Je suis Juan de Pareja, de Elizabeth Borton de Treviño

"Je suis Juan de Pareja", d'Elizabeth Borton de TrevinoSéville, 17ème siècle. Juanito, jeune esclave, se retrouve seul après le décès de son maître, puis de sa maîtresse, qui a succombé à la peste. Il fait partie de l’héritage et doit rejoindre son nouveau maître à Madrid, le neveu de sa maîtresse, le peintre Vélasquez. Après bien des péripéties, le voici donc qui  entre au service du grand peintre de la cour. Il va devoir préparer les pigments, les toiles, nettoyer l’atelier. Juan admire le travail de son maître et apprend en secret, en regardant celui-ci travailler. Son rêve : devenir peintre lui aussi… Mais les esclaves n’ont pas le droit de toucher aux arts.

Tiré d’une histoire vraie, ce texte est écrit à la première personne, comme une autobiographie de l’esclave. Même si l’écriture est romancée, on y apprend beaucoup de choses historiques sur la condition des esclaves, sur la vie de Vélasquez et la cour d’Espagne au 17e siècle. Vélasquez était un maître bienveillant, simple, austère, qui n’a pas été épargné par les épreuves de la vie. Il est l’un des plus grands peintres de son temps. La première de couverture de cette édition est une reproduction du véritable tableau qu’il a peint de son esclave  Juan de Pareja.

Cette histoire nous fait voyager dans cette Espagne de cour du 17e siècle mais aussi jusqu’en Italie, avec les trajets sans fin  et les problèmes de communication avec les proches restés sur place qui en découle. On rencontre aussi d’autres artistes connus à l’époque comme Rubens.

Ce texte est écrit de manière assez descriptive qui ne laisse pas passer les émotions de manière vive et en cela pourrait peut-être rebuter certains de nos lecteurs, -si on y ajoute le nombre de pages assez conséquent. Ecrit en 1965, peut-être le texte a-t-il un peu vieilli ? En tout cas, l’histoire reste malgré tout  passionnante et très instructive, véritable petite histoire de l’art.

Du coq à l’âne : Les animaux racontent l’art, de Claire d’Harcourt

Les animaux en images…

 

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Les animaux sont à l’honneur dans ce superbe album d’images, qui est un véritable voyage à travers l’art. La première page offre une belle illustration de l’arche de Noé, dans lequel le lecteur s’invite sans retenue. A toutes les époques, l’animal a été une source d’inspiration pour le peintre ou le sculpteur. Au temps de la préhistoire, l’homme le dessinait déjà sur les murs des grottes. Chaque oeuvre transmet à sa façon, un message et on va vite se rendre compte que l’image de l’animal n’est pas la même selon les civilisations et les époques.

On se promène dans cet ouvrage haut en couleur comme dans un musée. Beaux spécimen qui attisent la curiosité au fil des pages. L’auteur a réparti son ouvrage en trois catégories : les pelages et fourrures, les ailes et les plumes, les peaux, écailles et carapaces. Chaque espèce est représentée par une double page.

En annexe, un petit dossier qui nous indique l’endroit où sont exposées les créations et des fiches sur chaque bête citée dans le documentaire.

Le collectionneur d’instants, de Quint Buchholz

La magie d’un instant…

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Le collectionneur d’instants c’est avant tout une histoire d’amitié entre Max, un peintre et un enfant violoniste, le narrateur. Max s’est installé sur une île et immortalise des moments en les peignant. L’enfant aime venir flâner dans son atelier mais jamais ne voit ce que l’artiste produit. Une fois terminées, les peintures sont disposées à l’envers contre un mur. Max raconte de nombreuses histoires qui fascinent le jeune garçon. Durant l’été, Max s’absente quelques jours et confie les clefs de son atelier à l’enfant. Et là, on découvre avec fascination les œuvres magnifiques de Max.

