tome 4. Le Murmure des étoiles – Présentation de l’éditeur : « Sillonnant le Pacifique Nord sur le brick goélette Samantha, Flavia, sa mère Eva et leurs proches sont faits prisonniersOceania, Tome 4 : Le murmure des étoiles par Montardre par Peter Mallox, qui cherche à s’emparer de la clé alpha renfermant le secret d’une énergie nouvelle. Celle-ci est jetée à l’eau par Eva. Flavia et Chris s’échappent sur un scooter des mers et rejoignent l’Europe par le détroit de Béring. Leurs amis américains, eux, empruntent la voie des airs. Tous rejoignent la base scientifique de Landvik et finissent par sauver l’Arctique de la surexploitation. Grâce à Tommy, unique dépositaire du secret de l’énergie des astres, l’humanité peut envisager un avenir différent… »

Hunger Games – tome 1, Suzanne Collins

Combat à mort…

L’action se déroule dans un futur sombre, dans ce qui reste des Etats-Unis après les sécheresses, les ouragans, la montée des océans et les guerres qui s’en sont suivies pour récupérer les maigres ressources restantes. Le pays de Panem est né, divisé en treize districts. Mais, à la suite d’une rébellion des districts contre le Capitole (la capitale), douze districts ont été vaincus et le treizième éliminé. Depuis, Panem est gouverné par des chefs intransigeants qui vivent dans l’opulence du Capitole tandis qu’une majorité de la population meurt de faim dans les districts sous le regard des Pacificateurs qui veillent à ce que les habitants respectent les dures règles édictées par le Capitole à la lettre afin de garantir la paix.  Mais la loi la plus terrible, qui revient marquer les esprits du peuple chaque année, est sans doute celle des Hunger Games. Les règles de ce terrible jeu annuel sont les suivantes : « Les règles des Hunger Games sont simples. Pour les punir du soulèvement, chacun des douze districts est tenu de fournir un garçon et une fille, appelés « tributs ». Les vingt-quatre tributs sont lâchés dans une immense arène naturelle pouvant contenir n’importe quel décor, du désert suffocant à la toundra glaciale. Ils s’affrontent alors jusqu’à la mort durant plusieurs semaines. Le dernier survivant est déclaré vainqueur. » Ah, oui, un petit détail qui a son importance. Le jeu est retransmis en direct à la télévision et toute la population doit le regarder. les familles des participants sont donc contraints de voir leurs enfants se faire massacrer sous leurs yeux… L’heure du grand tirage au sort annuel, la Moisson, a sonné au district douze. Tous les enfants entre 12 et 18 sont obligés d’y participer. Et plus l’âge augmente, plus le risque d’être tiré au sort est important. Effectivement, à 12 ans, le nom est inscrit une fois, à 13 ans, deux fois et ainsi de suite jusqu’à 18 ans. Mais outre ces inscriptions supplémentaires obligatoires, les enfants de familles défavorisées se retrouvent inscrits bien davantage que les autres à cause du système des « tesserae » qui représentent l’équivalent d’un an d’approvisionnement en blé et huile pour une personne. Ainsi, la jeune Katniss, 16 ans, pour être subvenue aux besoins de sa mère et de sa jeune sœur Prim, verra son nom inscrit 20 fois dans la tirage au sort. Pire pour son meilleur ami, Gale, 18 ans, dont le nom sera inscrit 42 fois ! Katniss et son compagnon de chasse Gale (tous deux braconnent pour tenter de faire vivre leurs familles aussi bien que possible) s’apprêtent donc à vivre la nouvelle Moisson dans l’angoisse d’être tiré au sort. Mais cette année est pire que les précédentes pour Katniss car sa jeune sœur doit y participer pour la première fois. Bien qu’elle se raisonne en se disant que son nom ne sera inscrit qu’une fois parmi des centaines d’autres et que la probabilité pour qu’elle soit désignée est très faible, elle ne peut s’empêcher de s’inquiéter. Ainsi, lorsqu’elle entend la voix de l’hôtesse prononcer le nom de sa sœur, le sol semble s’écrouler sous ses pieds avant qu’elle ne se précipite pour prendre sa place. Katniss va donc devoir participer aux Hunger Games. Le garçon sélectionné dans son district a le même âge qu’elle mais elle le connait à peine. Il s’agit de Peeta, le fils du boulanger. Après de brefs adieux à leurs familles, tous deux sont conduits au Capitole pour la préparation aux jeux. Pendant quelques jours, ils vont vivre dans l’opulence la plus totale, vie de luxure à laquelle ils auront droit si l’un d’eux gagne. Mais le rêve n’est que de courte durée. Bien vite, ils sont jetés dans l’Arène. A partir de là, ils ne devront plus compter sur personne et mener des combats à mort pour tenter de sauver leur peau. Ce roman d’anticipation est tout simplement génial ! Les personnages sont dessinés avec une telle finesse que n’importe quel adolescent pourra se retrouver dans l’un ou l’autre des personnages principaux. L’idée de cette télé-réalité poussée à l’extrême est d’une efficacité redoutable. L’Etat dictatorial se sert du jeu pour faire régner la terreur sur une population qu’il tient affamée à longueur d’année. Les gens ne peuvent faire autrement que regarder ce programme insoutenable et injuste. Car si tous les coups sont permis, tous les participants ne sont pas sur un pied d’égalité. Les premiers districts étant plus riches, les participants sont souvent volontaires, costauds et sur-entraînés. Face à eux, les enfants des derniers districts, affaiblis par des années de famine et de travail, ne font pas le poids très longtemps. D’ailleurs, Katniss, malgré son adresse au tir à l’arc et ses connaissances des plantes sauvages, ne se leurre pas. Voilà 30 ans qu’aucun tribut du district 12 n’a remporté les jeux, 30 ans que ces tributs sont envoyés directement à l’échafaud ! Ce roman, destiné aux adolescents, aurait pu paraître bien violent s’il n’y avait pas une histoire d’amour pour venir l’adoucir. Eh oui, juste avant le début des jeux, Peeta avoue son amour pour Katniss devant tout le pays. Mais celle-ci ne sait trop qu’en penser : est-ce une stratégie de sa part pour s’attirer la sympathie du public et tenter de rester en vie le plus longtemps possible ou est-il sincère ? Pourra-t-elle vraiment lui faire confiance une fois dans l’Arène ou n’est-ce qu’un piège pour la manipuler et lui planter un couteau dans le dos une fois le moment venu ? Riche en rebondissements, le livre tient le lecteur en haleine pendant près de 400 pages. Les notions d’entraide, de fraternité mais aussi d’insoumission face à l’ordre établi (ordre injuste) sont très bien développées. Un roman d’initiation et d’aventures fait pour distraire mais aussi pour réfléchir donc !