Broussaille, tome 2. Les sculpteurs de lumière, de Franck et Bom

Le trésor du lac…

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L’histoire commence au XVIIIème siècle, le peuple se révolte contre les privilèges. Les nantis sont massacrés et certains d’entre eux décident dans un dernier élan de sauver leurs richesses. Un trésor, appelé le treizième cristal sera caché au fond d’un lac. Petite transition jusque chez Broussaille qui se rend quelques jours chez son oncle René, histoire de se reposer avant de passer ses derniers examens. Deux ans qu’ils ne sont pas vus. Broussaille a bien l’intention de se reposer quelques jours, bercé par le silence d’une campagne verdoyante et accueillante. Le second jour, le jeune homme part en balade et découvre de merveilleux paysages. Son chemin croise celui de deux hommes, des fervents défenseurs de la nature, des écolos qui se dirigent vers une usine de recyclage implantée non loin de là. Broussaille les accompagne et arrivé sur place découvre un bâtiment fabuleux, qui se veut à la pointe de la modernité tout en respectant l’environnement. Elle garantit surtout du travail pour de nombreuses personnes. La présence de cette usine tracasse néanmoins son oncle qui ne voit là qu’une offense à la nature. Le troisième jour, alors que Broussaille parcourt les chemins, il rencontre le jeune voisin de René qui lui demande de le suivre jusqu’à un lac. Et là, un spectacle de lumière commence, une silhouette se dessine à travers les éclats, laissant Broussaille perplexe, à demi apeuré. Quelque chose d’étrange se passe, serait-ce en lien avec les événements passés ?

Il y a toujours de la magie avec ce tome 2 et le lecteur ne s’en lasse pas.

 

Le Grand Fleuve, série de bandes dessinées de Hettre et Ailery

La Nièvre, à travers les canaux…

Une série de bandes dessinées qui nous plonge au cœur de la Nièvre, dans le Morvan au XIXème siècle.

Le grand Fleuve, 1. Jean Tambour, de Hettre et Ailery

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Jean Tambour, un flotteur sur bois, revient dans la région, à Clamecy plus exactement. Mais rien n’est comme avant, il trouve que les hommes sont tendus, l’atmosphère pesante. Tous ces hommes ont une profession pénible. Ils acheminent du bois jusqu’à la capitale par les canaux, bravant ainsi les caprices du temps. Ils sont forts, résistants. Mais quelque chose ne va pas, que leur arrive-t-il ? Jean Tambour va découvrir un trafic de bois qui causera la perte de ses compagnons s’il ne fait rien pour le démanteler.

 

Le Grand Fleuve 2. Vent de mar

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Jean Tambour et son ami Gustave sont à bord d’un grand bateau, le Grand Fleuve et naviguent sur la Loire. Mais il n’y a pas que le bois qui flotte. Dans ce deuxième tome, nos héros vont se trouver mêler à un trafic d’armes.

 

 

 

Le Grand Fleuve 3. L’île aux Canes

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Le progrès est en marche et les voiles vont se trouver concurrencées par les fumées noires des bateaux. Une rivalité va s’installer. L’avenir de la navigation pour Jean Tambour et ses compagnons est compromise.

 

 

 

 

Le Grand Fleuve 4. Hussards en galerne

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Jean Tambour et ses compagnons vont se battre contre des hussards qui se sont retrouvés, seuls, sans chef, après que Napoléon ait perdu la bataille de Waterloo. Des pirates provenant de l’armée en déroute qui se sont retrouvés sur les bords de Loire. Ils piègent les gabarres, dans le seul but de les piller et de ramener un trésor de guerre à leur empereur.

Une série de bandes dessinées historiques qui met en avant le métier de flotteur. C’est l’histoire de la Loire en BD. Quatre volumes qui se lisent indépendamment.

Plastique apocalypse, de Arthur Ténor

SOS, Terre en détresse…..