Le collectionneur d’instants nous offre des tableaux merveilleux, sensibles, semblables à des photographies. On s’attarde sur cette esthétique presque irréelle, ne sachant  jusqu’où la réalité flirte avec l’imaginaire. La musique est présente tout au long de l’album et accompagne véritablement ces chefs d’oeuvre. Chaque tableau raconte une histoire, il y a du mystère, du rêve. Les dessins n’illustrent pas le récit mais constituent une très belle exposition. On ne connaît pas l’histoire de ces tableaux qui font référence à une enfance perdue qui renaît à travers la peinture. Le récit fait pénétrer le lecteur dans l’atelier du peintre et le fait s’interroger sur cette capacité à créer, à imaginer. De quoi naît une inspiration, comment travaille un peintre ? Cet album est une réelle invitation au voyage.

Le mystère du tableau volé, de Danielle Thiéry

Un visage d’ange

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Une histoire policière qui va nous mener dans les rues de Bordeaux, où Lucas et sa sœur Lily, vont faire un séjour-découverte avec leur classe. Sur place, les enfants ont pour mission de faire un reportage sur le quartier de leur choix. Alors que Lucas déambule aux abords de la place Saint-Michel, il est attiré par un tableau exposé dans la vitrine d’un magasin d’antiquités. L’oeuvre représente une scène religieuse avec beaucoup de personnages dont la vierge Marie qui porte dans ses bras un enfant. Mais son cœur se met à battre plus fort quand ses yeux se posent sur un jeune garçon, proche de la madone. Lucas est très troublé, à travers le portrait du jeune homme, il se voit, lui. C’est son visage, ses traits, ses cheveux ! Comment est-ce possible ? Le peintre s’est-il inspiré de son image pour réaliser cette toile ? C’est insensé ! Il faut qu’il montre la peinture à Lily, pour en avoir le cœur net. La seule façon de revenir à la boutique, c’est d’attendre le soir et de faire le mur. Lucas finit par convaincre sa sœur mais leur escapade sera un aller simple sans retour…

Le mystère du tableau volé est une histoire policière bien menée, une aventure à suspense qui plaira sans aucun doute à nos jeunes lecteurs. Bordeaux en toile de fond, une belle ville à découvrir. Les événements s’enchaînent à un bon rythme, les enfants qui se trouvent embarqués malgré eux, sont des enfants ordinaires, n’ayant pas l’intention d’être des super-héros. Tous les ingrédients sont réunis pour nous faire passer un bon moment de lecture.

Une histoire de la peinture pour les enfants, de Mick Manning et Brita Granström

Voyage au fil de l’art…

Résultat de recherche d'images pour "une histoire de la peinture grund"Les auteurs de cette anthologie de la peinture ont pris le parti pris clair dès le départ de ne pas vouloir présenter l’Histoire de l’Art à travers les tableaux les plus connus, mais bien LEUR histoire personnelle de l’art, à travers une galerie de tableaux représentatifs des différentes époques présentées. La présentation reste l’ordre chronologique ce qui permet à l’enfant de suivre l’évolution  dans le temps et lui donner ainsi un repère temporel. Chaque oeuvre choisie est présentée sur une double page : présentation de l’artiste, oeuvre avec légende, encadré avec illustrations ludiques pour présenter une petite anecdote rendant plus vivant, plus réel cette grande histoire de la peinture. Accompagné de textes  clairs, cet ouvrage assez complet, partant des peintures rupestres des grottes de Lascaux à Jean-Michel Basquiat, en passant par Michel-Ange, Arcimboldo, Vélasquez, Van Gogh, Frida Khalo, etc. dresse un bel aperçu de la peinture à travers les siècles. Un glossaire complète l’ouvrage et un index complet des artistes, des titres des oeuvres présentées, des mouvements artistiques  permet de se repérer très facilement et rapidement dans le livre. Un bon titre à posséder dans les CDI de collège.

