La politique pour débutants – Collectif

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

 

La politique pour débutantsUn documentaire à lire dès 10 ans – 127 pages

 Ce livre apporte des réponses sur un sujet  bien spécifique : la politique,  tels que la démocratie, le droit de vote,  les élections, les idéologies, avec des thématiques comme les droits de l’homme, la révolution, la guerre, le terrorisme, l’immigration, la liberté d’expression, etc.  Toutes les notions de base sont traitées et permettent de mieux comprendre ce que l’on appelle  » politique  » dans nos relations à travers le monde. C’est simple, précis et complet. Une bonne approche du sujet pour se familiariser et apprivoiser avec douceur la politique sans prendre peur !

 

 On peut apprécier la mise en page des livres de cette collection. Il y a beaucoup de couleurs, des encadrés, des fonds à motifs, des tas d’illustrations sur chaque page… C’est à la fois bien rempli tout en étant très clair. C’est un livre que l’on peut lire ou feuilleter en prenant une page au hasard ou bien par chapitre. Chaque information commence d’abord par un titre ou une question puis viennent les explications et les précisions accompagnées d’illustrations colorées qui rendent les faits plus clairs. C’est un livre complet, diversifié.  A la fin de l’ouvrage, on retrouve une table des matière ainsi que les définitions de termes qui nous semblent souvent complexes. Une nouvelle façon d’apprécier et de comprendre la politique autrement, à travers des dessins, des schémas simples et des petites planches de BD souvent drôles . C’est un ouvrage qui se complète bien avec les 100 infos insolites à travers l’histoire que je conseille vivement de lire simultanément. Je recommande ce livre autant aux jeunes qui, d’ailleurs, retrouveront les thèmes abordés dans les programmes scolaires, qu’aux adultes pour revoir un peu leur culture générale !

Axel, 14 ans – 3ème, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

20 ans pour devenir … Louise Michel, de Rolande Causse et Nane Vézinet

Au nom des femmes

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Louise Michel, née en 1830, est fille d’une femme de chambre et de père inconnu. Sa mère est au service d’une famille de châtelain, les Demahis, et même si elle tait l’identité du père, tout porte à croire que le géniteur soit le fils de cette famille. Louise grandit auprès de sa mère au château de Vroncourt-la-Côte, en Champagne. Elle reçoit une bonne éducation, égaie la maison pour le bonheur du maître et de la maîtresse du château. Chacun de ses anniversaires donne lieu à une fête. Louise est élevée comme une princesse, elle est curieuse et apprend vite. Dès son plus jeune âge, elle se tourne vers les autres et s’insurge contre l’injustice. Adolescente et consciente de son confort, elle consacre déjà son argent de poche à nourrir les plus démunis. Elle ne supporte pas la méchanceté, la sottise. A la mort des Demahis, Louise et sa mère sont contraintes de partir, elles hériteront d’un petit pécule. En 1851, Louise réussit le brevet de capacité qui va lui permettre de devenir institutrice. Elle ouvre de nombreuses écoles où elle exerce ses fonctions avec une passion sans bornes. Elle fonde l’école libre selon les principes républicains. C’est elle qui crée la première école pour filles. Louise adore écrire. Ainsi, elle met sa plume au service de journaux d’opposition. Elle écrit de nombreuses œuvres engagées. Elle aide les femmes à vivre par le travail, une sorte d’émancipation. Très engagée dans une politique radicale, elle intervient lors de meetings, défend les ouvriers, les chômeurs, s’insurge contre la peine de mort. Elle devient anarchiste, est acclamée par le peuple de Paris. Elle s’installe un temps à Londres, jugeant que la France prend en otage la liberté d’expression. Ses prises de positions font l’objet de nombreuses arrestations. Elle finit par être emprisonnée. Elle en sort au bout de trois ans, grâce à Clémenceau. Elle décède d’une pneumonie en 1905. Toute sa vie, elle restera fidèle à ses convictions, livrera ses batailles jusqu’à son dernier souffle.

