Le diable et son valet, d’Anthony Horowitz

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Le diable et son valet, d’Anthony Horowitz

le-diable-et-son-valet-bisCette histoire se passe au XVIème siècle en Angleterre. Tom, un garçon du peuple, travaille dans l’auberge « La tête de cochon », un lieu misérable où Tom est battu par les Slope, les aubergistes. Un jour, son destin va changer, grâce à un mystérieux voyageur nommé William Hawkins. Tom va bientôt se retrouver dans une troupe de théâtre, mais l’ambiance y est étrange. Le soir de la première, devant la reine, le danger est tout proche…

Un récit d’aventure au contexte historique bien décrit, qui mêle faits réels et fiction. Ce livre m’a plu, il y a plein de rebondissements, les émotions sont bien décrites et des passages font frissonner…

Chloé, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de mumu58 :

Un fabuleux destin…

Angleterre, 1593. Tom, orphelin, travaille dur pour des aubergistes qui, malgré les pénibles labeurs accomplis, le considèrent comme un bon à rien. Un voyageur venant de Londres s’arrête à l’auberge. Très vite, il remarque le jeune garçon. Il a l’air de s’intéresser à Tom. Il informe les aubergistes de son intention d’emmener Tom mais ceux-ci s’y opposent. Une violente bagarre éclate, l’étranger empoigne alors le jeune garçon, le met sur son cheval et part. En chemin, le voyageur tombé en embuscade, est tué, laissant Tom seul face à son sort. La fuite du jeune garçon l’entraîne au Lion Rouge, une taverne de Enfield. Le soir de sa venue, une troupe de comédiens donnent une représentation. Le lendemain, le groupe reprend la route pour Londres emportant Tom avec lui. Tom va devoir se débrouiller dans une ville où il faut se méfier de tout le monde mais où il pourrait aussi devenir ce qu’il voudrait. Le rêve de ce garçon est de devenir acteur, il veut faire du théâtre. Une rencontre va lui donner la chance de sa vie mais va aussi l’entraîner dans des histoires pour le moins surprenantes.

Ce roman nous entraîne dans l’Angleterre du XVIème siècle, dans l’Angleterre de la reine Elisabeth. Il fait référence à des personnages ayant existé. On va même y croiser Shakespeare dans ses débuts. Les premières pages du récit nous font penser aux Ténardier dans les Misérables de Victor Hugo, un couple d’aubergistes qui exploite Cosette. L’auteur nous fait des descriptions très nettes de Londres à cette époque. Le lecteur trouvera même un plan de Londres en 1558, à l’arrière de la couverture. Les images, les odeurs sont si précises que nous n’avons pas de peine à les imaginer.

…Des chevaux caracolaient dans la boue. Des carrioles cahotaient en grinçant. Des chiens aboyaient, des vaches meuglaient, fâchées d’être menées au marché. Dans les ateliers ouverts sur la rue, des ferronniers à demi nus jouaient du marteau et beuglaient leurs instructions à des apprentis empressés. Des menuisiers en tablier de cuir sciaient et coupaient du bois. Un groupe de marins déjà à moitié ivres passa en zigzaguant, riant et chantant à tue-tête.

Et puis il y avait l’odeur. L’odeur des légumes et des épices du marché. Des fruits, frais ou avariés. L’odeur des gens, sales et suant. L’odeur des animaux.

La construction de ce roman est intéressante car le dernier chapitre apporte la réponse aux interrogations du premier chapitre et en milieu de lecture on comprend le titre donné à cette histoire. L’auteur énonce les problèmes de société de cette époque comme le travail des enfants adoptés, les maladies, les inégalités… Les chapitres sont courts et accessibles.

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La quête d’Ewilan, 3. L’île du destin, de Pierre Bottero

Retrouvailles…

Après avoir libéré les Spires et les Sentinelles, la fabuleuse équipe se sépare dans la tristesse pour partir reprendre leur chemin. Mais le hasacouv48106323[1]rd et les épreuves aidant, c’est au final tous ensemble qu’ils repartent à l’assaut des routes pour retrouver et délivrer les parents d’Ewilan exilés et retenus prisonniers par Eléa la Sentinelle félonne.

La magie est au rendez-vous et l’équipe se renforce encore de Mathieu et de Siam la compagne de Chiam. Entre la terre et Gwendalavir, l’épopée se poursuit au rythme des rencontres, des combats, des épreuves et des métamorphoses.

