Broussaille, tome 3. La nuit du chat, de Franck et Bom

Retour sur soi…

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Alors que Broussaille discute avec la concierge, son chat en a profité pour se sauver. Lui, un chat d’appartement lâché en pleine ville, c’est la catastrophe ! Après avoir passé au peigne fin les moindres recoins de l’immeuble, le jeune garçon décide d’aller à sa recherche, de nuit. Sac à dos, lampe torche, croquettes, le voilà prêt pour son escapade nocturne. Inquiet, Broussaille se remémore le jour où il l’a recueilli et comment ils ont devenus amis. Plein de tristesse, de nostalgie, il s’enfonce dans les bas fonds de cette ville si angoissante. Il va faire des rencontres furtives, improbables qui auront grand effet sur lui. Broussaille va alors réfléchir sur sa vie, son avenir et prendra une grande décision.

L’auteur évoque des moments du quotidien, à deux, en famille ou seul. Des tranches de vie qui se succèdent et qui font prendre conscience à notre héros qu’il n’a encore rien construit et qu’il est peut être temps d’y penser.

Hors piste, de Sophie Adriansen

Virée à la neige

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Nous retrouvons Marion, l’adolescente héroïne des Grandes jambes, très complexée à l’époque par sa taille. Marion a grandi, elle a quatorze ans. C’est l’année du brevet. Alors que la jeune fille pense aux révisions, ses parents décident de l’envoyer faire du ski dans les Alpes, pendant sept jours dans une colo. Mais le pire de tout, c’est un séjour en parfaite déconnexion, c’est-à-dire, sans téléphone portable. L’horreur quand on sait que sa vie se résume aux garçons et au téléphone ! Inutile de dire que Marion s’attend à passer le pire séjour de sa vie. Et si au final, ce séjour s’avérait plus étonnant et plus enrichissant que prévu.

Sophie Adriansen nous plonge dans le monde de l’adolescence avec ses doutes, les premiers flirts, l’estime de soi, l’image que l’on renvoie aux autres. Une galerie de portraits tous plus différents les uns que les autres qui traduit cette soif de liberté, cette envie de braver les interdits, de devenir adulte avant l’âge. Et puis sujet majeur, montrer que sans téléphone, la terre continue de tourner et plus important encore on peut communique autrement, on s’amuse, on s’intéresse aux autres, on échange, on se découvre. Un tome 2 qui se lit indépendamment du premier.

De l’ombre à la lumière

Sourde, muette, aveugle, histoire de ma vie, de  Helen Keller

Afficher l'image d'origineA deux ans , Helen Keller a contracté une maladie qui l’a rendue sourde, aveugle et quasi muette. A jamais les ténèbres feront partie de sa vie. Aucun espoir de guérison.
S’en suit une période où Helen se montre sauvage, pas toujours docile.
Son infirmité l’isole, elle n’est pas capable de montrer de l’affection car elle ne sait pas comment exprimer un sentiment. En général, on associe un mot à un ressenti mais c’est impossible pour une personne sourde, muette, aveugle.
Ce manque de communication devient de plus en plus insupportable pour Helen. Ses parents impuissants, décident alors de consulter un médecin. Celui-ci leur conseille de contacter le directeur d’un institut. La vie d’Helen va soudain basculer de l’ombre à la lumière. La lumière du savoir, des sciences, de l’amitié… de la vie.
Une institutrice, Miss Sullivan, est enfin désignée pour accompagner Helen dans son apprentissage du langage des muets, puis du braille. Une institutrice qui va être son guide, qui va l’aimer et qui va lui être dévouée. Les débuts sont difficiles car Helen n’a pas l’habitude de céder. Mais Anne Sullivan sait l’apprivoiser et au fil du temps , Helen va changer, va avoir cette rage de vaincre, cette soif de savoir. Elle va aimer. Elle est curieuse, elle sait qu’elle peut aller très loin.Elle est impressionnante de vie. Elle absorbe tout avec une facilité déconcertante, elle arrive à nous faire oublier qu’elle est sourde, aveugle. Elle va même décrocher un diplôme universitaire. Incroyable ! Helen va s’ouvrir au monde et devenir une belle personne. Elle va arriver à un degré de culture supérieure à la normale.
Cette autobiographie, composée de deux parties, m’a donné le vertige, m’a impressionnée. Quelle belle leçon de vie ! Personnellement, atteinte de la même infirmité qu’Helen , je m’effondre en pensant que ma vie est finie. Quelle drame de ne plus voir, de ne plus entendre ! Au contraire, Helen nous montre comme la vie est belle, nous sensibilise à ce qui nous entoure. Elle nous prend la main et nous emmène dans son monde de silence si riche en émotions.
Helen a écrit son histoire à vingt ans et là encore , on arrive à oublier que c’est une personne sourde et aveugle qui en est l’auteur. Cette autobiographie m’a bluffée. Helen est pétillante , pleine de vie, si mature, elle se projette tout le temps.
Elle ne s’interdit rien. Petite déjà, elle courait partout, bougeait beaucoup.
Et que dire de cette institutrice …elle ne l’a jamais lâchée. Elle est merveilleuse , elle est ses yeux, elle l’a suit partout, l’aide dans ses études. C’est elle qui va lui permettre de s’épanouir, de ressentir des émotions. Anne Sullivan va lui apprendre à lire, à écrire, à parler. Elle va lui apprendre à vivre.

