Je suis un verdadero argentino ! de Laurence Schaack

A l’issue d’un repas de famille, les parents de Saul lui réservent une surprise : accepterait-il de partir avec son père à 10 000 kms de Paris pendant les vacances de la Toussaint ? Et comment ! Encore plus pour prendre la direction de Buenos Aires, capitale du football.

Dès le décollage, l’adolescent pressentira que leur sport favori – à son père et à lui- ne sera pas le seul motif de ce voyage argentin, pendant que Saul dévore le guide touristique pour ne rien rater de la ville, son père, soucieux et pensif, lit et relit un morceau de papier vieilli, une lettre qui n’aura de cesse de l’intriguer au point que Saul se l’appropriera dans le dos de son père. La découverte de son contenu incompréhensible pour lui  n’en sera que plus étonnant, énigmatique voire inquiétant… Au fur et à mesure de rencontres susceptibles de lui venir en aide, Saul apprendra que la lettre jaunie renferme un lourd secret de famille dans un contexte historique aux lourdes conséquences sur de nombreuses décennies.

Avant le soulagement, l’apaisement et la légèreté de la fin, Saul connaîtra bon nombre de doutes, de craintes, de questionnements, d’angoisses.

Un roman bilingue intéressant à découvrir d’un point de vue linguistique et historique.

 

Toufdepoil et La folle cavale de Toufdepoil, de Claude Gutman

Toufdepoil, de Claude Gutman

Quand la belle-doche débarque….

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Bastien est un jeune garçon qui vit avec son père. Sa mère les a laissés pour partir vivre dans le midi. Bastien ne la voit presque plus. Le quotidien s’organise alors à deux. Le père et le fils font beaucoup de choses ensemble, partagent tout. A chacun de ses anniversaires, Bastien reçoit un cadeau de sa mère. Un jour, un colis énorme arrive et quelle n’est pas sa surprise de voir sortir un chien plein de poils ! Le jeune garçon est fou de joie et lui donne immédiatement comme nom « Toufdepoil ». Tout semble respirer le bonheur jusqu’à l’arrivée de Céline, la nouvelle copine de son père.

Toufdepoil est un roman jeunesse touchant et attendrissant, comme notre petit héros Bastien. Une histoire d’amitié entre un jeune garçon et son chien, qui essaie de trouver la lumière au beau milieu de querelles d’adultes. Toufdepoil c’est aussi le divorce des parents, la présence d’une belle-mère qui va vite devenir une ennemie, un père dépassé par la situation. Il est nécessaire de lire la folle cavale de Toufdepoil qui est la suite des aventures de Bastien.

La folle cavale de Toufdepoil,  de Claude Gutman

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L’ambiance à la maison est toujours aussi tendue avec une belle-mère qui ne fait toujours pas de concessions et qui ne cessent d’imposer ses choix et ses  volontés.

 

Comment mon père est mort deux fois, de Yves Grevet

Novembre 2017. Soën a 14 ans et vit à la Réunion. Son père vient de mourir dans un accident de voiture. Quand la police ouvre une enquête pour assassinat, Soën et sa mère découvrent que celui qui partageait leur vie avait un passé caché. Les services secrets français lui avaient fourni une nouvelle identité : il vivait  » sous légende  » depuis trente ans… Comprenant que leurs interrogations dérangent en haut lieu, Soën et sa mère commencent à mener leur enquête discrètement. C’est ainsi que, explorant les traces laissées par son père, Soën se retrouve à Paris chez ses grands-parents dont il vient d’apprendre l’existence. Ses recherches le mènent en 1984, à l’époque où son père, alors VNSA (Volontaire du service national actif)*, séjourna en Turquie en tant que professeur de français. Quel est donc ce secret qui fit mourir une première fois son père, trente ans auparavant ?

