Vivant, de Roland Fuentès

« Il n’y a pas d’étrangers sur cette terre ».

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     Dans les collines autour de Marseille, en cette fin de vacances de Pâques, un promeneur égaré pourrait assister à un étrange spectacle : un jeune homme en poursuit un autre, un couteau à la main. La haine et l’épuisement se lisent sur son visage, mais il ne s’arrêtera pas avant d’avoir atteint son but.

     Pour nous aider à comprendre ce qui a amené ces deux étudiants à cette course-poursuite meurtrière, leurs amis se relaient à la narration et nous racontent leurs vacances qui avaient pourtant si bien commencé…

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     Un thriller exaltant qu’on ne lâche pas tant le suspens est grand et bien amené, dès les premières lignes :

  On fuit bien avec les Running XB 500. Un amorti impeccable, une adhérence adaptée aux reliefs irréguliers. Sous la plante du pied, relayant l’action musculaire, le gel Sentoprène garantit une tonicité optimale.
Mais la chaussure ne serait rien sans le coureur. Et celui qui progresse actuellement à flanc de colline est un athlète remarquable. On peut penser qu’en baskets plus ordinaires, voire en souliers de ville, il se déplacerait aussi très vite. On peut même imaginer qu’à la qualité du matériel et à la maîtrise du mouvement s’ajoute un autre motif : la volonté. Et cette volonté se concentre autour d’un seul mot. Fuir.
Oui. Vraiment. On fuit bien avec les Running XB 500.

     Mais cette course-poursuite est aussi une sorte de fable, d’apologue de la nature humaine : parabole de ce rien que peut-être l’on porte en nous et qui peut motiver la haine de l’autre ; allégorie de ceux qui, en ne la condamnant pas sans concession, lui permettent d’être.

     En effet, celui qui fuit, Elias, c’est l’Etranger. Son identité réelle, donnée à la fin du roman, peut même paraître superflue. Celui qui poursuit pourrait être l’un d’entre nous, celui qui regarde, c’est nous.

     Un roman à lire absolument et surtout dont il faut discuter ensemble.

 

La citadelle de glace, Roland Fuentès

Froideur et tremblements !

Résultat de recherche d'images pour "la citadelle de glace roland fuentes"Mathis âgé de onze ans va passer une semaine sans ses parents dans le chalet du sculpteur Luis Gero, un ami proche de ses parents. Luis Gero est célèbre pour avoir sculpté des châteaux de glace vertigineux à taille humaine. Mathis partage la même passion que Luis Gero, la sculpture, il espère en apprendre beaucoup sur le sujet durant cette semaine loin de tout, avec Luis Gero. Au collège, Mathis a des difficultés pour trouver sa place au sein de ses camarades, il semble toujours ailleurs, tout le monde dit qu’il est dans la lune. Malgré la route glissante et sinueuse, Mathis et ses parents arrivent au chalet de Luis Gero. Celui-ci n’est pas encore rentré, il va chercher sa fille, Ylia. Mathis et ses parents attendent dans le chalet lorsque Luis les appelle pour leur dire de partir avant son retour s’ils veulent pouvoir prendre la route sans difficultés.  Mathis, inquiet et un peu angoissé, observe ses parents partir. Il doit attendre seul Luis Giro dans son chalet complètement isolé, les photos et les décorations lui font peur. Il attend et Luis Giro ne vient pas. Sa mère lui téléphone mais la communication est complètement hachée, et le chalet est touché par une coupure d’électricité. Où est Luis Giro ? Que lui est-il arrivé ? Mathis va devoir aller seul  à sa recherche.

La citadelle de Glace est un roman glaçant qui se lit accompagné d’une couverture chaude et, de préférence, près du feu ! Nous sommes immergés dans un décor de montagne enneigé, perdu au milieu de nulle part, avec des moyens de communication très restreints. Mathis est un jeune garçon très courageux, intelligent et autonome. Bien qu’au collège son entourage le trouve particulier, c’est un garçon doué et rusé, réfléchi et faisant preuve d’une grande maturité. Roland Fuentès avec Citadelle de glace offre un roman froid à suspens et fait frissonner le jeune lecteur. Imaginez vous seul, dans un chalet de montagne, sans téléphone et sans voisin, en train d’attendre quelqu’un qui n’arrive pas ? Que feriez-vous ?

Un roman destiné particulièrement à des élèves du cycle 3.

Martin et la mysteriöse Kreatur, de Roland Fuentès

Martin Mystère

Lors de vac1540-1ances au ski en Allemagne avec ses parents et sa sœur, Martin qui apprend pourtant l’allemand au collège, n’arrive pas à décrocher un mot. Sa sœur qui se destine à l’enseignement de cette langue est elle nettement plus à l’aise. Mais Martin va bien devoir s’y mettre à son tour s’il veut aider Meister Floh, la minuscule créature qui s’est retrouvée sur son épaule et qui s’est échappée d’un livre.