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Un scientifique a mis au point une invention dans le but d’éliminer tous les déchets plastiques de la surface de la Terre. Un moment historique que Richard Buttler, le président de Bio Tech Ingénierie, s’empresse de partager lors d’une émission télévisée, transférée pour l’événement dans une salle de recherche du laboratoire de la société. Dimitri Karadine, le chercheur, a inventé une bactérie dévoreuse de matière plastique : le Plastivorax. Ce germe est conçu pour tout engloutir, se multiplier et se désagréger en quelques minutes, une fois rassasié. Une démonstration est réalisée en direct, c’est l’euphorie ! Cependant à aucun moment quelqu’un a pensé que le Plastivorax pouvait résister à la mort programmée. Quelques jours après la diffusion de la nouvelle, un incendie a détruit le laboratoire de recherche, un airbus s’est abîmé en mer avec à son bord Richard Buttler. Dimitri est effondré. Dans la soirée, son fils Alexandre remarque un fait étrange, le clavier de son ordinateur se ramollit, puis finit par fondre. Dans le salon, la télévision est presque toujours allumée. Une image se fige alors sur un site industriel, duquel s’élève une forte fumée grise. C’est la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine qui est prête à exploser ! Triste réalité où la nature a pris le pas sur l’Homme. En effet, le Plastivorax s’est étendu, attaquant tous les circuits électriques, ce qui  entraîne des explosions et des incendies à répétition. C’est le chaos, une panique générale s’empare de la population. Tous les réseaux de communication sont coupés, la circulation terre, mer et air est inexistante. La planète entière attaquée par la bactérie est paralysée, les scènes de pillage se multiplient, les gens se piétinent, se battent. C’est la loi du plus fort qui l’emporte, les hommes deviennent des barbares. La civilisation est anéantie… Le mode de vie actuel est le seul responsable de cette catastrophe planétaire. Le Plastivorax arrêtera sa progression quand il n’aura plus rien à se mettre sous la dent, quand il n’y aura plus sur son passage de matériaux à base de pétrole, quand il n’y aura plus rien contenant du plastique. Tout ce qui fait le confort des humains, leur petit bonheur matériel de tous les jours, tout disparaît  ! C’est une véritable descente aux enfers. L’homme a orchestré sa propre perte, sa disparition. Toujours innover, toujours aller plus loin, s’enrichir, STOP DANGER ! Une société de consommation toujours avide de nouveautés, du gâchis, des déchets, la pollution… Que va-t-il advenir de cette population qui essaie de survivre, d’échapper à la bactérie ? Trente ans après ce cataclysme, Alexandre est à son tour papa. Il a survécu. Et il repense à sa vie d’avant : Internet, la télévision, une vie à 100 à l’heure, les réseaux de communication de plus en plus performants, la pollution, une surconsommation, avoir toujours plus et mieux. Et là que reste t-il ? Un grand retour en arrière s’est opéré. Plus de véhicules à moteur, plus de télévisions ni d’internet. Une nouvelle ère est née. L’air est frais, respirable, on utilise les énergies renouvelables, le soleil, on réalise ses propres plantations, on n’a plus d’écrans, on lit. On respecte la nature, l’environnement, on se passe du pétrole. On construit un nouvel avenir, on retourne aux vraies valeurs. La terre ne doit plus être une poubelle, il faut en prendre soin pour qu’elle dure. Il faut tirer des leçons des erreurs du passé, pour construire un avenir sain.

Dans Plastique apocalypse, Arthur Ténor aborde le thème de l’écologie en soulignant l’importance des comportements individuels et collectifs des hommes. L’écologie doit être notre cheval de bataille. Une prise de conscience collective est nécessaire pour préserver une planète en danger. Cette histoire est poussée à l’extrême, le début peut paraître un peu lourd mais il nous met devant une évidence : l’Homme est un danger pour lui-même, défiant constamment la nature qui reprend ses droits dans la douleur. Faut-il une catastrophe pour que chacun puisse enfin comprendre qu’agir pour le bien-être de la planète est indispensable à notre survie… Imaginez la cellule de crise qui s’installe déjà dans votre cuisine quand votre ami du quotidien, le micro-onde vous lâche au moment de chauffer votre café du matin. Et surtout, quand il faut faire appel à l’artillerie lourde qu’est la casserole !!! C’est la panique, on rage, à peine si encore on sait se servir de ladite casserole. C’est triste quand même. Réfléchissez bien à votre comportement du quotidien, si un jour il fallait renoncer à tout ça, pour le bien-être de l’Humanité, pour sa sauvegarde. Un Plastivorax peut à tout moment surgir….

