Même les princesses doivent aller à l’école, de Susie Morgenstern

Moi, princesse et alors !

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La vie d’un roi n’est pas toujours rose. Surtout quand les affaires vont mal, que le château de 57 pièces tombe en ruine, que les festins se transforment en maigres repas, que le personnel n’est plus. L’existence de la princesse Alyestère, 8 ans, est bien fade. Plus de précepteurs, pas d’amis, sa mère qui passe son temps au lit et un père qui lui rabâche à longueur de journée « N’oublie pas que tu es une princesse !». Oui et alors ? Elle est seule, elle s’ennuie, plus personne ne vient au château hormis les créanciers.

Mais un jour, bonne nouvelle : la famille déménage pour un 3 pièces, dans un immeuble. Alyestère est aux anges, elle renoue avec le confort, simple c’est évident, mais quand on a tout perdu c’est le paradis ! En immersion dans la vie des communs des mortels, il y a de l’animation dans les rues et surtout la princesse voit des enfants de son âge. Mais où vont-ils tous les matins ? Curieuse, la princesse se met à suivre une bande de gamins. Elle arrive près d’un bâtiment où elle aperçoit bon nombre de garçons et de filles qui sautent partout, crient, jouent. Mais que font-ils ? Pourquoi sont-ils tous là ? Quand elle découvre que tous vont à l’école, elle va supplier son père de la laisser les suivre. Cela ne va pas être facile de le persuader, Alyestère est une princesse, sa princesse.

Une belle petite histoire qui met l’accent sur les différences sociales. Alyestère est une princesse. Certes, mais une princesse qui s’ennuie et qui est coupée de toute vie sociale, à cause de son statut. A 8 ans, elle ne sait pas ce que c’est que d’avoir des amis. Elle a toujours eu des professeurs à domicile, tout du moins du temps où ses parents avaient les moyens. Son titre lui interdit de se mélanger à la classe sociale populaire. Mais Alyestère va bousculer le protocole. On peut être princesse et préférer la compagnie des gens simples. Princesse ou pas, le principal est de trouver sa voie et de faire ce qu’on aime !

Roi fatigué cherche royaume pour vacances suivi de La leçon de piano, de Jacky Viallon

Lever de rideau !

Petites comédies de Jacky Viallon

  • Roi fatigué cherche royaume pour vacances

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Nous nous trouvons face à deux royaumes. Suivant l’endroit où nous nous trouvons, soit ça saute dans tous les sens, soit ça lambine ou ça traîne. Au nord, se trouve le royaume des Ressorts dirigé par un roi. Il mène la vie dure à ses sujets qui travaillent sans relâche. Une tâche en amène une autre, le roi déborde d’énergie. Au sud, le royaume des Gnian-Gnians est sous l’autorité d’une reine. On peut dire que la vie coule paisiblement, sans trop d’efforts. Repos est le mot d’ordre. La reine est trop cool et le peuple très mou. Mais le roi donne des signes de fatigue, ce rythme effréné l’use, il a besoin de vacances. A la recherche d’un royaume calme et reposant, il passe donc une annonce. En lisant son journal, la reine tombe sur cette information et décide d’y donner suite. Le roi et la reine vont décider d’échanger leur royaume.

Roi fatigué cherche royaume pour vacances est une petite comédie très drôle, pleine de rythme, très bien conçue pour un jeune public. Tout y est détaillé : les accessoires pour les décors, les costumes. Les mises en scène sont bien expliquées, la gestuelle est très importante et peut même remplacer du texte. En fait, c’est une pièce de théâtre qui peut facilement être reproduite par un jeune public lors d’atelier et pourquoi pas pour une fête d’école. Si on pousse un peu les portes et qu’on va au-delà de l’histoire, un petit message se cache derrière tout ça. Est-il facile de cohabiter quand on ne se ressemble pas ? Peut-on s’aimer ? Tout est bon à prendre, il me semble. Les différences aident à changer sa façon d’être, à se corriger. Soyons gnian-gnian mais pas trop, puisons dans l’énergie des Ressorts mais à petite dose !