« Sans l’autorité d’un seul, il y aurait la lumière, il y aurait la vérité, il y aurait la justice. L’autorité d’un seul, c’est un crime. »
Louise Michel – 1830-1905 – Extrait d’une Plaidoirie – 22 Juin 1883

« La tâche des instituteurs, ces obscurs soldats de la civilisation, est de donner au peuple les moyens intellectuels de se révolter. »
Louise Michel – 1830-1905 – Mémoires – 1886

Le nom de Louise Michel est associé dans notre mémoire au combat pour les femmes et la Commune. Cet engagement va d’ailleurs causer sa déportation en Nouvelle Calédonie. Grande militante, elle a consacré sa vie à défendre l’éducation et les plus pauvres. Une station de métro parisien porte d’ailleurs son nom ainsi que de nombreuses écoles. Ce fut une femme généreuse, ouverte aux autres, cultivée qui prônait l’école pour tous. Comme Louise Michel à son époque, une autre grande dame, ancienne déportée, très engagée politiquement, défendant la cause des femmes, a marqué l’Histoire de son nom : Simone Veil qui a fait son entrée au Panthéon dimanche 1er juillet 2018. S’ajoutent à elles, Marie Curie ( une scientifique XIXème siècle), Rosa Park (lutte contre la ségrégation XXème siècle), Lucy Stone (féministe engagée XIXème siècle), et bien d’autres, qui ont marqué l’Histoire dans différents domaines, qui ont écrit l’Histoire. Par leur courage, elles ont combattu les clichés et forcent l’admiration.

Rolande Causse et Nane Vézinet ont su parfaitement montrer la forte personnalité de Louise Michel, en un texte court et accessible. L’essentiel est dit, on mesure la grandeur de son engagement.

 

Art et politique, de Nicolas Martin et Eloi Rousseau

We don’t need another hero

Un ouvrage passionnant pour comprendre comment l’art  peut être une forme de pouvoir. Parfois, les artistes se mettent au service du pouvoir dominant, et leur art devient instrument de propagande, même d’un pouvoir totalitaire. Parfois, au contraire, les artistes se mettent au service de mouvements contestataires pour dénoncer l’oppression, les injustices, parfois au péril de leur vie.

Cet ouvrage, abondamment illustré, présenté de manière très agréable et aérée, en courts chapitres bien construit, dresse un aperçu à travers l’Histoire de l’artiste qui est là  non seulement pour représenter le monde, mais bien aussi pour le faire bouger ! Les différents mouvements sont présentés (du portrait de cour aux surréalistes, du réalisme au constructivisme), ainsi que différentes techniques ou supports (street art, affiches, photomontages, détournements, etc). Cet ouvrage s’articule autour de 7  thématiques présentées en chapitres : Révolte, Guerre, Révolution, Dictature, Dissidence, Luttes, Mondialisation. La palette d’artistes cités permet de plus  un éventail très large et varié  : David, Goya, Grosz, Warhol, Bansky, Heartfield, Ai Weiwei.

 

Démontrer le harcèlement et ses conséquences

Blacklistée, de Cole Gibsen

Résultat de recherche d'images pour Regan, lycéenne de dix-sept ans, vit dans l’Illinois. Sous ses airs de fille sûre d’elle, n’hésitant pas à rejeter les autres qu’elle et ses amies jugent inintéressants ou bizarres, Regan cache un secret susceptible d’être lourd de conséquences auprès de ses camarades. Celle-ci souffre de troubles de l’anxiété. Il faut reconnaître que psychologiquement elle n’est pas aidée par sa mère, femme politique, députée, centrée sur les prochaines élections. Considérant que les images sont primordiales en politique, sa mère lui fait porter de lourdes responsabilités tant sur son apparence que sur ses résultats scolaires. Regan fréquente un lycée privé où tout se passe bien jusqu’au jour où un matin, alors qu’elle arrive au lycée, elle découvre ses messages privés placardés sur les murs du lycée. Insultes, mensonges, manipulations, toutes les personnes qu’elle a insulté par SMS avec Payton ou encore Amber sont dévoilés. Regan devient une paria et va commencer à vivre un enfer au lycée. Elle ne sait pas qui se cache derrière cette trahison mais soupçonne son amie Amber. Mais Regan ne sera pas complètement seule, Nolan, mystérieux garçon, caméra à la main, va se trouver constamment sur son chemin. Pour quelles raisons ? Comment la vie de Regan a-t-elle pu basculer de cette manière du jour au lendemain sans qu’elle s’en aperçoive ? Personne ne sortira indemne de cette épisode sombre et douloureux touchant une grande partie des lycéens.