Mon avis

Une enquête palpitante menée par un garçon désireux de comprendre le passé mystérieux de son père. Dès le départ, le décor est planté : un jeune Réunionnais apprend la mort de son père et très vite, on sait que l’affaire est criminelle. Nous suivons alors la progression de l’enquête menée par Soën et sa mère, dans une ambiance de roman d’espionnage. Nous découvrons les faits en même temps que Soën, le narrateur. Mais nous avons un temps d’avance sur lui, puisque nous avons également sous les yeux le journal intime de son père. En effet, tout au long du roman, le présent de Soën en 2017 alterne avec le passé de son père en 1984. Il en résulte une implication accrue pour le lecteur, un rythme soutenu et une tension présente jusqu’aux dernières pages. L’alternance des récits à deux époques différentes permet astucieusement de ménager le suspense. L’évolution de l’intrigue est suspendue à chaque fin de chapitre, distillant les informations petit à petit, nous laissant continuellement sur notre faim.

Un roman réellement captivant au suspense haletant qu’on imaginerait facilement adapté au cinéma !

* Volontaire du service national actif : Jeune accomplissant, pour une durée de 6 à 24 mois, un service à l’étranger au profit de la politique économique, scientifique ou culturelle de la France. (d’après le Petit Larousse). Correspond désormais à « Volontaire de solidarité internationale » ou « Volontaire international » de l’actuel service civique en France.

Mon papa pirate, de Davide Cali

 

Moussaillons, embarquez à bord de l’Espoir !

Lorsque son papa revient à la maison, en Italie, une fois par an pour l’été, il raconte à son fils ses histoires de pirate. La mer, les trésors volés, les hommes d’équipage aux noms d’aventuriers : le Tatoué, le Barbu, Riquiqui, Bourrasque, etc. Pourtant, l’année de ses neuf ans, le papa n’est pas revenu et la maman a reçu un mystérieux télégramme. Ils devaient rejoindre le papa… en train… vers une destination qui ne voit pas la mer… Que lui est-il arrivé ? Est-il toujours vivant ? La réalité se révèlera pourtant différente de ce qu’imaginait le garçon.

Un album émouvant aux illustrations soignées aux couleurs chaudes qui rassurent. Le personnage du père est touchant, qui, pour protéger son fils de la réalité de sa vie, invente un univers extraordinaire fait d’aventures et de dangers. Et pourtant, c’est dans sa réalité qu’il puise toute son imagination en l’arrangeant simplement à sa façon pour transmettre à son fils un message d’espoir, de tendresse, d’amour et de courage.

Un très beau texte sur la transmission et l’amour filial dont il n’est pas possible de révéler le vrai sujet sans perdre un peu de poésie.

A lire sans hésitation !

 

Sauveur et fils – saison 4, de Marie-Aude Murail

Sauveur, for ever…

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Marie-Aude Murail nous ramène tout naturellement rue des Murlins, dans l’univers de Sauveur Saint-Yves, psychologue. Après un petit rappel sur les personnages, cette nouvelle saison ne nous laisse pas de répit et nous envoie avec délice dans l’environnement privé et professionnel de ce beau martiniquais au grand coeur. Il est toujours aussi généreux, à l’écoute mais toujours malhabile pour gérer sa famille ! Du reste, il arrive à faire des miracles avec les patients les plus récalcitrants ou perdus. Pousser la porte de son cabinet c’est déjà prendre une grande bouffée d’air frais. Les sujets traités restent liés au mal-être, à l’enfance, l’adolescence, la famille, l’école… Des situations réalistes qui mettent à mal grand nombre de personnes de tous âges et on se prête à croire qu’il existe quelque part, un homme de la trempe de Sauveur Saint-Yves, un genre de «Zorro» des causes perdues. Cette saison 4 entretient l’espoir que chacun de nous peut trouver le bonheur parce qu’il existe.

On retrouve avec plaisir le 12 de la rue des Murlins où règnent la même agitation, ce même vent de folie qui nous ont accompagnés lors des 3 précédentes saisons. On reste sous le charme de Sauveur et de son fils et de tous ceux qui gravitent autour d’eux. On s’est attaché à cette petite tribu dont on a partagé depuis un moment le quotidien et qu’on regrette déjà de voir partir.On n’écoutera plus aux portes, le rideau se ferme sur le cabinet de Sauveur Saint juste, une page se tourne, une page qui nous laisse triste de devoir nous séparer d’êtres si attachants.