Dans la première partie, Helen nous raconte sa progression, son évolution au travers de l’éducation et de l’instruction. La seconde partie est un recueil de lettres écrites par Helen après seulement trois mois et demi d’apprentissage. C’est ahurissant, presque irréel.

La vie nous emporte dans un quotidien toujours plus rapide où s’attarder nous fait perdre du temps. On perd cette sensibilité aux choses qui nous entoure, on ne fait plus attention. Helen va développer une sorte de sixième sens capable de la faire voir et entendre ce qui ne lui est plus accessible. Elle a toujours été attachée à la nature et d’ailleurs elle dira qu’elle a beaucoup d’amis parmi les arbres.
Elle va rencontrer beaucoup de personnes célèbres, elle va avoir beaucoup d’amis, des vrais.. Il y a une phrase qui termine la première partie et que j’affectionne . Helen parle ainsi de ses amis.
Je cite :…. « de mille façons différentes ils ont transformé mes imperfections physiques en merveilleux privilèges, et m’ont mise en état de marche sereine et heureuse dans la nuit qui m’enveloppe ».
Des amis qui ont cru en elle et qui ont su la guider et voir en elle une personne « normale ».
La différence commence dans le regard des autres. Pour Helen, sa vie a commencé dans le regard de ses amis.

Helen a eu une vie riche et bien remplie. C’était une femme exceptionnelle par son courage et sa détermination. A lire sans hésiter.

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520 km, de Max de Radiguès

Sur la route

Simon, en vacances avec sa mère, découvre via facebook que sa petite amie est…célibataire. Lorsqu’il arrive enfin à la joindre, elle lui explique que son père la trouve trop jeune pour être amoureuse et lui interdit de continuer à le voir. Simon décide de partir en stop pour Montpellier, à 520 km… Le trajet ne sera forcément pas aussi simple qu’il le croyait..
Petite histoire tendre sur les thèmes de l’amour et l’amitié, l’aventure et les rencontres. Ce périple sera pour Simon un voyage initiatique qui va lui permettre de mûrir, de prendre son indépendance, de vivre ses premières expériences fortes, même si au final, une mère reste bien utile !

Le dessin me fait un peu penser à ceux de Guy Delisle dans Chroniques de Jérusalem : lignes claires au trait unique, un peu naïf.

Touchante, simple et efficace, cette bande dessinée est surtout faite de sensations et de non-dits. Beaucoup de choses sont à peine suggérées. Peu d’action et assez peu de texte (il y a même plus d’une double page sans dialogue au milieu de l’histoire). Pourtant, tout est dit, c’est limpide. Le personnage de Simon est attachant… mais son idée de fugue n’est pas imiter, n’est-ce pas mes chers élèves !