Écrit à la première personne du singulier, Blacklistée est un roman américain ayant connu un véritable succès. A travers les propos de la narratrice, Regan, le lecteur est immergé dans la vie d’une lycéenne de dix-sept ans vivant dans un milieu ultra-aisé. Mais pour autant, Regan n’a rien d’une fille complètement épanouie, au contraire. Cole Gibsen, l’auteure de l’ouvrage, traite les tenants et les aboutissants du harcèlement scolaire. La force de l’histoire réside dans le fait qu’elle n’épargne personne, de la victime à l’assassin, du harcelé au harceleur, des personnels du lycée aux parents, de l’établissement à la société. Le scénario de ce roman fait comprendre que l’origine du harcèlement va bien au-delà de simples disputes ou querelles entre camarades, il reflète entre autre l’image d’une société intolérante où certaines différences restent jugées de façon négative. La pression que subit Regan à cause de sa mère l’ayant éduquée aux règles d’or de la politique fait d’elle une fille d’abord hautaine et sûre d’elle en apparence puis d’une lycéenne anxieuse et isolée, vivant sous pression en continue.

Regan souffre par ailleurs d’un mal-être permanent dû à ses troubles de l’anxiété qu’elle ne peut dévoiler au risque de voir sa réputation s’effondrer. Cependant, elle n’est pas la seule du lycée à vivre cette situation. Plusieurs personnages du roman vivent avec une menace permanente, une peur bleue de voir leurs secrets dévoilés : des troubles du comportement à l’orientation sexuelle. Cette crainte pousse ces derniers à se tourmenter les uns les autres.

Cole Gibsen ne se contente pas de montrer uniquement les effets néfastes du harcèlement  et ne tombe jamais dans le pathos. Elle sensibilise et porte une réflexion pertinente et efficace, des origines du harcèlement à la manière d’y remédier. L’histoire va plus loin, elle montre l’inconscience des jeunes face au harcèlement, car avant d’être victime, Regan a été coupable de harcèlement sans savoir qu’elle faisait du mal. Cole Gibsen semble surtout centrer son propos autour des origines du harcèlement, la manière dont celui-ci se construit et les raisons pour lesquelles il a lieu et s’amplifie. Car avant de résoudre un problème, il faut toujours puiser à la source et comprendre la manière dont celui-ci s’est formé.

Blacklistée, au-delà du sujet traité, est un roman addictif, où le suspens demeure au fil des pages. La fin offre une parfaite démonstration du harcèlement et des ses conséquences et montre que bien que les choses s’arrangent au fil du temps ou par des actions engagées, le harcèlement laisse indéfiniment des traces visibles ou invisibles. A l’image des personnages, le lecteur sort grandit de cette expérience.

Une lecture que je conseille vivement à partir de la troisième et aux lycéens. La situation des personnages, le style littéraire et le scénario font que ce roman semble destiné à des adolescents de plus de quinze ans. N’ayez pas peur, vous ne serez qu’enrichis lorsque vous aurez fermé ce roman tantôt rose, tantôt noir.

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Mystérieuse cité aux mille noms

La cité sans nom, tome 1. Menace sur l’Empire Dao, de Faith Erin Hicks

La Cité sans nom - La Cité sans nom, T1Elle se trouve sur les abords du fleuve des Vies. Une roche creusée d’un trou par l’homme la domine et relie le fleuve à l’océan. Elle porte mille noms différents selon qui la nomme, mais en fait, elle n’a pas vraiment de nom. Elle pourrait être une cité de paix,  mais les tensions entre les envahisseurs, les Dao et les habitants natifs de la cité, les Skral menacent sa sérénité.

Kaidu a quitté sa mère, chef de tribu, pour rejoindre son père dans la cité. Il suit un entraînement intensif pour intégrer l’armée Dao, dirigée par le fils du général de toutes les lames, chef de la cité. Alors qu’il flâne dans la cité, il se lie d’amitié avec Rate, une jeune fille des rues. Cette relation est improbable car ils ne sont pas du même côté et Rate déteste tout ce que peut représenter Kaidu… Pourtant, Kaidu et son père cherchent à unir les peuples pour vivre en paix. Parviendront-ils à convaincre le général de toutes les lames ? Et si celui-ci accepte un compromis, sa politique ne risque-t-elle pas de le mettre en danger ?