Mister Orange, de Truus Matti.

Piet Mondrian ?

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New-York, 1943.

    Tout commence avec une paire de chaussures : le frère aîné de Linus part combattre en France et reçoit donc une paire de bottes neuves. Le garçon récupère alors les souliers de son aîné et lègue les siens à son cadet, et ainsi de suite dans la grande fratrie. Aussi, avec le départ du plus grand, chacun chausse également un autre rôle et doit se débrouiller comme il le peut pour marcher du bon pas et endosser ses nouvelles responsabilités.

     Linus, lui, est désormais chargé des livraisons des fruits vendus par ses parents et fait ainsi de nouvelles rencontres, comme par exemple avec celui qu’il surnomme « Mister Orange », peintre européen qui lui fait entrevoir un monde plein de couleurs brutes et de boogie-woogie. Les sens du héros s’éveillent, sa raison également.

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     Un très beau texte, poétique et empli de symboles, et qui fait constamment appel à l’imagination. Une histoire visuelle et colorée qui joue sur tous les sens (« Pourquoi ne pas donner de nom aux odeurs ? » demande Linus) et surtout très rythmée. Ce roman fait merveilleusement revivre une époque et un lieu très souvent inconnus de nos jeunes lecteurs. 

Lecture vivement conseillée, à réserver aux bons lecteurs. 

Le petit peintre de Florence, de Pilar Molina Llorente

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Le petit peintre de Florence, de Pilar Molina Llorente

Florence, à la Renaissance. Arduino est fils de couturier, mais son rêve est de devenir peintre. Lorsque son père accepte enfin, il se rend chez Cosimo, qui devient son maître. Mais pourquoi la servante, Melania, monte-t-elle tous les soirs discrètement au grenier ? Pourquoi entend-il des gémissements venant de là-haut ? Aura-t-il le courage de percer ce mystère, sachant qu’il risque sa place ? Un roman d’aventure et historique, entre rêve et justice. J’ai trouvé ce livre bien, mais la raison du mystère dans le grenier est très violente. Comment peut-on arriver à faire une chose pareille pour une telle raison ? Je ne comprends pas que ce soit humainement possible…

Chloé, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

 

Et l’avis de mumu58 :

Une palette de rêve :

Dans la famille de Arduino, on est couturier de père en fils. Mais Arduino , 14 ans, veut devenir peintre. Sans cesse, le jeune garçon observe les gens, leurs gestes, leurs expressions, leurs démarches. Il n’est pas très concentré sur les travaux de couture qu’il doit effectuer dans l’atelier de son père. Voyant le peu de talent que déploie son fils, celui-ci se résigne à lui conseiller un maître qui lui enseignera la peinture. Cosimo de Forli qui dirige un atelier important à Florence serait susceptible de prendre Arduino très ému par le geste de son père.

Arduino et son père se rendent alors chez Cosimo de Forli qui, après avoir observé d’un œil sévère le jeune adolescent, lui fait passer un test. L’épreuve est réalisée avec succès, il est pris. Mais il est précisé que si Arduino ne fait pas l’affaire, il reviendra immédiatement à l’atelier de couture. La grande aventure commence pour trois ans. Mais hélas, être apprenti chez Cosimo est dégradant. Toutes les plus ingrates tâches sont confiées à l’élève, le maître est autoritaire, sans pitié. Les conditions d’hébergement sont très précaires. Et la peinture dans tout ça ? En pénétrant dans un grenier, Arduino va également découvrir le secret du grand maître….Un secret qui risque de compromettre la réputation de Cosimo mais qui va se révéler être un bon parti pour Arduino … Mais chut, je n’en dirai pas plus.

Un roman qui nous fait découvrir la Renaissance à travers l’art, un prologue qui nous fait connaître Florence de cette époque avec ses illustres peintres. L’auteur évoque aussi la condition de la femme qui ne peut qu’obéir et avoir des rêves.

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