Rien n’est acquis, tout reste à faire et pourtant, rien ne saurait arrêter les amis partis en quête de vérité et de retrouvailles.

Mais sauront-ils arriver à bon port malgré toutes les embûches qui se dresseront sur leur passage et ce port sera t’il aussi sûr qu’ils pourraient le souhaiter ? Rien n’est moins certain lorsque l’on sait qu’Eléa ne reculera devant rien pour mettre un terme à leur voyage et à leur vie.

Destin inattendu…

Le Maître de la septième porte, d’Evelyne Brisou-Pellen

Parce qu’ « aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années », Kélacien dit Kéla, sans l’ombre d’un doute, sera un dcouv-septiemeporte[1]escendant digne et fier de cette grande lignée du royaume celme.

Oui mais voilà : Kéla a été élevé loin de tout par son grand-père Silien et rien ne l’a préparé au fabuleux destin et à l’incroyable aventure qui l’attendent. Les voilà tous les deux partis à la rencontre de leur destinée imposée par leur lignée royale. Nul ne peut s’affranchir de son devoir lorsqu’il engage la vie d’autrui et c’est ainsi que l’enfant sans âge, va devoir affronter aux côtés de son Maître, les plus grands périls et les plus grandes découvertes qui lui permettront de tracer les lignes du
passé, du présent et de l’avenir de sa jeune vie.

Un roman un peu noir et totalement initiatique qui mène au cœur du mystère, de la magie, de l’aventure, de la vie et de la mort. L’histoire d’un jeune garçon et de son grand-père qui partent à la redécouverte d’un monde totalement oublié pour le sauver lui et les peuples en voie d’extinction qu’ils retrouvent après de si nombreuses années. Une histoire au-delà des frontières du réel qui aborde d’une façon étonnante des phénomènes de société bien actuels.

Vango – Un prince sans royaume – tome 2, Timothée de Fombelle

Traque cosmopolite bis

A la fin du premier tome, Vango découvrait que ses parents avaient été tués dans leur bateau au large des îles Eoliennes par un certain Cafarello. Dans ce second tome, le jeune homme va tout faire pour venger les siens…

Nous retrouvons notre héros à New-York, en 1929, en compagnie de son ami, le père Zefiro. Ce dernier a quitté malgré lui son monastère secret de Sicile afin de tuer Voloï Viktor, terrible marchand d’armes, et tenir ainsi la promesse faites à trois amis, vingt ans plus tôt, dans les tranchées de Verdun.

Sans que Zefiro ni Vango n’en soient conscients, les destins de Cafarello et de Viktor sont étroitement liés. Vango, lui, est toujours traqué, à la fois par la police française, par les hommes de Viktor – ce dernier ayant établi un lien entre notre héros et Zefiro (lui aussi traqué par Viktor) – et par de mystérieux russes… Dans le même temps, son histoire d’amour avec la belle Ethel est mise en danger par toutes ces courses-poursuites à travers le monde.

Plus nous avançons dans le roman et plus toutes les histoires vont se recouper. Les fils de l’intrigue semblent s’entrecroiser toujours davantage et il faudra vraiment attendre l’avant-dernier chapitre, porteur d’ultimes rebondissements, pour connaître le dénouement.

Ce roman d’aventure tient donc le lecteur hors d’haleine pendant presque 1000 pages (environ 500 pages par tome). Non seulement le rythme de l’action ne ralentit jamais mais il est même sans cesse relancé (on notera l’arrivée de nouveaux personnages et la réapparition de certains à la toute fin du roman par exemple). Les réponses ne sont jamais apportées d’un seul bloc, il faut donc assembler les pièces du puzzle; ce système pousse à toujours vouloir poursuivre la lecture.

J’ai vraiment aimé ce second tome qui insiste sur l’entraide entre générations et civilisations différentes. Une fois que les personnages semblent avoir réglé leurs problèmes personnels, ils vont se lier pour résister ensemble à l’invasion de la France par l’Allemagne. Il s’agit donc d’un texte non seulement divertissant – certains passages sont franchement comiques – mais porteur de valeurs. De la littérature dite « jeunesse », certes, mais qui mérite de ne pas rester cantonnée à ce titre !