  • La leçon de piano

Charles est un jeune pianiste. Sa mère, quelque peu envahissante, exhibe l’aptitude de son fils à cet art. Elle reçoit dans son salon une amie et veut absolument que Charles fasse une démonstration de son talent. Celui-ci se montre très réticent. Il n’a visiblement pas envie de jouer, de se montrer en spectacle. Il boude, ce qui met mal à l’aise sa maman qui est au bord de la crise de nerfs. Et pourtant l’apparition du père va tout faire basculer.

La leçon de piano tout comme la comédie précédente, est fraîche et pleine d’humour. Le personnage de la mère et ses lapsus constants, donnent le rythme à l’histoire tout en contrastant avec la réserve de Charles. Cette histoire met en avant la fierté d’une mère pour son fils. En tant que parents, il est normal d’invoquer les prouesses de nos jolies petites têtes blondes. Mais nos enfants n’ont pas forcément envie d’être en première ligne, de se comporter comme un singe savant. Rien de tel pour les rebuter. Alors soyons fiers de nos progénitures mais à petite dose et sans excès.

Histoires illustrées – Huckleberry Finn et autres récits- collectif d’auteurs et d’illustrateurs

Il était une fois….

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Ce beau livre à la couverture épaisse, orné d’un petit ruban jaune faisant office de marque page m’a immédiatement séduite. Un petit format très pratique et agréable, un bleu qui attire l’oeil, une couverture qui nous invite à aller plus loin. Chaque illustration est un pur bonheur. Le graphisme et les couleurs sont issues de techniques différentes, ce qui donne une ambiance propre à chaque récit. C’est un régal pour les yeux. On a la sensation ainsi de voir défiler l’histoire, s’animer les personnages. Nous voilà donc prêts à explorer chaque univers. Un étonnant retour dans le passé, pour nous les adultes. Des récits qui n’ont pas pris une ride, que nous avons toujours le même plaisir à parcourir. Les auteurs ont donné un souffle nouveau, une seconde vie à des récits classiques qu’ils ont adaptés pour les rendre accessibles au plus grand nombre et dont l’original a été scrupuleusement respecté. Notre jeune public aura plaisir à suivre ces aventures qui vont l’entraîner dans des lieux mystérieux et fascinants à la découverte de cinq grands textes de la littérature mondiale du XIXème siècle. Au programme de cet ouvrage qui mélange les genres  : Les Aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain, L’Étrange cas du Dr Jekyll et de M. Hyde de R.L. Stevenson, Les Mines du roi Salomon de Henry Rider Haggard, Croc-Blanc de Jack London, Le Fantôme de l’opéra de Gaston Leroux et Enlevé ! ou les aventures de David Balfour, de R.L. Stevenson.

A la poursuite du livre des secrets, de Eric Sanvoisin

L’enfant des livres…

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Jaime est orphelin, il vit dans la rue, à Voyelle la capitale du royaume des mots. Parce qu’il a volé une pomme, il est condamné à mort. Mais le roi lui laisse la vie sauve à condition qu’il lui ramène le livre des secrets, un merveilleux écrit qui se trouve dans la forêt des arbres à lire. Un livre important, convoité par beaucoup. Jaime ne se fait pas prier. Seulement il y a un petit souci qui a son importance pour une telle mission : le jeune garçon ne sait pas lire. Heureusement, il va rencontrer un Marque page sur pattes qui deviendra son compagnon de route et qui va l’aider.

Comment va-t-il s’en sortir sachant que, s’il ne mène pas à bien sa mission, il perdra la vie. Jaime va se trouver dans des situations périlleuses et ira de surprise en surprise.

