Lou après tout, 2. La communauté, de Jérôme leroy

Survivre pour un nouveau bonheur ?

lou et la com.jpg

Nous retrouvons le monde noir dans lequel nos héros essaient tant bien que mal de survivre. La douleur et l’incertitude d’un futur auquel on ne croit plus, la question de l’utilité ou non de se battre pour survivre est de nouveau le thème de ce nouveau volet.

Les personnages sont tout aussi touchants, fragiles, attachants et tellement vrais. On retrouve également les alternances passé-présent. Autant d’ingrédients qui font qu’on ne peut se détacher de ce roman qui, pour moi, est un véritable coup de cœur. La communauté serait elle peut-être un début d’espoir. Il nous renvoie au collectif, alors y aurait-il de la lumière dans ce futur si sombre ?

Je ne peux vous en dire plus sur ce tome 2 de peur de trop dévoiler le premier. J’étais à la fois excitée et curieuse de me lancer à l’assaut de ce second roman, le second d’une trilogie. Je n’ai pas été déçue et je ne peux que vous le conseiller.

Je tiens également à préciser que les deux tomes font souvent référence à Guillaume Apollinaire. La poésie restera tout au long du périple de nos héros, un refuge, une aide à la survie, une sorte de protection intellectuelle pour supporter la déchéance. J’avoue que les vers cités, font du bien et quelque part apaisent non seulement les survivants mais aussi les lecteurs. C’est une sorte de bol d’oxygène dans ce dédale de cadavres, dans ces odeurs de sang.

Les lettres de mon moulin, de Alphonse Daudet

Le moulin de mon coeur

moulin.jpg

Les lettres de mon moulin est un recueil de nouvelles. Ce sont de jolies petites histoires qui portent haut la Provence et d’autres régions parcourues, qui parlent des hommes, de la nature, de la vie tout simplement. Alphonse Daudet a quitté la capitale pour s’installer en Provence. Il a acheté un moulin en ruine, dans la vallée du Rhône. C’est un moulin qui trouve grâce à ses yeux et qui deviendra son lieu de vie, son lieu d’inspiration à ses travaux de poésie. Au fil des pages, les anecdotes se succèdent, des récits prennent vie en mêlant tendresse, mélancolie ou malice. De La chèvre de monsieur Seguin au Curé de Cucugnan en passant par La mule du Pape, Alphonse Daudet nous emmène faire de belles promenades ensoleillées qui sentent bon la garrigue, à la rencontre de gens ordinaires. Un vrai régal de rêve et de magie qui entoure les gestes simples de la vie. Un voyage dans le temps plein de sensibilité qui mérite le détour. Un beau retour sur des souvenirs d’enfance pour tous ceux qui comme moi ont étudié ce recueil au collège.

Alphonse Daudet se pose ici en beau conteur, près duquel on prendrait plaisir à s’asseoir, comme dans les soirées d’antan.

Un classique de la littérature française qu’on aura plaisir à découvrir ou à redécouvrir.

La Fontaine aux fables- Collectif- volumes 1, 2 et 3

Un arc en ciel de fables !

Nous connaissons tous les fables de Jean de La Fontaine, grand classique de la littérature française. L’auteur a observé les hommes et les a mis en scène dans un univers peuplés uniquement d’animaux qui leur ressemblent, qui pensent et qui agissent comme eux. Un collectif d’illustrateurs s’est attelé à donner une seconde vie aux personnages,  en nous en proposant une réadaptation sous forme de bande dessinée, avec pour chacun un style très personnel et vraiment varié. Les textes sont en vers,  totalement fidèles à l’original. Le graphisme donne de l’ampleur et du relief à ces trente six fables qui s’animent au fil des pages, alternant des textes très connus avec des textes beaucoup moins célèbres. Tantôt romantiques, tantôt plus agressives, les illustrations nous happent et donnent le ton.

Pari réussi pour ce collectif d’illustrateurs -chacune des fables étant illustré par un dessinateur différent-qui donne ainsi le moyen de faire connaître ces fables à ceux que la lecture rebutent ; et pour les autres, une belle manière de s’approprier des textes connus.