Papa de papier, de Nadia Coste

Mon papa d’avant…

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Ayrton est un jeune garçon passionné de dessin. Son professeur dit même qu’il a un don. Aujourd’hui il est heureux, il a eu 18 en arts plastiques. Comme beaucoup d’enfants, il aurait aimé faire partager sa joie à ses parents. Mais pour Ayrton, ce sera compliqué. Son papa, François, a perdu son emploi et c’est lui qui s’occupe de tout à la maison, pendant que sa mère, Séverine, est au travail. Mais depuis qu’il est au chômage, le quotidien est difficile. Un rien l’énerve, il est devenu taciturne, aigri, trop maniaque, trop carré, rendant la vie impossible à son entourage. Tous les soirs, c’est avec la peur au ventre qu’Ayrton rentre de l’école. Le père est tyrannique, le rabaisse, le traitant de bon à rien, de chiffe molle. Son épouse est sans cesse sur le qui vive, appréhendant ses changements d’humeur. Donc inutile de dire, que le 18 en arts plastiques n’a pas eu l’effet escompté. Disons que… François est entré dans une colère noire en scandant l’inutilité de la matière, en hurlant qu’il n’y a pas de quoi être fier et que ce n’est pas l’art plastique qui fait réussir dans la vie. Les disputes violentes se succèdent, Séverine et Ayrton sont malmenés. Le jeune garçon n’en peut plus. Comme à chaque fois, il court se réfugier dans sa chambre pour ne plus entendre son père hurler contre sa mère. Ce soir-là, le soir de trop, le soir où la main se fait lourde, le soir où ça dérape plus que d’habitude, il aperçoit sur son balcon, un chat qui ressemble trait pour trait au chat qu’il a dessiné au fusain et pour lequel il a eu 18. Il est fasciné, les deux bêtes sont identiques dans les moindres détails. Perdu dans sa bulle, Ayrton est persuadé que ses croquis ont le pouvoir d’exister. Ce matou tout droit sorti de son imagination est devenu réel. Alors suffirait-il de dessiner un nouveau papa pour faire disparaître le voile noir qui recouvre son quotidien ? Il sait que la magie existe quelque part, il le sait, il l’a tellement lu dans les livres qui parlent de supers pouvoir s! Ayrton veut se construire un héros bien à lui qui serait gentil, aimant, affectueux, un héros qui ressemblerait à son papa d’avant….

Papa de papier est un roman émouvant qui se lit d’une traite. La situation familiale est catastrophique. Il y a de la maltraitance physique et morale, un enfant pris dans ce tourbillon quotidien de violence, qui va se réfugier dans l’imaginaire et le dessin. Un sujet sensible traité à travers la voix d’un enfant d’une grande maturité, qui veut protéger sa maman si impuissante et aider son papa. Un père qui ne supporte pas d’avoir perdu son emploi, qui le fait subir à sa femme et à son fils. Une situation malheureusement trop fréquente, une maltraitance physique et morale aux lourdes conséquences.

Harry Potter et l’enfant maudit. Partie un et deux de J.K. Rowling, John Tiffany et Jack Thorne

Et si… ?

Résultat de recherche d'images pour "harry potter et l'enfant maudit"Presque dix ans après la publication du dernier tome de Harry Potter, Harry Potter et les reliques de la mort, J.K. Rowling propose aux mordus de cet univers magique, qui a bercé plusieurs générations, une pièce de théâtre offrant une suite aux aventures de Harry Potter, une huitième histoire.

Ce livre correspond à l’édition du texte intégral de la pièce de théâtre dont la première représentation a eu lieu à Londres en Juillet 2016. Une conception originale de J.K. Rowling.