Ce livre est un coup de cœur. C’est une ode aux livres, aux mots. Le décor est une forêt remplie d’arbres à livres qui nous fait rêver, avec des personnages dont les noms sont symboliques : Marque-pages, Virgules, Points virgules, Cadenas.. On entre dans un univers fantastique où les mots ont une force, un pouvoir. Deux mondes s’affrontent, d’un côté, les pilleurs et les cueilleurs qui détruisent les livres, les brûlent et de l’autre les défenseurs des belles lettres. L’auteur a choisi un héros qui ne sait pas lire. Ce détail prend toute son importance . En effet, comment donner le goût de lire à quelqu’un qui ne connaît pas les lettres, qui n’a jamais approché un livre ? Et c’est en cela que le roman prend tout son sens. L’apprentissage, la transmission d’un savoir, deux belles valeurs. On se rend compte alors que lire est une chance, c’est la liberté. Le livre est sacré. Il faut le préserver, en prendre soin car il est chargé d’histoire, il représente la mémoire de l’homme. Eric Sanvoisin joue avec les mots, entraîne le lecteur dans un univers original, magique où il se sent bien. On se laisse gentiment entraîner par l’écriture simple, fluide de l’auteur. On entre dans un monde imaginaire, le monde réel s’efface. On est en complète immersion, un peu comme dans Alice au pays des merveilles. J’avais l’impression d’être au milieu de la forêt et que tous ces petits personnages tournoyaient autour de moi, occupés à défendre la cause du livre et à combattre les destructeurs de mots. Un beau moment de douceur et de rêve.

Les livres nous nourrissent. Les lettres, les mots, leurs sens sont nos vitamines. –

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La vie des enfants au temps du Roi- Soleil, de Claude Grimmer

Enfants d’autrefois

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A l’évocation du Roi Soleil, on imagine une période heureuse, chatoyante, le soleil n’étant pas le symbole de la joie ? Louis XIV est devenu roi à 5 ans mais n’a régné qu’à partir de 13 ans, âge de la majorité à cette époque. Il s’est identifié au soleil voulant de la splendeu , ayant toute une cour autour de lui. Il a encouragé les artistes et fait construire de somptueux monuments. Mais derrière tout cela, ce fut un siècle marqué par les épidémies, la famine, la misère. Les enfants en furent les premières victimes.

La majorité d’entre eux vivent à la campagne. Et nombreux meurent de mauvais soins, d’alimentation insuffisante. Dès la naissance, on fait partie d’une catégorie sociale  : celle des parents. Tu nais paysan tu resteras paysan, tu nais noble tu resteras noble.Les enfants le savent. Qu’ils soient fille ou garçon,  ils n’ont pas une éducation semblable et donc sont voués à un destin bien différent.

Ce livre nous raconte leur vie au quotidien à travers des portraits d’enfants de diverses origines sociales .

Tour à tour, on fait la connaissance de Louis le Grand Dauphin, Antoine, l’apprenti orfèvre, Louison la paysanne, Charles-Henri le collégien, Catherine la religieuse, Jean-Marie, demoiselle de Saint- Cyr, Honoré le laquais et Yves le mousse. Le lecteur apprend que l’accès à l’éducation n’était pas chose facile pour tous. Les filles vont rarement à l’école et seuls les plus aisés des garçons y ont accès. Et les jeux d’enfants dans tout ça ? Suivant la catégorie sociale, forcément, les jeux n’étaient pas identiques, faute de moyens.

Un ouvrage très intéressant avec de belles illustrations et photos d’objets d’époque qui va permettre aux enfants d’aujourd’hui de s’interroger sur la vie des enfants d’autrefois. Il faut préciser tout de même que malgré les progrès dans les conditions de vie, les différences sociales sont toujours présentes dans les différentes parties du monde.  Il y a encore des enfants qui souffrent et qui sont maltraités. Dans certains pays, dès leur plus jeune âge les enfants sont même obligés de travailler.