Remue-ménage chez Madame K, de Wolf Erlbruch

Prendre son envol

Madame K est quelqu’un de très soucieux. elle se tracasse, elle s’inquiète de tout. Son mari l’observe sans rien dire, mais sans rien faire non plus. Il se contente de répéter sans cesse : « fais ce que tu dois faire, femme ». Un jour, Madame K trouve un oiseau blessé. Elle va enfin s’inquiéter pour une bonne raison… Elle décide de le soigner puis de lui apprendre à voler… Ce ne sera pas sans difficulté, mais ce sera aussi l’occasion pour madame K de prendre son propre envol.

Un superbe album aux illustrations atypiques qui donnent toute sa profondeur au récit. Alors que Madame K s’active à faire le ménage, le repassage et toute autre tâche ménagère pour vaincre son angoisse de la vie, elle va découvrir un sens à celle-ci en aidant un oiseau blessé. Le récit glisse peu à peu vers le fantastique car madame K prendra son envol au sens littéral du terme. Puis on redescendra sur terre avec un monsieur K qui va laisser sa femme s’émanciper pour prendre gentiment sa place dans les tâches du quotidien. Un album symbolique au sens profond.

 

Dur dur d’être top model, de Michel Amelin

Maximilienne mesure 1,80m rien ne lui va. Tout le monde se moque d’elle en lui disant « grande perche » « grande sauterelle », « gratte ciel ». Pourtant, sa mère est ravie par la taille de sa fille.

A la fin de l’histoire, Maximillienne deviendra-t-elle l’héroïne de sa classe ?

par Mariam, CM2 – une p’tite dévoreuse de livres de Salé Lou Potier

 

Une chronique des élèves de l’école primaire voisine, l’école Salé Lou Potier. Vous avez, vous aussi, lu le livre ? Alors,  chers lecteurs de ce blog, pour les encourager, n’hésitez pas à poster un commentaire en donnant votre avis !

La honte, de Michel Puech

 Même pas honte!!!

Cet ouvrage de la collection Philosopher ? des éditions du Pommier est un petit guide qui s’adresse « aux jeunes qui ne sont plus des enfants ». Des notions de philosophie sont donc abordées de manière assez accessibles, un peu comme un manuel de savoir-vivre ou de « vivre ensemble ». Le thème de la honte est ici décliné comme autant de blessures qui ne sont pas à minimiser du tout : avoir honte de sa honte, ne pas oser en parler et s’isoler encore plus, ce qui nous rend encore plus honteux. Les causes de la honte sont souvent erronées (on peut avoir honte d’être riche tout comme on peut avoir honte d’être pauvre), et il faudrait apprendre à relativiser, à agir face à sa honte… Des phrases-clés jalonnent le texte en écriture manuscrite mettant en exergue les notions principales. Un texte qui peut faire réfléchir les élèves sur des questions de philosophie avant même d’aborder cette matière en classe. Des situations concrètes sont décrites qui permettent à l’adolescent de se mettre en situation. Il y est même question de la honte qu’essaie d’insinuer les publicités dans l’esprit des gens lorsqu’ils ne possèdent pas tel ou tel objet de telle ou telle marque. Instructif. Un petit bémol cependant, pour ma part, quant aux illustrations, que je n’ai pas trop appréciées (une sorte d’homme-canard  tout en rose, noir et blanc).

Comme il est si facile de faire honte aux autres, la honte est souvent utilisée pour faire du mal aux autres, et dans ce cas, il est encore plus important de faire face.

Globalement, la honte face aux autres est plus fréquente, mais plus superficielle que la honte face à soi […]. Quand la honte est une affaire qui se passe entre moi et moi, c’est plus grave. Je peux relativiser le mauvais jugement que les autres ont sur moi mais le mauvais jugement que je porte sur moi-même est plus destructeur.

En acceptant d’être victime, on ne diminue pas sa honte, on l’augmente et on  s’y condamne soi même.

D’autres titres existent dans cette même collection : Aimer, expliquer, jeter, marcher, vouloir, vivre