Pour les plus traditionnels d’entre nous, sachez que vous trouverez au CDI, des recueils des fables de La Fontaine dans leur présentation originale, sous forme de livres poche.

fontaine2.jpgfontaine.jpgtome3.jpg

L’allumeur de réverbères, de Nathalie Wyss

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Résultat de recherche d'images pour "l'allumeur de réverbères oskar fnac"Luz, ville imaginaire où il pleut le mardi et où le soleil semble absent.
Le père de Tobi y est allumeur de réverbères tout comme son père avant lui  et le père de son père avant lui. Soudain,  celui-ci tombe malade de la grippe luzienne. Alors, c’est son jeune fils Tobi qui le remplace ! Tous les soirs, dès que Tobi entend la cloche sonner 17 heures, il illumine les rues riches de Luz alors que les quartiers pauvres restent dans le noir. Un jour, il rencontre une jolie demoiselle, Sidonie, et son chat, Poisson de lune, dans les quartiers pauvres. Elle a très très peur du noir et en fait des cauchemars la nuit !
Tobi trouvera-t-il le moyen d’allumer les réverbères des quartiers pauvres ?
L’histoire est super !
J’ adore le suspense qu’il y a … Et ce concept de partager la zone riche qui est allumée et la partie pauvre qui reste éteinte.  L’amitié qu’il y a entre Tobi et Sidonie est très très belle. Les personnages sont bien imaginés et leur caractère est très bien choisi, ce qui fait qu’on s’y attache vraiment.
C’est un livre facile à lire et qui n’a jamais de temps morts. Il utilise le genre de la science-fiction pour faire passer des beaux messages d’amitié dans un univers assez poétique.

Lenny, 5ème – 12 ans, membre des dévoreurs de livres d’Arsène

L’agenda du (presque) poète, de Bernard Friot

Un jour, un poème….

poete.jpg

365 pages pour voyager à travers les mots, 365 pages pour voyager au gré de notre imagination. L’agenda du (presque) poète est une sorte de bible pour les poètes en herbe. Ce livre regorge d’idées pour se lancer dans l’écriture. Chaque page comporte la citation d’un poète et les propositions de Bernard Friot pour s’essayer à la poésie. Un trésor d’activités qui montre que la poésie est avant tout un jeu d’écriture et qu’elle ne s’adresse pas forcément aux plus érudits d’entre nous. Elle est accessible à tous. Il faut savoir attendre l’inspiration, trouver ce petit quelque chose qui fera briller cette petite étincelle qui se trouve au fond de chacun de nous. Bernard Friot nous insuffle ce coup de pouce. Mais la poésie ce ne sont pas que des mots, des vers, ce sont des couleurs, des sons qui vont éveiller des émotions, des sensations transmises également par les dessins très colorés qui illustrent chaque page. Ce livre est un véritable mode d’emploi pour la poésie et souligne que pour être touchant, un texte n’a pas besoin d’être excellent, mais doit dégager avant tout quelque chose d’humain. On peut utiliser cet ouvrage lors d’ateliers d’écriture et pourquoi pas en classe pour démarrer des séquences sur la poésie.Un agenda à consulter au gré de ses envies et de ses humeurs. C’est certain, ce livre  a sa place dans les CDI.

Alors tous à vos crayons, oser, inventer, retrouvons le plaisir d’écrire! Je me lance…

Les mots sont des caresses

les mots sont des épines

les mots blessent

les mots égratignent

les mots sont des couleurs

les mots sont amour

les mots illuminent le cœur

les mots c’est pour toujours

Le Prévert, collage Natali

Le Prévert de NataliJe suis comme je suis…

Cet album de la collection Albums Dada des éditions Mango présente un florilège bien choisi de 19 poèmes de Prévert et complété, en fin d’ouvrage,  d’une petite biographie du poète, du photographe et de la graphiste en charge des illustrations. La mise en page  de l’album est très soignée et les illustrations originales sont faites de collages à partir de photographies du poète prise par le grand photographe Doisneau. Une réussite pour découvrir ce poète qui parle vraiment aux enfants et adolescents.

Retrouvez d’autres titres de cette collection au CDI :

Le Tardieu  / Le Rimbaud / La poésie médiévale / La poésie américaine / La poésie africaine

Le collectionneur d’instants, de Quint Buchholz

La magie d’un instant…

moment.jpg

Le collectionneur d’instants c’est avant tout une histoire d’amitié entre Max, un peintre et un enfant violoniste, le narrateur. Max s’est installé sur une île et immortalise des moments en les peignant. L’enfant aime venir flâner dans son atelier mais jamais ne voit ce que l’artiste produit. Une fois terminées, les peintures sont disposées à l’envers contre un mur. Max raconte de nombreuses histoires qui fascinent le jeune garçon. Durant l’été, Max s’absente quelques jours et confie les clefs de son atelier à l’enfant. Et là, on découvre avec fascination les œuvres magnifiques de Max.

Le collectionneur d’instants nous offre des tableaux merveilleux, sensibles, semblables à des photographies. On s’attarde sur cette esthétique presque irréelle, ne sachant  jusqu’où la réalité flirte avec l’imaginaire. La musique est présente tout au long de l’album et accompagne véritablement ces chefs d’oeuvre. Chaque tableau raconte une histoire, il y a du mystère, du rêve. Les dessins n’illustrent pas le récit mais constituent une très belle exposition. On ne connaît pas l’histoire de ces tableaux qui font référence à une enfance perdue qui renaît à travers la peinture. Le récit fait pénétrer le lecteur dans l’atelier du peintre et le fait s’interroger sur cette capacité à créer, à imaginer. De quoi naît une inspiration, comment travaille un peintre ? Cet album est une réelle invitation au voyage.