Le pays hors du monde, de Jean Joubert

Peuple en péril…

 

Nous voilà propulsés entre deux mondes. La Fraterie qui regroupe les partisans d’une vie traditionnelle et les autres, regroupés dans le Sud, adeptes de la modernité, des industries. La Fraterie vit en autonomie et rien n’a changé depuis des siècles. C’est le travail de la terre avec du matériel ancestral, pas d’électricité, les habitants sont loin du progrès et de la concurrence.Un choix de vie qui leur convient. L’esprit de la terre et et de la nuit veille sur eux. Contraste violent avec le reste de la population qui baigne dans une civilisation moderne, toujours en quête de nouveautés et de pouvoir. Tout va basculer quand le Sud va progresser sur les terres de la Fraterie afin d’y installer des axes de communication pour exploiter de nouvelles ressources minières. Commence alors une période de grand séisme culturel qui verra s’affronter les partisans du changement et ceux qui veulent continuer à mener une existence rudimentaire.

Et puis en parallèle une histoire d’amour entre deux êtres qui font partie de la Fraterie pour l’un et du Sud pour l’autre.

Un roman qui nous fait réfléchir sur cette soif de pouvoir, de progrès toujours plus présent. Il est normal de vouloir évoluer et de chercher des techniques qui nous facilitent de plus en plus la vie. Faut-il pour autant faire obstacle aux hommes qui font le choix de vivre simplement, avec des valeurs traditionnelles ?

Le 9ème continent, de Dominique Corazza

La nouvelle ruralité

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Avec le 9ème continent, Dominique Corazza a voulu éveiller le sens critique du lecteur en posant un regard moqueur sur les comportements individuels et collectifs des hommes en milieu rural. Quatre courtes histoires qui dénoncent une nouvelle façon de vivre. Quatre nouvelles qui présentent un visage inquiétant de la transformation des campagnes, de la nouvelle ruralité. En campagne, on s’attend à voir des produits du terroir, des cultures en pleine terre. Et bien, la modernisation touche aussi ce milieu qui regorge de fermes urbaines produisant industriellement toutes variétés de produits, tout au long de l’année. Paola qui part explorer la flore et la faune, va en faire la triste expérience.

Certains ruraux se modernisent et démarrent dans une grande cacophonie leurs engins à moteur, toujours plus performants pour entretenir leur terrain. Plus personne n’entend le bruit mélodieux d’une nature étouffée. C’est une banale journée de printemps où tout le monde s’affaire dans un vacarme assourdissant, ne faisant plus attention aux oiseaux qui chantent, au ruisseau qui « glougloute » . La nature est façonnée, modelée par l’homme qui dégaine fièrement ses joujoux d’acier.

L’image de la campagne pour certains citadins reste étroite avec beaucoup de préjugés. Les gens y sont arriérés vivant en décalé avec le progrès, presque encore au temps du Moyen-Age ! Rayan a de la chance. Sa maman a décidé de l’emmener visiter un village à la campagne pendant deux jours ! Elle a pris une chambre d’hôtel qui se situe sur la place du village. Ils sont en pleine immersion. Alors qu’elle pourrait apprécier ce moment de calme loin des turpitudes de la ville, celle-ci va vite se trouver mal à l’aise avec les valeurs traditionnelles du monde rural. Une population, à ses yeux, d’un autre monde, d’un autre espace-temps alors que son fils va très bien s’y faire. Elle qui ne peut se passer de smartphone, elle au caractère si aigri, snobant les gens de la terre.

Pour achever ces différents tableaux, Dominique Corazza dénonce l’invasion des propriétaires qui achètent à la campagne des résidences secondaires, qui font disparaître un cadre local qui vieillit, qui paraît désuet mais qui pourtant est chargé de souvenirs. Adieu les enfances perdues, les âmes des anciens…

Petit à petit, la campagne se laisse rattraper par la modernisation. Les paysages sont transformés. On peut offrir un nouveau visage à nos campagnes sans pour autant les mutiler ou qu’elles deviennent « les campagnes des villes » aux fonctions résidentielles. Il faut savoir aussi les préserver, les faire vivre sans trop les transformer, apporter juste ce qu’il faut pour éviter l’isolement.