Vango – Entre ciel et terre – tome 1, Timothée de Fombelle

Traque cosmopolite

Devant Notre-Dame de Paris, en ce jour d’avril 1934, c’est l’effervescence. la foule se presse pour assister à l’ordination des jeunes séminaristes. Au milieu du groupe, un tout jeune homme, Vango, est subitement interpellé par un gendarme. Sans lui répondre, il prend la fuite. Le commissaire Boulard lance tout un escadron à sa poursuite. Vango escalade la cathédrale et échappe de justesse à une balle. Celle-ci n’a pas été tirée par les forces de l’ordre…

Au milieu de la foule, une jeune fille a observé toute la scène. Elle connaît Vango. Elle a vu qui lui a tiré dessus, l’homme au visage de cire. Le soir même, Ethel, la jeune fille aux yeux verts, retrouve le commissaire Boulard dans un restaurant. Elle lui apporte le portrait-robot du tireur. Le gendarme lui apprend que celui qu’il poursuivait est accusé d’un meurtre.

Au même moment, Vango court sur les toits de Paris. Il est bien décidé à prouver son innocence. Pour cela, il doit se rendre au séminaire et trouver le père Jean. Pendant que nous suivons notre héros dans son escapade nocturne, nous apprenons qu’il a été diagnostiqué paranoïaque quelques années plus tôt. Lorsqu’il parvient enfin chez son vieil ami, il découvre l’inimaginable : une scène de crime. Seuls les mots « Fugere Vango » (fuir Vango) son inscrit sur un cahier. Et s’il avait bien tué le père sans qu’il n’en ait conservé le souvenir, s’il était bien coupable du meurtre dont on l’accuse, sans le savoir ?

L’action va ensuite se compliquer énormément. Le récit fait un bon en arrière afin de nous expliquer d’où vient Vango et qu’est-ce qui l’a conduit à vouloir devenir prêtre. Le passé de héros dans les Iles Éoliennes sera le fil conducteur du roman. En parallèle, nous allons suivre la fuite et la traque de Vango, qui, après avoir quitté Paris, se retrouve en Allemagne et cherche à embarquer à bord du Graf Zeppelin, sous le commandement du docteur Eckener, pour échapper à ses poursuivants.

Nous n’avons pas encore passé les cents premières pages de ce premier tome mais je préfère m’arrêter là en ce qui concerne le résumé. La suite de ce roman d’aventures pour jeune public est digne d’un grand film d’espionnage. La traque du héros va nous conduire de Paris à la Sicile, en passant par l’Ecosse, la Russie et l’Allemagne. Toute l’histoire se passe alors qu’Hitler et son national-socialisme gagne du terrain en Allemagne, laissant fertiliser dans son sillage des comportements de plus en plus nauséabonds… Vango doit donc fuir, mais cette fuite va bientôt se transformer en quête, une quête d’identité, une recherche de sa vérité.

Ce roman est vraiment captivant. Dès la première ligne, on meurt d’envie de savoir où va nous mener notre héros. L’écriture est soignée, le style très entraînant ne laisse aucun temps mort. Le fond de l’histoire est à ce point travaillé que les adolescents, à qui le livre est destiné, n’auront aucune peine à se familiariser avec la montée du nazisme ou même l’histoire d’un monastère top secret ! Décidément, la littérature jeunesse française a trouvé son maître en Timothée de Fombelle !

A la croisée des mondes, de Philipp Pullman

A la poursuite des Enfourneurs…

Cette trilogie est composée de :

  • Les Royaumes du Nord
  • La Tour des Anges
  • Le Miroir d’Ambre.

Dans le monde de Lyra, cLes royaumes duNordhaque personne est accompagnée de son daemon, un morceau de personnalité, de conscience séparée du corps et incarnée par un animal. Celui-ci peut changer de taille jusqu’à l’âge adulte, après quoi il se stabilise sous une unique forme. A Oxford, Lyra, et Pan son daemon, vivent au Jordan College parmi les Erudits. Mais aux leçons et aux sermons des Erudits, elle préfère les bagarres et les jeux avec Roger, son meilleur ami, et les enfants des gitans. Leur insouciance est cependant de courte durée. Une menace rôde : on les appelle les Enfourneurs et ils kidnappent les enfants. Lorsque Roger est à son tour enlevé, Lyra part à sa rescousse. Elle découvre alors l’existence de la Poussière, des micro-particules particulièrement présentes autour des enfants. D’après le Magisterium, église radicale mais très influente, la Poussière est mauvaise, dangereuse, et il faut l’éradiquer par tous les moyens. C’est là la mission de Mme Coulter, qui recueillera Lyra avant de révéler sa nature malfaisante. Ce sont ensuite les gitans qui aideront Lyra et qui la mèneront dans le Grand Nord. C’est de là qu’à priori provient la Poussière et c’est là qu’elle fera la rencontre de Lee Scoresby, un aéronaute qui voyage en montgolfière et de Iorek Byrnison, un ours en armure ou Panserbjorn, qui veut lui récupérer son trône.