Petit, un cahier de poésie, de Julien Baer

Des petites choses d’importance…

PetitUn recueil de poésie qui se nomme cahier, et beaucoup de choses sont dites…

Petit ou grand, élégant ou laid, quelle importance, le tout est d’exister.

16 petits textes pour faire découvrir en beauté et en douceur, la poésie aux plus jeunes. Chaque texte, en vers, est comme une histoire que l’on nous raconte.

Petit, nous rappelle l’importance des petites choses qui nous entourent, Le tapir nous permet de ne pas oublier qu’il ne faut pas juger les êtres sur leur apparence, Ma voiture, en faisant l’éloge du bruit et de la pollution, prend à contre-pied la réalité pour nous la dévoiler de manière plus intense :

Comme j’aime beaucoup les animaux

Elle aura des sièges en cuir bordeaux

J’aimerais aussi qu’elle fasse du bruit

Pour faire plaisir aux gens la nuit

Elle consommera beaucoup d’essence

C’est bon pour la nature je pense

Et il y a aussi l’histoire des enfants qui s’ennuient au restaurant, ou de l’appartement beaucoup trop grand…

Ces textes dans leur apparente simplicité m’ont touchés. C’est beau, court,  joliment illustré, coloré et imagé et ça parle à tout le monde.

Un petit cahier à mettre entre toutes les mains, dès le primaire (et je pense qu’il intègrera ma liste du rallye-lecture de cycle 3 dès la rentrée prochaine)

 

Histoires pressées, de Bernard Friot

Un zeste d’humour et quelques cuillères d’imagination

tablehiailes

elephant

Bernard Friot nous livre 4 volumes d’histoires courtes, d’histoires d’enfants, d’histoires du quotidien. Des récits plein d’émotions avec parfois de petits appels au secours qui font réfléchir sur les relations aux autres, sur l’importance des sentiments. Et puis au détour d’une page, des objets prennent vie, s’animent et se révoltent ! Le lecteur est projeté dans une autre dimension, ce qui n’est pas pour lui déplaire. Le quotidien est chamboulé, tout est sens dessus dessous.

La magie de la plume de Bernard Friot opère. Humour, poésie, tous les ingrédients pour passer de bons moments. Des nouvelles pour nos plus jeunes mais pas seulement, car les adultes se laisseront séduire par la subtilité des textes.

Histoires minute, de Bernard Friot

loup.jpg

Bernard Friot nous propose des petites histoires simples, faciles à lire, présentées sous forme de recettes de cuisine : prenez quelques ingrédients, des personnages, mélangez et laissez prendre. Ces courts récits sont des tranches de vie d’enfants à consommer sans modération, à déguster avec gourmandise.

Un bon moment pour nos plus jeunes lecteurs qui apprécieront l’écriture de Bernard Friot.

La chanson interdite 1917 de Eric Simard

Le chant de la révolte…

 11.jpgJean, fils de paysan, a perdu ses parents. Orphelin, il va devoir désormais vivre, à Thiers, chez son oncle, Auguste, un émouleur. Nous sommes en 1908, la coutellerie fait vivre la région, des millions de couteaux sont vendus dans le monde. Donc naturellement, Jean va être formé par Auguste qui va lui transmettre son savoir. Auguste a une fille, Violette, qui va tomber très vite sous le charme du jeune homme. Jean est un poète et met en vers toutes ses révoltes. Il va donc passer son temps entre l’atelier de son oncle et la mise en chanson de ses humeurs. Quand la guerre éclate et qu’il se retrouve sur le front, il déverse sa haine et dénonce le commandement dans des lettres qu’il envoie à Violette. Il va écrire une chanson qui sera censurée par les officiers car trop contestataire. C’est la chanson de Craonne qui exprime la colère et le ras le bol des «Poilus». Il parviendra, malgré tout, à transmettre  les paroles dans une dernière lettre adressée à sa fiancée, d’une manière ingénieuse, sous forme d’acrostiche. Jean paiera de sa vie son esprit rebelle.

Eric Simard signe là un roman superbe sur la première guerre mondiale. J’ai adoré la manière avec laquelle le sujet est traité. La narratrice, Violette, s’adresse du début à la fin à Jean. Le lecteur partage leur intimité, un lien privilégié va alors se créer. La jeune femme nous livre les lettres de Jean, écrites au front. Ce récit est riche en poésie et nous fait découvrir les dessous de l’écriture en vers, notamment les acrostiches. Ce style d’écriture sera utilisé pendant la guerre pour délivrer des messages codés. La chanson interdite est un livre fort, touchant, plein d’émotions.