Une bande dessinée dynamique illustrée par l’auteure elle-même.  Le trait est vif, coloré et rythmé. Une histoire de complot, de politique, de paix entre les peuples, mais aussi d’amitié et de courage, d’acceptation de l’autre et de sa différence. Une belle leçon de vie en ces temps d’élection présidentielle ! On attend maintenant le tome 2 avec impatience.

 

Fille de Présidente, tome 2. Sans papiers et sans problèmes, de Pascale Perrier

Protocole et compagnie

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Coucou me revoilà ! Nous sommes les locataires de l’Elysée ! Ce que je redoutais est arrivé… Je ne peux plus me déplacer sans garde du corps, je ne peux plus m’habiller comme je veux ! Bref, depuis que maman est Présidente, tout va de travers. Ma vie est loin d’être de tout repos. Etre adolescente et fille de Présidente, quelle galère !

Avec beaucoup d’humour, Angèle nous dépeint la vie de sa famille depuis que sa mère a été élue Présidente de la République. Elle nous invite à l’Elysée. Une maman peu disponible, un papa qui continue de briller par son absence, des enfants aux mains des baby sitters et des gardes du corps, une vie trop carrée, un quotidien  bouleversé. Angèle ne peut plus aller au collège seule, elle est enregistrée sous un nom qui n’est pas le sien et doit avoir une conduite exemplaire. Là, c’est un peu plus difficile. Angèle va faire les frais de la notoriété de sa mère puisque la presse va s’emparer de son bulletin de notes et divulguer dans les journaux ses mauvaises appréciations. La jeune fille change alors de collège où elle va faire la connaissance d’Andréi, un camarade de classe menacé d’expulsion.

Un nouveau roman de Pascale Perrier qui se lit toujours avec autant de plaisir car sa plume reste fluide, pleine de fantaisie, avec des personnages très attachantsDans le premier tome, l’auteur initiait les lecteurs à la vie politique. Avec le tome 2, elle nous entraîne dans le palais présidentiel, dans une vie pleine de protocoles et de contraintes. En parallèle des magouilles politiques, une situation délicate pour un ami d’Angèle qui risque l’expulsion. Des sujets plus que d’actualité traités à travers la voie d’Angèle,  une adolescente qui veut avoir une vie normale, sans chichi.

Réseau clandestin et liberté.

La bonne couleur, de Yaël Hassan.

Max a 15 ans et vit dans un monde soumis à la dictature. L’entraide est bannie, des livres qui vont à l’encontre de la pensée actuelle ont écouleur300-1b4e3té détruits…
A l’école, des  couleurs d’uniformes différentes ont été choisies selon si l’on est considéré comme l’élite (violet) ou bien comme exclus de tous et « nul » (brun). Max, qui était excellent jusqu’à aujourd’hui, se retrouve avec un uniforme brun et est donc sujet à des humiliations et des exclusions. Il porte cet uniforme parce qu’il s’était lié d’amitié avec Félix, le vieil antiquaire qui habitait en dessous de chez lui et a été dénoncé.  Il s’intéressait à de nombreux objets qui étaient dans sa boutique mais surtout au récit du vieil homme sur la vie d’avant que Max trouvait bien mieux. Magda, sa maman, les surprend une nuit et Félix se fait arrêter. Il a juste le temps de glisser à Max Seul dans Berlin, un livre sur la résistance allemande antinazie. On apprend quelques temps plus tard que le vieux Félix est mort… un suicide, est-ce vraiment le cas ? En même temps on nous raconte la libération de Jo, le père de Max, qui fait partie du réseau de Félix.
Va-t-il poursuivre son travail, que vont-ils mettre en place? Reviendra-t-on à une démocratie ?
L’auteure de ce livre nous montre une société où tout le monde est surveillé et fiché : les élèves selon leur mérite sont classés par ordre de couleur. Le titre pourrait, si on ne lit pas le livre, nous faire directement penser à une histoire de couleur de peau. L’auteure crée un personnage, Max, qui est un enfant qui refuse de rentrer dans le moule, et qui réagit. D’un autre coté, un vieil homme, Félix, qui est présent pour transmettre son savoir sur le passé à une génération future pour que celle-ci puisse assurer la suite et amener à un monde plus serein.
Ce livre est un livre très intéressant et facile d’accès pour  les élèves. Même si par moment il est un peu compliqué de se situer dans l’histoire parce qu’il y a de nombreux retour en arrière.
Ce livre a obtenu le prix NRP en 2006.