Le géant, la fillette et le dictionnaire, de Jean Leroy – ill. de Stéphane Poulain

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

C’est l’histoire d’un géant qui découvre grâce à un dictionnaire qu’un ogre est un personnage légendaire qui mange les enfants ! Il décide alors de s’en cuisiner un aux carottes… Mais il n’est pas sûr que les deux aillent bien ensemble, alors, il décide qu’il les mangera plutôt avec leur légume préféré. Problème : la petite fille qu’il a trouvé n’en aime aucun ! Elle n’aime que les bonbons !  Soudain, des soldats ayant l’ordre d’arrêter les mangeurs d’enfants débarquent ! Quelle embrouille !

 

Un livre amusant ! J’ai beaucoup aimé aussi les illustrations qui ont des effets intéressants, en particulier le sol, avec ses fissures qui ressemblent à de l’argile séchée et le grand format qui fait que le géant envahit les pages !

Ce livre grand format et coloré peut convenir aux enfants dès 8 ans !

Noé, 6ème – 11 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Hôtel des frissons, 1 et 2, de Vincent Villeminot

Un hôtel dans une rue oubliée…

Hôtel des frissons, 1. Le collectionneur, de Vincent Villeminot

Un  nouveau client vient d’arriver… Avec ses innombrables boîtes  à chapeau, il a investi tout le deuxième étage de l’hôtel. Et d’après ce qu’ont compris Margaux, 9 ans, la fille du propriétaire et son ami Tristan, 10 ans,  le fils du cuisinier, mieux vaut ne pas s’y aventurer… Mais que faire de la boîte tombée du chariot ?

Hôtel des frissons,  2. La chambre froide de Vincent Villeminot

Tristan a piqué le trousseau de clé de son père et emmène Margaux dans la chambre froide pour un goûter mémorable. Mais des bruits bizarres se font entendre, et tous ces animaux morts suspendus à leurs crochets, ce n’est pas très engageant ! Il lui montre même un passage secret qui leur permettent de quitter la pièce, ni vu ni connu,  en lui faisant bien promettre d’oublier ce qu’il vient de lui montrer… Mais la curiosité de Margaux est piquée au vif !

Les jeunes lecteurs avides de frissons seront servis ! L’endroit qui sert de décor à l’histoire, cet hôtel sordide dans une rue oubliée, est vraiment fait pour vous mettre dans l’ambiance… Car pour adhérer à l’histoire, il faut accepter le côté un peu sordide, qui, même si on arrive à bloquer un peu notre imagination, nous est renvoyé par les illustrations ! En effet, le petit résumé de présentation ne dévoile pas le fond de l’histoire, qui tend vers le conte ou le fantastique avec des histoires de loup-garou ou d’ogre… et le lecteur n’est pas au bout de ses surprises. J’avoue que personnellement, ça m’a laissé un peu perplexe, mais j’attends avec impatience de connaître le retour de mes lecteurs ! Original… mais on ne pouvait en attendre moins de l’auteur, Vincent Villeminot.

Toutes les maisons des alentours sont fermées. Leurs fenêtres ont été murées. Un vent méchant bat l’endroit toute l’année. S’il doivent passer par là, les habitants de la ville pressent le pas. […]. Pourtant, l’hôtel, lui, semble intact. La nuit, la façade est dorée, brillamment éclairée.

 

 

La fille aux cheveux bleus

Mystère, de Marie-Aude Murail

Mystère par MurailAlors que le roi et la reine ont déjà eu trois filles (une blonde, une rousse, une brune), ils espèrent bien que leur quatrième enfant sera un garçon… Mais, hélas, le sort en a décidé autrement. Non seulement c’est encore une fille… mais après deux années, ses cheveux se mettent à pousser… bleus ! Rejetée par ses parents, elle est pourtant remarquée par les princes et rois qui passent à la cour. L’affront est insoutenable. Pour pouvoir marier leurs trois filles aînées préférées, le roi et la reine n’ont pas d’autre choix que de la faire perdre en forêt.

Entre Cendrillon et Blanche-Neige, entre le Petit Poucet, le Petit Chaperon rouge et Hansel et Gretel, voici toute la magie des contes de notre enfance revisités avec un humour décapant. Même le prince charmant a droit à un refus : « Vous n’avez pas remarqué que j’étais une petite fille ? ». Les illustrations sont fraîches et conviennent totalement aux propos. Et ce n’est pas la magie qui permet à Mystère (c’est son nom) d’échapper aux dangers, mais bien son esprit malicieux. La morale de l’histoire : il ne faut pas juger les gens sur leur physique, et, on n’est jamais si bien servi que par soi-même ! Décalé et distrayant.

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L’ogre au pull vert moutarde, de Marion Brunet

Un veilleur de nuit bien inquiétant…

Abdou vit dans un foyer pour enfants. Il aime faire les 400 coups avec son ami Yoan et tous les deux ne se privent pas d’embêter veilleur de nuit et éducateurs. Alors, lorsqu’un nouveau veilleur de nuit arrive au foyer, ils ne rateraient pour rien au monde son « intégration ». Ils hésitent : « feinte du serpent », « t’as le bonjour du fou »… Ils misent finalement pour l’approche frontale dite « attaque nucléaire » qui consiste en un raffut du diable mêlée à des courses effrénées dans les couloirs. Mais devant le manque de réaction du veilleur de nuit, Yoan et Abdou sont déçus… et lorsque cet horrible homme gros et laid demande en se lissant la moustache « Lequel je mange en premier », ils comprennent qu’ils sont face à un ogre qui choisit son travail en fonction de ses proies. Comment nos deux amis vont-ils réussir à lui échapper ?

Un ton original pour ce roman de la collection Pepix (dont vous avez déjà pu découvrir chez nous : Mémé Dusa et Le journal de Gurty) qui mèle conte -avec un personnage d’ogre des plus pittoresques, récit de vie -avec le parcours de ces enfants placés en foyer, toujours sous un angle humoristique. Le passage où l’ogre raconte comment il assaisonne les vieux pour qu’ils deviennent mangeables est assez « savoureux ». Tout comme la description de cet infecte directeur ou la dénonciation du jargon psychologique employé par les professionnels pour parler des enfants en situations familiales difficiles… Des trouvailles vraiment  intéressantes dans ce livre qui se lit facilement et qui n’est pas si anodin qu’il n’y paraît.