Ces romans très courts de la série Tip Tongue dont le but est d’exposer les élèves de plus en plus à la langue allemande sont une réussite. Les romans ne sont pas des traductions mais des créations spécifiques d’auteurs confirmés de la littérature jeunesse et pour autant, l’exposition à la langue n’est pas qu’un prétexte puisque l’histoire reste intéressante. La lecture ne nécessite pas l’usage d’un dictionnaire qui pourrait restreindre le plaisir et l’immersion dans l’histoire qui sait éveiller la curiosité du lecteur. Le roman, destiné à des élèves de milieu de première année d’apprentissage, en leur permet pas seulement d’acquérir du vocabulaire mais aussi des connaissances grammaticales, des connaissances de la culture allemande et surtout de la méthodologie à travers le comportement même du héros. En effet, celui-ci s’appuie sur les mots qu’ils comprend et sur les mots transparents afin de saisir le sens de ce qui lui est dit. Le petit plus de la collection, que je n’ai malheureusement pas pu testé faute de connexion internet, est la version audio gratuite en téléchargement gratuit et un site d’accompagnement avec des exercices et des jeux à disposition. Bref, un premier roman qui, en tant que professeur d’allemand, m’a convaincu et j’espère en voir beaucoup d’autres.

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Comment on écrit des histoires ?, de Yaël Hassan et Raoul Fuentès

9782748517378Et si j’écrivais mon propre roman ?

Deux auteurs de littérature jeunesse se livrent au jeu des questions-réponses de leur héros respectif. Momo et Gérald rêvent en effet tous deux de devenir écrivain comme leur « père ». Combien de temps faut-il pour lire un livre ? Faut-il aimer lire pour écrire ? Comment inventer des personnages ? Les deux garçons passent au crible tous les mystères de ce métier passionnant. Yaël Hassan, tout comme Roland Fuentès, répondent avec des mots simples puisqu’ils s’adressent à des enfants : Momo et Gérald, mais aussi aux lecteurs. Ici, donc pas de leçon ni de cours, seulement des conseils, des pistes… Chaque réponse est ensuite illustrée, souvent avec humour, par un témoignage fictif des personnages des romans des deux auteurs.

Une fois n’est pas coutume, nous présentons ici, non pas un roman, mais plutôt un documentaire. Mais rassurez-vous, rien de barbant dans celui-ci puisqu’il est interactif. Les passionnés de lecture se posent tous un jour la question : et si j’écrivais moi-même un livre ? Malgré les exercices d’écriture de l’école, pas si évident de se lancer dans l’aventure et nombreux sont ceux qui abandonnent faute de méthode. Ce livre est donc fait pour eux, pour les guider, leur permettre de s’exercer et progresser. En plus des conseils, Roland Fuentès et Yaël Hassan nous livrent des petits exercices tout prêts et simples à réaliser qui intéresseront aussi les professeurs de français ou les professeurs des écoles.

Un petit guide, ludique et passionnant.

La balle de match, de Roland Fuentès

Mon oncle fait du tennis

Deuxième opus des aventures de Tonton Zéro, toujours accompagné de son neveu Rémi. Tonton Zéro ne gagne jamais rien, on l’a bien compris. Alors quand il joue au tennis avec son ami Raymond, les balles passent rarement le filet et il ne marque jamais de point. Ca n’empêche pas son neveu de venir l’encourager et arbitrer le match… Pourtant, cette fois-ci, Rémi n’est pas au bout de ses surprises.
Le sujet choisi pour cette nouvelle aventure du tonton est originale, un court de tennis et l’histoire toujours distrayante même si elle est totalement improbable ! Ca se lit toujours vite et bien.  L’auteur n’aurait-il pas eu à l’esprit le personnage de Mon oncle de Jacques Tati  en inventant son « Tonton Zéro » ?

Un troisième volet : Dépêche-toi, tonton existe depuis peu, mais nous ne l’avons pas encore au CDI. J’attends des retours des deux premiers avant de l’acheter. Mais moi, je trouve ces petites histoires rafraîchissantes pour des lecteurs de 6ème peu enclin à la lecture. Une lecture facile qui arrive à ne pas infantiliser le lecteur.

Tonton Zéro, de Roland Fuentès

Mon oncle

Rémi a du mal à y croire : sa mère a accepté de le laisser partir en randonnée avec son oncle « Tonton Zéro ». C’est vrai que le parcours n’est prévu que pour 4 heures et que le sentier est balisé tout le long… mais quand même, avec tonton Zéro, rien ne se passe jamais comme prévu… Que va-t-il arriver cette fois-ci ? Pour le savoir, il suffit de lire ces trente toutes petites pages, écrit gros, de la collection Mini-Syros. Tonton Zéro est un personnage haut en couleur qui gagne à être connu. Le regard attendri de son jeune neveu Rémi rend cette histoire distrayante et les personnages attachants. Mes chers élèves, si vous n’arrivez jamais à finir un livre parce que vous n’aimez pas lire, que vous avez du mal à comprendre ce que vous lisez, que vous trouvez toujours les livres trop longs, ne voudriez-vous pas essayer de faire connaissance avec Tonton Zéro, et m’en dire des nouvelles ?