Dix neuf ans plus tard, Harry Potter est marié à Ginny Weasley et père de trois enfants : James, Lily et Albus Severus Potter. Hermione et Ron ont une fille, Rose et quant à Drago Malefoy, il élève seul son fils Scorpius. Début de la pièce, Albus Potter se rend pour la première fois à Poudlard avec la même hantise que son père à son âge, que le choixpeau magique l’envoie à Serpentard. Harry tente de le rassurer tant bien que mal. Les relations entre Harry et Albus vont devenir tendus et compliqués au fil de l’histoire. Un jour, Amos Diggory, accompagné de sa nièce Delphi, rend visite à Harry pour lui demander une faveur, celle de faire revenir son fils Cédric Diggory tué lors du tournoi des trois sorciers par Voldemort. Car une rumeur circule : le ministère de la Magie possèderait un retourneur de temps. Cependant, Harry refuse de prendre des risques importants pour le satisfaire. Albus écoute la conversation et discute, caché d’Amos et de son père, avec Delphi. Le jeune sorcier va vouloir aider Amos, en tentant de ramener Cédric à la vie. Albus entraîne son meilleur ami dans cette aventure, Scorpius Malefoy. Les deux jeunes sorciers commencent alors un voyage dans le temps où passé et présent s’entremêlent. Ils ne mesurent guère l’ampleur des conséquences que leurs actes vont et peuvent causer.

Un plaisir avant tout de se promener à nouveau à Poudlard et dans l’univers magique de Harry Potter. Retrouver Harry, Ron et Hermione puis les personnages secondaires, professeur McGonagall, Neville Londubat et même Drago Malefoy. Un petit pincement au cœur pour les personnages morts qui nous hanteront éternellement…

Nous comprenons d’entrée de jeu qu’Albus est différent de son frère James et de sa sœur Lily, tous deux à Gryffondor. Albus porte un lourd fardeau qu’il ne parvient pas à chasser de son esprit : son père se nomme Harry Potter et il porte les noms de deux grands sorciers, Albus Dumbledore et Severus Rogue. Avec Harry, ils ne se comprennent pas. Le jeune Albus va alors se rebeller contre son père en tentant d’aider Amos Diggory.

Reproches, disputes, incompréhension, peur de ne pas être à la hauteur, les relations d’Albus et et de Harry se construisent autour de ces sentiments. Harry, orphelin, semble trouver des difficultés dans son rôle de père qu’il ne parvient pas à surmonter.

Avec cette huitième histoire, J.K. Rowling semble vouloir contenter le lecteur en racontant des fins que cette saga aurait pu avoir. Monde noir et sordide gouverné par Voldemort avec Dolores Ombrage nommée directrice de Poudlard, Ron et Hermione faisant chacun leur vie de leur côté, etc. Le retourneur de temps et les aventures vécues dans ce voyage dans le temps par Scorpius et Albus n’apparaissent que comme des prétextes afin de proposer un « catalogue de fins » à la grande saga Harry Potter. Le sentiment que l’auteure ait commencé à écrire cette pièce en se demandant « et si… ? » Par ailleurs, nombreuses sont les incohérences que je ne dévoilerai dans cette chronique pour ne pas spoiler les lecteurs. Des incohérences faisant perdre la légitimité de cet écrit.

Peu originale par ailleurs, J.K. Rowling n’invente rien de nouveau si ce n’est les enfants de nos trois héros. Elle nourrit cette pièce de théâtre d’intrigues similaires vécues dans les tomes précédents et peu développées. Revenir sur la mort de Cédric Diggory pimente le début de la pièce, sensation d’enthousiasme ne durant que quelques minutes. Très vite l’histoire s’essouffle. Nous pensions que la boucle était bouclée avec Voldemort, avec Harry et ses parents mais non, J.K. Rowling continue de creuser les ténèbres de Harry Potter que nous pensions enterrés depuis maintenant dix ans.

Quelques avantages toutefois pour nos jeunes lecteurs, ce livre se lit vite et donne envie de lire et regarder à nouveau les premiers Harry Potter ! Donc je le conseille quand même aux élèves mordus de cette saga !