Ravage, René Barjavel

Désolation

2052. Le monde vit à cent à l’heure, que dis-je ! , plus vite que cela encore grâce aux révolutions technologiques qui n’ont cessé de se produire au cours des dernières années. Les gens se déplacent à bord de trains super-soniques à suspension aérienne ou dans des avions. Les buildings ont fleuri dans Paris qui est devenue une mégalopole immense. D’ailleurs, les campagnes n’existent quasiment plus nulle part. Partout, les terres cultivables ont été remplacée par des usines qui produisent de manière artificielle aussi bien des céréales que des légumes et de la viande. Seul le sud de la France a refusé de céder au tout industriel et conserve une agriculture « à l’ancienne ». Partout ailleurs, les progrès techniques ont rendu inenvisageable et inutile le moindre effort humain, si bien que l’homme lui-même devient décor…

C’est dans ce contexte que la jeune Blanche s’apprête à devenir la prochaine star de la chanson grâce à au directeur peu scrupuleux de radio-300, le richissime Jérôme Seita, qui se croit le maître du monde grâce à son argent. Insouciante, la jolie provinciale se laisse tourner la tête par les sirènes du luxe et délaisse son ami d’enfance, François Deschamp, un solide gaillard, qui l’aime en secret.

Alors que François est désespéré de voir son amie lui échapper et qu’une guerre mondiale est sur le point d’éclater – le continent africain s’apprête à bombarder l’Amérique -, une catastrophe sans précédent a lieu : subitement, l’électricité est coupée partout et toute la ville s’arrête de fonctionner. Pire, les avions s’écrasent les uns après les autres, ravageant la ville. Bientôt, alors que plus rien ne fonctionne, qu’une chaleur suffocante asphyxie les habitants et qu’un incendie ravage la capitale, c’est la loi de la jungle qui prévaut. François s’empresse de retrouver Blanche puis s’allie à un petit groupe afin de s’enfuir au plus vite et tenter de gagner le sud de la France d’où il est originaire.

Le début de ce roman d’anticipation est vraiment très prometteur. En 1942, Barjavel imagine des innovations techniques qui se réaliseront effectivement et la société toute automatisée qu’il décrit est très réaliste. L’auteur mêle à la perfection utopie et dystopie dans la mesure où ce Paris futuriste apparaît comme cité idéale tout en faisant frémir par cette mécanisation et cette déshumanisation à l’extrême. Une fois le cataclysme passé, l’histoire tourne au cauchemar et le roman allie aventure et horreur (décomposition des corps des ancêtres conservés dans des chambres froides individuelles, choléra, asiles psychiatriques ouverts…). Jusque-là encore, l’intrigue progresse de manière haletante même si j’avoue l’avoir trouvée un peu vieillie, très dix-neuvième (ce qui n’est pas péjoratif en soi mais pour un roman de science-fiction du milieu du vingtième siècle, c’est un peu étrange comme effet). Là où ça coince, c’est la fin, qui vire un peu au grand n’importe quoi. Une fois arrivée dans un pays de cocagne, notre petite troupe, toujours sous la coup de François, meneur depuis le début, va essayer de reconstruire l’humanité en partant de zéro. Sauf que François se comporte en despote. Instaure la polygamie obligatoire, fait brûler les livres (très choquant à mon goût) afin d’être sûr que le progrès ne fasse pas sa réapparition et alors qu’un homme se présente avec une machine pouvant aider au labour, le chef décide d’anéantir machine et inventeur, refusant tout progrès. Bien sûr, il faut replacer l’oeuvre dans le contexte de guerre mondiale pendant laquelle elle a été écrite qui explique la diatribe contre le progrès et la mécanisation à outrance. Mais qui ne justifie en rien le machisme et la loi du plus fort prônés tout au long de l’oeuvre. Je reste donc mitigée. Très enthousiaste pour la première partie (les élèves de troisième qui étudie le roman d’anticipation et la ville y trouveront largement leur compte) mais très déçue par la fin.

Vous pouvez retrouver ici, la chronique de Merlin, un autre roman de Barjavel.