Difficile de résumer ce livre sans trop découvrir l’histoire pour ne pas vous gâcher la lecture et le plaisir de la découverte. Car c’est de découverte en découverte, de surprise en surprise et de mystère en mystère que vous irez en vous lançant dans cette épopée. Difficile aussi de le classer tant il mélange les genres : aventure, fantastique en passant par la science-fiction et le steampunk. Sans s’éparpiller pour autant, Philipp Pullman, déjà auteur de la série Sally Lockhart, réaliser un véritable chef d’oeuvre que je lis et relis avec chaque fois autant de joie. Il n’y a d’ailleurs pas d’âge pour lire cette trilogie. Les plus jeunes aimeront l’aventure et l’action ainsi que le côté farouche et rebelle de Lyra. Les plus grands seront eux conquis par les créatures fantastiques, les objets mystérieux et le suspens. Tandis que les adultes apprécieront les énigmes scientifiques, le mélange des univers et les thèmes abordés (rite de passage, le Bien et le Mal …).

A dévorer donc ! Et de préférence avant le film, qui manque de magie et m’a personnellement un peu déçue. Et si l’épaisseur du livre vous inquiète, sachez qu’une adaptation en BD a vu le jour en septembre. Si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à nous le dire afin que nous la commandions.

Tobie Lolness – Les Yeux d’Elisha, de Timothée de Fombelle

Puisque certains élèves ont terminé le tome 1 et sont déjà en train de dévorer le tome 2, en voici la critique.

 

Difficile de raconter la suite d’un livre sans révéler la fin du premier et donc ôter une part du mystère pour ceux qui n’ont pas encore lu le début… Je me lance, en espérant ne pas trop altérer le suspens !

A la fin du premier tome, La vie suspendue, Tobie apprenait que ses parents étaient encore en vie et pensait qu’Elisha, la jeune fille dont il était amoureux, l’avait trahi. Tous les habitants de l’arbre vivaient dans la peur, sous le joug de l’affreux Jo Mitch et de Léo Blue, l’ex-meilleur ami de Tobie.

Sim et Maïa Lolness sont donc bel et bien vivants mais prisonniers de Jo Mitch- qui veut récupérer le secret d’une machine inventée par Sim pour creuser son immense tunnel plus vite. Néanmoins, avec l’aide des vieux sages, le père de Tobie va tenter d’organiser leur évasion sous couvert de cours du soir.

La belle Elisha, de son côté, est faite prisonnière par Léo Blue qui souhaite l’épouser. Elle refuse évidemment le mariage avec ce traître et use de nombreux subterfuges pour faire reculer la date fatidique.

Tobie, lui, quitte le peuple de l’herbe, les Pelés, avec lequel il a vécu ces derniers temps. Au fur et à mesure qu’il remonte dans l’arbre, il constate les dégâts causés par les travaux démesurés de Mitch : les Pelés, enfermés dans des cages, servent d’esclaves, la population vit dans une grande misère et l’Arbre paraît dans un état pitoyable.

Toujours recherché comme ennemi public numéro un, il est obligé de cacher son identité. Petit à petit, il va toutefois réussir à retrouver des connaissances sur lesquelles il pourra compter pour porter secours à Elisha et à ses parents.

Ce second tome met davantage l’accent sur les personnages et leurs sentiments que sur l’action. Si l’on suit la fuite d’Elisha et le duel entre Tobie et Léo avec intérêt, notre attention se porte plutôt sur le parcours et les motivations de chacun. Personne n’est totalement bon ou méchant – si ce n’est le cruel Jo Mitch -, si bien que l’on assiste à de nombreux retournements de situation.

La suite des aventures de Tobie Lolness demeure donc très agréable à lire en mêlant aventure et sentiments. Par ailleurs les diverses réflexions d’ordre écologique et politique sont toujours bien présentes et permettront aux jeunes adolescents de réfléchir sur différents problèmes de société tout en se divertissant. Voilà donc un roman intelligent et toujours joliment illustré par François Place.